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	<title>Mathilde Chaize - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Falaise souple</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/21/falaise-souple/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Chaize]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Mar 2017 13:30:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p2">Falaise souple<br>
courbes étranglées</p>
<p class="p2">la chute fige l’étendue<br>
sans étendre sa démesure</p>
<p class="p2">Avalanche corporelle</p>
<p class="p2">il ruisselait<br>
vers ce monstrueux abris</p>
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		<item>
		<title>Je viens d’un monde en charbon</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/21/je-viens-dun-monde-en-charbon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Chaize]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Mar 2017 13:29:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Je viens d’un monde en charbon<br>
Où les murs ont froid<br>
Il n’enrobe que les mirages<br>
Les étreintes presque soumises ne sont qu’élixirs qui les étranglent<br>
Statues fanées<br>
Où le plâtre ne se verra que décor<br>
Où l’on épouse les cintres de la raison<br>
Qui pendent comme un corps encore chaud</p>
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		<title>Et l’Artiste crée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/10/25/et-lartiste-cree/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Chaize]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2016 13:53:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec cette entrevue de Marlon, peut-on envisager sa démarche, ou alors son absence, comme un retour à une naïveté de l’art? Délaisser la vision du poète moralisateur pour se concentrer sur le Beau. Se retrouve-t-on au 21e siècle à revenir à «L’art pour l’art», comme Théophile Gautier et le Parnasse le soutenait. Comme si la&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2016/10/25/et-lartiste-cree/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Et l’Artiste crée</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Avec cette entrevue de Marlon, peut-on envisager sa démarche, ou alors son absence, comme un retour à une naïveté de l’art? Délaisser la vision du poète moralisateur pour se concentrer sur le Beau. Se retrouve-t-on au 21<i>e</i> siècle à revenir à «L’art pour l’art», comme Théophile Gautier et le Parnasse le soutenait. Comme si la création poétique se devait de rimer avec l’engagement proclamé par celui détenant la plume. La plume comme clef?</p>
<p class="p3">La poésie, et l’Art plus généralement savent s’approprier la légitimité de nous pointer une réalité. Avec seul notre regard de profane comme indice, le Poète se présente comme guide. C’est alors que ces grandes phrases, quoique agréables pour l’oreille et les yeux, accèdent à un devoir d’utilité, qui put frôler la nécessité du temps de Friedrich.</p>
<p class="p3">Mais n’oublions-pas, et La Femme nous le rappelle, que c’est nous qui lui attribuons cette vocation. L’engagement est donc mutuel, cette jonction devient partage. Le poète est acteur autant que celui qui le lit: c’est ici que les mots deviennent œuvre. Les mots n’existent donc pas lorsqu’ils ne sont pas dédiés à être lus, autant qu’une œuvre n’est pas œuvre d’art avant d’avoir été invitée dans la pièce blanche.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Le groupe s’approprie plutôt la simplicité, en œuvrant seulement à jouer avec les mots. Autant qu’elle puisse «titiller», leur poésie garde une essence tout en ne s’attachant qu’au rythme et l’harmonie des mots. Serait-il est alors de notre faute de vouloir interpréter les dires de nos artistes?</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dans un certain sens, notre mystification de l’Artiste fait partie intégrante de la création. En se basant sur deux compléments de temps, trois adjectifs et un verbe substantif, le public se crée un imaginaire qui lui est propre, et qui finalement ne concerne que lui. Dans l’abandon de la démarche, notre artiste rompt la dualité avec ce public, qui lui aussi semble perdre ses attentes. L’Artiste crée et le public applaudit.&nbsp;</span></p>
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		<item>
		<title>Un Soir, rien qu’avec elle</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/10/25/un-soir-rien-quavec-elle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Chaize]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2016 13:51:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vendredi 21 octobre vers 22 heures avec La Femme.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">D</span><span class="s1">ehors devant la salle,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>La Femme</i> se fait entendre sous la pluie. Son nom est soit prononcé avec un accent terriblement anglais, ou encore hurlé par de jeunes demoiselles dont l’excitation pourrait seulement se mesurer par la beauté de leurs souliers. Aspirés par le magnétisme du <i>Sphynx</i>, nous montons les marches du Théâtre Fairmount qui sera, le temps d’un soir, le temple de l’étalage du décalage. Brut, quasiment impérial, ce lieu fréquentable par seul un Hopper se serait transformé ici en décadence. Après déjà nous avoir conquis avec leur album <i>Psycho-Tropical Berlin</i>, <i>La Femme </i>fait de nouveau ses preuves avec un nouveau,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Mystère</i>. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La pluie ne nous empêchera pas de transpirer. Mais derrière cette femme, six individus se dessinent incandescents dans l’obscurité. Ce qui était «<i>cool</i>» pendant les répétitions révèle finalement un aura sous les projecteurs. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Introduction de l’émulsion. Il ne suffira que de quelques instants pour que le soleil soit au zénith. Les sueurs se mélangent, les corps s’enlacent et se délacent au rythme de <i>Où va le monde</i>. On retrouve l’insouciance qu’on croyait avoir oubliée, comme une ode juvénile qui nous fait frissonner. La sois-disante exclusivité de l’intimité semble à gommer ici aussi, tant il ne reste que le sourire partagé par une foule. L’euphorie générale prend le visage d’une marée humaine quand les premières notes de <i>Sur la planche </i>résonnent. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Résonnance de la renaissance. Naissance de l’unisexe avec <i>Si un jour</i> où les femmes abandonnent leur<i> Moulinex</i>. Hommes, et femmes ne pensent plus qu’à se déhancher, se déchaîner, complices, au point que les corps de nos artistes se dévoilent. La sensualité apparaît, on n’arrache pourtant pas les pétales; on caresse du bout des doigts la pénombre rouge bercée par <i>Tueur de fleurs</i>. Puis la tempête se calme, nous laissant le temps de déchiffrer quelques mots sur le torse de Marlon, le chanteur blond qui se décrivait tout à l’heure comme mi-renard, mi-furet: «<i>Fuck Zubrowka</i>» <i>(on n’est pas fan non plus rassure-toi, ndlr)</i>. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Retour à l’état animal. Sacha, le guitariste, perd sa discrétion et se révèle pleinement lors d’une danse endiablée nous invitant dans sa jungle citadine avec <i>SSD</i> – on irait bien s’exiler avec toi petit léopard. Prétendant que la fin approche, <i>Mycose</i> fait son apparition dans toute son absurdité. Nous menacent-ils vraiment de couper le son? C’est absurde de nous prendre pour des idiots, on n’a pas envie que ça s’arrête. Nobles, ils nous donnent peu mais suggèrent beaucoup. On se sentirait presque privilégié de croiser un de leurs regards dignement sucrés. Les derniers instants d’hystérie emportent la salle alors que certains de nous imposent leurs présences lourdes mais volatiles sur scène: désir de voler la vedette aux petits prodiges et prêt à tout pour surplomber la foule. Mais qu’importe, cette légèreté aérienne, on l’avait pas croquée depuis longtemps. On a joué au chat et à la souris. Ils s’échappent, on les rappelle, absence, absence, ils ne reviennent pas et, étonnement, ils pointent enfin le bout de leur nez. La béatitude inonde jusqu’à en surprendre le buvard. Le majestueux psychédélisme résonne. Apparemment, il ne nous reste qu’à <i>prendre le bus</i>. La pluie ne nous aura pas empêcher de transpirer.&nbsp;</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les crayolas de Marlon</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/10/25/la-femme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Chaize]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2016 13:46:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Marlon Magnée de La Femme.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><i>D’escale à Montréal avant de repartir pour L.A. en tournée en Amérique du Nord, La Femme a pris refuge de la pluie givrante du déluge au Théâtre Fairmont. Nous aussi avons voulu prendre refuge derrière le rideau noir, mais armés de crayolas, de sucettes et de quelques questions. C’est entre les essais de dernières minutes et l’ultime mise au point des balances que nous avons pu entamer un dialogue avec Marlon Magnée. Fondateurs de La Femme avec Sacha Got, on le reconnait à son micro et son clavier sur scène, mais surtout grâce à ses bouclettes dorées… Intimité dévoilée, c’est un plongeon dans les derrières d’un groupe qui émeut autant le «vieil ami» que l’enfant en nous que l’on se doit d’oublier.</i></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1000px">
			<img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-26380 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/10/PHOTOLAFEMME-1000x662.jpg" alt="photolafemme" width="1000" height="662" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/10/PHOTOLAFEMME-1000x662.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/10/PHOTOLAFEMME-768x509.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/vittorio_plessin/?media=1" data-wpel-link="internal">Vittorio Pessin</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<hr>
<p class="p1"><b>Le Délit (LD): </b><i>Pourquoi la Femme? Vous considérez-vous comme une seule entité ?</i></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Marlon Magnée (MM): </b>C’est un mystère. En tous cas, ce n’est pas seulement la chanteuse. C’est le groupe. . Si tu trippes, tu peux voir<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>la Femme comme une entité qui veille sur nous, et qu’on modèle, petit à petit avec des clips et de la musique.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Défier les normes de genre: est-ce une problématique au sein de votre démarche? Autant dans le nom du groupe que les paroles du dernier album? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM:</b> Non pas vraiment, mais je pense qu’il est quand même important de préciser que la société, telle qu’on la connaît, place souvent l’homme au premier plan, et la femme en dernier. Et là depuis 100 ans, les choses changent et ces nouvelles problématiques se posent pour le futur.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>La Femme, serait-elle votre muse? Ou alors seriez-vous les muses de la Femme?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM: </b>Oui grave! On l’a peut-être été indirectement en sortant avec quelques artistes. Peut-être qu’on s’est plus inspirés des femmes, que les femmes se sont inspirées de nous. Mais oui, nous nous en sommes forcément inspirés: je pense à l’ombre d’une femme quand je pense à une muse. Déjà, c’est un nom féminin, et puis les muses sont des femmes dans l’histoire, ce sont rarement des hommes. Quand la muse est évoquée dans les films, les reportages, c’est une femme. Mais après je trouve ça bien votre démarche philosophique, poser ces questions d’inversement, dans le but de faire changer les choses.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>«On a été élevé comme des poules, mais on est des aigles», qu’en penses-tu? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM:</b> Carrément, c’est vrai qu’on est tous élevé comme des poules. Après, on a tous le potentiel d’être des aigles. Beaucoup ont été élevés comme des poules-aigles. Devenir aigle permet à la personne de se trouver. Mais il y en a qui sont faits pour être des poules aussi, bien heureux dans ce rôle. Quelqu’un d’intelligent dans le fond mais qui s’en fout. Si tu regardes les fourmis, il y a des ouvrières, des reines… Il y aura toujours ce modèle qui va surgir, avec des gens pour mener, et d’autres non. Chacun est fait pour quelque chose de différent. Je me considère aigle, mais après ça peut être cool d’être poule aussi. Même en ayant des ailes pour voler, tu peux te brûler, c’est le cycle de la vie.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Quand t’y penses, tout le monde a été aigle au moins une fois avec la course des spermatozoïdes, prouvant que tout le monde peut réussir.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Des facteurs aussi peuvent aiguiller ta vie, comme des chocs, ou au contraire, le soutien de ta mère. Il n’y a pas de règles.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 696px">
			<img decoding="async" class="wp-image-26383 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/10/Femme-Illus4-696x1000.jpg" alt="Tueur de Fleurs" width="696" height="1000" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/10/Femme-Illus4-696x1000.jpg 696w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/10/Femme-Illus4-330x474.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/10/Femme-Illus4-768x1104.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/10/Femme-Illus4-850x1222.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/10/Femme-Illus4.jpg 1391w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Selon Marlon</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Il y a une certaine poésie dans vos textes, c’est quoi la poésie 2.0? A‑t-elle changé de visage?&nbsp;</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM: </b>C’est toujours la même, mais elle évolue, parce qu’on ne parle pas de la même façon, c’est un langage moins soutenu. La poésie, c’est toujours écrire les choses, les ressentir, et les traduire d’une façon un peu bizarre, sans forcément vouloir dire quelque chose, insinuer plutôt. Je n’ai pas fait une école d’art, mais je voulais être artiste. La créativité s’exprime différemment au sein du groupe, grâce aux couvertures d’album, aux tee-shirts et aux vidéos clips. Tout le monde veut faire ça à Paris, avec les Beaux-Arts. Mais c’est super difficile de rentrer dedans, et ce sont des sélections bizarres, aléatoires. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Le poète doit-il prendre le rôle de guide?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM: </b>Mais tous ne comprennent pas le poète.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Comme en classe de français, on a tendance a surinterpréter. Aller trop loin pour faire joli. Ça ne voulait peut-être rien dire finalement. N’y a t’il pas des moments où tu t’es vu douter de l’interprétation de la prof? Moi aussi, ça m’amuse de mettre des choses super tirées par les cheveux en pensant que quelqu’un va y trouver une raison. Une interprétation personnelle est possible peut-être pour les œuvres d’art abstraites notamment. Chacun peut y voir quelque chose d’autre. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Avec les paroles de </i>Où va le monde<i>, on se tire clairement une balle. Comment fait-on alors pour sortir de la lourdeur des maux et faire surgir de la légèreté?&nbsp;</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM: </b>Les contrastes c’est beau. Les choses qui s’opposent surtout. L’album est vachement triste et à la fois, le message final, c’est que c’est pas grave. Tu peux être triste à cause d’un événement, par exemple une rupture de cœur où tu aurais envie de te suicider. Mais il y a des choses beaucoup plus graves et c’est important de s’en rendre compte. Il faut simplment être artiste, il faut vivre et transformer ses ressentis en arts. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Est-ce un travail de démystification? – par exemple avec le titre </i>Mycose<i>?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM: </b>C’est plus donner des clés aux gens, faire passer un message. Les chansons tristes rappellent des choses tristes. Finalement c’est la vie, non? </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Parler de quelque chose qu’on<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>ne veut pas voir? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM: </b>On aime bien être un peu subversif, titiller les gens. Ce n’est pas pour banaliser. C’est quand même cool d’écouter une chanson qui parle de mycose. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Est-ce que tu peux te regarder dans le miroir? Dis-nous ce que tu vois. </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM: </b>Je vois mes yeux et ma bouche, c’est la première chose que je vois. J’ai l’impression d’avoir une tête de renard ou de furet, avec mes petits yeux. Je vois juste un vieil ami dans la glace. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Quel conseil donnerais-tu au Marlon de 12 ans pour le Marlon d’aujourd’hui? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM: </b>Écoutes-toi, la roue tourne, ne te laisse pas emporter par les directions que la société t’impose. Tu peux te faire confiance, faire ton chemin. Par exemple, la logique après le bac c’est de se tourner vers Sciences Po, commerce, médecine, quelque chose d’alarmant à mon avis. On a pu parler de ce phénomène avec <i>Septembre</i>. Ça adoucit les choses d’en parler. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Vivre au présent dans un groupe, c’est possible?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM: </b>Non, ce n’est pas possible. On essaye, mais on n’y arrive pas. On pense et se perd dans le passé tout en contemplant le futur.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Même en répétant la formule «vis dans le présent». On s’en écarte forcément. Pour cela, la méditation est vraiment bien, même si dure. Je pense qu’il faudrait en mettre à l’école. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">J’aimerais bien réformer l’éducation nationale, en faire une matière qui s’appellerait Vie. Dans un cadre scolaire académique on t’apprend à apprendre, déchiffrer, à rendre du travail et être à l’heure mais on ne t’apprend pas à vivre. L’histoire donne le savoir et le pouvoir par exemple. Mais je voudrais donner plus de place à la techno, à l’éducation civique, et à l’écologie. Pourquoi pas t’apprendre à payer tes impôts!</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Pour une nuit ou pour la vie, Boris Vian ou Mylène Farmer? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM: </b>Pour une nuit les deux. Plus d’une nuit peut-être, les rencontrer et faire la fête avec eux. Avec Mylène Farmer, plus faire de la musique et discuter, et Vian, discuter et faire la fête, et faire un peu de musique pendant qu’on fait la fête. Je me vois parler et sortir des énormes conneries avec Vian. Mais pour la vie, je ne sais pas trop. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Petite confidence entre nos 6 oreilles, Yann Barthes, il est comment en vrai? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MM: </b>Il est vachement sympa. Même si en dehors des coulisses, je ne le connais pas. On le voit à l’écoute de son équipe. Il respecte ses invités contrairement à d’autres comme Hanouna. J’aime comment il arrive à mettre le doigt sur certains sujets.&nbsp;</span></p>
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