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	<title>Archives des 2022-11-30 - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sat, 07 Jan 2023 15:18:13 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Ye n’a plus besoin de micro</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/ye-na-plus-besoin-de-micro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Malo Salmon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Kanye West]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2022, Ye est une voix que nul ne peut faire taire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/ye-na-plus-besoin-de-micro/" data-wpel-link="internal">Ye n’a plus besoin de micro</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’ouragan Katrina s’est abattu sur la Nouvelle-Orléans en août 2005. Le cataclysme a emporté plus de 1 500 vies, la plupart d’entre elles noyées dans <a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/4307972.stm" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’inondation de 80%</a> de la région métropolitaine, et des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées échouées dans la ville submergée. Dans le but de provoquer une prise de conscience du public américain et de lever des fonds en réponse à ce fléau, la chaîne de télévision NBC a été l’hôte d’un concert caritatif réunissant des grandes célébrités du moment. Parmi les présentateurs se trouvait Ye, alors connu sous le nom de Kanye West. Alors qu’il présentait le début de l’émission, le rappeur américain a dévié du scénario préparé par la production pour dénoncer la réponse de l’administration Bush: «<em>Cela fait cinq jours [qu’on attend l’aide fédérale] parce que la plupart des gens sont noirs.&nbsp;</em>[…]&nbsp;<em>George Bush n’a que faire des Noirs.</em>»</p>



<p>Ye n’a jamais été de ceux qui mâchent leurs mots. Que ce soit dans ses chansons, sur la scène ou en entrevue, il n’a jamais hésité à recourir à un langage cru, sans égard pour les conventions sociales, pour exprimer ce qu’il ressent. Provoquant de nombreuses polémiques, le rappeur afro-américain se prononce à voix haute sur ses opinions quant à certains faits qui résonnent chez un bon nombre de ses fanatiques. N’ayant cure de l’image de lui-même qu’engendre ses discours, certains diront qu’il ose parler là où d’autres préfèrent se taire. C’est ainsi qu’il a durement critiqué le président Bush en 2005; mais c’est de cette même façon qu’il a décrédibilisé le mouvement Black Lives Matter (BLM) et porté un chandail avec l’inscription «<em><a href="https://nypost.com/2022/10/04/kanye-west-calls-blm-a-scam-amid-white-lives-matter-uproar/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">White Lives Matter</a></em>», un slogan associé au Ku Klux Klan et aux membres de la droite alternative américaine; ou qu’il a déclaré que «<em><a href="https://www.bbc.com/news/world-us-canada-43970903" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’esclavage était un choix</a></em>». Aucune de ces remarques, toutes plus subversives les unes que les autres, n’aura cependant eu raison de Ye dans l’opinion publique. Ce n’est que récemment, avec ses <a href="https://www.cnn.com/2022/10/09/entertainment/kanye-west-twitter-account-locked/index.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">commentaires antisémites</a>, que Ye semble s’être heurté à un sujet qui pourrait avoir des répercussions importantes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«N’ayant cure de l’image de lui-même qu’engendre ses discours, certains diront qu’il ose parler là où d’autres préfèrent se taire»</p></blockquote>



<p>En effet, si le compte de Ye a été suspendu de Twitter et si Adidas a résilié leur entente commerciale, ces deux décisions ont été prises dans un but partagé de montrer que les deux entreprises condamnent les propos du rappeur et qu’entretenir ses idées controversées n’est ni dans leur intérêt, ni dans l’intérêt des poches de Ye. Par ces deux conséquences, le rappeur se voit atteint dans deux sphères d’influence: son capital et sa voix. Pourtant, la confiance inébranlable de Ye ne semble même pas vaciller dans l’ouragan qui l’afflige: il demeure l’un des hommes les plus riches et influents sur la planète et n’a toujours pas exprimé de remords pour ses propos.</p>



<p>S’il a été chassé de la place publique du 21<em>e&nbsp;</em>siècle par Twitter, c’est que l’idée qu’il transmettait était nocive et fallacieuse. Invariablement, ce n’est pas parce que Ye a été banni de Twitter qu’il n’entrediendra plus d’idées du même genre que celles qui lui auront valu sa suspension. Il aura tout simplement une voix plus faible, une portée moins grande dans la transmission de son message. À la place d’exprimer ses avis à voix haute, il ne pourra qu’en parler à voix basse, par le biais de réseaux sociaux moins connus ou dans des cercles plus restreints. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Pourtant, la confiance inébranlable de Ye ne semble même pas vaciller dans l’ouragan qui l’afflige: il demeure l’un des hommes les plus riches et influents sur la planète, et n’a toujours pas exprimé de remords pour ses propos»</p></blockquote>



<p>L’un des buts de sa suspension est d’empêcher la transmission de propos haineux. Cependant, Ye a déjà rassemblé plusieurs internautes avec son gazouillis, et la polémique qui a suivi lui en aura sans aucun doute attiré davantage. Déjà, l’organisme non gouvernemental états-unien&nbsp;<em>Humans Rights First (Droits humains en premier)&nbsp;</em>recense une crue <a href="https://humanrightsfirst.org/library/human-rights-first-challenges-surge-of-antisemitism-and-anti-black-hate/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">d’incidents antisémites</a> sur le territoire américain, ainsi qu’une hausse de la haine contre les communautés juives et noires sur les réseaux sociaux. Ces conséquences de la prise de parole de Ye ne peuvent que témoigner d’un phénomène: la voix de Ye résonne auprès de nombre d’Américains. Et maintenant qu’il se sait écouté, et que ceux qui l’écoutent voient qu’il parle pour eux, un homme pourvu de ses moyens, de son influence, de sa confiance et de sa puissance ne pourrait être restreint par de simples suspensions. De la même façon qu’il remplissait des stades pour ses concerts, serait-il inconcevable de le voir remplir les mêmes stades pour ses sermons? De la même façon qu’il a lancé sa propre plateforme de diffusion audio en continu,&nbsp;<em>Tidal</em>, pour offrir une meilleure expérience audiophile que ses compétiteurs Spotify et Apple Music, n’a‑t-il pas les moyens de subventionner sa propre plateforme sociale (ce qu’il a d’ailleurs déjà <a href="https://www.cbc.ca/news/business/kanye-parler-1.6618792" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">évoqué</a>)? Bien qu’il y ait peu de chance que de tels projets viennent à terme, force est de constater que Ye&nbsp;<em>pourrait&nbsp;</em>tous les accomplir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Confrontée à une figure d’influence si imposante, qui fait la promotion d’idées fallacieuses et dangereuses comme Ye, la lutte contre la désinformation et les discours haineux devient d’autant plus ardue»</p></blockquote>



<p>Confrontée à une figure d’influence si imposante, qui fait la promotion d’idées fallacieuses et dangereuses comme Ye, la lutte contre la désinformation et les discours haineux devient d’autant plus ardue. Son bannissement et sa condamnation, en plus de ne pas couper sa parole, ont comme effet secondaire d’accroître la polarisation entre ses fanatiques et ses détracteurs. Dans une optique de diminuer la polarisation et la propagande d’idées haineuses, le seul outil dont dispose la société est l’éducation. C’est par la compréhension du contexte historique, social et politique de l’environnement dans lequel émergent les idées que nous pouvons mieux les situer, et ainsi déterminer leur validité relative. Le développement d’une pensée critique et la conscience de sophismes comme&nbsp;<em>l’argument d’autorité&nbsp;</em>sont essentiels lors de la consommation de contenu de figures d’influence. Ainsi, lorsqu’on approche les propos de Ye avec une pensée critique, qu’on sépare ses qualités musicales de ses réflexions personnelles, sans l’en excuser, ses propos se décrédibilisent d’eux-mêmes.</p>



<p>Ye s’est vu ré-admis sur Twitter depuis l’achat de la plateforme par un autre homme tout aussi influent (et peut-être tout aussi controversé) que lui, Elon Musk. Il n’a visiblement aucune intention de revenir sur ses dires, et ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne recommence à partager ses songes. En 2022, Ye est une voix que nul ne peut faire taire.</p>
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		<item>
		<title>Grèves des stages à l’UQAM</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/greves-des-stages-a-luqam/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Xavier Duchesne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[grève étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[UQAM]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50229</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’administration sanctionne les grévistes.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Il y a quelques semaines, Le Délit publiait un <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/02/stagiaires-precaires-en-colere/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">article</a> sur la grève des étudiant·e·s en éducation de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Cette grève, ainsi que la réponse de l’UQAM, est maintenant l’élément déclencheur d’un mouvement d’une plus grande ampleur: une grève générale illimitée dans au moins trois facultés de l’Université.</p>



<p><strong>Remettre le feu aux poudres</strong></p>



<p>Les étudiant·e·s de la Faculté d’éducation de l’UQAM étaient en grève depuis la mi-octobre pour protester contre leurs conditions de stages, en particulier leur <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/manifestation-pour-la-remuneration-des-stages/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">absence de salarisation</a>. Après cinqs semaines de grève, le 16 novembre dernier, les étudiant·e·s ont obtenu des gains importants au sein de l’Université, notamment la signature par la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM (FSE) de 30 engagements, dont celui de créer un nouveau poste au Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement (BIPH) exclusivement dédié à répondre aux situations de harcèlement durant les stages. Les étudiant·e·s en éducation sont donc retourné·e·s en classe et ont repris leurs stages. Cependant, à la grande surprise des étudiant·e·s, plusieurs cours et stages ont été marqués comme abandonnés ou échoués, informait un <a href="https://docs.google.com/document/d/1ol9rFXfX58tfSmdG0w4-6DhXnl9PxauihultRyasT1U/edit" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">communiqué</a> de l’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’Éducation de l’UQAM (ADEESE-UQAM) le 21 novembre dernier. Ces mesures imposées aux étudiant·e·s grévistes ont été adoptées par le conseil d’administration de l’UQAM le 18 novembre dernier. Il s’agirait de «mesures jamais vues à la suite de grèves étudiantes à l’UQAM», selon l’ADEESE-UQAM. «Les solutions proposées par l’UQAM à la suite de grèves de plus longue durée n’ont jamais impliqué des annulations de cours, des échecs et des reprises. Si ces modalités-là permettaient de maintenir la qualité de la formation et les exigences de validation de session en 2009, en 2012, en 2015 ou en 2019, elles devraient le permettre pour 2022 aussi», note Clémentine Roulet, étudiante en enseignement secondaire à l’UQAM, citée dans le communiqué acheminé aux médias. L’association étudiante soutient que ce seraient jusqu’à 750 étudiant·e·s qui pourraient être affecté·e·s par ces mesures qui mettraient en péril la session pour certain·e·s et l’obtention du brevet d’enseignement pour d’autres. Ce chiffre a été <a href="https://www.ledevoir.com/societe/771726/uqam-les-futurs-enseignants-de-nouveau-en-greve" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">démenti par l’Université</a>, qui estime que moins de 50 étudiant·e·s seraient touché·e·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«[Cesont] des mesures jamais vues à la suite de grèves étudiantes à l’UQAM.»</p><cite>ADEESE-UQAM</cite></blockquote>



<p><strong>Une vague de solidarité</strong></p>



<p>Malgré le fait que les étudiant·e·s de l’ADEESE n’aient pas voté pour retourner en grève, entre autres en raison d’une peur de représailles plus importantes, les associations étudiantes de plusieurs facultés de l’UQAM ont convoqué des assemblées générales extraordinaires pour voter sur la tenue d’une grève générale illimitée. En date du 26 novembre 2022, trois associations, soit celles de la Faculté d’arts, de la Faculté de sciences humaines et de la Faculté de sciences politiques et de droit avaient voté oui.</p>



<p>Cette réponse de la part de l’UQAM soulève des inquiétudes chez les membres du corps étudiant, qui craignent que ces sanctions contre les élèves impactent leur capacité à faire valoir leurs revendications au sein de l’Université. Pour l’ADEESE, cette réponse témoigne de manière «claire et directe» de l’intention de l’Université de faire en sorte «que la répression des étudiant·e·s en éducation [serve] d’exemple pour empêcher la tenue de prochaines grèves». «Chaque fois qu’il y a un mouvement de grève étudiante», dit Simon, étudiant au baccalauréat en histoire et membre de la Riposte socialiste de l’UQAM, «il y a toujours des gens qui se demandent, légitimement: “Mais qu’est-ce qui va arriver à ma session? Qu’est-ce qui va arriver à mes années de scolarité? etc.” Puis, nous, on leur répond que [l’échec d’une session complète] n’est jamais arrivé parce qu’on [s’est toujours tenu] debout, et on a réussi à empêcher que des gens se voient infliger des mentions d’abandon.»</p>
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			</item>
		<item>
		<title>«Guérir pour transformer, transformer pour guérir»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/guerir-pour-transformer-transformer-pour-guerir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexia Leclerc]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[patriarcat]]></category>
		<category><![CDATA[sexisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>12 jours d’action contre les violences faites aux femmes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Du 25 novembre au 6 décembre 2022 aura lieu la <a href="https://www.12joursdaction.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">campagne annuelle</a>&nbsp;<em>12 jours</em> <em>d’action contre les violences faites aux femmes</em>. La campagne est organisée par une coalition d’une quinzaine d’organisations féministes qui bénéficie du soutien du Secrétariat à la condition féminine du gouvernement du Québec et de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) qui joue également un rôle de coordination de la campagne. Il s’agit d’une <a href="https://www.unwomen.org/fr/what-we-do/ending-violence-against-women/unite/16-days-of-activism" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">campagne internationale</a> instaurée par l’Organisation des Nations unies (ONU), lancée en 1991 sous le nom de&nbsp;<em>16 Jours d’activisme contre la violence basée sur le genre à l’égard des femmes et des filles</em>. La campagne commence le 25 novembre pour souligner la <a href="https://www.un.org/fr/observances/ending-violence-against-women" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Journée</a> internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Cette journée a été choisie en hommage aux sœurs Mirabal, des militantes politiques assassinées par le régime du dictateur Rafael Trujillo en République dominicaine. Cette campagne dure 16 jours et se conclut le 10 décembre à la Journée internationale des droits humains de l’ONU. Au Québec, toutefois, la campagne se termine le 6 décembre pour insister sur la commémoration du <a href="https://roseblanche.org/6-decembre-1989" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">féminicide</a> de masse de Polytechnique en 1989.</p>



<p><strong>Contexte</strong> </p>



<p>L’objectif de cette initiative est de réfléchir collectivement aux différentes formes de violences faites aux femmes, de proposer des solutions concrètes, de sensibiliser la population ainsi que de formuler des demandes aux gouvernements pour aborder le problème systémique des violences faites aux femmes. Selon Taïna Mueth, chargée de projets à la FFQ, cette campagne est absolument nécessaire dans le contexte politique et social actuel, car on retrouve encore beaucoup de banalisation, de&nbsp;stigmatisation et d’invisibilisation des formes de violences faites aux femmes et des structures qui les sous-tendent. Taïna Mueth note à cet effet la hausse des violences faites aux femmes depuis 2019. La pandémie aurait par ailleurs eu un effet catalyseur sur ces violences et les aurait exacerbées. L’année 2021 est celle qui a vu la plus grande hausse annuelle de féminicides au Québec. Selon Taïna Mueth, cette statistique révèle que la société est mal équipée pour traiter des problèmes de violences systémiques faites aux femmes.</p>



<p><strong>Thématique</strong></p>



<p>La campagne québécoise a cette année pour thème «Guérir pour transformer, transformer pour guérir: Déracinons la violence». Elle a pour but principal de «mettre en lumière la banalisation et la récurrence des discriminations genrées et de déraciner leurs origines en redonnant aux femmes discriminées le pouvoir de s’exprimer», peut-on lire sur le site web de la campagne. Pour Taïna Mueth, déraciner les violences nécessite d’entamer un cycle de guérison et de transformation, et ce en remontant à la source des structures d’oppression: «Cette année, on veut réfléchir à la violence genrée non pas comme un problème individuel mais plutôt comme un problème politique», souligne-t-elle.</p>



<p><strong>Événements</strong></p>



<p>La campagne débutera le 25 novembre avec un <a href="https://www.eventbrite.com/e/billets-evenement-de-lancement-transformer-pour-guerir-guerir-pour-transformer-468755278657?fbclid=IwAR2eLGSHTyAhVi79YapaV_C2I0Y2A_jRZIGCHQmLm0taM01g4CBVszQDGdQ" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">événement</a> de lancement qui prendra la forme d’une soirée artistique. Au cours des 12 jours qui suivront, plusieurs événements auront lieu, organisés par toute organisation qui souhaite soumettre une activité au calendrier de la campagne. «On veut que les personnes s’approprient le thème de la manière qui leur fait écho. Le thème peut être adapté à plusieurs réalités», explique Taïna Mueth. Par exemple, il y aura des projections de documentaires féministes, un atelier avec l’organisation Collage féministes, ainsi qu’une vigile à la plaque de commémoration des événements du 6 décembre 1989. Finalement, il y aura également une rencontre avec la ministre responsable des affaires féministes pour déposer des recommandations en matière de violences faites aux femmes.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>John A. MacDonald réinstallé?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/john-a-macdonald-reinstalle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hugo Vitrac]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[statue John A. MacDonald]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50239</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le socle doit demeurer vide, statue un comité.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un comité d’experts indépendant a rendu ses recommandations à la Ville de Montréal quant à l’avenir de la statue de l’ancien premier ministre John A. Macdonald, déboulonnée le 29 août 2020 lors de manifestations pour le dé-financement de la police. Le comité ad hoc s’est ainsi positionné contre une réinstallation de la statue à l’identique sur son socle, place du Canada, au centre-ville de Montréal.</p>



<p>Les recommandations du comité</p>



<p>Dans un avis préliminaire rendu public le 21 novembre dernier, le comité exclut «une réinstallation à l‘identique de la statue […] comme avant son déboulonnement», et considère «qu’il est nécessaire de se distancer » de l’héritage de John A. Macdonald en raison des «politiques assimilatrices et génocidaires qu’il a mises en œuvre à l’endroit des peuples autochtones et des actes discriminatoires qu’il a perpétrés envers plusieurs groupes de personnes». </p>



<p>Toutefois, les membres du comité soulignent « l’importance du devoir de mémoire entourant ce monument et son histoire ». Ils recommandent de « laisser sur place la structure du monument, constituée du socle et du baldaquin, mais sans la statue », avec l’ajout d’une plaque commémorative. Les recommandations du comité seront débattues le 7 décembre lors d’une séance d’étude publique où la population montréalaise sera invitée à venir partager son avis.</p>



<p>Un héritage controversé</p>



<p>La découverte de milliers de tombes d’enfants autochtones anonymes à proximité de pensionnats fédéraux a jeté un nouvel éclairage sur l’héritage de John A. Macdonald. En effet, ce dernier est considéré comme le père de la Loi sur les Indiens, qui a permis l’établissement du système des pensionnats autochtones, basé sur un modèle d’assimilation. La redécouverte de son rôle dans ces politiques assimilatrices, qualifiées de «génocide culturel» par la Comission de vérité et réconciliation en 2015, a créé une controverse sur sa place dans la mémoire collective canadienne. Sa statue avait déjà été recouverte de peinture rouge à multiples reprises, avant d’être déboulonnée il y a deux ans. D’autres statues de John A. Macdonald ont été déboulonnées ou retirées au Canada. Dans l’avis préliminaire rendu par le comité, ce dernier recommande la mise en place d’un «programme d’interprétation renouvelée qui pourrait prendre différentes formes pour rendre compte de l’importance et de la complexité des enjeux».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« On ne veut pas effacer l’histoire, on veut en tirer des leçons »</p><cite>Terri Givens, professeure de sciences politiques à l’Université McGill</cite></blockquote>



<p>Afin de comprendre les enjeux liés aux héritages historiques controversés et au devoir de mémoire, <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec Terri Givens, professeure de sciences politiques à l’Université McGill spécialisée dans les politiques anti-discrimination et la politique raciale comparative. Pre Givens nous a expliqué qu’«<em>il s’agit d’un débat plus large que nous avons, en tant que société, sur ce qui devrait être valorisé dans le contexte historique</em>». «<em>On ne veut pas effacer l’histoire, on veut en tirer des leçons</em>», ajoute-t-elle. Selon la professeure, « <em>tout cela s’inscrit dans un dialogue plus large,[…] au Canada, autour de personnes comme James McGill, qui maintenait dans l’esclavage des personnes noires et autochtones, et sur comment nos valeurs d’aujourd’hui influencent la façon dont nous voulons gérer la valorisation de ces personnes dans le présent</em>».</p>



<p>La statue de James McGill sur le campus sujette à la controverse avait été retirée par l’administration en juillet 2021 afin d’effectuer des réparations après qu’elle ait subi des dégradations. Depuis, son socle est resté vide, et l’Université ne s’est pas encore prononcée au sujet de son futur.</p>



<p></p>



<p></p>



<p><img decoding="async" src="blob:https://www.delitfrancais.com/3f237eef-5c8e-4aee-a0f0-c60827e62476" alt="page7image4210463760" width="729.668000" height="0.668000"><img decoding="async" src="blob:https://www.delitfrancais.com/e7a47536-c390-48e6-9c0d-fcdaa04b8441" alt="page7image4210464048" width="731.000000" height="2.000000"></p>



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		<title>Une démocratie directe à McGill ?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/une-democratie-directe-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Léonard Smith]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[joint issue]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[McGill Daily]]></category>
		<category><![CDATA[référendum]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Politique de démocratisation de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM), une initiative proposée pour démocratiser son processus décisionnel, est apparue sur le bulletin de vote pendant la période référendaire de l’automne 2021. Grâce à un vote majoritaire de 78,2 %, la politique a été subséquemment adoptée. L’initiative tente de remédier au faible taux de&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/une-democratie-directe-a-mcgill/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Une démocratie directe à McGill ?</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La <a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2021/11/McGill-Student-Union-Democratization-Initiative-Policy-2021-11-15-to-2026-05-01.pdf?x21981" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Politique de démocratisation de l’Association étudiante de l’Université McGill </a>(AÉUM), une initiative proposée pour démocratiser son processus décisionnel, est apparue sur le bulletin de vote pendant la période référendaire de l’automne 2021. Grâce à un vote majoritaire de <a href="https://elections.ssmu.ca/wp-content/uploads/2021/11/Fall-Referendum-2021-Results.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">78,2 %</a>, la politique a été subséquemment adoptée. L’initiative tente de remédier au faible taux de participation aux élections, aux assemblées générales et aux référendums des membres de l’exécutif de l’AÉUM, tout en apportant des solutions alternatives aux postes de direction vacants ou non contestés. Présentement, le poste de vice-président·e Opérations et durabilité (<em>VP Operations and Sustainability</em>) demeure <a href="https://www.mcgilltribune.com/news/ssmus-vp-operations-and-sustainability-exec-position-remains-vacant-despite-attempts-to-fill-it-15112022/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">vacant</a>. L’initiative propose également une solution aux nombreux cas d’inconduite et de pratiques non démocratiques des représentant·e·s élu·e·s, qui n’ont parfois jamais été tenu·e·s responsables de ceux-ci. Selon la politique, «<em>les associations étudiantes de McGill se sont comportées davantage comme des corporations que comme des associations et ont abandonné les intérêts des membres au profit d’une gouvernance bureaucratique et représentative</em>».</p>



<p>Pour remédier aux problèmes de la faible participation des étudiant·e·s, des possibles abus de pouvoir et du risque de déresponsabilisation des membres de l’exécutif vis-à-vis leur poste, l’initiative exige une structure non hiérarchique pour remplacer le système de gouvernance actuel. Le cadre de cette politique, fondé sur la démocratie directe, permettrait une plus grande participation des étudiant·e·s à la vie démocratique de leur université en favorisant la participation aux assemblées générales tenues dans les départements et les associations de professeur·e·s. Selon l’initiative, les assemblées générales accessibles à tous·tes les étudiant·e·s de premier cycle sont inefficaces, puisqu’elles sont «<em>peu adéquates pour les débats et les prises de décisions collectives</em>». Pour empêcher les membres de l’exécutif de mal représenter les intérêts de la communauté étudiante de McGill, l’initiative propose la création de coordonnateur·rice·s responsables de «<em>mettre en œuvre les décisions de l’Assemblée</em>». Ces coordonnateur·rice·s agiraient comme des «<em>délégué·e·s</em>» chargé·e·s de respecter les intérêts communs de l’ensemble des étudiant·e·s qu’il·elle·s représentent, plutôt que d’élire des fonctionnaires qui pourraient abuser de leur pouvoir ou se présenter pour des raisons carriériste ou d’intérêt social.</p>



<p>Au cours du semestre suivant son approbation, l’initiative a reçu <a href="https://www.mcgilldaily.com/2022/04/the-state-of-the-union/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plusieurs critiques</a>, notamment concernant l’impossibilité de sa mise en œuvre au sein du système actuel de l’AÉUM. La démocratisation du Conseil d’administration «<em>est un plan tout à fait irréalisable qui pourrait ralentir les processus décisionnels déjà fastidieux du Conseil</em>», ont expliqué d’ancien·ne·s membres de l’AÉUM dans une <a href="https://www.mcgilldaily.com/2022/04/the-state-of-the-union/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">entrevue</a> accordée au&nbsp;<em>McGill Daily</em>. En plus de la structure de gouvernance, l’absence d’une politique d’accès à l’information constitue un autre obstacle à l’amélioration des pratiques démocratiques au sein de l’AÉUM. En vertu de la&nbsp;<em>Loi sur l’accès à l’information</em>, tout·e citoyen·ne canadien·ne ou toute personne résidant au Canada a le droit de demander l’accès aux documents des institutions gouvernementales. La Loi est fondée sur le principe que le public a le droit de connaître les activités du gouvernement. Cette transparence est bénéfique puisqu’elle tient les institutions responsables, favorise la démocratie et ouvre le débat public sur les actions de ces institutions et de leurs représentant·e·s élu·e·s respectif·ve·s. L’absence d’une politique d’accès à l’information de l’AÉUM rend plus difficile la collecte des renseignements sur le processus interne de l’Association étudiante. De même, en novembre dernier, le&nbsp;<em>Daily&nbsp;</em>avait communiqué avec le président du Conseil législatif de l’AÉUM pour avoir accès aux procès-verbaux et aux enregistrements de conférences d’une réunion du Conseil législatif. La dernière fois que les enregistrements et les procès-verbaux ont été affichés sur leur site Web remonte à l’hiver 2022. Le&nbsp;<em>Daily&nbsp;</em>a été informé qu’en raison d’un récent changement de politique, les enregistrements et les procès-verbaux ne seraient plus accessibles à quiconque ne serait pas en mesure d’assister à la réunion du Conseil. Ce changement soudain, qui limite les connaissances des élèves sur ce qui se passe aux réunions des conseils législatifs, a pour effet de nuire à la transparence de l’AÉUM.</p>



<p>Cependant, la Politique de démocratisation de l’AÉUM n’est pas le seul exemple canadien de tentative visant à rendre les processus décisionnels plus accessibles aux étudiant·e·s. En octobre 2022, la société étudiante de l’Université de la Colombie-Britannique avait proposé une motion visant à réviser sa politique sur la gestion des documents (<a href="https://www.ams.ubc.ca/wp-content/uploads/2022/05/SR2-Records-I-19.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">SR2</a>). Cette politique établit un cadre sur la façon dont les documents doivent être conservés, consultés et évalués au sein de la société. Les modifications proposées empêcheraient les membres de la Société de demander l’accès aux correspondances internes, aux rapports de transition et aux données brutes. Dans l’<em>Ubyssey&nbsp;</em>(le journal étudiant de l’Université de la Colombie-Britannique), l’éditorial <a href="https://ubyssey.ca/opinion/editorial-ams-proposed-revisions-to-records-policy-bad-for-transparency/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">intitulé</a> «<em>The AMS proposed revisions to its Records Policy are bad for transparency</em>» stipule que les étudiant·e·s devraient pouvoir accéder aux courriels de leurs dirigeant·e·s élu·e·s démocratiquement et financé·e·s par les étudiant·e·s. Cette revendication traduit une préoccupation quant à la responsabilité qui incombent aux étudiant·e·s‑dirigeant·e·s et quant aux obstacles rencontrés par les journalistes pour accéder à des informations dont la diffusion peut se révéler importante. La motion a ensuite été retirée de l’ordre du jour. À l’Université du Manitoba, les conseils des étudiant·e·s se sont dits <a href="https://themanitoban.com/2022/10/student-councils-call-for-umsu-funding-transparency/43897/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">préoccupés</a> par le manque de transparence dans leurs relations avec leur association étudiante, en particulier parce que certains fonds sont maintenus pour des raisons inconnues.</p>



<p>Si les initiatives de démocratisation et de transparence visant à réformer les processus décisionnels universitaires peuvent être attrayantes, leur mise en œuvre demeure souvent inapplicable. Avant même de pouvoir entamer sa démocratisation, l’AÉUM doit apporter des changements à sa structure hiérarchique, qui oblige ses représentant·e·s à remplir des fonctions qu’il·elle·s sont parfois incapables de supporter pour toute la durée de leur mandat. Il subsiste un écart entre le pouvoir accordé au Conseil exécutif, au Conseil législatif et au Conseil d’administration, ce dernier étant toujours <a href="https://ssmu.ca/gouvernance/aeum-fonctionnement/?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la plus haute instance dirigeante de l’AÉUM</a>. Par le passé, le Conseil d’administration avait le pouvoir de renverser les décisions prises au niveau législatif, en révoquant par exemple la <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/12/le-manque-de-transparence-continu-de-laeum/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">motion</a> forçant la démission de Darshan Daryanani, ancien président de l’AÉUM. Du côté de la population étudiante, la méconnaisance du rôle qu’elle pourrait jouer en exerçant des pressions sur les instances décisionnelles de l’AÉUM peut également être considérée comme un obstacle à sa démocratisation. L’exercice du droit de vote des étudiant·e·s lors des référendums est le moyen le plus direct pour faire entendre leur voix; les employé·e·s de l’AÉUM, de leur côté, doivent travailler à rendre l’information plus accessible tout en rétablissant le dialogue avec les étudiant·e·s.</p>
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		<title>Arrêtons de blâmer les victimes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/arretons-de-blamer-les-victimes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sara Yacoub]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[arts littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[sexisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sexual Misconduct of the Middle Classes au Théâtre Centaur.</p>
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<p></p>



<p class="has-drop-cap">Je n’avais jamais eu un intérêt particulier pour le théâtre ; je préférais lire un livre, ou aller au musée. Toutefois, le titre de cette pièce m’a intriguée.&nbsp;<em>Sexual Misconduct of the Middle Classes</em>, jouée au Théâtre Centaur du 8 au 27 novembre 2022, écrite par Hannah Moscovitch, remet en question les idées préconçues sur le consentement dans une ère post #MeToo. Elle explore la relation amoureuse entre Jon Macklem, un professeur d’université trois fois divorcé, et Annie, son étudiante de première année.</p>



<p>Cette dernière, qui a lu tous ses livres, éprouve beaucoup d’admiration envers l’auteur. Encore en pleine phase de découverte de soi, elle voit en lui une figure d’autorité plus âgée, qui pourrait la guider dans le monde adulte.</p>



<p>Les personnages jouent dangereusement avec la frontière entre relation amoureuse et abus de pouvoir ; Jon est tantôt amant, tantôt éditeur. Je me surprenais en train de penser : «Laisse-la tranquille! Elle n’a que dix-neuf ans!» Jon n’est pas présenté comme un prédateur stéréotypé : ses pensées, dévoilées au public, révèlent qu’il est attiré envers elle en tant que personne à part entière. La pièce nous présente une situation d’abus sexuel dans toute sa complexité, sans mettre les émotions et la possibilité d’une relation amoureuse de côté.</p>



<p>Le public assiste à la détérioration psychologique des deux personnages à travers leurs actions et non pas leurs paroles. Jon, rongé par la peur que sa relation illicite soit dévoilée, essaie de dissimuler ses rendez-vous avec Annie, jusqu’au point où il ne veut plus l’accueillir chez lui, mais dans une chambre d’hôtel. Annie, qui ne vit pas une relation amoureuse «typique», se présente de plus en plus comme un objet sexuel, conçu pour plaire à Jon. Son hésitation et son innocence sont remplacées par une froideur mécanique. Elle enlève ses vêtements méthodiquement, démontrant qu’elle veut en finir et retourner chez elle. Ses gestes ont provoqué une réflexion pour le personnage quelques années plus tard : soit, même si Annie est une adulte consentante à cette relation, son partenaire est une figure d’autorité plus âgée qu’elle. Même si Jon n’a jamais eu l’intention d’exploiter sa vulnérabilité, Annie est une jeune femme impressionnable. Elle ferait n’importe quoi pour que son auteur préféré la remarque. Sachant qu’elle l’admire, ne serait-ce pas plus bénéfique pour Jon d’être son mentor et non son amoureux? L’hésitation et le manque de confiance d’Annie se dissipent au fur et à mesure de la pièce. À la fin de la pièce, elle devient plus confiante, ayant travaillé sur ses insécurités, capable de finalement analyser cette relation. La mise en abyme dévoilée à la fin permet à Annie de reprendre son agentivité et de finalement se libérer de son passé.</p>



<p>Eda Holmes met en scène cette pièce de théâtre dans un décor simple. Afin de ne pas sexualiser Annie, les scènes sexuelles sont montrées à travers une chorégraphie simple entre les personnages, reflétant l’intérêt d’Holmes pour la danse, qui choisit la beauté de l’abstrait. Annie n’est pas présentée comme une femme fatale ; elle n’est pas considérée comme aussi coupable que Jon. À son âge, celle-ci ne possède pas les capacités de discernement lui permettant de comprendre pourquoi sa relation avec son professeur présente un risque. Jon, l’adulte, a décidé d’entreprendre une relation amoureuse avec son élève. Cela s’accorde avec les revendications du mouvement #MeToo, qui souhaite réhabiliter les victimes des violences à caractère sexuel.</p>
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		<title>Le son peut-il changer le monde?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/le-son-peut-il-changer-le-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Ji]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[acoustémologie]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[son]]></category>
		<category><![CDATA[Steve Feld]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Apprenons à écouter activement nos environs.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p class="has-drop-cap">Que peuvent nous apprendre les sons? Arrêtez-vous un instant, et portez attention à l’atmosphère sonore autour de vous. Qu’entendez-vous? Quels sons avez-vous l’habitude d’effacer de votre attention? Un grésillement de frigo? Les moteurs de voitures? Un tic tac d’horloge?</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>L’acoustémologie, terme joignant «acoustique» et «épistémologie», est une théorie visant à analyser les savoirs produits par les sons et par l’écoute active, développée par l’ethnomusicologue Steven Feld en 1992. Cette approche épistémologique s’intéresse à la connaissance et au savoir en tant que produits relationnels et contextualisés, et non pas en tant qu’entités inertes existant hors des cadres spatio-temporels et sensoriels. L’acoustémologie propose donc une vision du monde dans laquelle êtres, matières et technologies se forment à travers les interactions qu’il·elle·s ont les unes avec les autres, notamment à travers l’écoute et les sons.</p>



<p>Revenons à notre question de départ ; que peuvent nous apprendre les sons? Tentons l’expérience. Si vous avez un appareil pouvant enregistrer des sons à votre disposition, sortez-le et lancez l’enregistreur pendant une minute. Ensuite, écoutez le produit final. Y a‑t-il des sons ambiants que vous n’aviez pas remarqués durant l’enregistrement, mais que vous entendez maintenant que vous réécoutez ce que votre microphone a capté? Ou encore, y a‑t-il des sons qui vous semblent maintenant différents de ceux que vous avez entendus «en direct», une fois que ceux-ci ont été enregistrés, puis réécoutés à travers la médiation d’une technologie?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Changer notre relation avec les sons peut potentiellement modifier notre perception du monde »</p></blockquote>



<p>En suivant l’approche acoustémologique, l’expérience quotidienne pour les personnes entendantes de privilégier certains sons au profit d’autres – et même de parfois tenter de s’isoler dans de nouvelles atmosphères sonores à travers la suppression du bruit offerte par un casque d’écoute ou des écouteurs – peut être vue comme un riche réservoir de savoirs concernant la manière dont nous interagissons avec le monde et dont nous nous construisons en tant qu’individus par le même processus. Ainsi, changer notre relation avec les sons peut potentiellement modifier notre perception du monde. Et si nous tentions de davantage porter attention aux sons ambiants? Qu’est-ce qu’une écoute active du son des voitures plutôt qu’une marche passive d’un endroit à l’autre pourrait révéler par rapport à nos relations avec les véhicules? Que se passerait-il si un bruit complètement différent de ceux que nous associons aux moteurs émergeait d’une voiture? La voiture resterait- elle une voiture? Qu’est-ce qui définit la voiture en tant que «voiture»?</p>



<p>La compositrice Pauline Oliveros s’est notamment demandé pourquoi, en plus des télescopes captant des images de l’espace, nous ne tenterions pas aussi d’enregistrer les sons des galaxies, et à l’opposé, de capter aussi les sons entourant le «micro-monde» visuellement accessible à travers les microscopes. En effet, pourquoi privilégier l’apprentissage à travers la vision plutôt que par l’écoute? D’où nous vient ce désir, cette impulsion de tout voir? «Je dois le voir pour le croire» ; pourquoi ne pas plutôt chercher à «entendre pour croire»? Pourquoi nos croyances sont-elles souvent basées sur la vision? Pensons‑y une minute, le temps d’écouter activement nos environs.</p>
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		<title>Démasquez-vous !</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/demasquez-vous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ariane Perrin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Plastique, un cri d’urgence sous l’apparence d’une dragée.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lorsque j’entre dans la salle Fred-Barry, je suis immédiatement saisie par l’étouffante odeur de plastique brûlé qui y règne. Je lève les yeux et découvre alors l’énorme amas de sacs poubelles transparents emplis de plastique qui forme la scène. Ce décor provoque chez moi un début d’écoanxiété. C’est exactement l’effet recherché par Félix Emmanuel, le metteur en scène et co-auteur de la comédie&nbsp;<em>Plastique</em>. Ce sentiment me poursuit jusqu’à la fin de la pièce qui, bien qu’excellente, drôle et pleine de personnages attachants, me laisse de nombreux questionnements sur la langue.</p>



<p>La pièce se déroule sur le continent de plastique en l’an 2122. La seule habitante de ce territoire hostile s’appelle Madeleine, une femme qui se définit par des étiquettes de produits vides comme: «irritante pour les yeux», «à tenir hors de portée des enfants» ou encore «composition 100% naturelle». Sa solitude est troublée par trois aventuriers à la recherche de pétrole, ressource épuisée sur les continents terrestres, qui ne demeure qu’un doux souvenir de leur imaginaire collectif. La Gercée, âgée de 120 ans, immensément riche et obsédée par la jeunesse éternelle, part ainsi à la découverte de cet amas de déchets plastiques flottant pour essayer de les transformer en une crème de jouvence miraculeuse. Maintenue en vie grâce au Cracheux, un commercial sans morale qui ne manque jamais une occasion de s’enrichir, et qui l’a convaincue de l’accompagner, La Gercée ne survit que grâce à son frigo déshydratant dans lequel elle passe ses nuits. Ils sont également accompagnés par un assistant bénévole, Gilles, garçon généreux, aimant et ne manquant jamais une occasion de blaguer, mais qui est surtout fou amoureux de la vieille dame. L’arrivée dans les vestiges d’un monde merveilleux de plastique s’avère compliquée pour la petite troupe. La peur des mouettes, l’échec des premiers essais de crème de jouvence et la perte du bras de La Gercée minent le moral des aventuriers. Madeleine, cependant, se nimbe d’une aura magique lorsqu’elle présente aux étrangers la chirurgie esthétique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je suis immédiatement saisie par l’étouffante odeur de plastique brûlé qui y règne»</p></blockquote>



<p>«S’étaler du plastique sur le corps c’est génial, s’en introduire dans le corps est extraordinaire.» Admiratif, le Cracheux échange Gilles contre le carnet. Madeleine, à la recherche de contact humain, accepte immédiatement. On suit alors séparément les aventures de Madeleine et Gilles, s’amusant et profitant de la vie en nourrissant les mouettes, et du Cracheux, qui ne va cesser d’opérer La Gercée, qui disparaît bientôt derrière ses seins éléphantesques «pour la dernière fois», rendant une situation d’addiction à la chirurgie très comique. Mais un drame survient: les mouettes volent le carnet. Madeleine essaye d’abord de négocier avec ces dernières, dans la minute accordée par le Cracheux, mais sans résultat, et les citadins préfèrent la violence en assassinant toutes les mouettes sous les supplications de Madeleine, mettant en lumière la dualité entre l’économie et l’écologie, ici incompatibles.</p>



<p><em>Plastique</em>, avec ses jeux de mots dérisoires, ses personnages grossiers aux caractères et gestes clichés, cachés derrière leurs masques, questionne le public sur les pratiques de notre monde. La pièce nous met face à l’abus du plastique, substance toxique que l’on va jusqu’à introduire délibérément dans notre corps par un recours excessif à la chirurgie esthétique, et qui détruit l’environnement, causant la disparition de certaines espèces animales (en l’occurrence, les mouettes). Elle montre qu’il faut aujourd’hui faire un choix entre notre futur ou notre économie et ce, rapidement: prévenir la catastrophe est une urgence. Ce jeu masqué contemporain et satirique cherche à dédramatiser l’écoanxiété tout en appelant à l’action en exposant l’absurdité de notre (in)action face à la situation climatique actuelle. Il est temps d’enlever nos masques et d’agir.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Soudé·e·s</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/soude%c2%b7e%c2%b7s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brune Bettler]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Visuelles]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[Art visuel]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[création visuelle]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[ligne de fuite]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50195</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="667" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-3-667x1000.jpeg" alt class="wp-image-50202" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-3-667x1000.jpeg 667w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-3-330x495.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-3-768x1152.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-3-1024x1536.jpeg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-3-1365x2048.jpeg 1365w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-3-600x900.jpeg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-3-scaled.jpeg 1707w" sizes="(max-width: 667px) 100vw, 667px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/b-bettler/?media=1" data-wpel-link="internal">Brune Bettler</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-2-1000x667.jpeg" alt class="wp-image-50203" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-2-1000x667.jpeg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-2-330x220.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-2-768x512.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-2-1536x1024.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-2-2048x1365.jpeg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-2-1200x800.jpeg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/11/Brune-Bettler-2-930x620.jpeg 930w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/b-bettler/?media=1" data-wpel-link="internal">Brune Bettler</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
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		<item>
		<title>Refuser l’inacceptable</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/refuser-linacceptable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ariane Perrin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tu ne me croiras pas donne une voix aux victimes de la guerre.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Mise en scène par Frédéric Blanchette, la pièce&nbsp;<em>Tu ne me croiras</em> <em>pas</em>, représentée au Théâtre de<br>la Licorne jusqu’au 8 décembre, aborde le sujet des relations humaines durant la guerre. Portée par une mise en scène anxiogène, la pièce dénonce notre indifférence face aux conflits actuels. Elle présente deux anciens amants qui se retrouvent dans un pays coupé en deux, entre Nord et Sud, désirant échapper à la violence. Au sein de cette nation fictive déchirée par la guerre, et où rôde la mort, Elle et Lui (c’est ainsi qu’ils se nomment) se retrouvent dans une manufacture abandonnée et «font la révolution» en s’aimant en résistance à l’absurde. Avec la promesse d’oublier cette lutte fratricide, ils mettent tellement d’amour dans l’endroit qu’il n’y a de place pour rien d’autre.</p>



<p>N’ayant jamais connu la guerre, et touché par le texte de Guillaume Lapierre-Desnoyers, le metteur en scène Frédéric Blanchette a voulu explorer ce terrain inconnu. La pièce au décor minimaliste, habitée par des personnages anonymes et dénuée de tout contexte temporel, géographique, historique et politique, donne une voix à ceux qui sont condamnés au silence. C’est autour d’un simple tas de ruines présent au centre de la scène que le conflit amoureux se joue, alimenté par les paroles crues, le goût du sang et les espoirs fanés. L’atmosphère pesante de la guerre est également transmise par un jeu de lumière exceptionnel. L’on distingue l’inscription «<em>We will fight until the end</em>» («Nous combattrons jusqu’au bout») lorsque les couleurs sont chaudes, illustrant l’envie de poursuivre le combat, et on lit «mes yeux visent mal sous les larmes» lorsque les tons se refroidissent, montrant la dualité entre humanité et violence.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Entre coups de feu et explosions, les dialogues des acteurs sont destinés à choquer le public. Ils donnent une voix à ceux qui n’en ont plus»</p></blockquote>



<p>Au fil des dialogues, on comprend les différentes interrogations des protagonistes. Elle s’interroge sur le pouvoir de la volonté, l’amour et la possibilité d’une résistance. Lui est torturé par les questions de la culpabilité et de la responsabilité personnelle dans un acte de légitime défense. La tension entre les personnages, opposés par leur vision du conflit car originaires de côtés différents, va s’installer grâce aux dialogues plutôt doux au début de la pièce, qui prennent de l’intensité et alternent entre cris de rage et délicatesses amoureuses. Paroles crues et percutantes – «Imagine leurs corps, entends les âmes hurler» (Lui) – imposent un rythme frénétique au spectateur. Accentués par la bande sonore réalisée en direct par Vincent Carré, composée de différents coups de feu et explosions, les dialogues des acteurs sont destinés à choquer le public. Ils donnent une voix à ceux qui n’en ont plus.</p>



<p>En outre, les monologues des personnages remettent en question la réaction de la société civile à l’annonce de la guerre. La vision médiatique permet de nous détacher facilement de ces catastrophes humanitaires, car la distance géographique encourage la distance morale.&nbsp;<em>Tu ne me croiras pas&nbsp;</em>questionne ainsi la société sur sa capacité d’action contre les actes de violences inhumains et surtout sur l’écoute dont elle fait preuve envers les victimes de ces conflits meurtriers. Il est important que l’on croie et que l’on respecte les voix qui osent dénoncer ces atrocités pour que plus jamais cela ne se reproduise. Nous devons refuser l’inacceptable.</p>
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		<title>« Je suis trop occupée à mourir »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/je-suis-trop-occupee-a-mourir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Ponchon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[littérature francophone]]></category>
		<category><![CDATA[littérature québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[Nelly Arcan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fureur de ce que je pense ravive les obsessions de Nelly Arcan.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le décor ressemble à une étrange maison composée de neuf vitrines, sur deux niveaux, où vivent six femmes. Bien qu’elles reproduisent un salon avec cheminée, une salle de bain publique ou encore une chambre de passe, ces pièces ne forment en réalité rien de plus que les différentes cellules d’une même prison. Une prison où, pendant une heure et demie, les comédiennes tournent en rond, se cognent, dansent et chantent, déclament et crient. Tantôt seules, tantôt ensemble, elles offrent une interprétation éblouissante de l’œuvre de Nelly Arcan.</p>



<p>Sorte de collage littéraire élaboré à partir des textes de&nbsp;<em>Putain&nbsp;</em>(2001) et&nbsp;<em>Folle&nbsp;</em>(2004), ses deux principaux récits autofictionnels,&nbsp;<em>La fureur de ce que je pense&nbsp;</em>rassemble les grands désespoirs de l’autrice à l’Espace Go jusqu’au 3 décembre 2022. Toutes ses hantises y sont présentées: de la marchandisation du corps à la mort, en passant par la séduction toxique, le vieillissement et, la première d’entre elles, le sexe.</p>



<p>Le spectacle abonde de sexe, dans une conception&nbsp;<em>arcanienne&nbsp;</em>très vague qui amalgame le corps, le genre, l’identité et la sexualité. Le sexe transpire dans les mots d’une écrivaine qui raconte le tourment d’être femme; narre la naissance du désir chez une adolescente, venu avec la fausse promesse d’une émancipation; confie son vieux rêve d’enfant de devenir un garçon ou décrit «sa façon d’homme de regarder les femmes». Mais il y a aussi le sexe que les murs suintent, présent sans dire son nom, celui qui s’exhibe dans les poses lascives et les attitudes désinhibées des comédiennes.</p>



<p><strong>La grande absente</strong></p>



<p>Cette mise en scène éclatée offre un portrait complexe et fascinant d’une écrivaine, Nelly Arcan, décédée il y a treize ans, mais dont le fantôme plane toujours au-dessus de la littérature québécoise. Elle apparaît comme une figure torturée, isolée dans ses souffrances et ses combats, harcelée par un questionnement de soi permanent, et transpercée par une incontrôlable pulsion de mort.</p>



<p>Nelly Arcan, c’est un magnifique destin brûlé, une vie en mille morceaux, certes, mais la fascination est ailleurs. Elle tient sans doute à l’incroyable contradiction du personnage, car elle est en même temps une femme qui revendique sa liberté, son dégoût viscéral de la norme (elle se veut hors-norme), mais qui est néanmoins dévorée par le souci constant de l’image qu’elle renvoie, par l’injonction d’un genre qu’elle surperforme et qu’elle nomme sa «putasserie» (elle est ultra-normée).</p>



<p>C’est tout à l’honneur de l’Espace Go et de la brillante mise en scène de Marie Brassard de permettre l’explosion de sa pensée furieuse, de donner à son intelligence et son incroyable lucidité (sur elle-même et sur toute une société patriarcale) l’occasion de se révéler à l’écart du personnage qu’elle s’était créé et qui l’a asphyxiée.</p>



<p><strong>Une puissance incandescente</strong></p>



<p>Toutes les conditions sont réunies pour apprécier l’œuvre d’une des plus formidables intellectuelles francophones, disparue à peine huit ans après son entrée dans le monde littéraire. Il faut fermer les yeux, s’enivrer de ses mots et du battement de la musique qui les accompagne. Fermer les yeux, comme une politesse à l’égard d’une écrivaine que son image obsédait, et se laisser porter par la justesse d’un texte qui a perdu de sa subversion mais gagné en qualité littéraire. Se perdre dans l’écoute, ne plus savoir qui l’on est, ni où l’on est, et se laisser surprendre par la tombée du rideau, les applaudissements qui surgissent comme une violente déflagration.</p>
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		<item>
		<title>Encore un texte féministe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/encore-un-texte-feministe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme transnational]]></category>
		<category><![CDATA[iran]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50213</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le futur du féminisme est-il transnational?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Cet été, lorsque je suivais les actualités sur l’invalidation de l’arrêt&nbsp;<em>Roe c. Wade&nbsp;</em>aux États-Unis, je me suis souvenue de la première fois que j’ai remis en question mon féminisme. J’avais 12 ans, cet âge où son corps s’engouffre dans son sac à dos, et j’attendais, impatiemment le début de mon cours de français. Assise à côté de la porte, en face de la classe d’arts plastiques, on me demande tout d’un coup : «Es-tu une féministe?» J’ai eu une réaction viscérale à la question : «Oui», avais-je dit sur la défensive. J’avais répondu, probablement hautainement, qu’<em>évidemment&nbsp;</em>que toutes les femmes sont féministes. J’ai le souvenir d’avoir affirmé : «Tu es une femme, tu es féministe.» On me répond que toutes les femmes ne sont pas des féministes, qu’il existe des «féministes» dites TERF (<em>Trans-exclusionary radical feminist</em>), forgées par le cisféminisme radical qui exclut les femmes trans du mouvement de libération. À ces paroles, ma vision universaliste du monde s’est défaite, cette vision du monde où tout le monde se bat pour la même libération. Je me suis plongée dans l’introspection. Je savais que je croyais à la parité hommes-femmes, que je croyais aux racines systémiques du patriarcat ou encore à l’approche intersectionnelle du féminisme. Mais est-ce que tout ça me rendait féministe?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je pense que le futur du féminisme est un avenir qui doit se concrétiser en s’inspirant du courage et de la résilience des femmes iraniennes »</p></blockquote>



<p>De ma vision prépubère jusqu’à ma vision actuelle du féminisme, je remets toujours en question mon activisme. Toutefois, je ne cherche pas à définir la nature du féminisme, mais plutôt à considérer la question de son avenir. «<em>Depuis longtemps maintenant, on a le sentiment que le féminisme est en trouble</em>», écrivent Kiara Barrow et Rebecca Panovka, les fondatrices du journal féministe&nbsp;<em>The Drift&nbsp;</em>dans l’introduction de leur dossier spécial sur le féminisme contemporain <em>WhatToDoAboutFeminism</em> (<em>QueFaireduFéminisme</em>). Des huit essais publiés dans le cadre de ce dossier, quatre évoquent le « profond malaise » du féminisme contemporain, soulignant un manque d’espoir à l’égard du mouvement féministe actuel. Peut-on parler de la « mort » du féminisme? Avec une pandémie qui a vu un recul significatif de la parité hommes-femmes, les femmes se retrouvant disportionellement affectées par le chômage, et dans une ère post-Roe, comment peut-on envisager le futur du féminisme?</p>



<p>C’est ainsi que les partisan·e·s du paradigme féministe transnational, qui remettent en question l’eurocentrisme du féminisme&nbsp;<em>mainstream</em>, dominant, hégémonique, soulignent l’importance de la prise de conscience des défis communs – tels que l’autonomisation, l’intégrité corporelle, la fin de patriarcat – du féminisme sans frontières. Le transnationalisme féministe, c’est faire des connections entre les mouvements de libération des femme : «<em>Plusieurs féministes aux États-Unis, en Iran et ailleurs sont en train de relier le mouvement des manifestations iraniennes à la lutte pour la justice reproductive aux États-Unis</em>», mentionne un article du journal&nbsp;<em>International Viewpoint</em>. Cependant, j’argue que le féminisme occidental, qui s’approprie le transnationalisme, décrédibilise l’identité et la voix iraniennes qui se trouvent au centre de ces manifestations.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« J’avais répondu, probablement hautainement, qu’évidemment que toutes les femmes sont féministes »</p></blockquote>



<p><strong>L’Iran et le féminisme transnational</strong></p>



<p>Dès le 18 septembre dernier, après l’annonce de la mort de la jeune Iranienne d’origine Kurde Mahsa Amini, un mélange de deuil, de colère et de frustration s’empare des rues pour faire porter la voix des Iranien·ne·s. C’est dans le partage de la colère et de l’indignation du peuple iranien que ces manifestations de contestation, introduites par le slogan «&nbsp;<em>Zan, Zengegi, Azadi&nbsp;</em>(<em>Femme, vie, liberté)&nbsp;</em>» ont plongé – et continuent de plonger – le monde entier dans des vagues de rassemblements de solidarité ; c’est l’expression d’un mouvement féministe, anti-opressif et anti-dictatural. Pour la journaliste Robin Wright du&nbsp;<em>New York Times&nbsp;</em>: «Les manifestations en Iran pourraient bien être la première fois dans l’histoire que les femmes ont été à la fois l’étincelle et le moteur d’une tentative de contre-rébellion », soulève-t-elle. Peut-on parler d’un tournant historique? C’est certainement le cas pour le politologue et professeur en linguistique de l’Université de Stanford Daniel Edelstein qui fait écho au caractère «unique » du mouvement, ou même pour l’historienne et professeur Anne O’Donnell de l’Université de New York qui évoque sa signification historique : « ce [mouvement] représente non seulement un bouleversement qui implique les femmes, c’est un bouleversement centré sur les femmes et de la liberté des femmes – c’est ce qui rend le tout très spécial ».</p>



<p>Or, le mouvement, considéré comme un tournant historique, ne doit pas nécessairement s’inscrire dans l’histoire globale féministe. Le féminisme transnational, qui cherche à établir des connexions entre les différents types d’oppression, est approprié par le féminisme occidental. En connectant les manifestations en Iran aux défis féministes occidentaux, on réduit l’histoire des mouvements de contestation en Iran à une histoire qui se veut transnationale, mais qui devient finalement une histoire ancrée dans des valeurs occidentales ; c’est négliger l’identité iranienne du mouvement. C’est simplifier les autres défis abordés par les manifestant·e·s.</p>



<p>Je pense que le futur du féminisme est un avenir qui doit se concrétiser en s’inspirant du courage et de la résilience des femmes iraniennes. </p>



<p><strong>Par le biais du courage et la résilience</strong></p>



<p>Être une femme en Iran demande du courage. «<em>Être une femme en Iran est un acte politique</em>», ajoute Shiva Akhavan Rad, journaliste iranienne. Or, qu’est-ce qu’un acte de courage? Comment l’existence, le vécu de ces femmes iraniennes ont-ils une portée politique? L’activisme est le courage de se prononcer et d’agir ; le courage de se battre pour la dignité et l’autonomie, pour la liberté de décider comment disposer de son corps, de sa propre vie. C’est manifester au péril de sa vie, s’exposer de tout cœur face au danger et à la violence en agissant dans l’espoir de voir un soupçon de changement. Le courage c’est, dans un geste symbolique, enlever son hijab et marcher dans la rue sans couvrir ses cheveux. C’est transgresser en coupant ses cheveux. C’est s’exprimer pour ceux·lles qui ne le peuvent pas par l’emprunt et le partage des voix réprimées, contrôlées. Pour l’écrivaine italienne Elena Ferrante, l’activiste a deux visages : il y a ceux·celles qui descendent dans la rue, mais aussi ceux·lles «<em>derrière les lignes de front</em>» qui comprennent l’importance de s’éduquer, de voir, de décrire et de comprendre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> « L’activisme est le courage de se prononcer et d’agir ; le courage de se battre pour la dignité et l’autonomie, pour la liberté de décider comment disposer de son corps, de sa propre vie&nbsp;»</p></blockquote>



<p>Le féminisme occidental offre une vision unie de la libération des femmes en négligeant la complexité des diversités et des identités que l’on trouve au sein du mouvement. Les manifestations en Iran résistent à cette vision homogène de la femme cisgenre blanche privilégiée. Femme tout comme homme sont ensemble, dans une lutte qui est non seulement féministe mais aussi anti-oppression et anti-violence.</p>



<p>Dans son poème&nbsp;<em>Look&nbsp;</em>sur les conséquences linguistiques, culturelles et personnelles de la guerre, la poétesse Solmaz Sharif souligne que le langage est ancré dans la violence. «<em>It matters what you call a thing&nbsp;</em>(<em>la manière dont on nomme une chose compte</em>)», peut-on lire. Dire que le mouvement iranien est un mouvement transnational, c’est effacer l’histoire, le passé et le présent des expériences vécues du peuple iranien.&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Allô, au feu!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/allo-au-feu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Albert Ghitescu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Horaires à l'envers]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[pompier]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50221</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec un pompier de la grande région de Montréal.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La nuit, on aimerait que le feu reste dans les briquets ou sous la plaque chauffante de la cuisine. Mais une main alcoolisée qui allume sa cigarette suffit pour mettre de l’huile sur le feu et causer un incendie. Les seuls qui peuvent remédier à cette perte de contrôle sont les pompiers, quelle que soit l’heure à laquelle on les sollicite. Cette semaine, j’ai eu la chance de m’entretenir avec un homme qui vit au son des alarmes et toujours sur un pied d’alerte, car l’urgence peut appeler à toute heure du jour ou de la nuit. Voici son expérience.</p>



<p><strong><em>Le Délit&nbsp;</em>(LD)</strong> :&nbsp;<em>Qu’est-ce qu’il y a exactement dans une caserne? Avez-vous un poteau en métal comme dans les films?</em></p>



<p><strong>Pompier (<strong>P</strong>)</strong> : Une caserne, c’est comme une maison adaptée avec des camions, des espaces pour les outils, des espaces de décontamination et des laveuses industrielles. Généralement, en bas, on trouve un garage pour les camions, des casiers, des toilettes et des douches. Les douches sont généralement en bas parce qu’en cas de contamination, il faut se laver avant d’aller au deuxième étage. Si la caserne a un seul étage, elle sera séparée entre une aire de travail et une aire de repos. Dans l’aire de repos, il y a une cuisine standard avec un four, un frigo et un garde-manger. Et oui, on a vraiment un poteau en métal! Je dirais même que c’est plus sécuritaire d’utiliser le poteau que l’escalier pour descendre, car si on est pressé, on a moins de chances de tomber ou de se fouler la cheville.</p>



<p><strong>LD:&nbsp;</strong><em>Combien d’appels recevez-vous généralement dans une journée?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Ça dépend généralement des secteurs, de l’évolution de la population et de la construction, parce que plus il y a de gens, plus il y a de chances qu’il y ait des feux et des accidents. Il y a des journées où on n’a pas d’appel, mais c’est assez rare. On a tout le temps à peu près le même nombre d’appels par année. Donc si une journée on n’a pas eu d’appel, une autre journée on en aura plus que la moyenne, ça s’équilibre toujours. Une caserne moyenne peut recevoir six à sept appels en 24 heures. Et ça peut aller jusqu’à 30 appels. Mais il faut aussi prendre en considération les appels d’alarme. Un appel d’alarme, ça veut dire que ce n’est pas une personne qui appelle pour dire qu’il y a un feu chez elle, mais bien un système de sécurité qui se déclenche. Ça arrive qu’on vienne en soutien à d’autres secteurs pour une alarme, et qu’avant même d’arriver sur les lieux, on découvre que c’est une fausse alarme et qu’il faut faire demi-tour. Ça compte tout de même comme un appel.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>À quoi ressemble une journée régulière dans la vie d’un pompier?</em></p>



<p><strong>P</strong>: La première chose qu’il faut savoir, c’est qu’on travaille des journées de 24 heures consécutives, généralement deux fois par semaine. On commence donc vers sept heures du matin et on termine à la même heure le lendemain. En réalité, on arrive toujours entre 30 à 40 minutes à l’avance pour vérifier notre matériel personnel: les masques, la salopette, le manteau. Sur le camion, on vérifie aussi la bombonne d’air parce qu’on ne veut pas entrer dans un bâtiment et découvrir qu’elle est défectueuse. Ça peut prendre environ une heure. Quelques fois par semaine, on doit aussi faire un inventaire rigoureux qui peut prendre jusqu’à deux heures. Le chauffeur, lui, doit faire un examen visuel du véhicule avant de vérifier le système de freins, la direction, les roues, etc.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quelle idée reçue fausse se fait-on souvent de votre travail?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Quand on pense aux pompiers, on pense souvent aux émissions à la télé. Mais la vérité est que, dans un feu, généralement, on ne voit rien. De façon générale, lorsqu’on arrive dans une maison, la fumée ne sort pas, elle s’accumule à l’intérieur. Au début, la fumée monte au plafond. Ensuite, elle s’accumule là-bas et elle descend jusqu’au plancher. Il peut donc faire vraiment noir à notre arrivée. Après, notre uniforme est anti-flammes, mais seulement pour quelques secondes, pour nous donner le temps de réagir. Il va résister à une haute chaleur, oui, mais il ne peut pas résister à un feu de longue durée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ce qui reste le plus difficile, c’est de voir la réaction des proches et des amis des victimes que nous n’avons pas pu sauver»</p></blockquote>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Et vous faites comment pour vous déplacer?</em></p>



<p><strong>P</strong>: On se fie aux murs et au tuyau d’eau qui est connecté au camion. On tient toujours le tuyau d’une main, on ne le lâche pas. Si jamais on tombe du plancher jusqu’au sous-sol, si on a une main sur le tuyau, on sera capable de revenir à notre camion dehors. Sinon, on a aussi une caméra thermique qui nous indique les différents points de chaleur. Le pompier qui a la caméra sera donc en mesure de faire une vérification rapide: est-ce qu’on peut voir quelqu’un couché à terre? La chaleur provient d’où principalement? Mais la pire erreur qu’on puisse faire, c’est de suivre la caméra thermique sans suivre le mur et sans suivre le jet d’eau. Parce qu’en huit pas, on peut être complètement désorienté. La dernière chose importante à noter est qu’on ne rentre jamais tout seul.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quels sont les traits de personnalité nécessaires pour devenir pompier?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Oh, il y en a beaucoup! Pour t’en citer quelques-uns, je dirais que le travail d’équipe, c’est important. Se soucier de ceux avec lesquels on vit – autant sur un appel que dans la caserne. À la caserne, on est comme une famille, et s’il y en a un qui n’en fait qu’à sa tête, ça peut causer des frictions. C’est important d’avoir une bonne communication avec les autres. Il faut aimer aider les autres, avoir une bonne tolérance physique au froid, au chaud, à la fatigue, et être capable de supporter de longues heures sans manger, par exemple. Il faut être prêt à faire des sacrifices: s’il fait ‑30°C et qu’il y a un incendie majeur, on ne va pas aller se réchauffer les mains! Il faut savoir se détacher de ses besoins personnels pour le besoin des autres parce que sinon, les autres vont travailler en double à notre place. Il faut que tout le monde persévère même quand c’est difficile. Et finalement, je dirais qu’il faut avoir une grande force psychologique.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quel est votre appel ou expérience la plus difficile sur le terrain?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Je n’irai pas trop dans les détails, mais je dirais que c’est quand il y a un décès. Vu que nous sommes les premiers répondants, des accidents de véhicules, des gens noyés ou des personnes qui font un malaise cardiaque chez elles, ça arrive assez souvent qu’on en soit témoin. Et même dans un incendie, ça nous arrive de voir des morts. Les gens vont généralement mourir par intoxication à cause de la fumée: en deux ou trois minutes, ils sont déjà inconscients. C’est sûr que ça choque, surtout au début. Par contre, ce qui reste le plus difficile, c’est de voir la réaction des proches et des amis des victimes que nous n’avons pas pu sauver.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Est-ce que vous avez quelqu’un qui vous soutient dans ces expériences difficiles?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Il y a des lignes téléphoniques qu’on peut contacter. Tous les employés des services d’urgence ont accès à ces numéros-là. Mais de façon générale, ce qui aide vraiment, c’est l’esprit de caserne. Ce qui va régler un problème à 90%, c’est d’être avec l’équipe après un appel. On en discute, on décompresse. Si je parle de l’événement avec quelqu’un qui ne l’a pas vécu, la personne a beau essayer de comprendre, elle ne comprendra pas complètement.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Vu que vous travaillez 24 heures consécutives: est-ce que vous trouvez qu’il y a des différences entre le jour et la nuit en poste?</em></p>



<p><strong>P</strong>: La nuit, quand ça sonne, on saute hors du lit. C’est comme si tu te réveillais chez toi en plein milieu de la nuit parce que quelqu’un est en train de cogner fort à ta porte. Notre cœur, il bat comme ça chaque fois qu’il y a un appel. À long terme, ce n’est pas bon pour notre santé parce qu’on n’est pas supposé avoir des si grandes fluctuations de rythme cardiaque à répétition. Mais la nuit aussi, on n’aura pas de formation ni d’inventaire à faire. On peut se reposer si on en ressent le besoin.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Si ce style de vie peut être mauvais pour la santé à long terme, est-ce que les pompiers prennent leur retraite plus tôt généralement?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Généralement, les pompiers servent une trentaine d’années. En termes d’âge, je dirais que la limite est environ 55 ans, pas parce que la loi l’oblige, mais plutôt parce que passé un certain âge, l’effort physique que l’emploi requiert devient trop difficile. Les chauffeurs peuvent faire un peu moins d’effort physique, mais il y a un minimum qu’ils doivent être capables d’endurer.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quel est l’appel le plus drôle que vous avez eu?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Parfois, il arrive que quelqu’un nous appelle parce qu’il voit des flammes dans un bâtiment, mais finalement ce n’est que le reflet d’un lampadaire dans une fenêtre. Il faut comprendre que tout appel est pris au sérieux. La personne à la répartition ne peut pas se permettre de juger si c’est vrai ou pas, mais des fois ça résulte en des appels comme celui-ci. Des appels non fondés, il y en a partout.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Quelle est une pièce d’équipement que vous avez et qui pourrait impressionner le public?</em></p>



<p><strong>P</strong>: C’est une bonne question. Je dirais les coussins de sauvetage. C’est un grand coussin qui se gonfle et qui permet à une personne de sauter d’une certaine hauteur, disons d’un balcon, en toute sécurité. Ça fonctionne aussi lorsqu’une personne menace de sauter d’un édifice. Une fois que la personne entre en contact avec ce coussin, l’air s’évacue et amortit l’impact.</p>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Pour finir, quelle est votre plus grande fierté?</em></p>



<p><strong>P</strong>: Ce n’est pas relié à un feu de bâtiment, mais je dirais que c’est de réanimer quelqu’un, quand on fait un massage et qu’on donne un choc, et que la personne reprend conscience. C’est la chose la plus gratifiante parce qu’on est directement responsable d’avoir sauvé la vie de cette personne.</p>
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		<title>Combattre l’inflation à l’épicerie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/combattre-linflation-a-lepicerie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Carl Cenerelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[insécurité alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50225</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’AÉUM s’attaque à l’insécurité alimentaire.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Les étudiant·e·s de McGill qui souffrent de difficultés financières ont jusqu’au 30 novembre pour s’inscrire au programme pilote d’épicerie de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM). Cette initiative gratuite, par le biais de la distribution d’un sac réutilisable, d’un bon de rabais pour un supermarché au choix et d’un dîner gratuit, vise à aider les membres de la communauté mcgilloise qui souffrent d’insécurité alimentaire en raison de l’inflation grimpante. Cette initiative faciliterait l’achat d’aliments non périssables et de base. L’association indique vouloir transformer ce projet pilote en programme permanent, si possible.</p>



<p>Les étudiant·e·s inscrit·e·s pourront ramasser leur sac, leur bon de rabais et leur dîner gratuit les 12 et 13 décembre, de 13h à 17h, au Centre universitaire.</p>



<p><strong>L’inflation à l’épicerie ronge le portefeuille des Québécois·es</strong></p>



<p>Selon <a href="https://statistique.quebec.ca/fr/document/indice-prix-consommation-ipc/tableau/indice-des-prix-a-la-consommation-ipc-indice-ensemble-canada-quebec-rmr-montreal-quebec-moyennes-annuelles" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’Institut </a>de la statistique du Québec, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 3,8% au Québec en 2021. Au mois <a href="https://statistique.quebec.ca/fr/document/indice-prix-consommation-ipc/tableau/indice-des-prix-a-la-consommation-ipc-indice-ensemble-canada-quebec-rmr-montreal-quebec-donnees-mensuelles-non-desaisonnalisees" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">d’octobre</a> 2022, l’indice avait crû de 6,4% en 12 mois. Selon <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1908895/inflation-salaires-augmentation-cout-vie" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Radio-Canada</a>, les salaires au Québec suivaient encore l’inflation en juillet 2022. Les salaires auraient augmenté de 8% en moyenne, comparativement à un taux d’inflation moyen de 7,3%. Les Canadien·ne·s auraient obtenu de moindres augmentations, moyennant 5,2%, subissant en plus un taux d’inflation moyen plus élevé (7,6%). Toutefois, un <a href="https://www.dispensaire.ca/wp-content/uploads/PPNE_RapportSynthese_final.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport</a> du Dispensaire diététique de Montréal a constaté une augmentation de 15% du «coût minimal annuel d’une épicerie équilibrée pour nourrir une famille type». Ainsi, l’inflation des prix serait particulièrement importante dans le domaine de l’alimentation.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>L’insécurité alimentaire des étudiants de McGill et de partout au Canada, ainsi que l’augmentation rapide du coût de la nourriture, m’ont motivée à créer le programme d’épicerie</em>»</p><cite>Risann Wright, présidente de l’AÉUM</cite></blockquote>



<p><strong>Le renouvellement du projet se basera sur les retours des étudiant·e·s</strong></p>



<p>Risann Wright, présidente de l’AÉUM et initiatrice du programme pilote, a répondu aux questions du Délit. «<em>L’insécurité alimentaire des étudiants de McGill et de partout au Canada, ainsi que l’augmentation rapide du coût de la nourriture, m’ont motivée à créer le programme d’épicerie</em>», affirme la présidente. «<em>Les étudiants ont de la difficulté à payer leur épicerie et à acheter des aliments de base, et il y a une demande évidente pour un soutien de l’AÉUM par rapport à l’insécurité alimentaire</em>», affirme-t-elle. Kerry Yang, vice-président aux affaires universitaires de l’AÉUM, nous a également apporté des précisions: «<em>Nous ne voulons pas que la nourriture soit une inquiétude majeure pour les étudiants</em>,» indique-t-il. Les témoignages de plus en plus fréquents d’étudiant·e·s souffrant d’insécurité alimentaire ont poussé l’AÉUM à lancer ce programme pilote, «<em>afin de déterminer la demande et élaborer le fonctionnement d’un programme d’épicerie de l’AÉUM</em>», explique Risann Wright. L’Association se serait inspirée des programmes de banques alimentaires, de bons d’épicerie et de garde-mangers subventionnés d’autres associations étudiantes québécoises et canadiennes, témoigne la présidente.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Les étudiants ont de la difficulté à payer leur épicerie et à acheter des aliments de base</em>»</p><cite>Risann Wright, présidente de l’AÉUM</cite></blockquote>



<p>L’AÉUM dispose actuellement de 200 coupons d’épicerie de 40$, avec une limite d’un coupon par étudiant·e. Ces coupons seront distribués aux premier·ère·s arrivé·e·s. Selon Kerry Yang, l’initiative serait «<em>relativement populaire</em>» jusqu’à présent. Toutefois, l’AÉUM «<em>attend les jours de distribution pour voir dans quelle mesure les étudiants aiment et apprécient [le programme]</em>».</p>



<p>En effet, Kerry Yang déclare: «<em>Nous regarderons aussi les données, mais si le programme est relativement réussi, nous essayerons dans tous les cas d’en faire une chose permanente et d’engager quelqu’un qui peut le superviser et le changer en se basant sur les retours des étudiants</em>.» Les plans pour un programme permanent restent à élaborer, mais Risann Wright anticipe un programme «<em>flexible, offrant soit des aliments de base, soit des bons d’épicerie aux étudiants à chaque session</em>». Bien que l’initiative actuelle soit entièrement financée par l’AÉUM, l’association «<em>recherche activement des partenaires avec qui collaborer</em>», que ce soit par le biais d’une contribution financière ou matérielle, selon Kerry Yang. Risann Wright ajoute que l’AÉUM souhaite «<em>soumettre la question d’un frais facultatif de programme d’épicerie au référendum d’hiver</em>» pour le financement durable de l’initiative.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Nous ne voulons pas que la nourriture soit une inquiétude majeure pour les étudiants</em>»</p><cite>Kerry Yang, v.-p. aux affaires universitaires de de l’AÉUM</cite></blockquote>



<p><strong>Une augmentation des prix remarquée et ressentie par les étudiant·e·s</strong></p>



<p>La forte hausse des prix à l’épicerie n’a pas épargné la population étudiante de McGill. Si les étudiant·e·s n’en souffrent pas personnellement, ils et elles connaissent au moins une personne aux prises avec cette inflation du panier d’emplettes.</p>



<p>Farras, étudiant en microbiologie, a vu le prix de son épicerie régulière augmenter de 40$ à 60$, voire 70$. «<em>C’est difficile</em>», constate-t-il, au point où il se voit forcé de marcher davantage pour magasiner chez un épicier moins cher.</p>



<p>Bien que Riad, étudiant en génie mécanique, ne se sente pas trop affecté par l’augmentation des prix, il connaît des gens dans son entourage qui sont dans cette situation. «<em>J’ai une amie [qui] n’arrive pas à la fin du mois, [qui] a des difficultés à payer le tout</em>,» déclare-t-il.</p>



<p><strong>Une opportunité à saisir rapidement</strong></p>



<p>La date limite pour s’inscrire au programme de l’AÉUM tombe le 30 novembre. Le formulaire d’inscription est accessible sur la <a href="https://clubsportal.ssmu.ca/inscription-pour-le-programme-depicerie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">page web</a> «Inscription pour le programme d’épicerie» de l’AÉUM. Le soutien de l’AÉUM aux étudiant·e·s lors des examens finaux et durant la pause de la période des Fêtes «<em>pourrait changer la donne pour quelques étudiants</em>», conclut Kerry Yang.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/30/combattre-linflation-a-lepicerie/" data-wpel-link="internal">Combattre l’inflation à l’épicerie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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