Pour éviter le pire…
7 février 2017 - Image par Hannah Raffin
Climat: les intervenants sonnent l’alarme.

«Seuls 49% des Canadiens et 27% des Américains, […] en 2014, croient que le réchauffement climatique est dû à l’activité humaine», débute le professeur de communications à McGill, Darin Barney, lors de la conférence Communiquer le changement climatique au Canada organisée par Médias@McGill le 2 février dernier. Des statistiques qui en disent long sur le défi auquel font face les chercheurs et journalistes présents à la conférence.

Les intervenants ont démarré la présentation avec leurs diagnostics: «Les gens préfèrent ne pas y croire parce que le problème semble trop gros et qu’ils se sentent impuissants», partage la directrice du Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable, Laure Waridel.

Le directeur des communications de Dogwood Initiative, une ONG britanno-colombienne, Kai Nagata, cible également le cloisonnement des communautés d’opinions comme source du problème: «Qui ici se dit conservateur ?», lance-t-il à la foule. Une main timide se lève puis s’empresse de se faufiler dans son siège. «Voilà, on se parle entre progressistes, entre convaincus. Ce n’est pas avec que cette frange de la population que l’on réussira à combattre un phénomène de si grande envergure.»

Une quête commune, des stratégies contrastées

Alors que Nagata prône la «discussion avec ses amis républicains», le journaliste du Guardian, Martin Lukacs, estime que la polarisation comporte ses avantages. «Les avancées sociales ont toujours été le résultat des démarches de groupes marginaux. On sous-estime le potentiel qui se trouve dans leur mobilisation sociale», avance le journaliste.

Ce point de vue plus militant concorde avec l’approche du journal britannique qui, il y a plus d’un an, a lancé la campagne Keep it in the Ground, dont le but est de limiter l’extraction de combustibles fossiles. «Nous avons été critiqués à ce sujet. Certains prêchent que l’on perd en objectivité. Mais de ce que j’ai pu observer, ce concept a surtout été instrumentalisé afin de faire taire les critiques», confie Lukacs en marge de la conférence.

À mi-chemin se trouve le pronostic de Waridel: «Personne ne veut voir les conséquences des changements climatiques se réaliser. Les «méchants» vont finir par se joindre au mouvement, débute la chercheuse.

Dans ce type de lutte, il y a un point de bascule où les pôles se mixent. Les hommes ont fini par se joindre à la cause des femmes il y a plusieurs décennies, et récemment, des compagnies pétrolières ont investi massivement dans les énergies renouvelables», exemplifie-t-elle.

Terrain d’entente

Tous les intervenants convergent sur l’importance de la production d’informations de qualité afin de lutter contre les changements climatiques.

En ce sens, l’éditeur du National Observer, Mike de Swouza, a sensibilisé l’audience à l’importance de payer pour le contenu consulté: «Il faut soutenir financièrement les journalistes qui font du bon travail.

Si toutes les organisations comme la nôtre ferment, il ne restera personne pour faire pression sur le gouvernement», conclut-il. 

 
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