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Donner pour l’anémie falciforme

Héma-Québec rappelle l’importance des dons de sang des communautés noires.

Béatrice Malleret | Le Délit

Ce samedi 17 février a eu lieu la traditionnelle collecte de sang dans le cadre du mois de l’histoire des Noirs. Cette collecte était organisée conjointement par Héma-Québec et l’Association d’Anémie Falciforme du Québec (AAFQ, ndlr).

1 personne noire sur 10 porte le gène de l’anémie falciforme Béatrice Malleret | Le Délit

La maladie

L’anémie falciforme (aussi appelée drépanocytose) est une maladie génétique du sang qui affecte l’hémoglobine en déformant les globules rouges. Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, cette déformation peut entraîner des infections et des douleurs, voire des accidents vasculaires cérébraux. Les traitements nécessitent des transfusions complètes de sang à intervalles réguliers. Selon Naderge Ceneston, conseillère au développement des communautés culturelles à Héma-Québec, entre 1 500 et 2 000 cas d’anémie falciforme sont déclarés au Québec. Toutefois, la conseillère précise que de nombreux cas ne sont pas déclarés à cause du caractère génétique de la maladie, ce qui rend difficile la détermination exacte de la prévalence de la maladie au sein de la population.

Besoin quotidien de Héma-Québec : 1000 dons Béatrice Malleret | Le Délit

Les communautés à risque 

Les membres des communautés noires sont les plus touchés par cette maladie. Selon l’AAFQ, c’est une personne noire sur dix qui porte le gène de l’anémie falciforme, ce qui explique la plus grande prévalence de la maladie parmi les communautés noires. Mme Ceneston précise que les transfusions sanguines sont plus bénéfiques si elles sont effectuées entre membres de même ethnie en raison des phénotypes (ensemble des caractères observables d’un individu, ndlr) présents dans le sang. Cela explique le besoin de dons spécifiquement parmi les communautés noires.

Les objectifs

Cette collecte spécifique tire ses origines du côté de l’AAFQ. En effet, le président de l’association, Wilson Sanon, a perdu un enfant à cause de cette maladie et milite pour sensibiliser et informer les populations à risque. 

M. Sanon milite depuis les années 2000. La conseillère explique que cette collecte a pour but non seulement de recueillir des dons de sang au sein des personnes noires, mais aussi de sensibiliser les communautés touchées pour encourager le don parmi leurs membres. 

En effet, selon Mme Ceneston, le mois de l’histoire des Noirs est une occasion particulière de faire connaître la problématique de l’anémie falciforme au sein des populations à risque et le besoin de sang provenant de ces populations. Héma-Québec indique que 6 000 nouveaux donneurs ont été recrutés parmi les communautés noires depuis 2009.

Toutefois, la conseillère nuance en expliquant que, même si les résultats sont encourageants, il n’y a qu’environ 2 500 dons annuels de personnes noires « alors que les besoins seraient d’environ 8 000 dons par année ».

8 000 dons annuels de personnes noires nécessaires
2 500 dons annuels de personnes noires effectués Béatrice Malleret | Le Délit

Les femmes noires et le don

Parallèlement aux collectes, Héma-Québec a instauré un nouveau programme pour stimuler le don parmi les femmes noires. En effet, Naderge Ceneston explique que jusqu’à 60% des femmes noires souhaitant donner du sang ne peuvent le faire à cause d’un taux d’hémoglobine trop bas. Le taux minimal d’hémoglobine dans le sang pour pouvoir donner est de 125g/L chez les femmes. Or, ce chiffre est basé sur les critères de femmes caucasiennes. Certaines études tendent à démontrer que les femmes noires ont naturellement un taux moins élevé (de 110 à 115 g/L) sans que cela affecte leur santé. Le nouveau programme consiste à prélever le taux de fer chez les femmes noires et de donner un supplément de fer pour compenser afin de leur permettre de pouvoir donner du sang. 

Comment donner ?

Naderge Ceneston rappelle que les besoins en sang ne se restreignent pas aux personnes noires. En effet, les besoins en sang au Québec se chiffrent à environ 1 000 dons par jour. De six à huit collectes mobiles sont organisées à tous les jours dans la province (les sites de collecte sont affichés sur le site internet d’Héma-Québec). Il existe également les cliniques GLOBULE d’Héma-Québec qui sont en service tous les jours et qui prélèvent les dons de sang totaux ou partiels (dons de plaquettes et/ou de plasma). Une personne répondant aux critères de santé peut faire un don de sang total tous les 56 jours et un don de plasma tous les six jours. « Je n’aime pas me faire piquer, mais je sais pourquoi je le fais. […] Le sang ne vient pas par magie. C’est quelqu’un qui a donné son temps pour aller donner du sang », conclut la conseillère. 


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