Éloignons-nous d’une dichotomie désuète
4 octobre 2011
Il y a deux semaines, je pondais une chronique sur l’implosion du Parti Québécois, le manifeste peu convaincant du Nouveau Mouvement pour le Québec et l’éternelle dichotomie québécoise qui oppose les fédéralistes aux souverainistes.

Cette semaine, j’offre au modèle politique québécois un remède qui pourrait éventuellement le guérir de sa toux souverainiste.

En dépit des nombreuses allégations de corruption dont est victime le gouvernement Charest, je suis loin de croire que ce qui se passe présentement dans le paysage politique québécois, c’est-à-dire la multiplication soudaine de partis souverainistes, ne soit la solution idéale. On serait porté à croire qu’avec le ras-le-bol général de la population face au gouvernement actuel, les chances pour ce dernier de se faire réélire au printemps 2012 seraient quasiment nulles.

Pourtant, la sceptique en moi persiste à croire que Charest ne se fera pas détrôner de sitôt. Pourquoi? Parce que le Parti Libéral est la seule voie fédéraliste au sein de l’Assemblée Nationale.

Malheureusement, il n’y a qu’une option de ce genre au Québec. Or, si un électeur fédéraliste refuse de voter pour ce parti, quel autre choix lui est offert s’il ne souhaite pas soutenir un parti souverainiste? S’abstiendra-t-il de voter?

Lors des élections de 2008, le taux de participation avait atteint 57,3%, le plus bas depuis 1927. À mon avis, un faible taux de participation reflète une société en crise identitaire politique, qui peine à s’identifier à un parti en particulier. Ainsi, lorsque vient le temps de voter, elle opte pour l’abstention, qu’elle perçoit comme le meilleur choix.

En tant que fédéraliste, je me trouve ainsi perdue au sein d’un spectre politique restreint. Si je ne veux pas réélire le gouvernement Charest, quelle option s’offre à moi? Aucune. Du moins, aucune qui puisse refléter entièrement mon allégeance politique, quelle qu’elle soit. Ce qui m’amène à constater que le Québec n’a guère besoin d’une panoplie de partis souverainistes faisant concurrence à un seul géant fédéraliste.

Dans un idéal absolu, il faudrait aller au-delà de la dichotomie politique québécoise et exclure le débat sur la souveraineté dans la ligne du parti. Ainsi, il faudrait un parti politique qui se concentre d’abord et avant tout sur des débats de société tels que les enjeux sociaux, l’économie, l’éducation, la santé, l’environnement et la culture, sans offrir à ses électeurs une prise de position sur la question du nationalisme québécois. Je ne dis pas qu’il faut cesser d’avoir des partis soutenant la cause souverainiste, mais un parti s’affichant neutre serait une alternative possible pour les électeurs du PLQ et du PQ.

Soyons réalistes, le mouvement indépendantiste peine à se raviver malgré la création du NMQ et d’Option Nationale, partis qui tentent de remettre la souveraineté au premier plan. De plus, la population est envahie d’un cynisme si grand qu’une allégation de corruption de plus devient un bruit sourd parmi la cacophonie politique.

Suis-je la seule à penser qu’il faudrait passer outre ces débats et se concentrer sur un avenir réaliste qui redonnerait espoir aux Québécois? Vous me direz peut-être que je suis idéaliste, que le débat sur la souveraineté demeurera une patate chaude inévitable en sol québécois, donc impossible de s’en défaire. Certes, ne nous mettons pas des bâtons dans les roues dès maintenant.

Révolutionnons la politique québécoise. Sortons des sentiers battus. Libérons-nous des vieux discours monotones. Sculptons les idéaux de demain, dignes d’un peuple progressiste et innovateur.

 
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