La foi à temps partiel
29 novembre 2010

La foi n’est pas très en vogue dernièrement. Le Québec est enseveli sous les controverses religieuses depuis quelques années: accommodements raisonnables, scandales de pédophilie au sein de l’Église catholique, abandon de nos églises, etc. Il était donc probablement temps de passer en révision ce que représente la foi pour nous.
Je suis catholique pratiquante, mais je me définis comme pratiquante à temps partiel. C’est-à-dire que je ne respecte pas tous les commandements de Dieu, je n’ai pas une Bible sur ma table de chevet et je ne vais pas à l’église toutes les semaines comme une bonne catholique devrait le faire. J’ai néanmoins reçu une éducation religieuse et tous mes sacrements. Je me surprends même à connaître toutes les prières lorsque je vais à l’église. De plus, j’ai déjà fait du bénévolat au presbytère pour venir en aide aux plus démunis. C’est en changeant de milieu que j’ai réalisé que j’avais probablement un plus grand bagage religieux que la plupart des autres jeunes de mon âge.
Je ne peux parler de ma foi en l’Église catholique, ou du temps que j’ai passé chez les Sœurs-de-la-Charité à Québec. Habituellement, quand je raconte mes liens avec cette communauté religieuse, les gens sont extrêmement surpris. Je dois avouer que je n’ai pas l’image d’une «pure sainte».
Les sœurs ne sont plus beaucoup à habiter au couvent, peut-être cinq. Elles me faisaient souvent l’éloge d’une période qui leur semble désormais lointaine, où les jeunes filles prononçaient leurs vœux par dizaines. Certaines ont fait partie de ces jeunes filles qui ont eu la vocation prématurément, d’autres se sont engagées plus tard, après avoir eu une carrière. D’ailleurs, il ne faut pas croire qu’elles restent au couvent à prier, au contraire, elles ont la girouette les sœurs!
Quand je leur parlais de ma génération, elles riaient: «Vous avez le droit d’être jeunes, nous aussi on l’a été!» Effectivement, elles ont dû l’être, mais pas à la même époque, pas avec les mêmes enjeux. Pourtant, elles ne semblaient jamais choquées. Elles lisaient «religieusement» leur journal tous les matins, très loin de l’image typique des sœurs coupées de la réalité.
Ayant eu deux tantes au sein des Soeurs-de-la-Charité, je sais concrètement tout le bien que ces femmes font à la communauté. Elles sont à des années-lumière des scandales de pédophilie qui éclaboussent l’Église catholique présentement, mais elles sont tout de même gênées du comportement de certaines personnes qui est très loin de ce qu’elles prônent.
Bref, ce n’est pas demain la veille que je vais m’enrôler dans une communauté religieuse, mais je crois que ma pratique de la religion s’adapte très bien à mon style de vie et à l’époque à laquelle je vis. La foi est quelque chose d’extrêmement personnel qui peut se discuter, mais n’est hélas pas toujours sujet à débat. Encore faut-il avoir l’ouverture d’esprit nécessaire pour le faire.

 
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