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Clôture électrique pour les RCVQ

Qualité Motel, l’alter ego allégé de Misteur Valaire, faisait le spectacle de clôture des Rendez-vous du Cinéma Québéois le 25 février. Le Délit présente une entrevue avec Luis Clavis, frontman du groupe s’il en est.

Webmestre, Le Délit | Le Délit

Misteur Valaire, avec ses nombreuses tournées en Amérique du Nord et en Europe et ses albums numériques comptant plus d’une centaine de milliers de téléchargements légaux, est l’un des grands succès de la musique québécoise. Lorsque les gars de MV  troquent leur gigantesque installation scénique et leurs vestes en fourrure synthétique pour des  wife-beaters, des pinch mous et un équipement électronique épuré, ils deviennent Qualité Motel.

Nicolas Quiazua | Le Délit

Samedi  dernier, Qualité Motel  a transformé la Cinémathèque québécoise, une institution culturelle propre et polie, en jungle électro. Avant la fin du spectacle, la scène était envahie de spectateurs qui se sont emparés des micros pour chanter sur What Is Love et autres remix de succès populaires. Même Brigitte Poupart, réalisatrice du film de clôture Over My Dead Body, était montée sur les planches pour y danser, chanter et boire avec les musiciens.

Quelques heures avant le spectacle, Le  Délit  a recueilli  les impressions de Luis Clavis, percussionniste  et vocaliste du groupe.

Le Délit : Qu’est‑cque Qualité Motel, et pourquoi avez- vous décidé de créer un projet distinct de Misteur Valaire ?

Luis Clavis : Ça a commencé quand on nous a demandé de faire un  DJ set avant  et après  nos  spectacles.  Comme on  n’avait pas envie de  simplement amener un  ordi  et de  lâcher  de  la toune, on  s’est  dit qu’on pourrait faire  un  DJ set tout simple  avec quelques synthétiseurs et une  vieille boîte en bois qui lâche des beats. On a commencé à monter du matériel avec ça, en lâchant des a capella et en remixant des chansons connues mélangées avec des  compositions originales.

Le but  était  d’en  arriver  à une version   légère  de  Misteur Valaire, avec  beaucoup  moins de  responsabilités   et  d’enjeux. Notre  équipement rentre dans   une   auto, on peut jouer là où on ne peut pas avec Misteur Valaire, comme dans les soirées privées.  MV ça prend des gros kits  de  son,  des  gros  stages… Avec Qualité Motel  on ne met pas autant d’énergie au  point de se pitcher sur les murs, mais on en met assez pour faire lever les partys.  Ce soir,  le but c’est qu’il y ait beaucoup de monde et une ambiance déjantée.

LD :  Qu’est‑ce que  cela  représente pour  vous  de faire le spectacle de clôture des RVCQ ?

Nicolas Quiazua | Le Délit
Luis : C’est sûr que c’est un honneur, mais c’est surtout particulier parce qu’on joue après la projection du film de Brigitte Poupart. On a eu  la chance de faire la musique sur son film Over My Dead Body, qui porte  sur  la vie de  Dave  St-Pierre [danseur et chorégraphe québécois, NDLR].

Malheureusement on est en spectacle à Châteauguay ce soir avec MV avant le show de Qualité Motel, donc  on n’aura  pas la chance d’être avec Brigitte pour la première de son film. On sait que c’est un gros enjeu pour elle et qu’elle est assez énervée. Elle est habituée de faire mille projets, mais là, que ce soit un film aussi personnel… On se reprend bien justement par le fait que  tout  de suite après  la projection, nous autres on débarque, on s’en vient faire lever le party. On  fait ça aussi  pour Brigitte, pour  la  faire  décompresser.  C’est une  belle manière de faire partie  de la Nuit Blanche et d’être  avec tous ceux qui ont participé à ce film dont on a fait la musique.

LD : Quels sont les prochains projets de Qualité Motel ?

Luis : On a commencé le 1er février à faire un album qui doit être fini dans  trois jours.  On s’est donné un  petit  mois  pour faire un  album très, très  vite. Ça donne un  résultat qui  nous a tous  mis  sur  le cul,  vu qu’on ne  se  donne même   pas  le temps de se demander « Est-ce  que ça nous ressemble ? », de se remettre en question par rapport à nos mix et à nos compositions. On beurre épais et on ne se gêne pas pour aller dans le gros pop.

Dans trois  jours  il faut  qu’on arrête   de  mixer  et  ça  va sortir   en magasin le 2 avril. On a un gros show à la SAT [Société  des arts technologiques, NDLR] le 7 avril pour fêter le lancement de l’album.

LD : Et que se passe-t-il avec Misteur Valaire ?

Luis : On s’est pris un deux semaines  en   campagne,  dans    le coin de la Mauricie, pour composer. C’était  la première fois qu’on com- posait pour Misteur Valaire depuis la sortie de Golden Bombay [le troisième album  du  groupe, sorti   en  2010, NDLR]. On  a  du  nouveau maté- riel  qui  s’en  vient  tranquillement, on va poursuivre la composition en 2012  pour sortir  un  nouvel  album en  2013.  À travers  ça, on  continue les tournées, on  fait encore des  allers-retours vers  l’Europe pour les gros  festivals de l’été, et même  vers d’autres continents éventuellement.

LD :  À  quoi  ressemblera  le son du prochain album de MV ?

Luis : C’est sûr qu’on va garder le son  et l’instrumentation de MV. Mais  la façon  de travailler  qu’on a développée avec  Qualité Motel   va influencer MV : on  n’aura  pas  peur de cochonner nos synthés ! À travers ça, on  va essayer  de garder  un  coté funky, avec des cuivres et de l’instrumentation acoustique.

Propos recueillis par Raphaël Dallaire Ferland


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