Aller au contenu

De la pensée montréalaise

Le Nœud, qu’es aquo ?

Le 3 janvier, les Prix du Magazine Canadien ont dévoilés les canards, imprimés et autres feuilles de choux nominés pour la cérémonie finale qui se tiendra le 7 juin.
Aussi étrange que cela puisse paraitre, cet article a un rapport direct avec cette cérémonie (machine à reconnaissance institutionnelle), puisqu’il fait l’apologie de l’un des nominés.
Il s’agit du Nœud, un webzine d’art engagé lancé le 17 juin dernier dans le souffle artistique du printemps québécois. On parlera bien de lancement et non de création, car le projet murissait déjà depuis un an dans la tête de l’équipe, sous différents noms et différentes formes.

Qu’est-ce que Le Nœud ?
La question se pose, même s’il y a beaucoup de vent.L’à‑propos que l’on peut lire sur leur site Internet commence ainsi :
« Le Nœud s’engage à mettre en scène une réalité artistique montréalaise avec une subjectivité nouvelle, élaborant une écriture et une imagerie à la fois hybrides et éclatées. » La notion de « nouveau »  est ce qui caractérise ses écrits aux tons parfois crus, parfois lyriques ; et il y a dans cette parution une volonté de rupture à chaque numéro : le thème varie et la forme imprimée aussi. Ce renouvellement est bien entendu une force, mais celle-ci est éclatée, morcelée à la manière d’un album zutique de notre siècle. Le Nœud est une force fragmentée : son ambition ne dépasse pas la parution du prochain numéro, elle reste de l’ordre du fantasme. Les sections principales s’appellent Art, Hédonisme et Création. Elles comportent des sous-catégories qui ont pour titre Littérature, Bouffe, Style, Musique, Cinéma, Expérimentations, etc.

Pourquoi Le Nœud ?
Il est vrai qu’un nom pareil laisse songeur au premier abord. Et pourtant tout a été pensé et réfléchi par ses géniteurs pour que le titre épouse le contenu. Dans « nœud », on entend la tension générée par l’enlacement d’un fil, et c’est cette tension qui anime la création du magazine, ce malaise qui le pousse à réfléchir.
Le nœud est aussi l’endroit d’un tronc où la branche naît, et serait donc une trace ou un bourgeon sur le tronc social.

Comment fonctionne Le Nœud ?
La structure de leur équipe fonctionne sur le mode grec, celui du débat et de la discussion. Cette dernière se fait lors de chaque choix de thème, de forme et de sujet. Le remue-méninge est donc collectif. Si l’on ajoute à ceci la présence régulière de collaborateurs, le webzine prend une dimension communautaire non négligeable. Dans l’ajustement continuel dont fait part l’équipe, on retrouve une passion commune, le goût du risque inhérent à l’art engagé.
Chaque nouveau numéro est sujet à une soirée de lancement dans un lieu différent, et où sont mis en vente des exemplaires imprimés du webzine.
Le première parution tenait sur une feuille de belle facture se dépliant en tous sens, et sur laquelle on pouvait lire après quelques efforts, des articles sur le thème de la rupture. Dans la seconde, chacun des textes était imprimé sur une feuille au design conçu par un diplômé de l’Université du Québec A Montréal, cette fois-ci sur le thème de l’idéal. Le thème de leur troisième opuscule est le vulgaire.
Des trois numéros parus jusqu’ici, nous pouvons dégager une façon de faire bien précise : prendre des sujets artistiques (autour d’un thème défini) comme des filtres à travers lesquels parler de société. On retrouve ainsi dans Le Nœud l’engagement créatif qui anime aussi des magazines tel que Nouveau Projet ou Urbania, la différence principale se situant dans les moyens dont disposent chacun.
En attendant la quatrième édition, le magazine est en exposition dans le salon de lecture de MONTRÉAL CRÉATIVE, un festival d’art contemporain québécois mélangeant expositions, soirées cinéma ainsi que divers ateliers de peintures, de sérigraphie et d’impression.


Articles en lien