Aller au contenu

Plume québécoise : zoom sur Kim Thúy

Écrire l’immigration du Viêt Nam au Québec.

Clément Veysset | Le Délit

Kim Thúy, autrice d’origine vietnamienne, s’est imposée comme une voix majeure dans le paysage littéraire québécois depuis 2009, à travers ses œuvres sur l’expérience complexe qu’implique le fait d’être immigrante. Elle a reçu plusieurs prix, dont le prestigieux Prix littéraire du Gouverneur général en 2010 pour son livre Ru, qui l’a propulsée sur la scène littéraire internationale. Ses courts récits, qui traitent de l’expérience migratoire et de l’adaptation à une nouvelle culture, sont tous rédigés en français, sa « seconde langue maternelle », comme elle le dit, et sont traduits dans 29 langues. Les ventes de ses ouvrages s’élèvent aujourd’hui à plus de 765 000 copies dans le monde.

Enfance

À l’âge de dix ans, Kim Thúy fuit la répression du régime communiste au Viêt Nam avec ses parents et ses deux frères. Comme beaucoup, sa famille est forcée de prendre la mer à bord d’une embarcation de fortune. Après un long périple, elle parvient enfin à s’installer au Canada. Cette expérience d’immigration, elle la raconte avec une sensibilité si particulière. Avec humour et tendresse, elle parvient à transmettre son choc culturel et son adaptation délicate à l’hiver québécois. Elle partage également son apprentissage long et difficile de la langue française.

Oeuvres littéraires

Son premier roman Ru est publié en 2009 chez Libre Expression. Composé de courts récits autobiographiques mettant en scène ses proches, il raconte le long voyage de sa famille et leur progressive adaptation à leur nouveau milieu de vie au Québec. Mère d’un enfant atteint d’un trouble du spectre de l’autisme, elle aborde également ce sujet, et y sensibilise ainsi le public. En 2011, elle publie À toi avec Pascal Janovjak : une série d’échanges épistolaires, un coup de foudre amical entre deux auteurs expatriés. Puis, la fiction Mãn, en 2013, dont le récit est celui d’une Vietnamienne arrivée au Québec à l’âge adulte, sa mère l’ayant mariée à un restaurateur vietnamien déjà installé ici. En 2016, l’autrice propose un nouvel ouvrage inspiré de son histoire familiale. Vi raconte la fuite de Saïgon d’une mère et de ses quatre enfants, l’expérience migratoire, le deuil du pays et le choc des cultures.

« Les œuvres de Thùy résonnent avec des lecteurs de divers horizons, offrant une perspective intimement liée à l’expérience de nombreux Canadiens »

Un récit qui s’adapte au cinéma

Son récit autobiographique éponyme Ru a vu le jour au cinéma le 24 novembre 2023 dernier. Réalisé par Charles-Olivier Michaud et scénarisé par Jacques Davidts, il connaît déjà un grand succès et dépasse maintenant 1,5 million de dollars au box office ! Ce succès québécois continue d’attirer de nombreux cinéphiles en salle chaque jour. Il prendra d’ailleurs l’affiche dans toutes les autres provinces du Canada à partir du 26 janvier prochain. Ce long-métrage a aussi donné lieu à une réédition du roman original avec l’ajout d’annotations, d’images du film, d’anecdotes supplémentaires, et même d’observations manuscrites de la part de Kim Thúy sur son parcours littéraire.

Parler immigration

Au-delà des récompenses, Kim Thúy occupe une place spéciale dans le paysage culturel canadien en abordant la question de l’immigration. Dans un pays connu pour sa diversité, les œuvres de Thùy résonnent avec des lecteurs de divers horizons, offrant une perspective intimement liée à l’expérience de nombreux Canadiens. Ses œuvres servent de pont entre les cultures, mettant en lumière les défis et victoires des immigrants. Alors que le Canada continue d’évoluer en tant que nation multiculturelle, des auteurs comme Kim Thúy jouent un rôle crucial en facilitant la compréhension et la célébration de la diversité.


Dans la même édition