Échouerie

Ligne de fuite.

Corinne Lavoie

échouerie

 

 

je t’emmène quitter à deux la parlure des villes
où les conifères percent nos peaux

éventrer le continent à fjords et fleurs sauvages

 

il faudra courtiser la mer

 

pas à pas en pieds de géants les reins enfoncés
dans les vagues je t’emmène régner

pleuvoir notre soif entre deux sables nous
cueillerons un soupir le long de la dune

 

il faudra étendre notre sueur sur le vent

 

tu me voudras tout entière aux contours polis en
fond de bouteille

plonger au creux

mon ventre humide et sa faim de naufrage

 

nous offrirons nos côtes ouvertes aux
bourrasques sur la butte

nous perdre à appeler la marée

 

disparaître

en moutons de mer

 

l’horizon ne bouge pas

je m’y épingle