Le débat électoral s’invite à McGill – Le Délit
Le débat électoral s’invite à McGill
Par · 8 octobre 2019
Les candidats se sont affrontés à McGill le mardi 1er octobre.
Image par Courtoisie de L'AÉUM/Matthew Fong

Les candidats de la circonscription Ville-Marie-Le-Sud-Ouest-Ile-Des-Sœurs, englobant les quartiers Cité-du-Havre, Pointe-Saint-Charles et les environs de Concordia et McGill, ont présenté leurs visions du futur Canada ce mardi 1er octobre, dans la salle Leacock 232.

Les candidats

L’ancien journaliste et réalisateur pour la station de radio CJAD 800, Michael Forian est le nouveau candidat du Parti conservateur pour la circonscription. Il a notamment été conseiller politique auprès du président de l’Assemblée nationale et du ministre des Affaires Autochtones. Forian déplore à quel point le Premier ministre « Trudeau nous a déçus » et propose un plan d’action climatique de 55 pages.

Écrivain, cinéaste, artiste du spoken word et éducateur travaillant en français, anglais et italien, Liana Canton Cusmano est candidat du Parti vert pour cette circonscription. Iel est aussi diplômé en Anglais de l’Université McGill, mais a décidé de ne pas entreprendre une maîtrise à cause de « la situation dans laquelle notre économie est plongée ». Iel prône des plans spécifiques d’inclusion des communautés autochtones, d’action climatique et de gouvernance représentative.

D’autre part, diplômé en science politique de l’Université de Montréal et en droit civil common law de l’Université McGill, le montréalais Marc Miller est le député actuel de la circonscription auprès de la Chambre des Communes, ayant été élu avec 50,82% des voix en 2015. Il constate à quel point les enjeux climatiques sont devenus la priorité de l’électorat, chose qui n’était pas le cas il y a quatre ans.

Finalement, conseillère d’arrondissement depuis 10 ans, en charge des dossiers d’environnement et d’inclusion et cohésion sociale, Sophie Thiébaut est la candidate du Nouveau Parti démocratique pour la circonscription. L’organisatrice communautaire et porte-parole du groupe Mobilisation Turcot se montre « indignée par le pipeline » (acheté par le gouvernement libéral de Justin Trudeau, ndlr) et s’aligne sur les positions de Jagmeet Singh à propos de sujets comme l’immigration, les affaires autochtones et l’environnement.

Nadia Bourque du Bloc Québécois n’était pas présente au débat électoral.

Crise Climatique

La première question posée aux candidats portait sur la crise climatique et la destruction des écosystèmes. Bien que les quatre candidats reconnaissent l’urgence de la situation, leurs approches pour combattre le dérèglement climatique divergent.

Première à répondre, Sophie Thiébaut déclare fermement une « urgence climatique », déclaration à laquelle Liana Canton Cusmano a donné son approbation . La représentante du NPD maintient qu’« il faut respecter le plafond d’émissions établi par les scientifiques ».

Au niveau local, Thiébaut propose notamment d’investir dans les transports en commun et de réduire la consommation d’énergie des foyers. Au niveau national, elle défend le « Green New Deal », et maintient que le NDP est le parti le mieux placé pour le mettre en avant, « de par sa proximité aux syndicats canadiens ».

Michael Forian, par ailleurs, critique le précédent exercice du Parti libéral au pouvoir. Il déplore le « déversement d’eaux usées brutes dans les eaux canadiennes par le Parti libéral » et pousse les libéraux à « assumer leur responsabilité ». « Ces actions seront illégales sous un gouvernement conservateur, » affirme-t-il. Marc Miller répond cependant aux déclarations du candidat conservateur : « ces déversements sont la conséquence de 10 ans de mandat du premier ministre [conservateur] Stephen Harper. » Il dit aussi vouloir rendre ces déversements illégaux.

Au sujet de la taxe carbone, les candidats se sont aussi montrés en désaccord. Michael Forian, tout d’abord, s’y est montré fortement opposé, considérant que « c’est une taxe sur les gens, et non pas les grands émetteurs ». Cependant, les autres candidats ont tous défendu une taxe sur la pollution d’une façon ou d’une autre.

Marc Miller s’est aussi prononcé sur sa position à propos de la construction du fameux pipeline en Alberta. « Nous ne pouvons pas nier que l’industrie extractive contribue énormément à l’économie de l’Alberta. Nous sommes un exportateur net de ces ressources naturelles, » dit-il. « Nous connaissons les conséquences. […] C’est pourquoi nous investirons jusqu’au dernier centime [les profits provenant de ce projet] dans les énergies vertes. »

Droits reproductifs

Dans un second temps, les candidats ont été questionnés à propos de leur opinion en rapport au droit à l’avortement. L’intérêt de la question vient de récentes révélations concernant les positions ambigües de certains politiciens sur la question.

Michael Forian se déclare clairement « pro-choix » et affirme que le Parti conservateur considère la question comme close depuis des années. « Nous défendrons le droit au choix de la femme » dit-il. Il critique cependant la position ambigüe de certains députés libéraux, débat dans lequel Marc Miller ne veut pas entrer. « Les femmes ont le droit de prendre leurs propres décisions » se limite-t-il à dire.

« Quelques candidats verts sont soupçonnés d’être anti-avortement, pourquoi devrions-nous alors avoir confiance en le Parti vert en matière du droit à l’avortement? » demande-t-on à Liana Canton Cusmano, question à laquelle iel répond en disant que le propos auquel le modérateur fait allusion s’agit « d’un commentaire isolé, dans une conversation privée, lorsqu’elle [la députée en question] avait 16 ans ». « Tu ne peux pas être vert·e si tu ne défends pas les valeurs du parti » ajoute-t-iel, clarifiant ainsi que le Parti vert est pro-choix et considère le débat clos.

Droits Autochtones

Les quatre opposants ont ensuite été priés d’exposer leurs vues à propos des droits autochtones. À cela, Liana Canton Cusmano a répondu en commençant par évoquer que « les sans-abris sont presque tous autochtones, » problème auquel « Marc [Miller] doit répondre avec urgence ». Cette situation est « inacceptable, » selon iel, les communautés autochtones « [ayant] systématiquement été ignorées » au cours de l’histoire du Canada. Marc Miller, à son tour, parle aussi d’« échec du gouvernement à toutes les échelles ».

Sophie Thiébaut dit aussi avoir nombre d’engagements vis-à-vis des communautés autochtones, comme « respecter leurs droits, reconnaître leur savoir et établir une définition holistique de la durabilité ». L’eau, selon elle, est une question essentielle lorsqu’on traite des affaires autochtones, étant donné que l’accès à l’eau potable demeure précaire dans plusieurs communautés.

Forian, quant à lui, se focalise davantage sur la nécessité de collaborer sur les énergies renouvelables avec les communautés autochtones. La meilleure façon d’atteindre une réconciliation est de « travailler ensemble, » selon lui.

Éducation Supérieure

Le Délit a finalement questionné les candidats sur leurs engagements en matière d’éducation supérieure : « Quelles sont vos propositions et engagements concernant l’augmentation des frais universitaires et le financement de la recherche et le développement ? »

Marc Miller a applaudi les efforts continus du gouvernement pour financer la recherche et le développement (R&D). « L’investissement dans la science constitue un accomplissement pour ce gouvernement, » affirme-t-il « et nous continuerons à investir dans l’avenir des chercheurs ».

Sophie Thiébaut se concentre plutôt sur les coûts de l’éducation supérieure, voulant surtout « rendre l’éducation plus abordable ». Elle propose d’« éliminer les taux d’intérêt sur les prêts aux étudiants » et de « s’éloigner des prêts et aller vers les bourses d’études ».

Liana Canton Cusmano veut, par ailleurs, « éliminer toute dette supérieure à 10 000 dollars » constatant que la dette moyenne étudiante s’élève à environ 27 000 dollars.

Finalement, Michael Forian veut « réduire l’aide sociale aux entreprises » et établir « des crédits [d’impôt] pour les transports en commun, » assurant que « c’est de l’argent de retour dans [les] poches [des étudiants] » rendant ainsi l’éducation supérieure plus facile à payer pour les familles

 
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