<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des 2020-09-22 - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2020-09-22/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2020-09-22/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sun, 22 Nov 2020 03:25:00 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Ouvrir la parenthèse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/ouvrir-la-parenthese/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/ouvrir-la-parenthese/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Margaux Brière de la Chenelière]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 13:08:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37349</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur le traitement des théories féministes dans notre système scolaire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/ouvrir-la-parenthese/" data-wpel-link="internal">Ouvrir la parenthèse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Je feuillette mon manuel d’histoire, j’ai 15&nbsp;ans, je suis en secondaire trois. À la page&nbsp;122, un encadré attire mon attention. L’écriture y est plus pâle et plus petite qu’ailleurs sur la page, l’encadré est en marge du texte principal, comme un genre de <em>nota bene</em> facultatif. Son titre&nbsp;: «&nbsp;Les femmes au 18<em>e&nbsp;</em>siècle&nbsp;». Nous venons de terminer l’étude de la société québécoise de ce siècle&nbsp;; nous avons couvert la démographie, le rapport à la nature, les activités artisanales et même les tentatives de diversification de l’économie. Pas une seule fois avons-nous parlé de celles composant environ 50% de la société&nbsp;: les femmes. Tout ce temps, les femmes et leurs apports à la société québécoise du 18<em>e&nbsp;</em>siècle étaient donc cachés dans cet encadré aux couleurs ternes et timides. Une lecture rapide de cette quasi-note de bas de page me permet de comprendre qu’à l’époque, les femmes n’avaient aucun droit. Merci pour l’information.&nbsp;</p>



<p>Malheureusement, ce cours d’histoire n’est pas l’exception, mais la règle. Au sein de notre système d’éducation, il illustre le traitement typique réservé aux femmes et aux luttes féministes en enseignement&nbsp;: un bémol, un détour facultatif, un fait divers. Au cours de mon parcours scolaire, j’ai vu la notion de féminisme placée dans des encadrés, mise entre parenthèses par mes enseignant·e·s, abordée comme un «&nbsp;plus&nbsp;» facultatif pour celles et ceux que cela pourrait intéresser. Pour un système d’éducation qui a la prétention de «&nbsp;former des citoyennes et des citoyens&nbsp;», traiter les femmes et leurs apports sociétaux comme un amas de connaissance parallèle me paraît tout simplement aberrant.&nbsp;</p>



<p><strong>Entre parenthèses</strong></p>



<p>Les différentes théories féministes sont chose complexe. Elles forment un champ de connaissance touffue, variant d’une société à une autre. Au sein de ce champ, les débats fusent et les théories évoluent. Dans son ouvrage intitulé <a href="http://www.editions-rm.ca/livres/manuel-de-resistance-feministe/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Manuel de résistance féministe</em></a><em>,</em> Marie-Eve Surprenant écrit&nbsp;: «&nbsp;Le féminisme n’est pas un fait divers, à commenter à tort et à travers.&nbsp;» J’ajouterais même que, pour le comprendre, il faut d’abord prendre connaissance de ce que ses différentes théories avancent.&nbsp;</p>



<p>Nous le décrivons avec simplicité comme un mouvement souhaitant l’égalité des sexes. Pourtant, plusieurs disent souhaiter l’égalité des sexes sans toutefois vouloir se définir comme féministe. Beaucoup l’évitent par peur du mot, de l’image qui lui est associée ou par méconnaissance de sa définition. Il·elle·s ont toutefois raison sur une chose&nbsp;: souhaiter l’égalité des sexes ne fait pas automatiquement de quelqu’un un·e féministe. Selon moi, être féministe, c’est reconnaître que nous vivons dans une société où cette égalité est loin d’être atteinte. Plus encore, c’est reconnaître que celles qui souffrent de ces inégalités sont les femmes et, évidemment, c’est vouloir mettre fin à ces inégalités.</p>


<div class="wp-block-ultimate-post-image ultp-block-169ca5 animated fadeIn"><div class="ultp-block-wrapper"><figure class="ultp-image-block-wrapper"><div class="ultp-image-block ultp-image-block-none"><img decoding="async" class="ultp-image" alt="Image" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/07/image3.jpg"></div></figure></div></div>


<p></p>



<p>Me voilà donc, essayant de donner une définition au féminisme, mot effrayant et mécompris. Seulement, cette définition ne peut être que réductrice.&nbsp;</p>



<p>Comprendre le féminisme, c’est d’abord comprendre qu’il existe plusieurs types de féminismes. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’un mouvement soit divisé en ramifications pouvant diverger d’opinions. Un parti politique de la gauche radicale et celui de la gauche centrale font bien partie d’un même mouvement, la gauche politique, mais leurs idéologies divergentes les feront se séparer en deux ramifications qu’on ne saurait confondre. Un·e féministe radical·e ne tiendra pas le même discours que celle ou celui qui s’associe au féminisme queer, bien que ces deux théories peuvent s’entrecouper. La définition donnée plus tôt n’est d’ailleurs pas tout à fait en accord avec celle que donnerait un·e fervent·e féministe queer. Autrement dit, les théories féministes sont nombreuses et complexes.</p>



<p>Lorsque notre système d’éducation décide d’accorder si peu d’attention à un sujet si complexe, il faut s’attendre à en voir les répercussions. Peu ont les outils et les connaissances nécessaires pour discuter de la question féministe. Bien que je sois pleine de bonne foi et que j’ai envie de partager mes connaissances avec mon entourage, je n’ai pas la capacité d’enseigner les bases et les ramifications du féminisme à tous ceux et toutes celles voulant débattre du sujet. Pour débattre adéquatement d’un enjeu, il faut le connaître, lire les théories de ses spécialistes, comprendre son histoire et son évolution. Il n’est pas nécessaire d’en devenir spécialiste, mais des connaissances de base s’imposent. En terminant leur diplôme d’étude collégial, les finissant·e·s en sciences humaines des cégeps du Québec ne seront pas spécialistes en psychologie, mais tous·tes seront en mesure d’expliquer brièvement l’approche cognitive et d’argumenter sur les théories de Pavlov et de Skinner.&nbsp;</p>



<p>En revanche, trop peu seront capables de discuter des théories féministes en s’appuyant sur les écrits de Beauvoir et de Butler, deux femmes dont les écrits sont déjà célèbres. Certain·e·s diront que la psychologie a entièrement sa place dans l’enseignement, alors que le féminisme n’est qu’une question d’opinion. Pourtant, ces théories tentent d’expliquer les rapports sociaux entre deux groupes composants la vaste majorité de la population mondiale.</p>



<p><strong>L’impossible débat</strong></p>



<p>Débattre de féminisme n’est pas chose simple, surtout lorsque le débat se fait entre une femme et un homme. Il met alors en scène, selon le féminisme radical, l’opprimée et l’oppresseur. Se met donc en place un rapport de force difficile à renverser. Mais surtout, il peut être ardu pour un homme d’entendre et de débattre d’une théorie qui semble l’accuser. Pourtant, la théorie féministe l’accuse-t-elle vraiment?</p>


<div class="wp-block-ultimate-post-image ultp-block-cfb755 animated fadeIn"><div class="ultp-block-wrapper"><figure class="ultp-image-block-wrapper"><div class="ultp-image-block ultp-image-block-none"><img decoding="async" class="ultp-image" alt="Image" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/07/image2.jpg"></div></figure></div></div>


<p></p>



<p>Si seulement nous en savions plus sur les divergences au sein du féminisme, il serait possible de différencier les théories qui associent l’homme à l’oppresseur de celles qui accusent le système binaire et patriarcal mis en place depuis des décennies. Quelqu’un possédant très peu de connaissances sur le sujet et s’étant senti attaqué ne peut que débattre de manière irrationnelle. Mon expérience personnelle peut même prédire l’arrivée<strong> </strong>de violentes entraves aux dialogues.</p>



<p>Ce manque d’information fait en sorte qu’il revient aux féminismes de prouver des faits déjà prouvés par des spécialistes de la question féministe et de tenter de convaincre leur adversaire de débat qui, au final, reste souvent fermé·e au sujet.&nbsp;Je suis féministe, je connais les bases des théories qui le composent, j’ai lu certaines autrices illustres et je tente quotidiennement, à mon échelle, d’établir l’égalité entre les sexes. Et pourtant, je ne serais sûrement pas capable de convaincre quelqu’un qui tient le féminisme en grippe. </p>



<p>Que moi, une jeune femme de 19 ans encore à l’étape de découverte du mouvement féministe, je ne sois pas capable de convaincre quelqu’un ne prouve pas que jamais il ou elle ne pourra être convaincu·e. Des spécialistes de la question, des autrices féministes, des femmes ayant dédié leur vie à la lutte contre les inégalités des genres seront sans doute capables de le faire. Mais pour que cela soit possible, nous ne pouvons continuer à traiter le féminisme comme une connaissance parallèle et secondaire, nous ne pouvons cacher l’apport des femmes à notre société dans des encadrés, nous ne pouvons faire du féminisme une parenthèse facultative.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/ouvrir-la-parenthese/" data-wpel-link="internal">Ouvrir la parenthèse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/ouvrir-la-parenthese/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Caligraphie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/caligraphie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 13:06:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37332</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le poème acéré.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/caligraphie/" data-wpel-link="internal">Caligraphie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center">3. Caligraphie</p>



<p>Il faut pleurer en marge<br>Pas sur le cahier<br>Le père parle silence<br>Il ne faut pas dépasser<br>Il faut sourire dans les cabines à photo il le faut<br>Lorsque c’est permis crier battu</p>



<p>Mais le sourire cherche la poussière et l’écriture se mouille<br>Il ne faut pas dépasser le <em style="user-select: auto;">e</em> du cahier<br>La petite queue du <em style="user-select: auto;">e</em> dans les lignes tu dois être beau meilleur que lui. Le plus beau des beaux <em style="user-select: auto;">e</em> regarde comme mon <em style="user-select: auto;">e</em> est plus beau que le <em style="user-select: auto;">e</em> des plus beaux enfants et ma force regarde ma force dans mes petits doigts les doigts qui font mal à force de <em style="user-select: auto;">e</em> à force de mouiller dans les marges à force de rectifier ses faiblesses son enfance par la tienne.<br><br>Regarde ma force maintenant.<br><br>Après l’école les lettres se confondent aux craques aux cris<br>Les sourires se mouillent et le Petit Robert<br>Te donne la définition du mot famille<br><br>Les fenêtres les briques battent comme bâche au vent<br>Se gonflent et s’enflent de respirations les pas<br>Se resserrent les craques de trottoirs<br>Deviennent les plus belles craques de trottoirs<br><br>Tu veux t’y blottir miniature en hamac<br>Et tous les beaux enfants<br>Entendent le carambolage des ombres internées<br><br>Tu remportes un prix pour le meilleur sourire<br>Au concours de sourires des idiots du village<br>Ils se disent regarde comme il le cache mal regarde<br>Comme il ne sait pas être comme nous<br><br>Tu te caches dans l’élasticité du temps<br>L’élasticité des chambres des craques de trottoirs<br>Dans la durée des dessous de lit<br>Des doigts brisés<br>Du formidable silence de la poussière<br><br>Regarde comme les craques de trottoirs sont belles comme des craques de trottoirs regarde les fissures la fente tu veux être la fourmi dans la fente non tu veux chevaucher la fourmi dans la fente tu veux la couronner reine fourmi lui écrire une autobiographie de fourmi habiter avec elle simplement.<br><br>Fonder une famille.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/caligraphie/" data-wpel-link="internal">Caligraphie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Jusqu’à quand?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/jusqua-quand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 13:05:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37489</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lors du processus qui a mené à la réécriture de la constitution de l’AÉUM, à l’automne et au printemps dernier, les membres élus de l’association avaient décidé de rendre officielle la version française de la constitution et de lui donner primauté sur la version anglaise. Ces mesures allaient au-delà des attentes de la plupart des&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/jusqua-quand/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Jusqu’à quand?</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/jusqua-quand/" data-wpel-link="internal">Jusqu’à quand?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lors du processus qui a mené à la réécriture de la constitution de l’AÉUM, à l’automne et au printemps dernier, les membres élus de l’association avaient décidé de rendre officielle la version française de la constitution et de lui donner primauté sur la version anglaise. Ces mesures allaient au-delà des attentes de la plupart des observateurs et observatrices francophones, sceptiques quant à la volonté de l’AÉUM de déployer les moyens de traduction nécessaires pour produire une traduction valide de la constitution. Évidemment, la suite a confirmé leur crainte : dans les mois qui ont suivi, personne à l’AÉUM n’a pris la responsabilité de traduire ou de faire traduire la constitution, de telle sorte qu’elle a été votée et adoptée uniquement en anglais. À ce jour, la version française demeure dissimulée aux yeux du public.</p>



<p>L’association étudiante existe pour représenter les intérêts des étudiant·e·s auprès de l’Université ; ironiquement, pourtant, c’est elle qui pose le plus de problèmes pour les étudiant·e·s francophones. L’Université et son administration font leur part, même si l’institution est officiellement anglophone :&nbsp; ils sont en mesure, par exemple, de recevoir plusieurs services de l’Université,&nbsp;de remettre leurs travaux et de consulter la plupart des documents officiels en français. Bien que la situation soit loin d’être parfaite, l’Université a démontré à plusieurs reprises un certain souci pour cette minorité linguistique.</p>



<p>Malheureusement, le portrait est tout autre à l’AÉUM, une association étudiante qui pourtant se targue, à qui veut bien l’entendre, d’être bilingue et inclusive. La quasi-totalité des règlements et des documents publics sont disponibles uniquement en anglais, et ceux traduits le sont la plupart du temps de manière terriblement aliénante pour les francophones, comme le dirait un certain Gaston Miron. Lors des conseils législatifs, le français n’est jamais entendu plus de quelques secondes ; il est coutume pour le·a président·e de bredouiller une ou deux phrases apprises à l’avance, pour ouvrir ou pour clore un débat. Cette situation est d’autant plus désolante que chaque année, les différent·e·s élu·e·s font mine de s’engager, à tour de rôle, à mettre fin à ce bilinguisme de façade.&nbsp;</p>



<p>La crise constitutionnelle de cet été n’est donc pas le fruit du hasard, mais bel et bien la marque de l’attitude générale de l’AÉUM par rapport aux droits des francophones : les promesses et les engagements sont distribués allègrement année après année et mis aux oubliettes dès que leur exécution demande la moindre dépense&nbsp;—&nbsp;et surtout le moindre effort&nbsp;—&nbsp;de la part des exécutant·e·s. Même lorsque les exécutant·e·s et le conseil législatif décident de s’engager, il·elle·s sont bloqué·e·s par l’indifférence et l’incompréhension totales de l’électorat de l’AÉUM. Plus tôt cette année, l’ambitieux plan de francisation, qui aurait doté l’AÉUM de bien meilleures ressources de traduction et qui aurait coûté aux étudiant·e·s pas plus de trois dollars par session, a été la seule mesure rejetée par les étudiant·e·s au référendum.</p>



<p>Cette année, l’engagement prononcé du nouveau président Jemark Earle envers la communauté francophone donne envie de croire en la bonne foi des exécutant·e·s de l’AÉUM. Son idée d’exiger que les motions et leurs propositions soient traduites avant même d’être soumises au débat représente une main tendue envers la communauté francophone et permettrait peut-être à ce que celle-ci se sente représentée par son association étudiante. Évidemment, tout cela dépend de la communauté étudiante de McGill : l’AÉUM n’est, après tout, que le reflet des opinions des étudiant·e·s qu’elle représente.</p>



<p>Cela ne fait plus aucun doute : si les francophones ne veillent pas, l’AÉUM ne se souciera pas de respecter leurs droits. Mais jusqu’à quand devrons-nous veiller? Jusqu’à quand devrons-nous réclamer haut et fort ce à quoi nous avons droit? Jusqu’à quand les francophones lutteront-ils en vain?</p>



<p>Nous attendons.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/jusqua-quand/" data-wpel-link="internal">Jusqu’à quand?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tenet, Dunkerque, l’avenir et le passé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/tenet-dunkerque-lavenir-et-le-passe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Provencher]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 13:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>
		<category><![CDATA[Dunkirk]]></category>
		<category><![CDATA[été 2020]]></category>
		<category><![CDATA[oscars]]></category>
		<category><![CDATA[Tenet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37357</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le film Tenet est un retour en arrière pour Nolan, mais en vaut le détour.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/tenet-dunkerque-lavenir-et-le-passe/" data-wpel-link="internal">Tenet, Dunkerque, l’avenir et le passé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Personne n’avait vu venir<em> Dunkerque.</em></p>



<p>Pour ceux et celles qui avaient avidement consommé le cinéma de Christopher Nolan depuis près de vingt ans, ce nouveau drame de guerre dévoilé en 2017 semblait renier toute la marque de commerce qu’il s’était bâtie au fil de sa carrière. À la fois roi du box-office et auteur respecté, le réalisateur de&nbsp;<em>Memento</em> (2000),<em> Le Prestige</em> (2006) et<em> Le Chevalier Noir&nbsp;</em>(2008) avait atteint à Hollywood un niveau de popularité normalement réservé aux acteurs et actrices, à un point tel que le rejeter était devenu presque aussi à la mode que l’idolâtrer. Selon ses admirateur·rice·s, Nolan était le grand cinéaste visionnaire de notre siècle, dédié à développer des concepts inimaginables pour ensuite les mettre en image sur des écrans IMAX. Selon ses plus féroces critiques, il était un artiste presque robotique, certes capable de prouesses cérébrales, mais échouant éternellement à représenter les moindres subtilités de nos émotions. Toutefois, si les deux camps ne devaient s’entendre que sur une chose, c’était sans doute que le cinéma de Christopher Nolan formait<strong> </strong>un genre à part entière et que son dixième film, un portrait de l’évacuation de Dunkerque de 1940, y appartenait à peine.</p>



<p><strong>Finalité</strong></p>



<p>Après avoir enchaîné trois superproductions de science-fiction de deux heures et demie ou plus, menées par les plus gros noms d’Hollywood, voilà que Nolan nous livrait la (relativement) courte reconstitution d’un événement historique, avec une distribution quasi inconnue et son plus petit budget depuis dix ans. Ses deux films précédents ayant été reçus de manière inhabituellement mitigée par les critiques, il est facile d’imaginer que le réalisateur s’est lancé dans&nbsp;<em><em>Dunkerque</em>&nbsp;</em>avec une conscience accrue de ses faiblesses. Toutefois, plutôt que d’essayer d’y remédier, Nolan s’y résigne. On peut certes voir&nbsp;<em><em>Dunkerque</em></em>&nbsp;comme un reniement de la marque de commerce de Nolan – ça l’est en partie – mais c’est surtout une célébration presque nostalgique de ce même style. La plupart des caractéristiques de son cinéma s’y trouvent, même les plus négatives, mais elles sont accrues jusqu’à devenir quelque chose d’entièrement nouveau, d’abstrait. On accusait auparavant ses films d’être froids&nbsp;;&nbsp;<em><em>Dunkerque</em>&nbsp;</em>est glacial. Pratiquement dénué de personnages, de longs dialogues ou de quelconques manifestations d’émotions autres que la peur, le film est presque un désert d’humanité. Les jeunes hommes que l’on suit sur le champ de bataille sont des corps interchangeables, aussi bien en raison de leurs traits identiques que de la même volonté viscérale qui guide chacun d’entre eux. Les reconnaître individuellement est d’autant plus difficile que Nolan saute constamment entre différents points du récit, jouant encore une fois avec la temporalité comme il aime tant le faire. Nolan a toujours sur créer de la confusion chez ses spectateur·rice·s, mais il le fait de manière tellement délibérée dans&nbsp;<em><em>Dunkerque</em>&nbsp;</em>que la décision devient autre chose entièrement&nbsp;; non pas la tentative de nous expliquer une idée complexe, mais plutôt l’incitation à cesser de réfléchir et à nous perdre dans les images et le son.</p>



<p>À mon sens,&nbsp;<em><em>Dunkerque</em>&nbsp;</em>est le chef‑d’œuvre de son réalisateur et l’un des quelques vrais chefs‑d’œuvre de sa décennie, un film humble et tristement mature de la part d’un des artistes les plus talentueux, mais aussi absurdement idolâtrés, d’Hollywood. Un grand nombre de critiques ont partagé cet avis et&nbsp;<em><em>Dunkerque</em>&nbsp;</em>s’est rendu aux Oscars, une victoire peut-être douce-amère pour celui qui a tant dû se réinventer pour en arriver là.</p>



<p>Puis, la saison des prix s’est terminée –&nbsp;<em>La forme de l’eau&nbsp;</em>couronné meilleur film – et Nolan est rentré bredouille&nbsp;; il ne restait alors qu’à se demander ce qu’il ferait ensuite.&nbsp;<em><em>Dunkerque</em>&nbsp;</em>est un film auquel il est difficile, voire impossible, de succéder, et pas seulement en raison de l’éloge qu’il a reçue. L’œuvre a une aura de finalité au sein de la filmographie de son auteur, un côté introspectif, honnête et ancré qui évoque un peu un adieu. Nolan, pourtant, vient tout juste d’avoir cinquante ans et ne prendra pas sa retraite de sitôt.&nbsp;</p>



<p><strong>Rembobinage</strong></p>



<p>C’est ce qui nous amène à&nbsp;<em>Tenet</em>, son amalgame de science-fiction et d’espionnage qui est récemment paru avec la tâche non négligeable de sauver de la faillite tous les cinémas du monde.&nbsp;<em>Tenet&nbsp;</em>suit des personnages qui, grâce à ce qu’ils appellent «&nbsp;l’inversion&nbsp;», ont à la fois la capacité de progresser temporellement vers le passé et vers l’avenir. C’est un voyage dans le temps dans le vrai sens du terme – un réel voyage et non un saut – de sorte que celui ou celle qui voudrait se rendre jusqu’en 1889 pour empêcher la naissance d’Hitler devrait patienter et survivre durant plus d’un siècle, perçu en sens inverse. L’idée apporte son lot de complexité, mais elle en vaut la peine, donnant une tournure bien plus rafraîchissante qu’on l’imaginerait à un sous-genre de la science-fiction que beaucoup jugent épuisé. Elle semble aussi faire accidentellement écho au dilemme apparent de son auteur qui, dans ce onzième long-métrage, se trouve tiraillé entre l’avenir et le passé de sa carrière.&nbsp;</p>



<p><em>Tenet&nbsp;</em>est un spectacle indéniablement exaltant, comme seul Nolan sait les façonner, mais c’est aussi un film trop timide pour prendre position. Si&nbsp;<em><em><em>Dunkerque</em></em>&nbsp;</em>annonçait la fin d’une ère,&nbsp;<em>Tenet&nbsp;</em>n’annonce aucune direction claire dans laquelle entamer la suivante. C’est l’un de ces films qui ne savent pas exactement ce qu’ils veulent être. Alors que&nbsp;<em><em><em>Dunkerque</em></em>&nbsp;</em>était le produit d’une prise de conscience,&nbsp;<em>Tenet&nbsp;</em>est celui d’une crise de conscience, une œuvre étrange et confuse qui, à la manière de ses personnages, évolue à la fois vers l’avenir et le passé.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Tout le monde en aurait sans doute été satisfait s’il n’avait été qu’une nouvelle addition à la galerie déjà bien garnie de superproductions psychologiques de son auteur, mais&nbsp;<em>Tenet&nbsp;</em>est trop peu assumé pour rejoindre les rangs d’<em>Inception</em> (2010)&nbsp;ou même du plus polarisant&nbsp;<em>Interstellaire</em> (2014). Dans son état d’incertitude, Nolan expose plus que jamais les défauts qui transparaissaient déjà dans certains de ses autres films, en particulier une humanité qui est forcée et expliquée plutôt que suggérée. Dans la réplique la plus ridicule de&nbsp;<em>Tenet</em>, une poignée de héros se font expliquer qu’un potentiel cataclysme aurait la capacité d’éradiquer toute vie sur terre lorsque le personnage d’Elizabeth Debicki, de son ton le plus dramatique, trouve important de spécifier&nbsp;: «&nbsp;Incluant mon fils!&nbsp;». Dans&nbsp;<em><em><em>Dunkerque</em></em></em>, Nolan avait prouvé qu’une histoire n’a pas besoin de graviter autour d’individus, qu’il a toujours été un peu maladroit à développer, pour avoir un impact&nbsp;; en ce sens,&nbsp;<em>Tenet&nbsp;</em>est un pas dans la mauvaise direction.</p>



<p>Son scénario regorge de toiles de fond inutiles&nbsp;; des histoires de tableaux contrefaits et de villes secrètes soviétiques qui alourdissent l’expérience et n’approfondissent aucun des thèmes. C’est d’autant plus dommage que&nbsp;<em>Tenet&nbsp;</em>est sans question le film le plus conceptuellement complexe de son réalisateur et aurait justement eu besoin d’être allégé par un traitement à la&nbsp;<em><em><em>Dunkerque</em></em>.</em>&nbsp;Nolan le comprend au moins en partie&nbsp;; le protagoniste sans nom qu’interprète John David Washington est limité à l’essentiel comme il devrait l’être. Énigmatique et détaché, il rappelle le meilleur de ce que&nbsp;<em><em><em>Dunkerque</em></em>&nbsp;</em>promettait ;<strong> </strong>c’est un héros abstrait qui convient parfaitement à un univers abstrait.</p>



<p>Nolan a beau retomber dans ses mauvaises habitudes du passé, les quelques expériences de style et de propos qu’il tente dans&nbsp;<em>Tenet&nbsp;</em>valent la peine d’être soulignées. Pour une œuvre qui baigne tant dans les conventions de vieux films d’espions, elle fournit des efforts apparents pour s’ancrer dans le présent. C’est peut-être le Nolan le plus actuel à ce jour, avec une chanson originale de Travis Scott, une distribution (enfin) diversifiée et un scénario qui aborde, de manière brève, mais fascinante, la crise des changements climatiques. À travers l’idée d’une guerre mondiale opposant les victimes de la montée des eaux à leurs ancêtres négligents du passé, Nolan suscite une réflexion honnête et humaine sur les fossés qui se creusent entre les générations.</p>



<p>Ce ne sera sans doute pas assez pour lui mériter une place aux Oscars cette année, mais ce n’est pas une raison de manquer&nbsp;<em>Tenet&nbsp;</em>pour autant. Les séquences d’action, une fois que les différents rouages de l’inversion sont bien assimilés, émerveilleront même les plus cyniques. Si le nom de Christopher Nolan vous fait d’abord penser au camion renversé du<strong>&nbsp;</strong><em><em>Chevalier Noir</em></em>, au corridor d’hôtel tournant d’<em>Inception&nbsp;</em>ou aux vagues géantes d’<em>Interstellaire</em>, vous ne serez pas déçu·e·s.</p>



<p>Au suivant.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/tenet-dunkerque-lavenir-et-le-passe/" data-wpel-link="internal">Tenet, Dunkerque, l’avenir et le passé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Été 85 de François Ozon au TIFF 2020</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/ete-85-de-francois-ozon-au-tiff-2020/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Granger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 13:03:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma français]]></category>
		<category><![CDATA[été 2020]]></category>
		<category><![CDATA[Été 85]]></category>
		<category><![CDATA[François Ozon]]></category>
		<category><![CDATA[TIFF]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37318</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Pourquoi perdre du temps? »</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/ete-85-de-francois-ozon-au-tiff-2020/" data-wpel-link="internal">Été 85 de François Ozon au TIFF 2020</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Été 85</em>, le nouveau film du réalisateur François Ozon (<em>Huit Femmes</em>,&nbsp;<em>Potiche</em>), est présenté ce mois-ci dans une édition bien particulière du Festival international du film de Toronto (TIFF). Dans ce film, Alexis (Félix Lefebvre), un adolescent français, raconte l’été qu’il vient de passer avec David (Benjamin Voisin). À la suite de la mort de David, Alexis, son amour d’été, est interrogé. Ne vous inquiétez pas, je ne vous divulgâche rien&nbsp;: ce constat est évoqué en moins de trois minutes après le début du film.</p>



<p>Là est un peu le hic&nbsp;: le film, inspiré par le livre&nbsp;<em>La Danse du coucou</em>&nbsp;(1982) d’Aidan Chambers, fait preuve d’une rapidité scénaristique étourdissante et parfois gênante. De fil en aiguille, cette rapidité est si flagrante et chaotique qu’elle ne peut être justifiée autrement que par une intention avisée du réalisateur&nbsp;: «&nbsp;Arrête d’essayer de tout comprendre&nbsp;», insiste David, en s’adressant à Alexis. Ce message ne semble pas s’adresser simplement à Alexis, mais également aux spectateurs et spectatrices, qui peut parfois avoir du mal à s’ancrer dans cet univers, étant donné la rapidité des interactions et le manque de consistance dans les indices scénaristiques.</p>



<p>Pour le meilleur et pour le pire, Ozon ne semble pas vraiment s’être éloigné des thématiques et du style de son court-métrage&nbsp;<em>Une robe d’été</em>&nbsp;(1996), qui lui avait procuré une notoriété internationale. De nombreux fétiches «&nbsp;ozoniens&nbsp;», tels que les scènes de travestissement, de danse singulière et de plage, que nous donne à voir&nbsp;<em>Été 85</em>, contribuent à perpétuer l’image classique du cinéma français.&nbsp;Ce statisme stylistique a de quoi rendre hommage à une belle époque du cinéma français, mais ne peut conséquemment pas être louée pour son originalité. Une exploration plus mature et approfondie des relations de domination liées à l’âge et au genre (représentées timidement dans le film) aurait renforcé le caractère moderne et la pertinence du film.</p>



<p>On ne peut pas s’empêcher, en visionnant&nbsp;<em>Été 85</em>, d’établir des parallèles avec d’autres films du même style, comme&nbsp;<em>Les amours imaginaires</em>&nbsp;(2010) de Xavier Dolan,&nbsp;<em>120 battements par minute</em>&nbsp;(2017) de Robin Campillo ou&nbsp;<em>Call Me by Your Name</em>&nbsp;(2017) de Luca Guadagnino. En fait, à de très nombreux égards, le film rappelle la douceur et la naïveté du film de Guadagnino, que ce soit par une scène de danse colorée, une escapade à la mer ou tout simplement par l’esthétisme méditerranéen en général.</p>



<p>Il est hors de doute qu’Ozon, qui est dans l’horizon cinématographique LGBTQ+ depuis plus de deux décennies, a su laisser son empreinte auprès de nombreux réalisateurs contemporains. Néanmoins, la nouvelle vague de «&nbsp;films gays&nbsp;» (concernant au premier plan une relation homosexuelle ou homoromantique entre hommes) démontre une plus grande prise de risque que ce qui est offert aujourd’hui par Ozon. Il convient toutefois de souligner que l’absence de questionnements existentiels longs et essoufflants sur l’homosexualité est fréquente chez Ozon, et constitue une bouffée d’air frais en soi.&nbsp;<em>Été 85&nbsp;</em>ne fait pas exception et épargne le·la spectateur·rice&nbsp;d’un spleen exclusivement relié à l’orientation sexuelle qui, bien que nécessaire et pertinent, a bien trop souvent monopolisé l’intrigue de ces films.</p>



<p>Le bijou de ce film est indubitablement Félix Lefebvre, qui y livre une interprétation d’une justesse et d’une générosité ahurissantes, permettant au film d’éviter de tomber dans le piège de la fantaisie, voire de la caricature. En soutien, Isabelle Nanty et Valeria Bruni Tedeschi proposent des interprétations tout aussi louables en jouant respectivement la mère d’Alexis et celle de David. Le film est un divertissement inusité et mérite le détour.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/ete-85-de-francois-ozon-au-tiff-2020/" data-wpel-link="internal">Été 85 de François Ozon au TIFF 2020</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Métempsychose</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/metempsychose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandru Fechet]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 13:03:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37347</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/metempsychose/" data-wpel-link="internal">Métempsychose</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>C’est à un moment où il reste peu<br>À l’orée des atrocités<br>C’est une journée magnifique<br>Qui récure les artères de la ville froide et lumière aseptisante la glace couvre tout<br><br>Autrement, je ne pensais plus qu’aux petites vibrations entre les fissures c’est du solide le réel ça peut onduler et s’échapper en coup de fouet me dit un vieillard lorsque je remarquai ses dents<br><br>les fissures dans ses petits restants<br><br>Immortelles saletés irregrettables son regard change il voit que je tombe dans ses chicots<br>antiques<br><br>Ils semblent avoir grincé mâchouillant un gobelet de plastique vide frénésie néon dans les ailes sécurisées<br>Où aux levers de soleil ils ornaient le trou de langue putride de l’être scindé certes mais résolument en MARCHE</p>



<p>et on riait ensemble au fond du caniveau<br>le peu qu’on avait dit-il rapiécé et rapiéçant ô le peu qu’on avait où est-il maintenant</p>



<p>Sûrement encore un peu plus loin encore un peu plus tard heureusement sinon on resterait ici, partagés sur un coin de rue.<br><br><strong>—</strong> Je mange de la terre.</p>



<p><strong>—</strong> Quoi ?</p>



<p><strong>—</strong> Je mange de la terre, répète-t-il.<br><br>C’est fou, non ? Un homme mange de la terre et se gâche les dents et la santé pauvre petite bête de néant manque manque manque aboies-tu manque manque te manqueras-tu à toi même un jour pauvre crétin la tête en allumette tu convoites je convoite et on ne s’en défait plus et on se laisse être impunément<br><br>Je me goure, qu’il dit. Je suis à la mauvaise porte. J’ai l’air d’un rêveur en pensant qu’on ne mange plus de terre. Et pourquoi? C’est naturel. L’humain est naturel dans son envie de manger de la terre. C’est une pulsion qu’on n’honore plus c’est honteux de vouloir s’excaver s’auto-irriguer… Ça pourrait te redresser mon vieux ! Où es-tu ces temps-ci? Ta famille s’inquiète. Qui parles-tu? Ça danse libre à la lisière des océanes de ta pupille. Ça danse la terre la terre enfin à nous, notre droit et notre dû. Dernier saisissement avant enfin mon os de désir, Terre de tout et de rien mais essentiellement de riens différentiels réseau désarticulé de nos propres petits riens personnels qu’on ne se garde plus de piller de toi et de moi et des uns et des autres et des uns qu’on bégaye un un c’est un seul derrière et ici c’est sa plaie.<br><br>La main du vieil homme me tenant à bout<br><br>J’ai failli glisser.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/metempsychose/" data-wpel-link="internal">Métempsychose</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Désinvestir à l’échelle du Canada</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/desinvestir-a-lechelle-du-canada/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 13:02:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[National]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37368</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une large coalition étudiante demande aux universités canadiennes de se débarrasser de leurs investissements dans les énergies fossiles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/desinvestir-a-lechelle-du-canada/" data-wpel-link="internal">Désinvestir à l’échelle du Canada</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 8 septembre dernier, l’organisation pancanadienne de lutte contre les changements climatiques <em>Divest Canada</em> (Désinvestissement Canada, DC) a publié <a href="http://www.divestcanada.ca/lettreouverte/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une lettre ouverte</a> dans laquelle elle conviait les établissements d’enseignement à retirer tous leurs investissements dans les énergies fossiles. Elle demande également de cesser le financement d’autres «&nbsp;industries nuisibles&nbsp;» comme les fondations policières (qui financent certaines activités des services de police, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1731060/police-fondation-vancouver-abbotsford-financement" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dont l’achat d’armes provenant du secteur privé</a>) et les entreprises fabricantes d’armes. DC est une coalition de comités étudiants de désinvestissement dans les universités canadiennes et a été constituée officiellement le 8 septembre, en même temps que la publication de la lettre.</p>



<p><strong>Une industrie destructrice</strong> </p>



<p>Les signataires accusent le secteur des énergies fossiles d’être à la fois le responsable de la crise climatique et le principal acteur s’opposant à «&nbsp;une action climatique significative&nbsp;». En participant à la construction de nouveaux pipelines et de sites d’extraction de ressources, ces entreprises font en sorte que les émissions s’éloignent des limites instaurées pour contenir l’augmentation de la température planétaire moyenne en dessous des deux degrés Celsius. Toutefois, les impacts sur le climat ne seraient pas les seules conséquences de cette industrie.</p>



<p>Selon l’organisation, en plus de causer le réchauffement climatique, les activités de ces industries participeraient à la pauvreté et à l’instabilité politique dans plusieurs régions du monde. Dans la section «&nbsp;À&nbsp;propos&nbsp;» de son site web, DC affirme aussi que les industries fossiles participent à la violence contre les autochtones et les personnes racisées à travers la destruction de l’environnement et le financement de la police «&nbsp;coloniale&nbsp;».</p>



<p>Considérant ces conséquences, la lettre affirme que les universités agissent de manière paradoxale. « Les établissements d’enseignement sont censés nous préparer à notre avenir. Au lieu de cela, ils financent activement [sa] destruction. » </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les établissements d’enseignement sont censés nous préparer à notre avenir. Au lieu de cela, ils financent activement [sa] destruction</p><cite>Extrait de la lettre de Désinvestissement Canada</cite></blockquote>



<p>Elle reconnaît toutefois que plusieurs universités se sont déjà engagées à se doter d’un portefeuille sans énergies fossiles, dont <a href="https://www.concordia.ca/fr/actualites/nouvelles/2019/11/08/la-fondation-de-l-universite-concordia-s-engage-a-effectuer-100-pourcent-de-placements-durables-d-ici-2025.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’Université Concordia</a> et <a href="https://www.actualites.uqam.ca/2019/strategie-placement-ethique-fondation-uqam" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’UQAM</a>.</p>



<p><strong>Pas de demi-mesures</strong></p>



<p>L’organisation met en garde contre les pratiques d’investissement dites «&nbsp;à faibles émissions&nbsp;», qui seraient trompeuses. Puisque ces labels ne prennent en considération que les émissions directement produites par les entreprises, ils ne tiennent pas en compte les conséquences «&nbsp;en aval&nbsp;» des produits extraits. Par exemple, une compagnie d’extraction de pétrole ne serait pénalisée que pour les émissions qui auraient eu lieu au cours de l’extraction, du transport ou de la transformation, mais pas pour les émissions que le pétrole produira au moment de son utilisation. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Il n’est pas exagéré de dire que le sort de l’humanité réside dans les [mesures] que nous prendrons maintenant</p><cite>Extrait de la lettre de Désinvestissement Canada</cite></blockquote>



<p>Citant un rapport du Laboratoire national sur les énergies renouvelables au Colorado, la lettre indique que, dans le cas du charbon, 99% des émissions sont produites au moment de la combustion. Cette omission fait en sorte que certaines compagnies de l’industrie des énergies fossiles ont été incluses dans des fonds d’investissement à faibles émissions de l’Université de Colombie-Britannique. Quant aux investissements dits «&nbsp;responsables&nbsp;», qui tiennent en compte divers facteurs comme l’impact social et la gouvernance des entreprises, ils ne seraient, selon les signataires, qu’une façon d’éviter une action radicale contre cette industrie.</p>



<p><strong>Pour une relance juste</strong></p>



<p>La lettre encourage les dirigeant·e·s et les universités à travailler pour une relance économique juste, notamment à travers leurs investissements, afin de se remettre des crises qui ont secoué l’année 2020. Elle demande que 5% des actifs soient investis de manière à participer à ce projet. En plus de contribuer à l’avènement d’une société meilleure, ces investissements seraient, selon les signataires, plus sûrs et plus profitables. La lettre se termine en affirmant que les enjeux soulevés sont d’une importance capitale : «&nbsp;Il n’est pas exagéré de dire que le sort de l’humanité réside dans les [mesures] que nous prendrons maintenant.&nbsp;»</p>



<p>Selon Zahur Ashrafuzzaman, membre de <em>Divest McGill</em> (Désinvestissement McGill), la collaboration à l’échelle canadienne est un outil important pour avancer la lutte contre les investissements dans les énergies fossiles. Dans un courriel envoyé au <em>Délit</em>, il dit : «&nbsp;<em>Les universités comme McGill portent une attention particulière à leur réputation, comparée à celle d’autres universités canadiennes qui se sont déjà engagées dans le désinvestissement comme l’Université de Colombie-Britannique ou Concordia. Lorsque l’on adresse explicitement une lettre pareille aux administrations de toutes nos universités, cela met davantage de pression</em>. » La collaboration à grande échelle permettrait aussi l’échange d’outils et de techniques en plus d’offrir au mouvement un visage populaire et diversifié, ajoute Ashrafuzzaman.</p>



<p>Il a aussi confiance en l’impact que cette lettre peut avoir. «&nbsp;<em>Que tant d’étudiants à travers le pays se rassemblent de cette façon afin d’exiger le désinvestissement ainsi que l’investissement responsable est sans précédent, et je crois que ça attirera l’attention de nos universités. Bien sûr, une lettre ouverte n’est qu’une partie de l’éventail des tactiques que nous utilisons et continuerons à utiliser.</em>&nbsp;» Le 18 février dernier, le groupe étudiant <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.delitfrancais.com/2020/02/25/blocage-et-desinvestissement/" target="_blank" data-wpel-link="internal">a bloqué l’accès</a> du bâtiment d’administration James en solidarité avec la lutte contre le controversé gazoduc Coastal GasLink, qui devait traverser le territoire Wet’suwet’en en Colombie-Britannique.</p>



<p>Depuis son émission, la lettre a été signée par environ 500 étudiant·e·s et une vingtaine d’organisations étudiantes pour le désinvestissement, dont <em>Divest McGill</em>.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/desinvestir-a-lechelle-du-canada/" data-wpel-link="internal">Désinvestir à l’échelle du Canada</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>AÉUM: trois propositions pour le français</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/aeum-trois-propositions-pour-le-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 13:01:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique étudiante]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37361</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans une entrevue accordée au Délit, le président de l’AÉUM a mis de l’avant plusieurs projets pour rendre l’AÉUM bilingue.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/aeum-trois-propositions-pour-le-francais/" data-wpel-link="internal">AÉUM: trois propositions pour le français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Déjà en août, Jemark Earle avait annoncé au <em>Délit </em>plusieurs idées pour améliorer la place de la langue française à l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM), dans le cadre d’un entretien à propos de la nouvelle constitution de l’AÉUM. Cette fois, il revient à la charge avec trois propositions distinctes, qu’il compte mettre en place avant la fin de l’année scolaire en cours.</p>



<p>Le nouveau président de l’association étudiante souhaiterait avant toute chose s’attaquer au fonctionnement pratiquement unilingue du conseil législatif. Lors de la première séance du conseil de la session d’automne&nbsp;2020, le 8&nbsp;septembre dernier, le <em>Délit </em>a pu constater que toutes les motions ou propositions de loi avaient été proposées en anglais. Quelques courtes formules parlementaires, par exemple pour prolonger le temps de parole des intervenant·e·s, ont été les seules paroles prononcées en français pour toute la durée du conseil.</p>



<p>Earle souhaite que les propositions et les motions soient dorénavant traduites en amont du processus législatif. Lors d’un entretien le 21&nbsp;août dernier, il avait déclaré vouloir mettre en place un règlement invalidant toute proposition présentée uniquement en anglais. Il avait même évoqué la possibilité d’inclure cette nouvelle règle dans la constitution de l’association puisqu’<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.delitfrancais.com/2020/08/21/la-constitution-de-laeum-declaree-invalide/" target="_blank" data-wpel-link="internal">un jugement du conseil judiciaire</a> de l’AÉUM risquait de le forcer à la faire adopter à nouveau.</p>



<p>Dans une entrevue accordée au <em>Délit</em> vendredi dernier, le président de l’AÉUM a affirmé qu’il comptait à l’origine mettre en place ce règlement dès le début de l’année, mais que d’autres affaires courantes urgentes, en particulier l’organisation d’un nouveau référendum pour la constitution, ne lui avaient pas laissé le temps de faire avancer ce dossier. En attendant que cette règle soit écrite et adoptée par le conseil législatif, il envisage utiliser une partie du budget alloué à la présidence pour rémunérer les services d’une firme externe de traduction qui, avec l’accord du conseil, serait chargée de traduire chaque texte législatif.</p>



<p><strong>Du français au menu dans le plan quinquennal&nbsp;</strong></p>



<p>Earle voudrait par ailleurs que l’AÉUM puisse traduire ses propres documents sans avoir à recourir aux firmes externes avec lesquelles elle fait affaire actuellement. Lors de la campagne électorale de mars dernier, il avait à de nombreuses reprises promis d’établir et de faire adopter un plan quinquennal au cours de son mandat. Le but de cette initiative serait de donner des objectifs clairs pour l’amélioration de l’AÉUM à long terme, entre autres afin de pallier le fait que tous·tes ses exécutant·e·s sont rempacé·e·s<strong> </strong>chaque année.</p>



<p>Pour permettre le fonctionnement bilingue de l’association, le président compte inclure dans ce plan l’embauche de traducteurs et de traductrices provenant de la communauté étudiante qui seraient payé·e·s pour traduire les documents et les communications de l’association étudiante. Dans les cas qui nécessiteraient une traduction particulièrement précise, par exemple dans le cas de la traduction de documents légaux, l’AÉUM continuerait à recourir aux firmes externes.</p>



<p><strong>Retour du plan de francisation</strong></p>



<p>Jemark Earle a une autre idée en tête pour garantir que l’AÉUM ne souffrira plus de problèmes de traduction&nbsp;: ressusciter le plan de francisation, qui avait été élaboré par l’administration précédente. Lors d’un référendum le 27&nbsp;mars dernier, les électeurs et électrices de McGill avaient enterré ce projet en s’opposant à l’établissement des frais de 2,59&nbsp;$ par session qui y étaient associés.&nbsp;</p>



<p>Le président de l’AÉUM n’a pour l’instant pas l’intention de changer le texte du plan de francisation pour réduire les frais qui y sont associés. Il estime que le plan a été refusé en grande partie parce qu’il avait été proposé en même temps que beaucoup d’autres frais, ce qui a donné aux étudiant·e·s le sentiment de payer trop cher pour le fonctionnement de l’association. Il compte organiser une consultation pour comprendre les raisons qui avaient poussé le corps électoral étudiant à refuser le plan de francisation, après quoi il le soumettra à nouveau, peut-être sous une nouvelle mouture, au vote des étudiants et des étudiantes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/22/aeum-trois-propositions-pour-le-francais/" data-wpel-link="internal">AÉUM: trois propositions pour le français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Uni·e·s pour le Dr Wang</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/21/uni%c2%b7e%c2%b7s-pour-le-dr-wang/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2020 20:11:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité internationale]]></category>
		<category><![CDATA[chine]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37327</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Groupe d’Action Wallenberg se mobilise pour faire avancer la cause du prisonnier politique chinois Wang Bingzhang. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/21/uni%c2%b7e%c2%b7s-pour-le-dr-wang/" data-wpel-link="internal">Uni·e·s pour le Dr Wang</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le jeudi 16 septembre dernier avait lieu le premier événement d’envergure du Groupe d’Action Wallenberg (GAW), réunissant virtuellement nombre d’étudiant·e·s, de professeur·e·s, de député·s fédéraux·ales et d’activistes dédié·e·s à la cause de la libération du docteur Wang Bingzhang. Diplômé de la Faculté de médecine de l’Université McGill, ce dernier est maintenu en isolement cellulaire dans une prison chinoise depuis 2002, lorsqu’il a été condamné dans un <a href="https://www.unwgaddatabase.org/un/Document.aspx?id=2191" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">simulacre de procès</a> pour les «&nbsp;activités terroristes<span class="has-inline-color has-noir-color"> viole</span>ntes » que constituait, selon le Parti communiste chinois (PCC), son militantisme en faveur des droits humains et de la démocratie.<span class="has-inline-color has-societe-color"></span></p>



<p>Le GAW, créé cet été, est affilié au et travaille en cause commune avec le <a href="https://www.raoulwallenbergcentre.org/le-centre" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Centre Raoul-Wallenberg pour les droits de la personne</a>, fondé et présidé par le professeur émérite de la Faculté de droit de McGill, ancien ministre de la Justice et procureur général du Canada Irwin Cotler. Composé d’étudiant·e·s en droit de l’Université McGill, le GAW a annoncé avoir adopté le cas et la cause du Dr Wang le 31 juillet dernier. Depuis, le groupe se mobilise pour exiger du gouvernement chinois sa libération, notamment en publiant au cours des dernières semaines un <a href="https://static1.squarespace.com/static/5ab13c5c620b859944157bc7/t/5f57a27158ec0849a01b64d0/1599578739659/White+Paper_Dr+Wang+%5BFINAL%2C+7+Sep%5D.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">livre blanc</a> et un <a href="https://nationalpost.com/opinion/opinion-a-former-canadian-student-has-been-languishing-in-a-chinese-prison-for-18-years?fbclid=IwAR3i86cgA9SDXhL-HmBf8c_cUPBPS0PHgaaryJzzIWuUFb8InJcDsbz-H_I" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">éditorial</a> dans le quotidien <em>National Post</em>. Le GAW a également réuni cinq député·e·s des principaux partis politiques fédéraux du <a href="https://www.raoulwallenbergcentre.org/newsfeed/2020/9/4/z6elpuu9ms2g3jdn3ztk2uxdtbqfgd" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Caucus parlementaire multipartite des droits de l’homme Raoul Wallenberg</a> pour adopter la cause du Dr Wang&nbsp;: Elizabeth May du Parti vert, Garnett Genuis du Parti conservateur, Judy Sgro du Parti libéral, Alexis Brunelle-Duceppe du Bloc Québécois et Heather McPherson du Nouveau Parti démocratique.</p>



<p><strong>La parole à la famille</strong></p>



<p>Après une brève présentation par Jeremy Wiener, directeur du GAW et hôte de cette réunion virtuelle, l’événement du 16 septembre, qui s’est déroulé en direct sur Facebook, a commencé en donnant la parole à la famille du Dr Wang Bingzhang. Wang Bingwu, Ti-Anna Wang et Times Wang, respectivement le frère, la fille et le fils du Dr Wang, se sont prononcé·e·s sur leur combat de longue date pour faire libérer leur être cher.&nbsp;</p>



<p>Ému par moments, Wang Bingwu a raconté l’histoire de son frère: premier citoyen chinois à obtenir un doctorat en Amérique du nord depuis la Révolution culturelle, il a abandonné sa carrière médicale afin d’oeuvrer pour la démocratie et la justice en Chine. À ce sujet, Dr Wang aurait dit&nbsp;à son frère : « Je pourrais guérir quelques personnes avec mon scalpel […], mais, maintenant, je vais saisir mon scalpel révolutionnaire et entailler toutes les plaies qui affligent la nation. »&nbsp;</p>



<p>Ti-Anna Wang, diplômée de la Faculté de droit de McGill en 2017, a de son côté parlé de ses plaidoyers envers les gouvernements américain et canadien. Elle a tenté jusqu’à maintenant, sans succès, d’obtenir l’intervention personnelle d’un chef d’État auprès des plus hautes sphères du gouvernement chinois pour la libération de son père, qu’elle n’a pas vu depuis plus de dix ans.&nbsp;</p>



<p>Quant à Times Wang, avocat comme sa sœur, il tenait à noter l’importance de ne pas cadrer la situation de son père comme illustrant une lutte entre la Chine et l’Ouest. Ce discours de « propagande » serait celui adopté par le PCC. Selon le fils du prisonnier politique, il faudrait plutôt voir la situation comme une lutte entre le PCC et les valeurs démocratiques. L’absence de règle de droit, illustrée par l’autorité du PCC prévalant sur celle des lois écrites, est précisément selon lui ce qui rend si difficile de plaider des causes comme celle de son père.</p>



<p><strong>Une lutte non-partisane</strong></p>



<p>La parole a ensuite été accordée tour à tour aux cinq membres du Caucus parlementaire multipartite des droits de la personne Raoul Wallenberg. La députée libérale Judy Sgro, ayant dès 2003 souligné l’enjeu que posait l’emprisonnement du Dr Wang, a affirmé l’importance de continuer à « attaquer» la Chine sur le dossier des prisonnier·ère·s politiques. Elle a également rappelé que deux autres citoyens canadiens, <a href="https://www.lapresse.ca/international/asie-et-oceanie/2020-06-19/deux-canadiens-detenus-en-chine-formellement-accuses-d-espionnage" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Michael Kovrig et Michael Spavor</a>, étaient actuellement détenus en Chine. Le conservateur Garnett Genuis a quant à lui souligné l’urgence de faire progresser la démocratie et les droits humains en Chine à la lumière de la crise des Ouïghours et de la répression des voix dissidentes. Le bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe a pour sa part affirmé que la cause du Dr Wang est celle de la démocratie et que la liberté d’expression des citoyen·ne·s chinois·es devrait être la même que celle des citoyen·ne·s québécois·e·s. La néo-démocrate Heather McPherson a déclaré que le Dr Wang est un membre de la famille mcgilloise et de la famille canadienne et que le Canada, comme nation, devait faire tout ce qu’il pouvait pour le libérer. Enfin, la leader parlementaire du Parti vert Elizabeth May a souligné la solidarité de son parti avec tous·tes les prisonnier·ère·s politiques, comme le Dr Wang, les « deux Michael » et ceux·elles arrêté·e·s à Hong Kong pour leurs revendications démocratiques. Elle a conclu en faisant un parallèle entre la situation du Dr Wang et celle de Nelson Mandela, libéré après 27 années d’emprisonnement, pour souligner que la libération de l’activiste pro-démocratie chinois n’est pas une cause sans espoir et que rien n’est impossible. Tous·tes les député·e·s ont souligné leur admiration pour le courage dont fait preuve la famille du Dr Wang.&nbsp;</p>



<p><strong>« Parodies de justice »</strong></p>



<p>Le professeur mcgillois Frédéric Mégret, spécialiste en droit international des droits de la personne, a été invité pour résumer les arguments juridiques de la cause du Dr Wang tels que présentés dans le livre blanc du GAW. « Il y a des procès injustes et il y a des parodies de justice », a entamé le professeur Mégret. La détention <em>incommunicado</em>, l’impossibilité de faire appel à un·e avocat·e avant son procès, l’ignorance des charges soulevées contre lui et l’interdiction de parler à son propre procès seraient des violations des droits du Dr Wang qui attaquent le cœur de la justice&nbsp;: selon le professeur, son procès n’était que « mascarade ».&nbsp;</p>



<p>Au-delà des violations de traités internationaux, le professeur Mégret met en évidence l’incapacité du système judiciaire chinois d’être à la hauteur de ses propres idéaux et de respecter les normes qui, du moins sur papier, sont garanties. « Il ne reste pas grand-chose derrière ce procès si ce n’est l’hostilité avérée du régime au travail du Dr Wang en faveur de la démocratie et des droits humains », a‑t-il résumé. Il conclut en notant les conditions particulièrement cruelles de la détention du Dr Wang, l’isolement cellulaire étant reconnu par plusieurs organes de protection internationale des droits humains comme un traitement dégradant et inhumain, et même, lorsqu’il est prolongé, comme une forme de torture.&nbsp;</p>



<p><strong>Une répression à plus grande échelle</strong></p>



<p>Le dernier orateur de l’évènement, le professeur émérite Irwin Cotler, a caractérisé le Dr Wang comme le « père fondateur » du militantisme pour la démocratie en Chine. Son emprisonnement, selon le professeur, reflète « l’autoritarisme global renaissant » que personnifie le Parti communiste chinois contemporain et que redoutait le Dr Wang.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Cet autoritarisme, aux dires du professeur Cotler, se manifeste aujourd’hui par le ciblage des groupes que le PCC appelle lui-même « les cinq poisons »&nbsp;: les Ouïghours, Hong Kong, les Falun Gong, les Taiwanais et le Tibet. En plus des atrocités de masse commises notamment contre les Ouïghours, cet assaut contre la démocratie de la part du PCC comprend également la restriction de la liberté de presse en Chine et l’emprisonnement de ressortissant·e·s canadien·ne·s en guise de réponse politique au Canada, dont l’obéissance à un traité d’extradition a été qualifiée par le PCC comme étant « vile, inadmissible et mauvaise ». Le professeur Cotler n’a pas hésité à utiliser ces&nbsp; mots contre le régime chinois : « Ce qui est vil, inadmissible et mauvais est la détention injuste et la torture continue du Dr Wang Bingzhang. »&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Ce qui est vil, inadmissible et mauvais est la détention injuste et la torture continue du Dr Wang Bingzhang »&nbsp;</p><cite>Prof. Irwin Cotler</cite></blockquote>



<p>Le professeur Cotler a conclu son discours avec une liste d’initiatives à prendre&nbsp;:</p>



<ol class="wp-block-list"><li>Renouveler la pétition au Groupe de travail sur les détentions arbitraires de l’ONU ;</li><li>Faire des représentations aux agences spécialisées de l’ONU engagées dans la lutte contre l’emprisonnement illégal et la torture du Dr Wang ;</li><li>Faire des représentations au Conseil des droits de l’homme de l’ONU afin qu’il cesse de considérer la candidature de la Chine parmi ses membres ;</li><li>Internationaliser le militantisme parlementaire pour le Dr Wang ;</li><li>Faire des représentations directes aux autorités chinoises ;</li><li>Imposer des sanctions <a href="https://laws.justice.gc.ca/fra/lois/J-2.3/TexteComplet.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Magnitzky</a> contre ceux·elles impliqué·e·s dans l’emprisonnement du Dr Wang ;</li><li>Engager la société civile dans le mouvement pour la libération du Dr Wang.&nbsp;</li></ol>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/21/uni%c2%b7e%c2%b7s-pour-le-dr-wang/" data-wpel-link="internal">Uni·e·s pour le Dr Wang</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Clarum per obscurius</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/09/21/clarum-per-obscurius/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Simon Tardif]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2020 20:03:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Boutang]]></category>
		<category><![CDATA[Heidegger]]></category>
		<category><![CDATA[Homère]]></category>
		<category><![CDATA[Odyssée]]></category>
		<category><![CDATA[Ontologie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=37329</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quelques notes manuscrites en hommage au philosophe Pierre Boutang.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/21/clarum-per-obscurius/" data-wpel-link="internal">Clarum per obscurius</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 20 septembre de chaque année est l’occasion de souligner la naissance du philosophe français Pierre Boutang, décédé en 1998. De nos jours, cet homme reste peu connu du grand public et même de la plupart des universitaires, lui qui a pourtant occupé la prestigieuse chaire de métaphysique de la Sorbonne de 1977 à 1985, ayant succédé à Emmanuel Levinas qui voyait en lui un digne successeur. Nous devons à Boutang parmi les meilleures traductions de Platon, de nombreux essais politiques et littéraires, une production romanesque et, surtout, des œuvres de philosophie dont la plus grande est très certainement l’<em>Ontologie du secret </em>(1973). George Steiner, décédé il y a quelques mois et dont on peut dire qu’il fut l’un des derniers grands humanistes de notre époque, affirmait quant à lui, à propos de l’œuvre susdite, qu’il s’agissait de l’un des «&nbsp;maîtres-textes métaphysiques de notre siècle&nbsp;», ce qui relève, en un siècle qui vit naître et mourir des titans de la pensée, un hommage tout à fait significatif et empreint d’admiration.</p>



<p>Dans cette <em>Ontologie</em> vers laquelle je souhaite attirer votre regard, nous prenons tous part à l’un des motifs ancestraux de la civilisation occidentale – peut-être l’un de ses premiers, diront certains. Pour l’homme que fut Boutang, ce motif n’est toutefois aucunement restreint à celle-ci, lui qui fut, on le sait, très proche du nationalisme des romantiques allemands, dont Johann Gottfried Herder reste encore de nos jours l’illustre représentant. <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">On sait de ce nationalisme qu’il se voulait curieux dans sa fierté de lui-même, en cela qu’il importait pour lui que chacun détienne une juste place dans le concert des nations, ce qui revient à dire, en quelque sorte, que pour un tel nationalisme, le mot-phare de «&nbsp;littérature universelle&nbsp;» n’est guère un slogan puisqu’il corrobore un chœur où chacune des voix puise dans la force de l’autre.</span><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span>Ce motif, il s’ensuit donc, déborde de l’Occident et s’épanche ailleurs – et c’est plutôt l’humain qui le rencontre partout. Dans ce qu’il convient de qualifier de «&nbsp;voyage odysséen&nbsp;», motif par lequel la parole d’Homère nous recueille, l’<em>Ontologie</em> nous ramène, par les truchements d’un <em>homo viator</em>, à l’apophtegme heideggérien aux accents existentiels qui, tard dans la nuit, énonce «&nbsp;<em>Das Leben ist diesig, es nebelt sich immer ein</em>&nbsp;» ; dans cette «&nbsp;existence qui s’embrume en elle-même&nbsp;», nous avons affaire à un secret dont les clefs et le chemin ne furent connus que de quelques rares âmes dorées, exceptionnelles.</p>



<p>Bien sûr, de telles propositions apparaîtront à plusieurs comme obscures, voire obscurantistes. Qu’il me soit donc permis de vous témoigner de la profonde affection qu’une telle œuvre partage avec l’existence humaine. S’agissant de la clarté, j’en suis venu à voir en une certaine obscurité l’un des premiers critères y menant, car lorsque l’existence et ses intrications sont concernées – et nous savons combien reste profond ce massif –, toute chose est soumise par avance à un jeu d’apparences et de possessions. À peine osons-nous croire perler l’approche d’une certitude que la chose se voile à nouveau.</p>



<p>Tout cela, bien sûr, est connu de la phénoménologie, elle dont l’un des enseignements consiste à montrer que, le plus souvent, l’un des faux pas du regard consiste à considérer le paraître de l’être à partir de l’ap-paraître de l’étant, comme subjugué par l’attraction de l’étant, et non par l’inapparence de l’être, de sorte que l’on croit à tort détenir aisément <em>le</em> rendre-visible à partir d’<em>un</em> rendu-visible. Du moins, dit comme tel, est-ce ce qu’une certaine phénoménologie taraude, comme ces gens qui hument les odeurs d’un souvenir en recherche de quelque chose.</p>



<p>S’il ne s’agissait là que d’une digression, l’on peinerait à comprendre en quoi de tels propos sur la phénoménologie, l’existence, les apparences et quelques autres curiosités de la sorte peuvent nous servir dans notre commerce avec l’<em>Ontologie</em>. C’est que, comme le lecteur de Boutang le sait pertinemment, toute l’enquête qu’il y mène a justement son affaire en celles-ci. Qu’est-ce qu’une «&nbsp;ontologie du secret&nbsp;»? À cela, rien en ces lignes ne permettra l’esquisse d’une réponse. Ce qui est proposé, en revanche, tient en une chose toute modeste&nbsp;: amener à considérer l’attrait du faire-voir présent en chaque voir. C’est, je le crois, la leçon première qui doit précéder ce «&nbsp;baptême du désir&nbsp;» qu’incarne l’<em>Ontologie</em>, ce qui doit aussi précéder, comme le rappelait lui-même Martin Heidegger à l’égard de l’étonnement de l’être tel que magnifié dans <em>Sein und Zeit</em>, l’essor de <em>la</em> question, pour autant que cette leçon prétend nous épauler dans un chemin vers l’origine où les eaux dormantes restent rares.</p>



<p><strong>L’</strong><strong><em>Odyssée</em></strong><strong></strong></p>



<p>Chacun connaît l’histoire d’Ulysse, roi de l’antique Ithaque et dont les ruses permirent la prise de Troie par les Achéens. Dans ce poème homérique qu’est l’<em>Odyssée</em>, où font cortège la nostalgie et la force aux côtés des embûches, quelque chose luit, comme caché&nbsp;: le retour d’Ulysse, l’<em>Ontologie</em> nous le montre, reste un perpétuel <em>homecoming</em>. Par cela, j’entends que l’image qu’a Ulysse de sa demeure, alors qu’il prend dix ans à rentrer chez lui, est quelque chose comme une bouée ; lorsque Ulysse se dévoile à Ithaque, c’est aussi Ithaque qui se dévoile pour ce qu’elle n’était pas, pour ce qu’elle ne fut jamais. L’<em>Ontologie du secret </em>concerne une épreuve du même genre, une épreuve irréductible connue de tous, une épreuve qui consiste à voir le véritable visage derrière nos espoirs, le secret d’entre les secrets, la présence qui nous réconforte alors que jamais elle ne fut. Nombreux furent d’ailleurs ceux à comparer la philosophie, précisément, à cela&nbsp;: le chemin d’un retour.</p>



<p>Il y a donc quelque chose de casanier dans ce voyage vers une destination qui doit nous conduire à l’origine qui n’existe pas, mais dont la présence, ô combien scintillante, reste telle la chandelle d’un cabinet tard dans la nuit. Or, au gré du périple, quelque chose de tel qu’un pèlerinage prend forme dans le cœur de certains, alors que l’apparence de la chose ne suffit plus. C’est ainsi que certains découvrent <em>in actu exercito</em> au seuil de la clairière – celle où les choses prennent leur lumière – la présence réelle, elle qui octroie aux choses leur apparence. Telle est la révélation qui se fait jour au creux de cette vérité supérieure, une fois dégagé de la plaine de la <em>Λήθη</em> – en retrait de ce qui échappe à la mémoire. &nbsp;</p>



<p>En cela, on remarquera sans doute, en des inclinaisons familières, le sacerdoce bien connu de Simone Weil. Ce dont il est ici question, ce dont il s’agit toujours lorsque l’on s’attarde à l’existence elle-même, ce n’est rien d’autre que la croisée de l’origine et du sacré – et c’est tout à la fois. Weil, dont l’<em>Enracinement</em> est à bien des égards l’un des beaux moments d’un siècle déchiré, nous chuchote un peu de ce qui demeure en retrait, dans l’obscur, sans aucune prétention, sans l’arrogance de croire détenir les yeux d’Argus. Telle est la profonde affection que partage l’<em>Ontologie</em>, mais aussi plusieurs autres œuvres également, avec l’existence humaine ; elle partage avec cette dernière le souci de terres spirituelles, de terres qui sont nôtres depuis toujours sans véritablement l’être, de terres avec lesquelles il faut constamment renouer. Il y a quelque chose de douloureux à cela ; de nombreux Québécois le savent et bien davantage encore sont ceux des Premières Nations qui l’éprouvent, si bien que l’intitulé dudit souci dépasse les affaires courantes dont on a pourtant la besogne si prenante. L’existence est scindée par un ravin&nbsp;: sur son premier versant, ce versant qui ne laisse rien voir d’autre que lui-même, nous sommes tous voués à nettoyer les écuries d’Augias, à accepter de souffrir la saleté ; sur le versant caché, nous sommes avec Antigone, celle de Sophocle, avec ceux qui refusent la saleté et qui n’attendent plus que l’heure des grâces fasse son apparition – puisqu’elle est là depuis toujours, en cette «&nbsp;énigme du purement surgi&nbsp;» que chantait Hölderlin dans son poème consacré au Rhin. &nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Révélation</strong></p>



<p>Il faut saisir le clair par l’obscur. Les trois extases du temps nous apprennent lentement à le comprendre. Un jour, le passé s’embrume pour ensuite éclairer le présent et, un autre jour, c’est le futur qui embrume lui-même le présent et déteint sur le passé – et quoi d’autre encore. Dans le retour – «&nbsp;présence, avec ou sans douleur de ce à quoi il faut revenir&nbsp;», comme le disait d’emblée Boutang – dans l’odyssée elle-même, ce qui importe, c’est de saisir le voir par <em>ce </em>qui fait voir. Il n’est guère anodin que Mémoire&nbsp;ait été chez les Hellènes mère de toutes les muses. La poursuite du passé, de ce dont on se souvient, configure et reconfigure sans cesse les sursauts de nos répliques. Ce n’est donc pas sans raison que l’on affirmera que ce qui habite notre mémoire, ce qui guette nos nuits, on l’a appris par cœur. &nbsp;Les temps modernes doivent laisser le pas à autre chose, à quelque chose de dormant en eux. Hölderlin nommait cela «&nbsp;habiter poétiquement la terre&nbsp;» ; Boutang, quant à lui, parlait du «&nbsp;couloir oblique&nbsp;», rappelant par là le «&nbsp;grand circuit&nbsp;» de Platon.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Carcasse, tu trembles? Tu tremblerais bien davantage, si tu savais où je te mène&nbsp;»</p><cite>Nietzsche</cite></blockquote>



<p>Or, pour ce faire, encore faut-il renoncer à Narcisse, cela afin que les griefs qu’on entretient vis-à-vis de ce qui nous dépasse puissent être abandonnés dans les boues nuisibles où ils doivent être abandonnés. À ce propos, il n’y a pas de quoi gémir&nbsp;: il ne s’agit pas de renoncer à soi.</p>



<p>Afin de mieux vous montrer la chose, et puisque c’est à lui que je dois tant, permettez qu’on laisse, un moment, la parole à Boutang lui-même&nbsp;: «&nbsp;Au tournant de la route parut, non l’ennemi prévisible, mais la tache verte, misérable et éteinte de poussière, d’un autobus de Paris. Toute question s’évanouit&nbsp;: ce dont la couleur était brusquement chargée – misère, exil, insolite – ne s’en séparait plus comme le dicible d’un indicible ; et nulle vive couleur, nulle fête du toucher, nul éblouissement n’avaient jamais été plus forte que cette composition du destin, où la pure qualité n’était pas, comme d’ordinaire, offusquée et menacée par les formes bien connues&nbsp;: ces formes, la situation même, étaient comme appelées et pas encore englouties dans l’immédiat de ce vert poussiéreux du S. Et s’il allait peut-être falloir, bientôt, “le dire aux anges”, ce ne serait pas plus difficile que de leur conter comme en notre monde se prouvait le théorème de Thalès. Si les sites, les mouvements, l’essence d’un désastre avaient pu se plonger ou condenser en une tache colorée, la mort les anéantirait ou sauverait ensemble. Et dans ce cas les anges, eux, auraient à lui annoncer ce que “cinabre, bleu, fraîcheur, amertume” avaient une fois “voulu” dire.&nbsp;»</p>



<p>Et permettez cette fois-ci, finalement, une digression, peut-être bien la seule de ces notes&nbsp;: «&nbsp;Carcasse, tu trembles? Tu tremblerais bien davantage, si tu savais où je te mène.&nbsp;» Cette phrase de Nietzsche possède ce siècle qui s’ouvre très vite, malgré nous. N’avons-nous succombé à celle-ci, à celui-ci? À ce propos, ce fut la fougue de Nietzsche que de saisir l’envers terrifiant du chemin vers l’Être ; ce fut l’humilité de Boutang de n’accepter rien d’autre que d’être confié à lui. Car, en définitive, l’un nous tend la main et l’autre nous crache au visage. Qui est qui? Certains savent. D’autres le tairont. Mais, en cette soif, qu’elle soit tendre ou terrible – mais belle, <em>toujours</em> –, l’on n’échappe jamais à l’existence. Et, à vrai dire, je ne puis constater rien d’autre que cette soif. – Il y a là, entendons-nous, tous les ingrédients d’une tragédie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/09/21/clarum-per-obscurius/" data-wpel-link="internal">Clarum per obscurius</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
