Année faste dans les gouvernements – Le Délit
Année faste dans les gouvernements
Par · 26 mars 2019
Les gouvernements du Canada et du Québec ont chacun déposé leur budget.

Les gouvernements fédéral et provincial ont présenté au courant de la semaine dernière leurs budgets pour l’année fiscale 2019-2020. Tandis que le gouvernement québécois pouvait se targuer de présenter un budget équilibré grâce à d’importants surplus engrangés en raison d’une croissance économique élevée, les libéraux fédéraux présentent au contraire un budget déficitaire de 19,8 milliards de dollars. Même si la taille de la dette par rapport à l’économie canadienne ne croît pas, il demeure que le gouvernement Trudeau se réserve moins de marge de manœuvre que le gouvernement Legault.

Le budget aux deux échelles

Le ministre canadien des Finances Bill Morneau a présenté un budget en continuité avec les itérations précédentes, puisqu’il vise essentiellement à aider la classe moyenne, en particulier les aînés et les jeunes. Ses nouveaux engagements se déclinent essentiellement en un programme de soutien aux acheteurs d’une première maison ainsi que deux nouveaux crédits d’impôt : un pour la formation professionnelle des plus de 25 ans et l’autre pour inciter les aînés à demeurer au travail. Le gouvernement fait par ailleurs un premier pas vers la création d’un régime d’assurance médicaments, lequel permettrait selon Ottawa que « l’évaluation des médicaments et la négociation des prix [puissent] être effectuées par une entité unique ». Éric Girard, ministre des Finances du gouvernement québécois, a déposé un budget qui reflétait en grande partie les engagements pré-électoraux de la CAQ. Plusieurs allégements fiscaux sont inclus, notamment avec l’abolition progressive de la taxe famille, ainsi qu’avec le début de l’uniformisation de la taxe scolaire à l’échelle du Québec.

Le gouvernement réinvestit effectivement dans le secteur de l’éducation avec la création de nombreux postes, en promettant de grandes rénovations pour les écoles québécoises, en assignant des ressources additionnelles pour le développement des activités parascolaires et en commençant l’instauration du réseau de maternelles 4 ans. En santé,  il alloue aussi d’importantes ressources pour les soins à domicile ainsi que pour le support des proches aidants. Enfin, la francisation et l’intégration des immigrants au marché du travail sont dotées d’une enveloppe additionnelle de 146 millions par année. Pour l’environnement, la CAQ comme les libéraux misent sur d’importantes subventions à l’achat de voitures électriques, tout en gardant le cap sur l’expansion du transport collectif.

Pour les étudiants de McGill

Le budget fédéral baisse de façon significative les taux d’intérêts sur les prêts étudiants, de manière à ce que l’emprunteur moyen doive repayer près de 2000 dollars en moins. Il met aussi en place une période de grâce, où l’emprunteur ne sera pas facturé des frais d’intérêt, et ce jusqu’à six mois après la fin de ses études. Pour les étudiants-chercheurs, le gouvernement canadien promet d’améliorer les conditions des congés parentaux. Le fédéral continue aussi ses investissements en éducation supérieure et donne une enveloppe supplémentaire de 26,5 millions aux programmes canadiens de bourses. Enfin, le gouvernement Trudeau souhaite encourager les jeunes issus de communautés autochtones à poursuivre des études universitaires en leur promettant des ressources financières additionnelles.

Au Québec, la CAQ promet 16,3 milliards de dollars pour la rénovation des écoles, cégeps et universités. Les nombreux projets de rénovation de l’Université McGill, comme la réfection de la bibliothèque Schulich, pourront ainsi se poursuivre sans encombre. Le gouvernement Legault souhaite bonifier son aide aux chercheurs québécois, particulièrement en économie, et insiste sur l’importance de l’accès à des statistiques de qualité. En outre, le campus Macdonald de l’Université McGill reçoit 3,9 millions sur cinq ans pour sa formation en Gestion et technologies d’entreprise agricole. Bref, sans délaisser les institutions d’éducation supérieure, le Québec concentre l’essentiel de ses efforts dans l’amélioration des réseaux préscolaires, primaires et secondaires.

 
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