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Un divorce plus si surprenant entre le Canada et les États-Unis

Nouvelle guerre commerciale suite à l’échec des négociations.

Catvy Tran | Le Délit

L’escalade des tensions entre voisins nord-américains s’est de nouveau accentuée cette semaine après l’échec des négociations entre le Canada et les États-Unis, et l’éclatement d’une nouvelle guerre commerciale. La Maison-Blanche a annoncé la mise en place de tarifs douaniers à hauteur de 50 % sur 20 milliards de dollars (USD) de produits canadiens variant de produits laitiers et d’automobiles aux crosses de hockey.

Un enfreint à la souveraineté

Le président américain Donald Trump avait annoncé de nouveaux tarifs à la fin du mois de juillet, suscitant des pourparlers de trois jours entre les deux pays. Ces derniers tarifs se sont écroulés alors que les responsables canadiens accusent leurs homologues américains d’ingérence et d’enfreint à la souveraineté du Canada. « Si à la table des négociations, [les États-Unis] agissent comme si le Canada était une succursale des États-Unis et souhaitent que l’industrie canadienne soit désavantagée face à l’industrie américaine, […] nous n’allons pas l’accepter. Et cela vient avant la volonté de nous empêcher de faire ce que le reste du monde veut faire, c’est-à-dire conclure des accords commerciaux avec le Canada, » a affirmé le premier ministre Mark Carney.

« Ces derniers tarifs se sont écroulés alors que les responsables canadiens accusent leurs homologues américains d’ingérence et d’enfreint à la souveraineté du Canada »

Son gouvernement s’est montré intransigeant face aux efforts américains qui cherchent à affaiblir le soutien d’Ottawa vis-à-vis de la préservation du français et de sa politique de bilinguisme. De son côté, la première ministre québécoise Christine Fréchette n’a pas tardé à réagir sur X avec le message « notre identité n’est pas à négocier ».

Un espoir, puis une rupture

La rupture avait pourtant failli être évitée. L’annonce d’un report de trois jours des tarifs américains le mardi 18 août ainsi que l’ouverture d’une session de pourparlers avaient suscité un léger espoir de ne pas voir débuter une nouvelle crise entre cet ancien couple. 

L’échec diplomatique s’est suivi d’une escalade rhétorique. Dans un communiqué, Mark Carney critique « la tempête [incontrôlable] qui s’abat depuis Washington », alors que Donald Trump accuse le Canada de « vouloir profiter des avantages [d’être un État américain] sans en être un (tdlr) » .

Doug Ford, le premier ministre conservateur de l’Ontario, n’a pas maché ses mots, qualifiant le président américain de « loser » et lui demandant « d’aller se faire voir ». Cette déclaration est subvenue à la suite de la suggestion du président américain de renommer le lac Ontario en lac Amérique, symbole des provocations de Washington envers la souveraineté du Canada. 

L’escalade des tarifs s’est accompagnée par une riposte canadienne proportionnelle qui a rapidement annoncé des taxes douanières de représailles visant en particulier l’industrie de l’acier, des appareils électroménagers, des équipements agricoles et du papier.

Si les événements de la semaine marquent une nouvelle page dans la relation entre les deux pays, la fosse avait déjà été profondément creusée depuis le début du second mandat de Donald Trump. La première guerre commerciale de 2025, puis la rhétorique du « 51e état » portée par la droite américaine et le soutien apporté par les alliés du président au mouvement sécessionniste de l’Alberta ont servi d’alerte pour le Canada. Puis vint le Forum économique mondial à Davos et le discours prononcé par Mark Carney devant la communauté internationale, appelant les puissances du milieu à se distancer des grandes puissances et déclarant un « nouvel ordre mondial ». Le premier ministre a de nouveau fait usage de cette expression suite à l’échec des négociations.


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