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	<title>Archives des 2022-08-31 - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Mon, 05 Sep 2022 23:53:03 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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		<title>Recommandations culturelles</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/recommandations-culturelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Léonard Smith]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[calendrier culturel]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
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		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelques-uns des événements artistiques à voir en septembre.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://montreal.ca/evenements/heritages-plasticiens-29258" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Héritages Plasticiens</a></em> (1er juin au 1er octobre)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition gratuite <em>Héritages Plasticiens</em> réunit des reproductions d’œuvres picturales de douze artistes associé·e·s au mouvement des plasticien·ne·s à la Place du Marché, à deux pas du marché Atwater.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.tisscabaret.com/billets-temporaire" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">TISS Cabaret</a> (2 et 3 septembre)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">TISS Cabaret allie notamment musique, danse et cirque dans son spectacle-performance au Grand Chapiteau de Montréal pour partager des moments privilégiés avec le public.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://cinemaduparc.com/fr/fclm" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Festival du Cinéma latino-américain de Montréal</a> (26 août au 5 septembre)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Festival du Cinéma latino-américain de Montréal présente sa 11<em>e</em> édition au Cinéma du Parc, et se clôt avec la première mondiale du documentaire <em>Histoires boliviennes</em>, de Guy Simoneau.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://www.rideauvert.qc.ca/piece/albertine-en-cinq-temps-lopera/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Albertine en cinq temps – L’opéra</a> </em>(7 au 11 septembre)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Théâtre du Rideau Vert propose un opéra en joual s’offrant comme la continuation lyrique de l’oeuvre théâtrale de Michel Tremblay, <em>Albertine en cinq temps</em>, publiée en 1984.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="http://www.festival-fil.qc.ca/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Festival international de la littérature</a> (23 septembre au 2 octobre)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La programmation 2022 du Festival international de la littérature offre un éventail hétéroclite de spectacles portant sur des écrivain·e·s d’hier et d’aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://quartiersdanses.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Festival quartiers danses</a> (7 au 18 septembre)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Festival quartiers danses revient au centre-ville pour sa 20<em>e</em> édition avec des projections et des spectacles de danse contemporaine en salle et à l’extérieur.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>McGill revient à la vie… Le Délit aussi?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/mcgill-revient-a-la-vie-le-delit-aussi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[référendum]]></category>
		<category><![CDATA[rentrée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après deux ans en semi-dormance, le campus de l’Université McGill semble enfin revivre, envahi par des étudiant·e·s pressé·e·s, des froshies excité·e·s et des camarades de classe qui peuvent enfin voir les sourires de leurs pairs. L’administration de McGill, qui s’époumone à nous répéter qu’il s’agira de la première rentrée «normale» depuis le début de la&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/mcgill-revient-a-la-vie-le-delit-aussi/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">McGill revient à la vie… Le Délit aussi?</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap ticss-b92e4f68 wp-block-paragraph">Après deux ans en semi-dormance, le campus de l’Université McGill semble enfin revivre, envahi par des étudiant·e·s pressé·e·s, des <em>froshies</em> excité·e·s et des camarades de classe qui peuvent enfin voir les sourires de leurs pairs. L’administration de McGill, qui s’époumone à nous répéter qu’il s’agira de la première rentrée «normale» depuis le début de la pandémie, semble pour l’instant avoir vu juste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les clubs et journaux mcgillois, ce retour sur le campus arrive à point. Une première année entièrement en ligne et une seconde sans <em>Activities Night</em> <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/09/21/une-soiree-des-activites-victime-de-problemes-techniques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">digne de ce nom</a> ont donné un coup dur à la visibilité et au recrutement. Cette année, les groupes qui constellent la vie étudiante pourront à nouveau étaler ce qu’ils ont à offrir tout en démontrant leur sensibilité aux réalités et aux besoins changeants de leur public cible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au <em>Délit</em>, tribune d’information et d’expression de la francophonie mcgilloise, cette rentrée se déroule sous le signe de la réinvention et de l’ouverture. En ajoutant un poste Multimédias à notre conseil éditorial, nous espérons rendre notre publication plus accessible en greffant la baladodiffusion et la vidéographie à notre contenu. Une nouvelle section, «Vie nocturne», s’ajoute également à nos pages: elle accueillera des textes épicuriens et salaces, épeurants et festifs.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Cette année, notre journal devra plus que jamais se montrer à la hauteur de sa communauté et de sa mission, car son existence sera entre vos mains»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Outre des changements à l’équipe ou au contenu, <em>Le Délit</em> demeure également d’actualité en restant conscient de la diversité de sa communauté. Notre mission est de desservir et d’accueillir francophones et francophiles d’ici et d’ailleurs, ceux·lles qui maîtrisent notre langue comme ceux·lles qui l’apprivoisent. Tous·tes sont les bienvenu·e·s dans l’appréciation et la valorisation du français que prône <em>Le Délit</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année, notre journal devra plus que jamais se montrer à la hauteur de sa communauté et de sa mission, car son existence sera entre vos mains. À l’automne 2022, les frais étudiants nécessaires à la conduite de nos activités seront soumis au vote populaire dans le cadre d’un référendum de l’Association étudiante de l’Université McGill. Dans les mois à venir, <em>Le Délit</em> déploiera tous les efforts pour vous démontrer qu’après 45 ans de présence francophone sur le campus, il est toujours aussi nécessaire, voire davantage, à la santé de notre communauté, alors que le poids du français est en <a href="https://www.ledevoir.com/societe/745935/le-francais-comme-langue-parlee-principale-poursuit-son-declin-au-quebec-et-au-canada" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déclin</a> au Québec et au Canada.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit</em> est publié chaque semaine sur papier et en ligne. Nos soirées de production, qui ont lieu tous les lundis dans nos bureaux du Centre universitaire, sont ouvertes à tous·tes. Si vous souhaitez rencontrer l’équipe qui vous demande votre confiance, venez nous voir : notre porte est ouverte!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/mcgill-revient-a-la-vie-le-delit-aussi/" data-wpel-link="internal">McGill revient à la vie… Le Délit aussi?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Michelle O’Bonsawin: «&#160;si normale, si exceptionnelle&#160;»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/michelle-obonsawin-si-normale-si-exceptionnelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[Cour suprême du Canada]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté de Droit]]></category>
		<category><![CDATA[femmes autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[francophone]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une première femme autochtone siègera à la Cour suprême du Canada.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/michelle-obonsawin-si-normale-si-exceptionnelle/" data-wpel-link="internal">Michelle O’Bonsawin: «&nbsp;si normale, si exceptionnelle&nbsp;»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’honorable Michelle O’Bonsawin siègera à la Cour suprême du Canada à partir du 1<em>er</em> septembre prochain, remplaçant le juge ontarien Michael Moldaver. Abénaquise d’Odanak, elle est la première Autochtone à atteindre le banc du plus haut tribunal du pays. <em>Le Délit</em> s’est rendu à Ottawa le 24 août dernier pour assister au témoignage historique de la juge O’Bonsawin devant député·e·s, sénateur·rice·s et étudiant·e·s en droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Une perspective unique »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les différentes facettes de l’identité de la juge O’Bonsawin se sont établies comme fil conducteur de l’événement. Tant la magistrate que les parlementaires qui l’interrogeaient ont évoqué le fait qu’elle est autochtone, franco-ontarienne et mère de deux garçons. La juge O’Bonsawin a admis que ces aspects d’elle-même ont parfois été source d’adversité. Alors qu’enfant, elle rêvait déjà d’être avocate, d’autres se moquaient de son nom ou encore doutaient que la profession juridique était pour «une p’tite franco-ontarienne» comme elle. Des années plus tard, un avocat qui plaidait dans sa salle de cour l’a traitée de «<em>Pocahontas du nord</em>». Malgré ces épreuves, la juge O’Bonsawin considère que «<em>tout est possible si on y travaille assez fort</em>», y compris pour les jeunes femmes, en particulier d’origine autochtone, qu’elle souhaite inspirer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La juge O’Bonsawin se démarque également de ses futur·e·s collègues à la Cour suprême par ses expériences professionnelles. Alors que les huit autres juges ont principalement œuvré en pratique privée, dans la fonction publique ou dans le milieu universitaire avant de se joindre à la magistrature, l’honorable Michelle O’Bonsawin a majoritairement travaillé en contentieux, c’est-à-dire au sein du département juridique d’une organisation. Elle a notamment travaillé au service de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de Postes Canada et du Groupe des services de santé Royal Ottawa avant d’être nommée juge à la Cour supérieure de justice de l’Ontario en 2017. Elle détient ainsi une expertise en droit criminel, en droit du travail, en droit de la santé mentale et en droit autochtone. «<em>Mon expérience [professionnelle] m’est unique, et elle me sera bénéfique à la Cour et sera bénéfique à la Cour elle-même</em>», a affirmé la juge O’Bonsawin. En effet, <a href="https://www.scc-csc.ca/review-revue/2021/yr-ra2021-fra.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">55%</a> des appels entendus à la Cour suprême concernent le droit criminel, et les liens entre la maladie mentale et la criminalité sont <a href="https://www.scc-csc.ca/judges-juges/spe-dis/bm-2005-02-17-fra.aspx" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">reconnus</a> par la Cour elle-même.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Un avocat qui plaidait dans sa salle de cour l’a traitée de “<em>Pocahontas du nord</em>”»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’atmosphère même de la salle de comité semblait influencée par la présence rafraîchissante de la magistrate de 48 ans, qualifiée de «<em>si normale, si exceptionnelle</em>» par le sénateur Peter Harder. En effet, malgré son imposant curriculum vitae et la solennité de sa nouvelle fonction, plusieurs ont été séduits par la nature terre-à-terre de la juge O’Bonsawin. Elle a fait rire et a attendri l’auditoire à plus d’une reprise, notamment en lui faisant part de la véritable ménagerie qu’elle tient chez elle : «<em>trois chiens, huit poules et un gecko nommé Lizzie</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des efforts continus vers la réconciliation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bon nombre des questions posées par les parlementaires étaient liées aux enjeux de la réconciliation entre l’État canadien et les peuples autochtones du territoire. La juge O’Bonsawin a limité ses réponses à plusieurs moments en raison de son obligation de retenue judiciaire, qui exige de ne pas donner son avis sur les matières qui pourraient être adjugées par son tribunal dans l’avenir. Toutefois, elle a su mettre en relief son propre vécu en ce qui concerne le cheminement vers la réconciliation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la magistrate autochtone, ce cheminement exige dialogue et éducation, notamment au sein de la fonction judiciaire. Elle a insisté sur l’importance pour tous·tes de lire des rapports tels que celui de la Commission de vérité et réconciliation (CRT) ou encore celui de la Commission Viens pour connaître l’histoire des peuples autochtones du Canada. Surtout, la réconciliation devrait être un sujet de conversation à toutes les tables, même celle des juges de la Cour suprême, croit-elle. La juge O’Bonsawin considère&nbsp; «essentiel» que les rapports Gladue fassent partie de la formation continue des juges. Ces rapports – sujets de la thèse de doctorat de la juge O’Bonsawin – obligent les juges à considérer les expériences uniques de l’accusé·e en tant qu’Autochtone au moment de déterminer sa sentence. Selon elle, «<em>cette compréhension est requise pour que les juges rendent des décisions complètes</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des échos jusqu’à McGill</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La nomination de la juge O’Bonsawin est un événement marquant pour l’ensemble de la population canadienne, mais elle revêt une importance particulière pour les membres de la profession juridique et les étudiant·e·s en droit. Ruo Lan Wang, étudiante à la Faculté de droit de l’Université McGill qui a assisté au témoignage de la magistrate autochtone à Ottawa, s’est dite «fière de voir une femme comme elle siéger à la Cour suprême». L’étudiante a souligné l’expertise en santé mentale de la juge O’Bonsawin qui «contribuera à déstigmatiser les troubles de maladie mentale dans la société». Notant la «ténacité, la curiosité intellectuelle et l’optimisme» de la juge, Ruo Lan Wang estime qu’elle sera «un modèle» pour plusieurs.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/michelle-obonsawin-si-normale-si-exceptionnelle/" data-wpel-link="internal">Michelle O’Bonsawin: «&nbsp;si normale, si exceptionnelle&nbsp;»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Une rentrée sous le signe du renouveau à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/une-rentree-sous-le-signe-du-renouveau-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Vallières]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[discover McGill]]></category>
		<category><![CDATA[frosh]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[rentrée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une première en deux ans, la rentrée de l’Université se fera entièrement en présentiel.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/une-rentree-sous-le-signe-du-renouveau-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Une rentrée sous le signe du renouveau à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Ceux et celles qui se seront promené·e·s sur le campus de McGill au cours de la semaine dernière auront certainement eu le plaisir de constater que la vie étudiante y revient en force pour la rentrée de l’automne 2022.&nbsp;Pour la première fois en deux ans, toutes les activités de la semaine d’accueil et d’orientation mcgilloise, qui se sont tenues du 21 au 30 août, ont eu lieu en personne. Après deux éditions virtuelles, la journée Découvre McGill&nbsp; (<em>Discover McGill</em>), au cours de laquelle les nouveaux·lles étudiant·e·s mcgillois·es ont l’opportunité d’explorer le campus et de se familiariser avec l’Université, a pu avoir lieu en personne le 23 août dernier. De plus, l’Université a tenu le 30 août pour la toute première fois une journée Re-découvre McGill (<em>Re-Discover McGill</em>) à l’intention des étudiant·e·s n’ayant pas pu profiter des activités d’accueil de l’Université en présentiel au cours des rentrées des automnes 2020 et 2021.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que le retour de la plupart des cours à un mode d’enseignement en présentiel soit en vigueur depuis l’automne 2021, cette rentrée voit le retour en personne de l’intégralité des activités de l’Université, aussi bien parascolaires que scolaires. C’est un choix qui reflète le désir de l’administration mcgilloise de raviver l’implication étudiante sur le campus, alors que cette dernière a pâti énormément de la pandémie de COVID-19 depuis mars 2020. «Nous essayons de revenir à une vie étudiante sur le campus plutôt que de simplement revenir dans nos salles de classe», souligne Pr Fabrice Labeau, vice-principal exécutif adjoint (études et vie&nbsp;étudiante).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« La pandémie n’est pas terminée »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’il s’agisse de la rentrée la plus «normale» que McGill ait vu depuis deux ans, il est encore trop tôt pour mettre la pandémie complètement derrière nous, nuance toutefois Pr Fabrice Labeau. «Nous demeurons prudents. La pandémie n’est pas terminée. Nous gardons les masques à portée de main […] et, si le besoin se fait sentir, nous serons prêts à agir», avertit-il.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Nous essayons de revenir à une vie étudiante sur le campus plutôt que de simplement revenir dans nos salles de classe&nbsp;»</p><cite>Fabrice Labeau, vice-principal exécutif adjoint (études et vie&nbsp;étudiante)</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Même si le port du masque n’est plus obligatoire sur le campus depuis le 24 mai dernier, il demeure fortement encouragé par l’Université. Les distributeurs de masques et de gel hydroalcoolique resteront disponibles jusqu’à nouvel ordre à l’entrée de tous les bâtiments sur le campus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Changement de direction à&nbsp;l’horizon</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à l’administration, l’Université McGill s’apprête à effectuer cette année un changement de direction. La principale sortante, Pre Suzanne Fortier, avait annoncé en janvier dernier qu’elle quitterait son poste de principale et vice-chancelière de l’Université McGill le 31 août prochain, soit près d’un an avant la fin de son second mandat. Un comité de sélection s’affaire actuellement à la sélection du·e la prochain·e candidat·e, un processus qui pourrait s’étaler sur plusieurs mois, selon Pr Fabrice Labeau. En attendant l’élection du·e la nouvel·le principal·e, le rôle intérimaire sera assuré par le professeur Christopher Manfredi, vice-principal exécutif et vice-principal aux études.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/une-rentree-sous-le-signe-du-renouveau-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">Une rentrée sous le signe du renouveau à McGill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La crise du logement étudiant au lancement des élections</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/la-crise-du-logement-etudiant-au-lancement-des-elections/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexia Leclerc]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[logements étudiants]]></category>
		<category><![CDATA[précarité]]></category>
		<category><![CDATA[Vie étudiante]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48597</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comment la crise du logement affecte-t-elle les étudiant·e·s de McGill?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/la-crise-du-logement-etudiant-au-lancement-des-elections/" data-wpel-link="internal">La crise du logement étudiant au lancement des élections</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 16 août dernier, <em>La Presse </em>publiait un <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2022-08-16/crise-du-logement-etudiant/sans-toit-pour-la-rentree.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">article</a> exposant la crise du logement étudiant qui sévit actuellement partout au Québec. On y rapportait notamment l’insuffisance de l’offre des résidences étudiantes, dont les listes d’attente qui s’éternisent, les faibles taux d’inoccupation à travers le Québec, ainsi que la hausse des loyers qui forcent les étudiant·e·s à s’excentrer ou bien à dépasser significativement leur budget.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres mentionnés dans l’article de <em>La Presse</em>&nbsp;proviennent de <a href="https://www.utile.org/fr/donnees-et-recherches" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’enquête</a> pancanadienne PHARE 2021 menée par l’organisme UTILE (Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant). Cette dernière a révélé que 77% des étudiant·e·s universitaires sont locataires, dont 69% sur le marché privé, comparé à 8% en résidences universitaires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Montréal en particulier, 86% des étudiant·e·s sont locataires. Selon le rapport de l’enquête, les étudiant·e·s sont une population vulnérable sur le marché locatif, en raison des réalités qui sont particulières à leur statut, notamment le manque d’expérience de location et les déménagements fréquents. En outre, 62% des étudiant·e·s universitaires locataires ont un revenu de moins de 20 000$ par année, les plaçant sous le seuil de pauvreté&nbsp;; et plus de 60% des étudiant·e·s consacrent plus de 30% de leurs revenus à leur loyer, vivant ainsi de la précarité financière.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une situation stable aux résidences de McGill ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le Pr Fabrice Labeau, premier vice-principal exécutif adjoint, la situation actuelle semble stable aux résidences de McGill. «On a à peu près le même niveau de demandes qu’avant la COVID, mais c’est aussi lié au fait que notre clientèle cible pour les résidences est composée des étudiants de première année qui viennent principalement de l’international ou du reste du Canada. Les étudiants du Québec ne sont typiquement pas intéressés par notre offre et vont généralement se trouver un appartement par eux-mêmes», affirme-il. En réponse aux questions du <em>Délit</em>, l’agente&nbsp;des relations avec les médias Frédérique Mazerolle nous informe que l’Université garantit une place en résidence à tous·tes les étudiant·e·s de premier cycle, âgé·e·s de 22 ans ou moins en date du 1<em>er</em> septembre et qui débuteront leur première année d’études. De plus, tous·tes les boursier·ère·s qui commencent également leurs études en septembre pourront obtenir l’un de leurs deux premiers choix de résidence si leur demande a été faite avant la date limite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par contre, pour Val Masny, vice-président·e aux affaires externes de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM), ce n’est pas parce que la demande aux résidences étudiantes demeure stable que les étudiant·e·s de McGill ne souffrent pas de la crise actuelle. En effet, selon iel, le faible nombre de demandes de résidences de la part des étudiant·e·s québécois·es peut être dû au fait que les résidences demeurent dispendieuses. «Les résidences demeurent un actif qui permet de dégager du profit. Leur [l’administration mcgilloise, <em>ndlr</em>] objectif n’est pas d’arriver à coûts nuls», ajoute-t-iel. Ce constat s’inscrit dans les positions officielles que l’AÉUM a voté en 2019 qui affirment que le logement est un droit (<a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2021/04/SSMU-Positions-Book-2021-04-08.pdf?x21981" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">article 2 du cahier de positions</a>), et que l’AÉUM s’engage à travailler pour la décommodification du marché. «Le marché locatif ne doit pas suivre les lois du marché, mais doit répondre aux besoins de logement» renchérit-iel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des initiatives pour venir en aide aux étudiant</strong>·<strong>e</strong>·<strong>s</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité est connue depuis plusieurs années par des organisations étudiantes mcgilloises. En 2020, l’AÉUM s’est penchée sur le besoin grandissant d’accès à des infrastructures de logement afin de répondre à la réalité précaire des étudiant·e·s. Ainsi, le Plan de logement abordable (<em><a href="https://ssmu.ca/wp-content/uploads/2020/05/Affordable-Student-Housing-Plan1-1.pdf?x21981" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Affordable Student Housing Plan</a></em>), adopté par le conseil législatif en février 2020, comprend un projet de&nbsp;logements locatifs étudiants abordables. Avec plusieurs partenaires, incluant l’UTILE, ce projet répond à cette demande en ayant pour objectif de construire 200 unités de logement abordables spécifiquement destinés à la communauté étudiante de McGill.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Val Masny explique la nécessité de la mise en place de ce projet&nbsp;: «Les recommandations [sur la conciliation travail-études, <em>ndlr</em>] disent de ne pas travailler plus qu’un certain nombre d’heures par semaine pour faire ses études. Mais la tâche de payer son loyer est rendue difficile en travaillant seulement quelques heures par semaine.» Malgré leur situation documentée de précarité, les étudiant·e·s ne sont pas admissibles au logement social, ce qui les oblige à se tourner principalement vers le marché locatif privé. À Montréal, c’est le cas de 80% des étudiant·e·s locataires. Ces données indiquent que les étudiant·e·s sont particulièrement à risque des impacts que la crise du logement peut avoir sur les locataires. &nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>«&nbsp;</strong>77% des étudiant·e·s universitaires sont locataires<strong>&nbsp;»</strong></p><cite>L’enquête PHARE</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">À l’heure actuelle, un terrain a été acheté au coin des rues St-Laurent et Ontario, et des démarches avec les partenaires locaux sont en cours pour mettre en place des moyens d’atténuer les effets qu’auront la construction de ces logements sur la population locale. En particulier, ces échanges ont lieu avec le Centre d’Amitié Autochtone de Montréal Inc. (CAAM) dans le but de ne pas nuire à la population autochtone sans logement du quartier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté de l’administration de l’Université McGill, Mme Mazerolle informe que McGill a établi un&nbsp;partenariat avec <a href="https://www.mcgill.ca/students/housing/offcampus" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Places4Students</a>, le principal service d’annonces d’appartements pour étudiant·e·s pour ceux et celles qui cherchent un logement hors campus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La crise du logement adressée par les partis politiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’aube des élections générales provinciales du 3 octobre 2022, les partis se positionnent face à cette crise. À l’heure actuelle, aucune mesure spécifique concernant le logement étudiant n’a été annoncée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les partis de Québec Solidaire (QS) et de la Coalition Avenir Québec (CAQ) ont énoncé des promesses électorales pour pallier la situation. Le premier ministre François Legault, soulignant la «pénurie de logements» sans toutefois référer à la crise du logement, comme l’ont critiqué les partis d’opposition, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1905047/caq-logements-sociaux-abordables-hlm-election" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a annoncé</a> que son parti souhaitait faire construire un peu moins de 12 000 logements abordables s’il était réélu pour un prochain mandat.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Commentant cette annonce, Val Masny met en garde en ce qui concerne l’emploi du terme «logements abordables» qui, rappelle-t-iel, n’est pas synonyme de «logements sociaux». «Le logement abordable, malgré que ce soit bien, suit la logique du marché, tandis que le logement social permet de prendre en compte les véritables besoins des gens en termes de ce qu’iels peuvent payer.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La CAQ a justifié ce chiffre en disant que les promesses faites par d’autres partis étaient irréalistes, notamment à cause de la pénurie de main‑d’œuvre et de la hausse des coûts de la construction. En réponse à cette annonce, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (<a href="https://www.frapru.qc.ca/a-propos/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">FRAPRU</a>), un regroupement national pour le droit du logement, a réagi en déplorant le fait que le gouvernement caquiste n’ait pas tenu ses promesses relatives au logement lors des quatre dernières années, puisqu’il n’a pas livré les <a href="http://www.habitation.gouv.qc.ca/programme/programme/acceslogis_quebec.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">15&nbsp;000 logements sociaux</a> prévus dans le programme AccèsLogis. Entre son élection en 2018 et le 28 février 2022, seulement 4 328 logements sociaux sont sortis de terre. Et malgré des besoins croissants, en quatre ans, l’équipe de François Legault n’aura lancé qu’une maigre programmation de 500 nouveaux logements sociaux pour tout le Québec, peut-on lire dans le <a href="https://www.frapru.qc.ca/wp-content/uploads/2022/06/4-pages-preelectoral-juin-2022_Web.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">document pré-électoral</a> de l’organisme. Le FRAPRU demande alors aux partis de s’engager à compléter la construction de toutes les unités de logements sociaux programmées dans AccèsLogis et d’en construire au nombre de 50 000.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les partis d’opposition ont également proposé des promesses électorales qui concernent la crise du logement. De son côté, Québec Solidaire <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2022-06-27/qs-veut-s-attaquer-a-la-crise-du-logement-lors-de-la-prochaine-campagne-electorale.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a indiqué</a> viser la construction de 50 000 logements sociaux au Québec et contrôler l’augmentation des loyers en instaurant un registre national des baux si le parti était élu. <a href="https://journalmetro.com/actualites/elections/2883337/legault-et-la-caq-promettent-11-700-logements-sociaux-et-abordables/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Le Parti libéral du Québec</a> a promis 50 000 nouveaux logements sociaux sur 10 ans. Le <a href="https://pq.org/2022/03/06/crise-du-logement-le-parti-quebecois-deposera-un-projet-de-loi-pour-donner-le-droit-de-preemption-aux-municipalites/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Parti québécois, quant à lui, entend </a>construire les 10 000 logements sociaux, programmés par AccèsLogis.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/la-crise-du-logement-etudiant-au-lancement-des-elections/" data-wpel-link="internal">La crise du logement étudiant au lancement des élections</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Responsabilité fiscale: une idée socialiste?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/responsabilite-fiscale-une-idee-socialiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alex DePani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[progressisme]]></category>
		<category><![CDATA[responsabilité fiscale]]></category>
		<category><![CDATA[socialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48605</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas juste aux conservateur·rice·s de surveiller leur portefeuille.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/responsabilite-fiscale-une-idee-socialiste/" data-wpel-link="internal">Responsabilité fiscale: une idée socialiste?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Un vendredi soir de fin de session, lors d’un «<em>chilling</em>» chez une amie d’une amie dans le quartier du Plateau Mont-Royal, on pourrait dire que l’atmosphère était adéquate pour qu’un regroupement d’étudiant·e·s en sciences sociales puissent entamer des conversations sur la gestion de notre société. Assis sur un tabouret, bière Sapporo à la main, j’écoutais une jeune femme exprimer sa frustration envers la «droite», ainsi que leur manque de volonté à fournir des services sociaux et de l’aide adéquate à ceux qui en ont potentiellement besoin. En le temps d’une chanson (<em>Bad Habits</em>, de Ed Sheeran), elle arriva à la conclusion noire et blanche qu’il est impossible d’être «socialement progressif» tout en étant «fiscalement conservateur·rice».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ma grande indifférence envers la gauche ou la droite, à moins qu’il soit question d’indications routières de mon·ma copilote lors d’une balade en voiture, je ne pouvais m’empêcher de mettre en question cette logique. La responsabilité fiscale ne devrait-elle pas avoir une place plus importante, tant à la Chambre des communes qu’à un <em>party</em> d’universitaires ambitieux·ses, lorsqu’on cherche des pistes vers un bien-être collectif équitable?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Intervention gouvernementale et inflation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de se lancer dans notre réflexion, définissons tout d’abord les termes «socialement progressif·ve» ainsi que «fiscalement conservateur·rice». Être socialement progressiste ne veut pas dire voter pour Québec Solidaire et suivre Manon Massé sur Instagram. À mes yeux, le progressisme social signifie briser les chaînes du passé, en ayant une vision ouverte aux nouvelles idées ainsi qu’à de nouvelles réformes politiques afin d’atteindre un bien-être collectif optimal. Le conservatisme fiscal consiste tout simplement à porter une grande attention à nos dépenses afin de maintenir un budget équilibré, si l’on se base sur <a href="https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/442758" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la vision d’Edmond Burke</a>, homme politique et philosophe irlandais. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela étant dit, analysons maintenant le plus récent épisode où la «responsabilité fiscale» a été fortement politisée. Les derniers mois furent difficiles financièrement pour la famille québécoise moyenne, même si la COVID-19 semble passer d’une pandémie à une endémie. Et non, même s’il y a bien des raisons de ne pas aimer Vladimir Poutine en 2022, ce dernier <a href="https://thehill.com/opinion/finance/3265529-are-crushing-prices-really-putins-fault/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">n’est pas à blâmer</a> pour nos malheurs actuels. Lors des deux dernières années, les dépenses faramineuses de nos gouvernements, à tous les paliers, ont eu comme effet secondaire indésirable de contribuer à l’inflation, qui a atteint des niveaux jamais observés <a href="https://statistique.quebec.ca/fr/document/indice-prix-consommation-ipc/tableau/indice-des-prix-a-la-consommation-ipc-indice-ensemble-canada-quebec-rmr-montreal-quebec-donnees-mensuelles-non-desaisonnalisees" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">depuis le début des années 90</a>. Pour financer ces <a href="https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/economie-francaise/comptes-publics/le-budget-de-letat/le-deficit-budgetaire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déficits</a>, les gouvernements de nombreux pays ont augmenté la quantité d’argent mise en circulation. En effet, le gouvernement canadien a augmenté cette somme d’argent <a href="https://tradingeconomics.com/canada/money-supply-m2" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">d’environ 30%</a> depuis 2020 (sous la mesure M2, pour les mordus d’économie); ce total grimpe à <a href="https://tradingeconomics.com/canada/money-supply-m1" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">environ 50%</a> lorsqu’on exclut toutes formes d’actifs (sous la mesure M1), tels que l’argent sécurisé dans nos comptes d’épargne. Cela, combiné avec le fait que l’on s’attend à ce que le produit intérieur brut (mesurant la quantité de biens et services produits au Canada) soit approximativement au même niveau que <a href="https://www.macrotrends.net/countries/CAN/canada/gdp-gross-domestic-product" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">celui de 2019</a>, peut expliquer en partie pourquoi on semble payer plus cher pour tout ces jours-ci. Bien qu’il est certainement vrai que <a href="https://www.businessinsider.com/personal-finance/causes-of-inflation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plusieurs facteurs</a> peuvent contribuer à l’inflation, on peut comprendre aisément comment cette intervention gouvernementale a contribué à l’augmentation du coût de la vie actuel.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« La responsabilité fiscale ne devrait-elle pas avoir une place plus importante, tant à la Chambre des communes qu’à un <em>party</em> d’universitaires ambitieux·ses, lorsqu’on cherche des pistes vers un bien-être collectif équitable? »</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginons que deux individus, nommons-les Béa et Benicio, soient les deux premiers humains envoyés pour habiter sur la planète Mars. Pour survivre, Béa, ancienne boulangère d’un charmant établissement de la rue St-Denis, décide de produire du pain; Benicio, ancien employé au club-bar Le Rouge, décide de mettre à bon usage ses talents de mixologue pour produire des cocktails sur la Planète Rouge. Les deux individus ont besoin des produits de l’un·e et de l’autre afin de garder leur bonne santé ainsi que leur bon moral; ils s’entendent alors pour s’échanger les fruits de leurs efforts en usant de dollars canadiens. Béa ne peut cuisiner que 10 pains par jour, et Benicio ne peut concocter plus de 10 cocktails. On réalise que chacun·e ayant cent, deux cents, ou même trois cents dollars en poche importe peu: Béa ne pourra pas demander plus de mojitos à Benicio s’il n’est pas en mesure de lui en offrir plus, et Benicio ne pourra pas savourer plus de petites miches que Béa ne peut cuisiner. Donc, si le gouvernement canadien décidait d’envoyer demain matin par fusée supersonique cent dollars de plus aux deux nouveaux martien·ne·s, nous ne verrions pas&nbsp;deux citoyen·ne·s avec un plus grand pouvoir d’achat, mais plutôt des cocktails et des pains plus dispendieux. En effet, si l’autre à plus d’argent dans sa poche, il sera en mesure de payer plus cher! Nos deux martien·ne·s doivent donc payer plus de billets verts pour avoir un pain ou bien un cocktail. En d’autres mots, pour une somme fixe, un individu peut obtenir moins de biens et de services qu’auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème – au Québec, au Canada, ainsi que dans bien d’autres endroits dans le monde depuis les deux dernières années&nbsp;–, c’est que face à cette augmentation d’argent mis en circulation et cette production stagnante, le·a citoyen·ne moyen·ne ne semble pas avoir reçu son 30% d’argent de poche supplémentaire (ou 50%, selon la mesure utilisée). Contrairement au monde de Benicio et Béa, notre économie est extrêmement complexe et semble mener à beaucoup d’inefficacité et d’argent perdu lorsque le gouvernement dépense sans imputabilité. En effet, moins le gouvernement est imputable, moins l’argent imprimé risque d’aboutir dans la poche du·e la consommateur·rice, que ce soit dû à de mauvais investissements ou à des <a href="https://www.businessinsider.com/personal-finance/causes-of-inflation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">scandales de corruption</a>. &nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Être socialement progressiste ne veut pas dire voter pour Québec Solidaire et suivre Manon Massé sur Instagram&nbsp;»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Salaires qui ne suivent pas</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, lorsqu’on compare la distribution d’argent liquide «imprimé» <a href="https://tradingeconomics.com/canada/money-supply-m1" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">en 2020</a> et l’argent supplémentaire qui finissait dans notre poche cette année-là, quelques chiffres semblent ressortir. Malgré l’immense augmentation d’argent mis en circulation, le revenu annuel du·e la Canadien·ne moyen·ne n’a augmenté que de <a href="https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/en/tv.action?pid=1110023901" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">4,3% en 2020</a>. Certes, il est compréhensible que le·a Canadien·ne moyen·ne ressorte plus pauvre, en termes de revenus, après avoir passé à travers une crise sanitaire, mais cette disparité demeure très inquiétante. Cette augmentation d’argent mis en circulation devrait avoir <a href="https://www.stlouisfed.org/on-the-economy/2021/october/what-risks-future-inflation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un effet temporaire sur l’inflation</a>; il est à espérer que cette période temporaire ne soit pas de trop longue durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’on regarde ce que l’avenir nous réserve, d’autres inquiétudes peuvent survenir. La hausse de l’inflation, notamment <a href="https://www.stlouisfed.org/on-the-economy/2021/october/what-risks-future-inflation" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">enclenchée par nos dépenses gouvernementales</a>, sera-t-elle suivie par une augmentation de nos salaires? En tenant compte d’<a href="https://www.jstor.org/stable/145206?casa_token=WCapvh7IIbcAAAAA%3AxAEr208mz7KgFP3jpGUSesA1m6FmD2RQzKctbkYNuGzQeKfBXYN4U_vAOFl388eJYVRn44G7jscSsVk8y0eu1mhV0TWcmiRmXIvt_V1_kP_ycp4BRg&amp;seq=2" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une étude effectuée</a> par la professeure en économie Jean Baldwin Grossman, il est raisonnable de s’attendre à une augmentation parallèle du salaire de divers métiers et du salaire minimum dû au désir à court terme de tout·e professionnel·le de maintenir un «avantage relatif» vis-à-vis de ceux·lles qui gagnent moins qu’eux·lles. Le salaire minimum québécois, ayant augmenté de manière significative entre 2021 et 2022 (passant d’un taux horaire de 13,50$ à 14,25$, une augmentation de 5,6%) laisse toujours à désirer en ce qui concerne <a href="https://statistique.quebec.ca/fr/document/indice-prix-consommation-ipc/tableau/indice-des-prix-a-la-consommation-ipc-indice-ensemble-canada-quebec-rmr-montreal-quebec-donnees-mensuelles-non-desaisonnalisees" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’augmentation du coût de la vie</a> du·e la&nbsp; Montréalais·e moyen·ne (7,3%) ainsi que du·e la Québécois·e moyen·ne (7,3%). Considérant que le·a Québécois·e moyen·ne obtient <a href="https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1110023901&amp;pickMembers%5B0%5D=1.7&amp;pickMembers%5B1%5D=2.1&amp;pickMembers%5B2%5D=3.1&amp;pickMembers%5B3%5D=4.3&amp;cubeTimeFrame.startYear=2016&amp;cubeTimeFrame.endYear=2020&amp;referencePeriods=20160101%2C20200101" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">95% de son revenu</a> de son salaire d’employé, il y a raison de craindre pour son pouvoir d’achat dans les années à venir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Taux d’intérêts à la hausse</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une dernière réflexion peut être entamée afin de pleinement comprendre l’effet pervers sur le·a citoyenne moyen·ne, et notamment sur les ménages à faible revenu, d’une augmentation des dépenses gouvernementales nourrie par une augmentation de l’argent «imprimé» en circulation. Ces derniers temps, on a souvent entendu aux nouvelles que la Banque Centrale du Canada a <a href="https://www.banqueducanada.ca/2022/07/fad-communique-2022-07-13/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">augmenté</a> son <a href="https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2022-07-13/le-taux-directeur-bondit-a-2-5-au-canada.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">«taux directeur»</a> afin de contrer l’inflation. Mais quel est ce taux «directeur»?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Contrairement au monde de Benicio et Béa, notre économie est extrêmement complexe et semble mener à beaucoup d’inefficacité et d’argent perdu lorsque le gouvernement dépense sans imputabilité&nbsp;»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le taux directeur, déterminé par la Banque Centrale, <a href="https://www.banqueducanada.ca/2019/02/combien-ca-coute-linflation-au-canada/?_gl=1*15exe4r*_ga*MjAwMTIzNjAyNi4xNjU3NzIyODA3*_ga_D0WRRH3RZH*MTY1Nzc2Nzg1Ny4yLjAuMTY1Nzc2Nzg1Ny4w&amp;_ga=2.91892190.558548379.1657722807-2001236026.1657722807" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">va dicter le taux d’intérêt</a> que chaque banque canadienne décide d’implanter, soit le montant d’argent qu’on doit «compenser» à la banque lorsqu’on rembourse un prêt, au-delà de la somme exacte empruntée. En d’autres mots, si Benicio, notre charismatique martien, décide d’acheter trois miches de pain à Béa aujourd’hui et de la rembourser demain, il lui devra peut-être sept dollars, soit deux dollars par pain et un dollar en guise de compensation pour son paiement décalé. Si Béa augmente son taux d’intérêt, elle va peut-être exiger deux dollars de compensation au lieu d’un seul; Benicio devra donc à Béa huit dollars au lieu de sept. Nous voyons donc qu’augmenter les taux d’intérêt décourage les emprunts! En nous décourageant d’emprunter, la Banque Centrale nous décourage de dépenser, ce qui ralentit nos achats <a href="https://www.bankofcanada.ca/2019/02/price-check-inflation-in-canada/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">et donc ralentit l’inflation</a>. Cependant, cette politique monétaire est loin d’être idéale afin d’alléger les souffrances de la classe moyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, tous·tes ceux·lles qui n’ont pas eu le choix de faire un emprunt à long terme, que ce soit pour payer une hypothèque ou des études universitaires, se font prendre de court. Une jeune famille immigrante à faible revenu a beau faire attention à ses dépenses, elle n’a guère d’autre choix que d’emprunter de l’argent à la banque si elle veut s’acheter une modeste demeure dans l’arrondissement Saint-Léonard. Les parents signent le contrat avec la banque, remboursant le prêt à celle-ci sur 30 ans avec <a href="https://www.investopedia.com/terms/v/variableinterestrate.asp" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un taux variable</a>, lequel fluctue selon le taux d’intérêt en vigueur. Lorsque le taux d’intérêt grimpe quelques années plus tard, cette famille vivant de chèque en chèque n’a aucune marge de manœuvre lorsque la banque lui demande d’augmenter ses paiements mensuels. N’ayant aucune action à la bourse, aucune fortune héritée de riches parents décédés, ces derniers se retrouvent, malgré eux, dos au mur. Ne pouvant plus se permettre leur maison, les parents doivent laisser les clés à la banque et changer d’adresse; leur fille va devoir changer d’équipe de soccer, leur garçon ne pourra plus suivre ses cours de piano.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Qu’on se considère à gauche, à droite, au centre, la tête à l’envers ou je ne sais quoi, nous n’avons pas le choix de considérer la responsabilité fiscale lors des prises de décisions »</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, tout le monde compose avec l’augmentation des taux d’intérêts, mais tous·tes ne sont pas en aussi bonne position pour se défaire de leurs dettes, donc des intérêts devant être remboursés à la banque. Une <a href="https://blogs.lse.ac.uk/usappblog/2015/05/12/income-inequality-causes-higher-debt-leverage-among-all-but-the-richest-households-and-makes-economies-more-vulnerable-to-financial-crises/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">étude américaine</a> démontre que pendant que le ratio de la dette sur le revenu (une bonne mesure de la capacité à rembourser une dette) du 5% des Américain·e·s les plus riches est demeuré constant entre 1983 et 2007, le revenu n’a fait qu’augmenter pour le 95% restant, particulièrement après le tournant du millénaire. Donc, même si les plus riches ont souvent les <a href="https://www.debt.org/faqs/americans-in-debt/demographics/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plus grosses dettes</a>, ces dernières ne représentaient que 60% de la valeur leurs actifs (maison(s), voitures de sport, actions boursières, collection de vins français); le 95% restant voit ce ratio grimper à 140% de leurs actifs datant de la fin de la période d’étude. Il serait surprenant que cette inégalité soit corrigée en date d’aujourd’hui; en effet, la tendance s’est fort probablement maintenue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc, tout ça pour dire que le gouvernement n’aurait pas dû intervenir sur les marchés au début de la pandémie? Rangez les fourches, cela n’est pas l’intention de cet article, ne vous inquiétez pas. Nous devons plutôt nous dire que les services qui semblent offerts «gratuitement», un financement pour un certain programme offert par «la bonne foi du gouvernement», ou même <a href="https://www.lesoleil.com/2022/05/31/legault-promet-un-nouveau-cheque-sil-est-reelu-04badc89ecc4233153ffffd783c48506" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un beau chèque pour contrer l’inflation</a>, ne le sont pas nécessairement. En effet, toutes les dépenses au-dessus de nos moyens finiront par nous revenir dans les dents de façon plus sournoise que l’on pense, particulièrement chez les moins nanti·e·s. Nous devrions songer à toujours tirer le plus de nos investissements, ainsi qu’à en faire le plus avec notre argent, en analysant l’ampleur des bénéfices et conséquences pour notre société. La responsabilité fiscale ne signifie pas un «laissez-faire» complet des gouvernements. Qu’on se considère à gauche, à droite, au centre, la tête à l’envers ou je ne sais quoi, nous n’avons pas le choix de considérer la responsabilité fiscale lors des prises de décisions. C’est même le cas pour le·a «socialement progressiste», s’il·elle se préoccupe réellement du bien-être de la société.</p>
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		<title>On va y passer la nuit</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/on-va-y-passer-la-nuit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[Le délit]]></category>
		<category><![CDATA[présentation]]></category>
		<category><![CDATA[vie nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présentation de la section inédite «Vie nocturne».</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Il faisait encore jour dans mon appartement, j’accumulais les nuits blanches. Je m’apprêtais à m’asseoir pour commencer à écrire ce texte quand une femme est rentrée chez moi. Je crois que je la connaissais, elle s’est assise, elle a parlé avec ses vêtements et des silences. Je ne l’ai pas regardée, j’ai soupiré. Elle m’a répondu en frottant sur sa robe. J’ai expliqué que j’étais l’éditeur d’une nouvelle section du <em>Délit</em> et qu’elle allait s’appeler «Vie Nocturne». Elle comprenait tout ce que je disais comme si nous nous connaissions. Elle n’a rien dit au début, puis dans un langage de serpent, je l’ai entendue sourire. Elle s’est rapprochée pour me poser une question. J’ai écouté sa question et j’ai réfléchi. Elle n’était déjà plus là. Je n’ai pas arrêté de réfléchir. J’y ai passé la nuit. À cause d’elle, je suis en retard. Encore troublé par mes réflexions, je me suis rendu à McGill, et j’y suis en ce moment. J’écrivais dans les bureaux du <em>Délit</em>. Mon texte peinait à avancer, l’équipe s’impatientait. Un·e membre de l’équipe est venue me voir et m’a dit&nbsp;: «Alexandre, finis vite! On ne va pas y passer la nuit». Agacé par sa présence légitime, j’ai répondu : «Mais qu’est-ce que c’est la nuit?» Iel m’a regardé, puis iel a dit : «Je ne comprends pas, tu n’écris pas en Philosophie? Tu devais juste expliquer au lectorat comment contribuer pour écrire dans ta section». J’ai réalisé qu’iel avait raison et depuis l’écriture avance bien mieux. Une définition de la nuit n’existe pas, la nuit est une expérience métaphysique. Il ne me reste que quelques minutes pour vous expliquer comment écrire dans ma section «Vie Nocturne».&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« La nuit est un défi, elle relève de la transgression des codes de l’expérience diurne »&nbsp;</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu de la section peut se résumer sans définition mais en deux questions: Comment la nuit vous impacte-t-elle? Que vous évoque la nuit?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle peut être le temps, le sommeil, les rêves. Elle peut renvoyer à l’intimité (aussi bien pour le secret que pour la sexualité). Et enfin, on la rattache aussi aux fêtes, aux autres, aux étrangers et aux dangers. La nuit peut être tout ça et plus encore, c’est une aventure existentielle plus ou moins rassurante. Ce qui est intéressant avec le thème de la nuit, c’est l’idée de l’inconnu, du mystère nocturne qui s’installe aux couchers du soleil et de certains, que l’on sent tous mais qui ne s’explique pas. La nuit est un défi, elle relève de la transgression des codes de l’expérience diurne. Le jour est ordonné, il est la surface visible où les cachettes se font plus rares. Le jour correspond à la rationalité de la productivité. En négatif, la nuit renvoie à la dilatation du temps, à la légèreté des rendez-vous : on n’est pas en retard la nuit. Cependant le capitalisme contemporain nous rappelle souvent que le jour ne nous échappera pas, et que la liberté nocturne est plus un fantasme qu’une vérité. Même quand il fait nuit, les ascenseurs fonctionnent et les lumières automatiques nous rappellent qui nous sommes: le hibou couche-tard, une punaise de lit ou un vampire. La nuit est ponctuée de ces moments aseptisés qui nous sortent de nos obsessions. L’opposition entre le jour et de la nuit n’est pas réductible au contraste nox/lux ni à une succession manichéenne. L’alternance est indispensable au fonctionnement du cycle nycthéméral, le jour a besoin de la nuit. La nuit complète le jour, car elle donne à l’imprévisible un rôle plus important. Quand la nuit porte conseil, elle offre l’occasion de transfigurer la vie diurne.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« “Alexandre, finis vite! On ne va pas y passer la nuit”. Agacé par sa présence légitime, j’ai répondu : “Mais qu’est-ce que c’est la nuit?” »</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La section «Vie Nocturne» se décompose en six rubriques. Vous êtes invité·e·s à partager vos productions sur la nuit selon les rubriques suivantes:&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première&nbsp;: <strong>«Délit au lit»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rubrique regrouperait les travaux et créations (textes, entrevues, illustrations, BD…) qui se rattachent à tout ce qui se passe au lit : sexualité, sommeil, somnambulisme et punaises de lit… la seule limite est le matelas (sauf si vous dormez sur une surface plus originale).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième&nbsp;: <strong>«Soifaim»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette partie regrouperait vos critiques gastronomiques, recommandations de restaurants, bars, dépanneurs ouverts 24h… dans la région de Montréal. En somme, tout ce qui se réduit au goût.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième&nbsp;: <strong>«Attention: Danger»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Celle-ci serait composée de vos expériences nocturnes dangereuses, effrayantes ou mystérieuses. Soyez sans crainte, tous vos témoignages sont les bienvenus, même si vous parlez de fantômes, de vampires ou de votre peur de l’obscurité. Les menaces peuvent aussi bien être concrètes qu’abstraites, et nous prendrons au sérieux toutes vos propositions.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La quatrième&nbsp;: <strong>«À voix basse…»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette branche accueillera les délits, questions brûlantes, aveux et confessions que vous enverrez à <a href="mailto:vienocturne@delitfrancais.com">vienocturne@delitfrancais.com</a>. Les témoignages seront anonymisés et publiés avec des réponses de la rédaction, mêlant vos confessions  et les réponses de l’éditeur·rice de la section… Faites confiance à l’anonymat offert par cette branche, elle a vu pire… bien pire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La cinquième&nbsp;: <strong>«Horaires à l’envers»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour celle-ci, le point focal est tourné vers les métiers nocturnes. L’idée est d’éclairer le lectorat quant au travail de l’ombre qui, souvent, reste inconnu. Par exemple, une entrevue avec des concierges de nuit, des opérateur·rice·s d’usine, des surveillant·e·s de stationnement, les oiseaux de nuit de la bibliothèque…mise au point sur différents milieux de la nuit.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sixième&nbsp;: <strong>«Aller danser»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, pour cette rubrique, vos recommandations de boîtes de nuits, de DJ, de soirées alternatives et clandestines seront appréciées. Mylène Farmer, Madonna et Lady Gaga doivent nous lire. Vos albums préférés, reportages photo sur les artistes drag ou les <em>clubkids</em> sont très attendus.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bonne nuit.</p>
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		<title>Un théâtre qui rassemble</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/un-theatre-qui-rassemble/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elissa Kayal]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Hugo Fréjabise]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre du Nouveau Monde (TNM)]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Et si l’on faisait du théâtre dans un centre commercial?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Je m’installe à une table pliante et je pense : «c’est la première fois que je mène une entrevue dans une église». Devant moi, Hugo Fréjabise m’offre un café filtre. C’est ce que sa troupe de théâtre et lui ont pu négocier avec une église à Beaubien: un sous-sol pour leurs répétitions et une machine à café.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le théâtre, au Québec, n’a jamais été simple. Pour exister, la relève doit penser le théâtre à côté des institutions et des voies traditionnelles. Outre la salle de spectacle, elle a recours à la rue, aux églises, aux parcs et même – quand il le faut – au centre commercial. Le Rassemblement Diomède, collectif d’artistes dans lequel Hugo Fréjabise est auteur et metteur en scène, fait rayonner le théâtre <em>in situ</em> à Montréal depuis 2018.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Du théâtre à la rue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot «théâtre», du grec <em>theatron</em>, signifie «lieu où l’on regarde». Mais Hugo rappelle qu’on se trompe toujours avec l’étymologie. Le <em>theatron</em>, en Grèce Antique, c’est avant tout la place publique, là où se passe l’action. On a trop cantonné le théâtre à un lieu fermé, à des institutions. Dans le théâtre, on trouve de la musique, de la danse, de la littérature. «J’utilise le mot <em>théâtre</em> pour tout», avoue-t-il en souriant. Pour lui, le théâtre est synonyme de communication, de jeu, de politique.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Aujourd’hui, le poids de l’administratif est violent. Du moment où on demande une autorisation pour jouer quelque part, n’est-on pas dans une forme de torsion de l’art ?»</p><cite>Hugo Fréjabise</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’important, pour la relève, est de mettre le théâtre au centre de la ville pour y inviter les gens démocratiquement. «Le théâtre, tel que nous le pensons, devrait rejoindre plein de personnes, mais dans les faits, il n’y a que 10% de la population qui va au théâtre», se désole Hugo. «Et si c’est plutôt la bourgeoisie ou majoritairement des personnes blanches qui y vont, ce n’est pas un hasard. Si telle personne voit du théâtre, c’est qu’elle a été amenée à le faire, que cette culture lui a été proposée.» Mais au-delà de la publicité et des tactiques de communication, comment proposer le théâtre comme culture?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Notre idée est de sortir le théâtre de ses salles, de jouer dans des endroits publics. C’est dans ces moments-là qu’il y a des frictions. Et tant mieux. Au théâtre, on dit souvent “le théâtre est fait pour déranger” mais est-ce qu’il le fait vraiment?&nbsp; Aujourd’hui, le poids de l’administratif est violent. Du moment où on demande une autorisation pour jouer quelque part, n’est-on pas dans une forme de torsion de l’art ?» En posant la question, la relève cherche avant tout à ouvrir un dialogue. «Tout le monde est dérangé par tout le monde, c’est ça la société&nbsp;! Il faut encore savoir converser et être en désaccord. Il faut jouer sur ce lien avec l’humain.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au printemps 2022, le Rassemblement Diomède avait lancé une invitation littérale. Après la présentation de leur pièce Le Banquet dans un parc, la troupe a festoyé autour d’un barbecue avec les spectateurs. «J’aime le côté sacré du théâtre, mais tout ça, ce n’est qu’une coquetterie. Ce qui est fort, c’est d’avoir du théâtre quotidien», dit Hugo. «Des pièces qui se jouent au parc,&nbsp; là où les gens tombent dessus par hasard. Mais pour imprégner la société de théâtre, il faut un énorme travail de pédagogie.»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jouer ou ne pas jouer: telle est la question</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Déranger, le Rassemblement Diomède n’a pas peur de le faire. En février 2022, en pleine vague pandémique, la troupe avait réussi à jouer sa pièce <em>Hôtel Promontoire</em> quelques fois au Complexe Desjardins avant de se mériter un avis d’éviction. À l’entrée du centre, un baladeur était fourni à chaque spectateur: c’est dans nos oreilles que s’échangeaient les répliques, incarnées par les acteurs silencieux qui jouaient discrètement autour de la fontaine.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le centre commercial emblématise ce besoin de paix: administrativement, on fait tout pour que les choses soient paisibles, confortables et dans ce sens-là, on interdit le dialogue»</p><cite>Hugo Fréjabise</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">«On a choisi le centre commercial parce qu’un marché, historiquement, est un lieu où on peut discuter. Et à ce moment, c’était le seul endroit encore ouvert. On voulait jouer sur les flous juridiques.&nbsp; On ne cherchait pas à poser problème, on jouait aux heures de la fermeture des commerces. Reste qu’en quatre fois, on a perturbé ce gros système qu’est Desjardins.» En effet, lors de la dernière représentation, alors que la troupe jouait en bas, Hugo négociait seul avec les policiers. Je lui avoue que la scène m’avait amusée et avait ajouté au spectacle parce qu’elle faisait écho au propos de la pièce qui se déroulait dans mes oreilles; une pièce sur le besoin de résister, incarné par le motif de la guerre qu’on attend, qu’on espère presque.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Ce n’est jamais le bon moment pour se battre», acquiesce Hugo. «Le centre commercial emblématise ce besoin de paix: administrativement, on fait tout pour que les choses soient paisibles, confortables et dans ce sens-là, on interdit le dialogue. Le dialogue, la politique, c’est un petit peu la guerre. Les agents de sécurité ne veulent pas discuter. Ils veulent aplatir le discours, ont peur du désordre. La police n’arrêtait pas de répéter qu’en fait, ils étaient d’accord avec moi. Et ça m’enrageait. Je leur disais: arrêtez, ne dites pas ça. Vous avez le droit de nous mettre dehors, au moins ne faites pas semblant&nbsp;!» La démocratie du théâtre <em>in situ</em> s’étend aussi dans le jeu avec le public qui se demande: qui ici regarde avec moi?»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au-delà du rideau</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème de tout art dans une société capitaliste est la récupération, puis l’<em>administration</em> de ces questions artistiques par le système. J’interroge Hugo sur <em>Joussour</em>, une compagnie de théâtre qu’il avait cofondée trois ans auparavant au Liban, avec la scénographe Nadine Jaafar. Il confirme mes pensées: parfois, c’est plus difficile d’intégrer le théâtre dans une société occidentale aisée que dans un pays accablé de crises comme le Liban. «J’ai travaillé majoritairement à Ouzaï, avec des jeunes des bidonvilles qui n’avaient jamais fait de théâtre. Il y avait mille problèmes, mais en attendant, dans ces quartiers démunis, des jeunes dialoguaient, s’amusaient, devenaient vulnérables, se mettaient à nu. Est-ce qu’on est plus vrai sur scène ou dans la vie? Derrière l’artifice du personnage, il y a de la vérité. Je me sens sincère à travers ces artifices-là. C’était très exotique pour eux, mais je me sentais pleinement dans ce que je devais faire au théâtre. Au Liban, tous les problèmes d’administration n’existaient plus. Les théâtres nous ouvraient leurs portes la semaine même.»</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il faut utiliser les lieux désaffectés, les églises vides, les salles de théâtre. Proposons des soirées de la relève»</p><cite>Hugo Fréjabise</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La souplesse administrative et le dialogue semblent plus difficiles – ou plus longs –&nbsp; à Montréal. «Je le dis, mais je ne le dis pas trop fort. Ce n’est pas une question d’argent. À Beirut, on discutait, on se disputait, mais on arrivait à quelque chose. En Argentine, il y a des théâtres partout. Les directeurs de l’Université de Gaza font plein de choses. C’est révoltant d’avoir tout sous la main ici, mais de ne pas pouvoir en profiter. Il faut utiliser les lieux désaffectés, les églises vides, les salles de théâtre. Proposons des soirées de la relève. Ouvrons les théâtres douze heures par jour au lieu de deux. Ou du moins, commençons à en parler.»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>En mai 2022, Hugo Fréjabise et d’autres protestataires ont <a href="https://www.lapresse.ca/arts/theatre/2022-05-11/protestation-de-jeunes-artistes-au-tnm/la-directrice-et-le-dissident.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">manifesté</a> à l’intérieur du Théâtre du Nouveau Monde. Chaque semaine, il aborde des questions de théâtre dans l’émission radiophonique <a href="https://www.facebook.com/radio.lequatriememur" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Le Quatrième Mur</a>. L’activité publique du <a href="https://www.facebook.com/rassemblement.D/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Rassemblement Diomède</a> est annoncée sur leurs réseaux.</em></p>
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		<item>
		<title>L’obsolescence du genre humain</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/lobsolescence-du-genre-humain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Léonard Smith]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[Art Contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Mika Rottenberg]]></category>
		<category><![CDATA[musée d'art contemporain]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=48639</guid>

					<description><![CDATA[<p>Exploration de l’automatisation du travail dans l’exposition Mika Rottenberg.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Que veut dire être humain au sein d’un monde ultra-productiviste, où chaque individu se voit réduit à sa valeur sur le marché? L’humain peut-il s’affranchir du système capitaliste, de cet univers de sens étroit qu’il a créé et dont il s’est lui-même fait prisonnier? L’exposition visuelle de l’artiste israélo-argentine Mika Rottenberg au Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) ne fournit pas directement de réponses à ces questions, mais laisse plutôt le public avec l’impression que quelque chose lui manque, qu’un malaise existentiel s’est généralisé dans la société moderne, caractérisée par le flot incessant d’informations et la production indéfinie de biens manufacturés. Dans sa course aveugle à l’opulence et sa volonté compulsive de satisfaire ses moindres envies consuméristes, l’humain semble, dans l’exposition de Rottenberg, être confiné à un univers de limitations matérielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La consommation, moteur de la création</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est d’ailleurs peut-être ce mot, «compulsion», qui caractérise le mieux la vision des humains dans l’exposition de Rottenberg: les figurant·e·s mis·es en scène apparaissent plus prompt·e·s à réagir qu’à agir, à la manière d’automates qui n’auraient d’autre vocation que l’accomplissement de gestes qui leur sont prescrits. L’entrée en matière de l’exposition, <em>Sneeze</em> (2012), est une projection vidéo où des hommes en veston-cravate sont secoués par des éternuements incontrôlables et expulsent des objets loufoques comme des lapins, des pièces de viande et des ampoules, sorte de vision caricaturale du processus anthropocentrique par lequel l’humain devient une machine à transformer son environnement. Rottenberg écrit à ce titre que «<em>plusieurs couches de nos existences ne peuvent être contrôlées par nos esprits pensants</em>», et qu’«<em>un rire ou un éternuement se rapportent à ces autres parties du corps qui n’ont pas besoin de l’esprit pour leur dire comment agir</em>». Le relâchement naturel du corps qu’est l’éternuement, d’apparence inconvenante au sein d’une exposition artistique, peut être vu comme un véritable élément déclencheur de la création chez Rottenberg. Cette réaction physiologique prend en effet la forme d’un leitmotiv au cours de l’exposition, peut-être parce que symbolique d’une méconnaissance des mécanismes régissant certaines habitudes consuméristes. Ne pas questionner sa façon de consommer, c’est faire fi de la manière avec laquelle les objets sont produits, et ainsi oublier que certains achats se font au prix de l’asservissement de vies humaines à des travaux aliénants.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le parcours de l’exposition semble moins envisager le public en tant qu’amateur·rice·s d’arts qu’en tant que consommateur·rice·s peu au fait des angles morts de certaines industries»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le parcours de l’exposition semble moins envisager le public en tant qu’amateur·rice·s d’arts qu’en tant que consommateur·rice·s peu au fait des angles morts de certaines industries. Lorsque l’auditoire traverse des étalages de sacs remplis de milliers de perles, il peut être amené à prendre conscience de leur processus de fabrication au cours de la projection subséquente, <em>NoNoseKnows</em> (2015), au sein de laquelle une travailleuse ouvre inlassablement des huîtres perlières. Ce passage du monde matériel à des images documentaires filmées en Chine permet alors de créer une connexion entre l’ici et l’ailleurs, mais surtout de mieux&nbsp;envisager le phénomène de la mondialisation à l’échelle de petits accessoires manufacturés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’aliénation par le travail</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Rottenberg, certaines images sont esthétisantes à souhait, voire hypnotisantes, comme lorsque le public assiste aux activités d’une usine antimatière où des objets en tout genre sont détruits plutôt que produits; certaines autres images perturbent. Cet inconfort est dû à une utilisation hybride du médium cinématographique, qualifiée de «surréalisme social» par sa créatrice, dans la mesure où la composition onirique de certaines scènes se confond avec une pratique documentaire qui tire sa source de la réalité brute du travail. En ce sens, les images tirées d’une usine de perles dans le sud de Shanghai montrent l’instrumentalisation du corps de dizaines de travailleuses et dénoncent l’absurdité d’un tel mode de production, qui place en son centre des corps usinés par le travail à la chaîne. Alors que les femmes travaillent en silence, le son de leurs gestes mécaniques triant les perles semble se confondre avec celui des machines, donnant à voir un emploi exclusif de leurs facultés humaines à des fins productives. La caméra de Rottenberg se déplace ainsi d’une travailleuse à une autre comme s’il s’agissait de dispositifs remplaçables aussitôt désuets, ce que donne à penser la vue d’une jeune fille endormie devant un travail dont elle ne peut pas voir le terme.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Le fil conducteur de l’exposition ne tient pas à une intrigue ou à un enchaînement de péripéties, mais plutôt à une somme de gestes insignifiants posés par des figurant·e·s&nbsp;sans histoire »</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le fil conducteur de l’exposition ne tient pas à une intrigue ou à un enchaînement de péripéties, mais plutôt à une somme de gestes insignifiants posés par des figurant·e·s sans histoire. Les acteur·rice·s de cet univers terrifiant et anonyme&nbsp;– qu’on pourrait plutôt qualifier d’actants, tant il·elle·s paraissent subir des actions machinales qui les dépossèdent de leur agentivité,&nbsp;semblent entraîné·e·s dans l’engrenage d’une machine capitaliste qui les empêche d’agir à leur manière sur le monde. Une vendeuse ambulante doit pousser son chariot à travers un <em>no man’s land </em>pour effectuer sa journée de travail à la ville, faute de moyen de transport plus efficace, alors que d’autres sont ensevelies sous des montagnes de jouets et d’objets décoratifs destinés à la commercialisation. Le lien entre ces vies ne se révèle pas spontanément, puisque chacune d’elles n’entretiennent pas des relations réciproques. C’est plutôt la condition partagée par ces femmes qui devient prégnante – condition qui les oblige à se conformer aux exigences d’un travail n’offrant pas d’échappatoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en quelque sorte l’improductivité des tâches productives que questionne l’exposition de Mika Rottenberg, si l’on considère que le travail à la chaîne nie l’individualité de ses participant·e·s à des activités aliénantes. Quel prix humain peut-on encore payer pour assurer l’accélération toujours plus forte des moyens de production et la consommation de masse qui en découle? Il semble que la conscientisation individuelle et la responsabilisation collective du public sont des préoccupations essentielles chez la créatrice israélo-argentine, qui s’intéresse en détail à la production des biens matériels, généralement invisibilisée par leur mise en marché.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://macm.org/en/exhibitions/mika-rottenberg/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">L’exposition de Mika Rottenberg</a> au Musée d’art contemporain de Montréal prend fin le 10 octobre prochain.</em></p>
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		<title>Quand se construire est politique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/quand-se-construire-est-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Ji]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[adoption]]></category>
		<category><![CDATA[adoption internationale]]></category>
		<category><![CDATA[amandine gay]]></category>
		<category><![CDATA[Cinémathèque québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’adoption internationale vue par Une histoire à soi.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Une histoire à soi</em>, documentaire d’archives réalisé par la réalisatrice et sociologue afroféministe Amandine Gay, offre un regard sur le récit de cinq personnes adultes âgées de 25 à 52 ans issues de l’adoption internationale. À travers un montage mêlant notamment des archives personnelles des cinq personnes reçues en entrevue et une narration assurée par les voix de ces dernières, le long-métrage se veut un «film politique» qui cherche à mettre en lumière et explorer les défis et conséquences identitaires de celles et ceux qui grandissent dans une famille adoptive hors de leur pays d’origine. Le documentaire présente ses protagonistes strictement à travers leurs archives personnelles, sans jamais dévoiler leur visage au moment de la narration. Ce choix peut permettre aux spectateur·rice·s de se concentrer davantage sur leurs récits d’adoption.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une voix à travers cinq</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les 100 minutes d’<em>Une histoire à soi</em> sont entièrement narrées par les voix de Joohee, Anne-Charlotte, Niyongira, Mathieu et Céline, cinq personnes respectivement originaires de la Corée du Sud, de l’Australie, du Rwanda, du Brésil et du Sri Lanka, qui ont notamment comme point commun d’avoir été adopté·e·s par des familles françaises. Ce choix narratif permet ainsi à Gay de véhiculer un message politique qui souligne les conséquences des silences identitaires imposés aux personnes adoptées à l’international, sans elle-même s’exprimer verbalement à travers son documentaire et sans avoir recours à une voix hors champ plus détachée des récits.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Ainsi, en refusant de tenter de créer un sentiment&nbsp;d’objectivité, le documentaire arrive habilement à souligner la nature hétéroclite des expériences d’adoption&nbsp;tout en mettant en valeur les défis communs auxquels&nbsp;sont confrontées les personnes issues de&nbsp;l’adoption internationale&nbsp; »</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En assumant pleinement la nature subjective des récits présentés dans le documentaire et en juxtaposant directement les voix des personnes représentées dans les archives montrées à l’écran, <em>Une histoire à soi </em>amplifie le sentiment d’intimité des récits présentés en mettant en valeur des nuances perceptibles seulement à travers les intonations et inflexions de voix des participant·e·s. Ainsi, en refusant de tenter de créer un sentiment d’objectivité, le documentaire arrive habilement à souligner la nature hétéroclite des expériences d’adoption tout en mettant en valeur les défis communs auxquels sont confrontées les personnes issues de l’adoption internationale.&nbsp; &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix narratif permet de souligner la puissance que peuvent avoir les œuvres basées sur des travaux de recherche approfondis qui sont ouvertement situés et politiques. En effet, selon l’anthropologue Stuart Kirsch, plutôt que d’être compromis·es par leurs efforts politiques, les réalisateurs et réalisatrices d’œuvres et de travaux basés sur la recherche qui défendent activement une cause, comme <em>Une histoire à soi</em>, sont d’autant plus encouragé·e·s à produire un travail d’archives de qualité, car ils et elles sont davantage tenu·e·s responsables pour les conclusions présentées par le résultat final de leur recherche que ceux et celles qui choisissent de réaliser une œuvre au ton dit plus «impartial».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, le documentaire de Gay est un excellent exemple de l’argument avancé par Kirsch: les récits présentés par l’œuvre sont soutenus par de nombreuses vidéos et photos provenant des archives personnelles des cinq participant·e·s, mais aussi d’anciennes unes de journaux et de vidéos issues de différents médias internationaux. Ce travail de recherche approfondi soutient efficacement le plaidoyer pour des informations plus transparentes concernant les origines des personnes adoptées. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Se construire en tant que sauvé·e</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le documentaire de Gay aborde le mythe de l’adoptant·e occidental·e qui «sauve» un·e enfant à l’international d’une vie misérable. Ce mythe est exploré avec des personnes issues de l’adoption internationale. Cette approche permet d’offrir un regard sur les conséquences identitaires individuelles de ce mythe tout en explorant les mécanismes de l’imaginaire colonial impliqués dans le système d’adoption internationale. Céline raconte par exemple qu’elle s’était elle-même construit une identité de personne «sauvée» par sa famille adoptive, même si elle affirme que cette dernière n’a jamais tenté de lui faire accepter ce mythe. Cela a cependant changé le jour où elle a fait un voyage au Sri Lanka, qui lui a fait réaliser à quel point cet endroit ne représentait pas du tout la misère qu’elle s’était imaginée.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le documentaire souligne la complexité des effets des relations de pouvoirs entre les pays dits “développés” et ceux&nbsp;perçus comme étant “en voie&nbsp;de développement”»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En témoignant de la nature insidieuse avec laquelle le trope du·e la sauveur·se occidental·e a été normalisé par Céline durant son enfance et l’image subséquemment négative qu’elle s’était faite de son pays d’origine, le documentaire souligne la complexité des effets des relations de pouvoirs entre les pays dits «développés» et ceux perçus comme étant en&nbsp; «voie de développement» au sein du système d’adoption internationale. Les conséquences de ces dernières s’inscrivent même au niveau identitaire individuel des personnes issues de l’adoption internationale, lorsque celles-ci tentent de donner un sens à leur identité transnationale. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Niyongira, le mythe de la famille occidentale «sauveuse» a été vécu autrement; maintenant adulte lors de la narration qu’il effectue dans <em>Une histoire à soi</em>, il affirme que, plus jeune, il avait accepté d’être adopté par une famille française, car son but secret était que sa famille adoptive fasse aussi venir en France les autres membres de sa famille biologique. Malgré cet espoir initial, il mentionne aussi la peur véhiculée par ce mythe, notamment au moment du génocide des Tutsi au Rwanda – dont il prend connaissance à travers les médias français -, lui qui a longtemps cru que si sa famille adoptive avait eu le pouvoir de l’amener en France, elle avait aussi le pouvoir de le renvoyer au Rwanda.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Une histoire à soi </em>présente le récit touchant de cinq personnes issues de l’adoption dans un format qui entremêle des récits de vie individuelle à des luttes collectives de la communauté issue de l’adoption internationale afin de créer un documentaire bien argumenté qui rejoint et sensibilise habilement les gens hors de cette communauté. Le plaidoyer pour rendre plus accessible l’information portant sur les origines des personnes adoptées est convaincant et résonnera certainement hors de la salle de cinéma.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une histoire à soi <em>est présenté jusqu’au 1</em>er<em> septembre 2021 à la <a href="https://www.cinematheque.qc.ca/fr/cinema/une-histoire-a-soi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Cinémathèque québécoise</a>.</em></p>
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		<title>Vies citadines</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/08/31/vies-citadines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anna Henry]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Visuelles]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[création visuelle]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[ligne de fuite]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="663" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite_Anna-Henry-1-1-1000x663.jpeg" alt class="wp-image-48661" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite_Anna-Henry-1-1-1000x663.jpeg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite_Anna-Henry-1-1-330x219.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite_Anna-Henry-1-1-768x509.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite_Anna-Henry-1-1-1536x1018.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite_Anna-Henry-1-1.jpeg 1565w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/anna-henry/?media=1" data-wpel-link="internal">Anna Henry</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="663" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite-Anna-Henry-3-2-1000x663.jpeg" alt class="wp-image-48662" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite-Anna-Henry-3-2-1000x663.jpeg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite-Anna-Henry-3-2-330x219.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite-Anna-Henry-3-2-768x509.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite-Anna-Henry-3-2-1536x1018.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/08/Ligne-fuite-Anna-Henry-3-2.jpeg 1565w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/anna-henry/?media=1" data-wpel-link="internal">Anna Henry</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



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