Cuisiner pour la communauté
17 septembre 2013 - Image par Camille Chabrol
Un concours culinaire au bénéfice de l’association Santropol Roulant.

La compétition annuelle de l’«Iron Chef», joute gastronomique et potagère organisée par l’association Santropol Roulant s’est tenue sur le campus de McGill le jeudi 12 septembre. Une demi-douzaine de restaurants, dont Crudessence, Fabrégé, Laïka, La Panthère Verte et Rumi sont entrés en compétition le temps d’une soirée sous le thème de la communauté, la bonne bouffe et la bonne humeur. Le but était non seulement de partager ses talents de cuisine, mais aussi d’organiser une levée de fonds dont les bénéfices seront versés à l’association.

Un gouteûx compte à rebours

Les équipes de cuisiniers avaient une heure pour récolter les légumes de l’«Urban Garden» plantés par l’équipe du Santropol Roulant sur le campus de McGill et inventer le plat de leur choix. Ne possédant qu’un équipement de cuisine rudimentaire, les équipes avaient cependant le droit d’apporter un de leurs ingrédients secrets pour complémenter leur recette. Plus encore, ils ont dû redoubler de talent et de créativité culinaire afin de séduire le jury.  Le jury était composé de Carole Thibaudeau, journaliste à La Presse, Amie Watson, blogueuse pour Midnight Poutine, Marie-Eve Savaria blogueuse pour BRUTalimentation et de Susan Schwartz, chroniqueuse à La Gazette. Il a décerné le «grand prix culinaire» à l’équipe qui a réalisé le meilleur plat, le plus créatif, et avec le moins de gaspillage. Le gagnant : Crudessence.

Un rassemblement à but caritatif 

Comme le souligne au Délit Chad Libelsky, directeur général de Santropol Roulant, cet évènement avait de multiples objectifs. Il s’agissait non seulement de célébrer la fête des récoltes et de rassembler les gens autour de «la bonne bouffe», mais aussi d’amasser des fonds pour l’association. Pour pouvoir participer à l’événement, les équipes devaient récolter un minimum de 500 dollars au bénéfice de l’association. Fondée il y a maintenant 18 ans, Santropol Roulant prône la nourriture comme moyen de briser l’isolement social et économique que peuvent ressentir certains Montréalais dont la mobilité physique est limitée, notamment les aînés.

Jessica Newfield, bénévole à l’association depuis mai dernier, dit s’être sentie attirée par l’aspect communautaire et intergénérationnel qui définit Santropol Roulant. Elle souligne le lien humain que crée la cuisine et la nourriture saine, mais aussi l’importance du sentiment de communauté qui nait lorsque les jeunes bénévoles prennent le temps de converser avec les clients, brisant ainsi l’isolement duquel ils peuvent tous se sentir victime.

Une association unique

Là où Santropol Roulant se démarque d’autres associations, c’est dans la qualité de la nourriture et dans l’aspect communautaire généré par la distribution des repas. C’est ce que Barbara-Anne, qui bénéficie des services de l’organisation depuis quelques mois, explique au Délit. L’association a été pour elle l’opportunité de rencontrer du monde, malgré son handicap physique qui limite sa mobilité. Santropol Roulant organise plusieurs fois par an des évènements auxquels ils invitent leurs membres, et prend en charge leur transport de façon à faciliter les rencontres avec les bénévoles. Chad Liebsky explique l’importance d’une telle initiative à Montréal où beaucoup de gens vivent seuls.

 

 
Sur le même sujet:
20 septembre 2011
14 janvier 2014