Vaincre le thermostat
24 janvier 2012
Igloofest: un samedi de janvier, moins vingt degrés celsius, trois DJ et dix mille danseurs effrénés

Institution plus périlleuse  que son grand-frère le Picnic électronique,  Igloofest ne cesse d’attirer les Montréalais emmitoufflés dans leurs plus beaux habits de neige. Le Délit est allé rencontrer les maîtres du spectacle.

Nicolas Quiazua | Le Délit

Hakim Guelmi est un sympathique DJ de Montréal, habitué à la scène des clubs et afters. Il a déjà mixé en ouverture pour Max Cooper à Londres; ils avaient d’ailleurs fait un joli duo. «Je connaissais déjà Max. Je savais exactement ce qu’il allait jouer, ça fittait parfaitement» dit-il en entrevue avec Le Délit. Sa musique a évolué depuis qu’il a commencé il y a trois ans. Hakim est pointilleux dans sa sélection d’échantillons et l’ensemble est plus profond que ce qu’il faisait à ses débuts. Son style tech house oscille entre de nombreuses sous-catégories: «un peu progressif, un tout petit peu industriel, minimal, très deep, très dark. Un peu mélodieux aussi.» Peu importe le descriptif, la fosse s’est échauffée rapidement. Hakim Guelmi nous décrit son expérience la plus catastrophique marquée par l’échec de son ordinateur. C’est pour ça qu’il est revenu aux «traditionnels» CD pour livrer la marchandise. «Si ça m’était arrivé à Igloofest, je crois que j’aurais quitté la scène» dit-il.

Nicolas Quiazua

Max Cooper emprunte des mélodies à différents genres, il charme avec ses rythmes complexes mais honnêtes. Le DJ irlandais est plus réservé et plus capricieux que ses cohôtes. Cet ancien chercheur scientifique possède maintenant plus de cent compositions à son nom. Il vit de la musique et ne le regrette aucunement. Son côté mélodieux vient des leçons de piano que donnait sa mère. Pour ses performances live, il reprend ses morceaux qu’il adapte à l’ambiance, en l’occurrence, hivernale. «Quand je compose un morceau dans le studio, je le fais avec une personne en tête, ce que je veux qu’elle ressente. Live, j’y vais plutôt pour alimenter le party. Surtout ici, les gens doivent bouger pour se réchauffer.» Sa musique reste accessible dans sa complexité qu’il recherche sans relâche. Il s’agit de revenir au langage musical commun tout en laissant une riche possibilité d’interprétation. Un bonbon pour l’esprit, finit-il par qualifier son art.

Nicolas Quiazua | Le Délit

Sébastien Léger se donne tout entier. Il mixe des rythmes francs et cela transparaît dans l’attitude de la foule. La foule avait repris une consistance liquide. Sa techno plus évidente et accessible a clos la soirée en beauté. Différent des autres soirs de la saison Igloo aux quais du Vieux-Port, ce Samedi assumait complètement son identité techno house. Selon l’opinion générale, c’était un franc succès, «record d’affluence battu, DE-LA-BOMBE» comme l’a indiqué le DJ sur sa page Facebook. Les amateurs de musique électronique n’ont pas eu besoin du phénomène Justice pour être fidèles à ces rendez-vous survoltés.

Qui plus est, ce n’est pas un secret que les Français sont passés maîtres dans l’art des soirées électro. Et les Montréalais en redemandent toujours.

Nicolas Quiazua

(Illustré par notre coordonnateur visuel Nicolas Quiazua)

Igloofest
Où:
Quais du Vieux-Port
Quand:
du 26 au 28 janvier

Nicolas Quiazua
 
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