En mémoire des femmes autochtones
7 novembre 2017 - Image par Alexis Fiocco
McGill Students for Amnesty International organise une veillée sur le campus.

Selon une révision récente du rapport de la commission d’enquête mise en place par le gouvernement fédéral en 2015, on estime que plus de 1200 femmes et filles autochtones ont été portées disparues ou assassinées au Canada au cours des trente dernières années.

Des statistiques accablantes

Pour le simple fait qu’elle soit autochtone, indépendamment de son milieu, de son statut social ou de son âge, la femme ou la fille autochtone au Canada a trois fois plus de risques de subir des actes de violence et six fois plus de risques d’être assassinée qu’une autre femme ou fille canadienne. D’après une étude de Statistique Canada citée dans le même rapport, bien qu’elles ne constituent que 4% de la population, les femmes autochtones représentent presque 25% des victimes d’homicide, tous sexes confondus.

Une veillée en mémoire des femmes autochtones disparues et assassinées mise en place par McGill Students for Amnesty International a eu lieu le mercredi 1er novembre sur le Lower Field de l’Université McGill. Une trentaine de participant·e·s se sont réuni·e·s pour entendre les mots de Gabrielle Doreen, une membre du programme d’études autochtones à McGill, et pour écouter le slam percutant et touchant d’une étudiante mcgilloise autochtone, Bea Dimaculangan. En cercle, une bougie sur laquelle est inscrit le nom d’une femme disparue ou assassinée à la main, les personnes présentes ont observé une minute de silence en mémoire des victimes. Après sa présentation, Bea Dimaculangan a accordé quelques mots au Délit. Elle a fait remarquer le peu de support que reçoit la cause des femmes autochtones disparues et assassinées par les autorités et le gouvernement canadien et a ajouté que les organisations étudiantes mcgilloises font un bon travail en parlant de ce cas, mais il serait certainement avantageux que McGill, en sa qualité d’institution, prenne des mesures: «McGill, étant une institution, a plus de pouvoir pour exercer une pression sur le gouvernement que d’autres organisations plus petites. […] C’est pour ça que plus de cohésion, de coordination et de solidarité peuvent aussi rendre nos voix plus fortes.»

Soutien médiatique

Plus tard dans la soirée du 1er novembre, une projection du film Finding Dawn organisée par McGill Students for UN Women, suivie par le témoignage de deux femmes autochtones prirent place dans le bâtiment Shatner. Les femmes invitées, Melanie Morrison et Cheryl McDonald, qui ont chacune perdu une sœur aux mains de ce fléau, ont partagé avec l’assistance leurs expériences et les difficultés qu’elles ont traversées en tentant de faire appel aux autorités canadiennes qui ont été très lentes à agir. Elles ont dénoncé les préjugés propagés sur la femme autochtone et le peu de soutien médiatique que reçoit la disparition ou le meurtre de l’une des femmes de leur communauté. Elles ont invité les personnes présentes à reprendre le message et à parler de la cause pour encourager des mesures plus grandes afin de retrouver ces femmes et de découvrir ce qui leur est arrivé. Melanie Morrison a souligné que toute femme canadienne victime de violence, qu’elle soit autochtone ou non-autochtone, a le droit à des efforts égaux de la part des autorités et des médias.

 
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