Arc-en-ciel
5 avril 2011

Chère Éliane,

Je m’excuse, cela fait longtemps que je ne t’ai pas écrit. Plusieurs événements se sont passés depuis que j’ai quitté Kanton. Personne ici ne sait que Kanton est un petit village en Alberta, et il me manque beaucoup. Je rêve des prairies, et des jours pendant lesquels je m’amusais dans les champs avec ma petite sœur. À Kanton, la vie est simple: il y a des fermes, l’église, et l’école où tous les enfants du village vont. Je n’avais jamais vu de bâtiment de plus de cinq étages avant de venir à Montréal. Chaque jour, je dois me rappeler que j’ai l’occasion de créer ma propre vie au lieu d’accepter celle qui m’attend en Alberta.

Le premier soir à Montréal, quelques personnes de ma résidence m’ont invitée à sortir avec eux sur la rue Crescent. J’étais vraiment surprise quand j’ai vu ce qui se passait dans les bars. Il y avait des vieux hommes avec une bague à l’annulaire qui dansaient avec des jeunes femmes sans bagues. La Bible m’a appris qu’il y a des gens qui ne sont pas fidèles, mais je n’ai jamais pensé qu’ils le faisaient en public sans honte.

La semaine suivante, nous sommes allés à la Main, sur le boulevard Saint-Laurent. Je savais que des adolescents buvaient pour s’amuser mais je n’avais jamais vu des gens si ivres dansant sans vergogne. Cette nuit-là, je suis partie tôt, exactement comme la semaine dernière.

Je me suis concentrée sur mes études les semaines suivantes. Pourtant, un soir, mes amis m’ont invitée à aller au Village pour l’anniversaire d’une de mes copines. J’ai accepté parce que je ne savais pas de quoi elles parlaient, et par ce que je ne voulais pas être seule. Nous avons pris le métro jusqu’à la station Beaudry. Quand nous sommes sorties du métro, c’était comme un nouveau monde. Il y avait des hommes qui se tenaient la main, des hommes qui étaient habillés comme des femmes, et des filles qui paraissaient plus masculines. C’était un vrai choc culturel si bien que je ne pouvais pas m’arrêter de les regarder. Je me demandais «Où suis-je?» Nous sommes allées au club Unity et c’est devenu encore plus incroyable. Les hommes dansaient avec d’autres hommes, les femmes s’embrassaient! Le style de danse était plus déluré que ce que j’avais vu à la Main. Alors que mes amis dansaient, moi, je suis restée dans un coin du club; puis je me suis rendu compte que mes amis s’amusaient beaucoup. Tout le monde au club semblait heureux sauf moi. Même si je n’avais jamais vécu d’expériences comme celles-ci, j’ai compris que je devrais accepter ma situation. J’avais choisi de venir à  Montréal parce que je voulais du changement et maintenant j’avais l’occasion de vivre dans un environnent différent.

Il y a quelques mois déjà que je vis à Montréal. Je continue de garder mes valeurs, mais je suis plus ouverte à l’idée de la vie nocturne et je suis plus à l’aise aussi. Je suis vraiment contente d’avoir choisi de venir à Montréal parce que j’apprends d’autres façons de vivre. Même si je ne suis pas aussi ouverte que les autres, je reconnais l’importance des différences entre les cultures et les styles de vie. Je vis des aventures à l’image des multiples couleurs de cette ville.

Éliane

Paige Glabb, Lilian Giacoma et Milica Kosanovic

 
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