Frosh en mode mineur
13 septembre 2011
Chaque année, près d’un quart des participants au Frosh ont moins de 17 ans, mais on leur promet le même accès aux soirées et événements. Portrait d’un désenchantement.

Dans sa Foire Aux Questions en ligne, l’AÉFA (AUS) explique: «Nous ne servons pas d’alcool aux étudiants […] de moins de 18 ans. Cependant le Frosh n’est PAS centré autour de l’alcool et aucune de nos activités ne requiert la consommation d’alcool. Chaque année nous avons de nombreux participants qui ont 17 ans et moins et ils ont tous passé un super moment.»

Victor Tangermann

Cela fait sourciller Miguel Esteban, étudiant U2 en Arts et Don à la résidence Douglas. «Le Frosh est vraiment centré autour de l’alcool. Je ne pense pas que ce soit un problème en soi, mais il faut arrêter de dire le contraire.» Un autre étudiant s’amuse: «Le pub crawl est bien évidemment centré autour de l’alcool. Le principe c’est d’entrer dans un bar, de recevoir de la bière gratuite et de passer au suivant». Sous le coup des critiques, l’association des étudiants en Sciences (SUS) refuse de commenter.

Paul Noble, VP aux affaires Internes de l’Association des étudiants en génie (EUS) explique que son association fait tout pour intégrer le plus de personnes possible. Il explique qu’il reste néanmoins contraint par la loi et les ressources financières. «Nous essayons toujours de rendre notre «soirée secrète» accessible aux mineurs. Nous avons embauché une compagnie de sécurité et avons négocié avec eux pour que ce soit le cas.» Paul Noble explique qu’il est néanmoins très difficile de convaincre les gérants d’établissements d’accepter des mineurs.

François Cegarra, étudiant en première année de génie s’interroge: «Que les boîtes de nuits ne nous acceptent pas, je peux le concevoir, mais la Toga Party était dans le pavillon Shatner, ils auraient pû négocier avec l’AÉUM [Association étudiante de l’Université McGill, NDLR]»

Paul Noble reconnaît avoir envisagé la possibilité de rendre l’événement accessible aux mineurs mais cette option n’a finalement pas été retenue, car avoir un endroit réservé à la consommation d’alcool aurait «augmenté la charge de travail et le stress des agents de sécurité et cela aurait également réduit la capacité d’accueil de l’événement.»

Un étudiant de première année originaire de la banlieue de Toronto avoue sous couvert d’anonymat avoir obtenu un bracelet «pour majeur». «Avec ma fake ID et ce bracelet, j’ai pu rentrer partout. J’ai vraiment adoré Frosh, j’ai rencontré beaucoup de monde. Il est vrai que certains étudiants ont été refoulés à l’entrée des clubs, mais ils allaient dans un pub qui n’exigeait pas de pièce d’identité et passaient quand même un bon moment.»

Agacés, plusieurs étudiants ont lancé une pétition pour dénoncer les pratiques de certains organisateurs. Ils citent le site de l’AÉFA et le fait qu’il leur a été répété à maintes reprises qu’ils pourraient accéder à tous les événements. «Non seulement nous avons payé le même prix mais en plus on nous fait aller à l’autre bout de la ville pour se voir refuser l’entrée.» À ce jour, la pétition dépasse les 300 signataires.

Paul Noble réfute l’argument financier. «La plupart de l’argent dépensé pour l’alcool venait de commandite.» Il affirme également que ni lui ni ses coordonnateurs n’ont à sa connaissance donné de fausse information quant au nombre d’événements auxquels les mineurs pouvaient accéder. Interrogé sur les mesures qu’il compte prendre l’an prochain pour améliorer l’information donnée aux étudiants, il explique que plutôt que de dire aux étudiants qu’ils n’auront pas accès à certains événements, il souhaite faire une liste de ce à quoi ils auront accès. «C’est plus positif» explique-t-il.

 
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