McGill se met au vert?
28 mars 2017
Retour sur le compostage à McGill.

Suivre la gestion des déchets à McGill n’est pas simple affaire. Avec plusieurs bâtiments et organisations, les politiques se mélangent et se confondent.

Recycler: Une force d’intervention

Tout d’abord, il faut parler de la «Task Force» (groupe de travail, ndlr) crée en fin 2016 par l’Université, qui se focalise sur l’amélioration de notre gestion des déchets. Ce groupe de travail multipartite, qui regroupe plusieurs membres de diverses organisations sur le campus, dont des étudiants, a pour but d’augmenter le pourcentage de détournement de déchets sur le campus.  Le détournement de déchet, comme son nom l’indique, est un processus qui consiste à détourner, ou réduire, le montant des déchets envoyés à la décharge, en utilisant par exemple le compostage. Justement, une des politiques du Task Force vise à augmenter le niveau de déchets compostés dans plusieurs bâtiments McGillois, notamment le bâtiment Shatner, McConnell, Trottier et Citadelle. Sasha Magder, VP des Opérations à l’AEUM, fait  partie de ce groupe. Il explique comment les efforts de compostage ont jusqu’alors été très peu efficaces, dû notamment au fait que nos déchets organiques, des résidus de provenance animale ou végétale, étaient de trop mauvaise qualité, c’est à dire trop mal triés pour être utiles. Magder ajoute que «au niveau de la logistique, le compostage n’est pas forcément trop difficile. Le plus grand problème, c’est d’éduquer les gens». C’est pour cela que L’AEUM travaille avec McGill pour implémenter un plan d’action à la rentrée de septembre, qui verrait une campagne de formation et d’éducation, menée par des volontaires, pour ainsi combler ces lacunes et maximiser l’efficacité du tri. Une étape importante, surtout pour mieux gérer les déchets organiques qui représentaient en 2008 35% des déchets McGillois.

Big Hanna et le compostage

En parlant de compostage, McGill, malgré des efforts certains, n’a pas toujours eu que du succès. Le Big Hanna Industrial Composter fut un projet lancé en 2010 et financé en partie par l’AEUM et la McGill Sustainability Projects Fund, qui y contribuèrent respectivement de plus de dix-sept mille dollars  et de plus de cent-quatre mille dollars. Cette machine, située sous le bâtiment Wong, était censée produire plusieurs tonnes de compost par an, provenant en grande partie des déchets organiques des cafétérias Mcgilloises. Malheureusement, le Big Hanna n’est plus opérationnel, le projet ayant été discrètement abandonné depuis l’hiver 2013 pour cause de problèmes techniques.

Depuis, McGill emploie les services d’une compagnie locale Compost Montreal, qui peut gérer une plus grande quantité de déchets. Grâce à ses éco-stations situées dans quatre des cinq cafétérias (Douglas hall étant le petit exclu), McGill a réussi à composter près de 89 tonnes de déchet organiques l’année dernière, une augmentation de près de 43% comparé aux chiffres d’il y’a deux ans.

Réduire et Réutiliser

Au delà du compostage, les cafétérias font aussi des efforts pour réduire la quantité de déchets émis par les étudiants. La distribution de conteneurs en plastique réutilisables à travers des distributeurs automatiques, une taxe de $0.60 pour tous ceux qui utiliseraient des conteneurs jetables en papier et une réduction de la quantité de bouteille d’eau vendues sur le campus, en faveur des fontaines d’eau, sont plusieurs démarches entreprises par McGill pour limiter ses déchets. Par ailleurs Magder envisage fortement la possibilité d’installer un tel système de distribution de conteneurs plastique réutilisables dans le bâtiment Shatner.

Tournée vers le futur

En tout et pour tout, Sasha Magder se dit empreint d’un «optimisme prudent» quant aux politiques de gestion des déchets à McGill, agréablement surpris de l’enthousiasme de certains membres du personnel et de l’administration pour ses projet de développement durable. Ce dernier note cependant qu’un manque de données par rapport à la quantité et le type de déchets produits, est une vraie limite au bon fonctionnement de ces projets; un sentiment partagé par Amelia Brinkerhoff, coordinatrice de la stratégie pour la McGill University Office of Sustainability. Comme dernier message au corps étudiant, Magder proclame que «de bonnes choses sont en train de s’organiser et [qu’il faut] maintenir la pression pour que ces bonnes choses continuent à se produire».

 
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