Amor et mors dans une famille québécoise
6 mars 2012
Le nouveau roman Une mort comme une rivière de François Lévesque: un suspense psychologique réfléchi.

Troisième volume d’une trilogie basée sur la vie d’un jeune scénariste, Une mort comme rivière est le dernier opus de l’écrivain québécois François Lévesque. L’auteur est parvenu à rendre attachant un personnage atypique, mentalement tourmenté à travers le récit de sa vie qui aurait pu (presque) être celle de monsieur tout le monde.

Gracieuseté des éditions Alire
Francis, jeune trentenaire passionné de cinéma, est en effet contraint de retourner à Saint-Clo, petit village où il a grandi, pour assister à l’enterrement de sa tante Lucie. Or, ce retour qui se voulait être un passage de courte durée, est bouleversé par une suite d’évènements qui vont raviver un passé familial funeste. De plus, une mort suspecte va braquer les regards sur lui et l’obliger à se démener pour échapper au pire. Le suspense est donc au rendez-vous de la première à la dernière page.

Une mort comme rivière a la particularité d’offrir une lecture fluide sans élément superflu. Il y a certes quelques descriptions qui traînent en longueur, mais elles ont l’avantage de provoquer un effet de réel qui nous permet de nous identifier aux personnages.

François Lévesque a aussi opté pour un vocabulaire familier voire parfois vulgaire qui rend le récit d’autant plus réaliste. On a donc le droit à une série de «t’es qui toé, criss?» ou encore «ostie de’tap». L’humour noir colle parfaitement avec la personnalité de Francis et donne au roman une touche plus personnelle et terre à terre. L’auteur met aussi en perspective plusieurs histoires au sein du scénario principal de Francis, ce qui permet de divertir le lecteur, mais aussi de construire un scénario encore plus étoffé et solide.

En parallèle au côté ludique du suspense, le lecteur fait face à des réflexions poussées sur la mort, la maladie et la confiance. La famille et les tensions qui lui sont inhérentes constituent une part majeure de l’intrigue. Comme le pense Francis lors de ses nombreuses introspections, «le film de ma vie s’avérait être un drame psychologique plus qu’un film d’horreur». Cela va de même pour le roman lui-même: le but n’est pas de faire peur au lecteur, mais bien de l’inviter à s’interroger sur sa propre vie tout en le divertissant.

Seul bémol pour un thriller, les retournements de situation complètement inattendus se font souvent attendre et ne sont pas forcément à la hauteur de nos espérances pour un roman de cette qualité. Cela dit, Une mort comme rivière mérite très probablement d’être lu par tout amateur de thrillers ou de littérature en général, notamment pour son ingéniosité qui fait de ce roman un véritable régal.

 
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