Le débat des candidats de l’AÉUM

Plusieurs candidats ont présenté leurs idées pour les différents postes exécutifs de l’AÉUM.

Shianna Fears | Le Délit

Le 9 mars dernier, l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) a tenu un débat virtuel entre les candidats aux positions exécutives pour l’année 2022–2023. Les candidats ont eu l’occasion de présenter leur plateforme électorale en vue des élections qui se tiendront du 14 au 18 mars. Le débat est disponible sur Youtube.

Parmi les six postes en jeu, la moitié ont vu un seul candidat se présenter, alors que le poste convoité de président en a vu trois. Le « débat » a plutôt eu l’allure d’une foire aux questions ; les candidats ont notamment pu répondre aux questions du public et de l’exécutant en poste. Les discussions ont surtout traité de la santé mentale des étudiants, de l’accessibilité aux ressources de l’AÉUM, de la transparence de l’Association, ainsi que des allégations d’abus de pouvoir de la part des exécutants. Le Délit a aussi contacté les différents candidats afin d’obtenir davantage d’informations vis-à-vis leur position sur le bilinguisme. En voici le compte rendu.

→ Voir aussi : La course à la présidence de l’AÉUM

Plusieurs candidatures incontestées

En suivant la tendance des dernières années, plusieurs postes exécutifs n’ont reçu qu’une candidature. D’abord, Marco Pizarro s’est présenté pour le poste de vice-président aux Finances. Le v.-p. aux Finances est tenu d’assurer la stabilité administrative de l’AÉUM, en se chargeant, entre autres, de préparer les budgets de l’Association – dépassant les trois millions de dollars en 2019–2020. Pizarro a notamment fait part de son expérience passée dans des rôles similaires – comme trésorier de camps de vacances lorsqu’il étudiait en France. Il a aussi mis l’accent sur la nécessité de rendre les processus financiers de l’AÉUM plus transparents. 

Ensuite, Kerry Yang a été la seule à présenter sa candidature pour le poste de vice-présidente aux Affaires universitaires. Si elle est élue, elle jouera le rôle de défenseuse des droits de la communauté étudiante vis-à-vis des autres instances de la gouvernance universitaire. En vue de cette responsabilité, Yang a souligné l’importance de la force collective des étudiants avant de reconnaître l’intérêt de garder les étudiants motivés quant aux enjeux abordés par l’AÉUM. Elle a aussi proposer de redonner la possibilité aux étudiants ayant bien performé dans des cours S/U d’obtenir une note. 

Finalement, pour le poste de vice-présidente aux Affaires externes, la seule candidature soumise a été celle de Val Mansy. Le v.-p. aux Affaires externes se charge de coordonner les activités de l’Association et des divers groupes étudiants, organisations communautaires et syndicats ouvriers du campus. Durant la soirée, Mansy a mis la priorité sur la facilitation d’accès aux ressources de l’AÉUM pour les différentes communautés étudiantes. Elle mise sur la construction de liens solidaires avec les autres associations étudiantes universitaires de Montréal, sans donner davantage de détails.

Un champ contesté pour les Affaires internes

Pour le rôle de v.-p. aux Affaires internes, dont la responsabilité principale est de coordonner les communications de l’AÉUM et de planifier des événements sociaux, trois candidates se sont présentées. Jaz Kaur, étudiante de troisième année en sociologie et en psychologie, a insisté sur les enjeux d’accessibilité au sein de l’AÉUM, relevant au passage le travail qu’il restait à faire pour promouvoir le bilinguisme dans les différents services étudiants. Ananya Seth, l’actuelle co-présidente de l’Association des étudiants indiens de McGill (Indian Students Association, ISA), a quant à elle fait ressortir la nécessité d’améliorer les communications entre l’AÉUM et les étudiants à travers les réseaux sociaux, sans préciser les problèmes concrets rencontrés. Elle a souligné le manque de représentation des étudiants internationaux à l’AÉUM. La troisième candidate, Cat Williams, étudiante en psychologie, a dit vouloir donner davantage d’opportunités de travail et de stages aux étudiants à travers l’AÉUM, tout en encourageant une plus grande implication au sein-même de l’Association. Elle a également suggéré la création d’une nouvelle application mobile afin de faciliter les échanges entre les exécutants de l’AÉUM et les étudiants.

Lorsque questionnées sur leurs intentions vis-à-vis de la communauté francophone à McGill, les trois candidates ont, dans l’ensemble, mis l’accent sur un meilleur apprentissage du français pour les anglophones. Kaur a ainsi suggéré un système de mentorat afin de jumeler étudiants francophones et anglophones, dans le but de faciliter l’apprentissage du français pour les anglophones. De son côté, Seth a proposé un programme de mentorat, tout en donnant davantage d’importance à l’apprentissage du français – au moyen de cours de langue – afin de mieux communiquer dans le milieu francophone montréalais. Williams a prôné des moyens plus « détendus » – sans donner d’exemples – pour les étudiants anglophones de s’impliquer dans les cultures francophones et québécoise. Les trois candidates ont insisté sur l’importance du bilinguisme dans l’AÉUM.

Quel futur pour la vie étudiante ?

Un autre poste disputé a été celui de v.-p. à la Vie étudiante, chargé de mener les relations entre l’AÉUM et les clubs, services et groupes étudiants de l’Université. Le v.-p. à la Vie étudiante se doit aussi d’aborder plusieurs problèmes concernant les étudiants tels que la santé mentale et l’accès aux services. 

La première candidate, Hassanatou Koulibaly, a manifesté son désir de « revigorer la vie étudiante » et de « prioriser une approche active en ce qui concerne la santé mentale dans les classes ». Elle souhaite également utiliser les avantages offerts par les ressources technologiques pour l’organisation d’événements parascolaires, tout en facilitant l’accès à des espaces universitaires pour organiser des activités en personne. 

La deuxième candidate, Olivia Bornyi, s’est elle aussi dite prête à « prioriser l’accès aux services de santé mentale » en rétablissant une « relation positive et productive entre les membres de l’AÉUM et ses exécutants ». Elle a insisté sur l’importance d’atteindre tous les étudiants mcgillois, peu importe leur langue. 

Quant à la question d’exiger que les exécutants de l’AÉUM soient bilingues, brièvement abordée durant le débat, les deux candidates se sont dites d’accord pour ne pas le rendre obligatoire. Koulibaly a relevé le besoin des membres exécutifs « d’être représentatifs […] et conscients des langues parlées par les étudiants ». Bornyi, quant à elle, a mentionné la nécessité « d’utiliser davantage la langue française durant les rencontres et dans les méthodes de publication et de communication de l’AÉUM ».

La course à la présidence

Le dernier poste présenté pendant l’événement a été celui de président de l’AÉUM. Ce dernier est le dirigeant principal de l’Association et se charge d’assister tous les autres portefeuilles. Trois candidats se sont relayés la parole afin de présenter leur plateforme électorale.

Julian Guidote, actuel coordonnateur du Plaidoyer à la Santé mentale de l’AÉUM, a notamment proposé la mise en place d’une transcription en français des réunions de l’AÉUM, dans une optique d’accessibilité. Il s’est d’ailleurs efforcé de répondre à la plupart des questions en français et en anglais. De plus, la Commission des Affaires Francophones (CAF) a décidé de soutenir sa candidature. 

La deuxième candidate, Risann Wright, qui a occupé plusieurs rôles au sein de l’AÉUM allant de sénatrice de la Faculté des arts à commissaire aux Affaires noires, s’est plutôt concentrée sur l’amélioration de la transparence de l’AÉUM et la protection des étudiants vulnérables au moyen d’accommodements. Par ailleurs, elle a proposé d’allouer davantage de ressources au Bureau de soutien aux étudiants en situation de handicap de McGill.

Le dernier candidat, président de l’AÉUM entre 2019 et 2020, Bryan Buraga, a de son côté mis l’accent sur le besoin des étudiants de rester soudés et de poser des gestes collectifs afin d’obtenir des changements concrets de la part de McGill. Son dicton préféré : l’AÉUM devrait « arrêter les conneries » et servir ses étudiants convenablement.

→ Pour une liste plus détaillée des candidats et de leurs plateformes, consultez ce lien.

Les résultats des élections seront annoncés le vendredi 18 mars à 18h.


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