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Le débat électoral à Radio-Canada

Bref retour sur certains aspects du grand débat des chefs. 

Simon Tardif | Le Délit

Jeudi soir a eu lieu le Grand débat des chefs organisé par Radio-Canada. Le Délit a assisté au débat dans un bar de Rosemont, où le plus proche rival du chef du Parti québécois (PQ), Vincent Marissal de Québec solidaire (QS), avait rassemblé ses troupes. Le Délit a recueilli ses impressions du débat.

Pour maintenir au sein de la population l’idée que son parti représente le changement, François Legault devait incarner une rupture avec les libéraux de Philippe Couillard. Au débat, Legault a eu cette occasion sur nombre de sujets, mais Jean-François Lisée et Manon Massé ont eu tôt fait de rappeler la similitudes qui existent entre les propositions des deux partis. Le chef du PQ y est même allé d’une pointe en faisant mine de confondre Legault et Couillard, rappelant comiquement la grande similitude que plusieurs imputent aux deux partis.

Éducation

Jean-François Lisée s’est présenté en défenseur de l’éducation, proposant une « loi-bouclier » interdisant la réduction des dépenses en éducation pour les gouvernements subséquents.

Philippe Couillard, dont le gouvernement a coupé dans les dépenses en éducation dans les deux premières années de son mandat, a proposé l’augmentation de la rémunération des enseignants afin de valoriser la profession. 

Quant à elle, Manon Massé, en plus de proposer la gratuité scolaire « du CPE au doctorat », veut réduire le nombre d’élèves par classe. 

Finalement, François Legault a présenté son projet de la maternelle à quatre ans pour tous. Le chef de la CAQ a même laissé entendre qu’il ne pourrait faire de la politique que pour cet enjeu. Québec solidaire s’est montré sceptique face à la Coalition avenir Québec en ce qui concerne son programme en éducation alors que le parti, s’il forme le gouvernement, prévoit faire des coupes dans le ministère sans pour autant faire des coupes dans l’éducation.

Écologie/économie

Alors que l’on aurait attendu de Québec solidaire un rattrapage de son temps de retard durant ce segment du débat, Manon Massé n’a pas particulièrement insisté sur les propositions solidaires en matière d’environnement, pourtant cheval de bataille de leur programme.

Dans le coin du PQ, un Jean-François Lisée énergique et assuré s’est fait sentir en ce qui concerne la crédibilité du Parti québécois en matière d’environnement. Même le rappel de François Legault du vote favorable en chambre du PQ au projet de cimenterie de Port-Daniel en 2015, le projet industriel le plus polluant de l’histoire du Québec, n’a pas semblé ébranler Lisée. Québec solidaire n’a d’ailleurs pas jugé bon d’assiéger la crédibilité environnementale du PQ dans les échanges qui ont suivi. Manon Massé s’est toutefois permis de qualifier les propositions des autres partis de « mesurettes ». 

Marissal déçu du débat 

Questionné par Le Délit, l’ancien analyste politique et candidat Vincent Marissal a dénoncé le « congrès de comptable » qui lui semblait avoir eut cours, qualifiant les 20 premières minutes d’«inécoutables ». Le candidat a toutefois eu de bon mots pour sa porte-parole : « Manon a joué son jeu, elle a laissé [les autres chefs] crier. Elle les a laissés s’entretuer dans une logique macho. […]»

Quant aux autres chefs, l’ex-chroniqueur s’est permis quelques commentaires : « Monsieur Legault qui nous a appris ce soir qu’il allait déporter des immigrants avec l’aide du fédéral. C’est quand même quelque chose ! […] Monsieur Couillard nous a dit qu’il a aidé les familles du Québec alors qu’il coupe constamment. […] Monsieur Lisée, au début, voulait tellement pisser dans tous les coins de la pièce comme un vieux matou. Il criait, il prenait toute la place. »


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