Une bouffée d’Oxygène
10 novembre 2010
Hans Van Nuffel explore avec délicatesse le monde étouffant de la mucoviscidose dans Adem (Oxygène).

Tom (Stef Aerts) et son frère Lucas (Maarten Mertens) souffrent tous deux de mucoviscidose, une maladie génétique mortelle qui détruit lentement leurs poumons. Alors que Lucas attend patiemment et avec optimisme une greffe de poumon qui va changer sa vie, Tom, incapable de faire face à sa «date d’expiration», si proche, vit dans une urgence continuelle et s’évade à sa façon, se découvrant toute une vie de noctambule.

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Sa vie bascule le jour où, errant dans les couloirs de l’hôpital qu’il connaît si bien, il fait la connaissance de Xavier (Wouter Hendrickx), lui aussi atteint de mucoviscidose, qui refuse de céder à la maladie. Par sa joie de vivre, il redonne espoir à Tom qui tombe sous le charme d’Eline (Anemone Valcke), une autre patiente isolée dans une chambre à cause d’une maladie contagieuse.

L’univers de Tom s’écroule le jour où Lucas décède sur la table d’opération. Se sentant coupable, Tom retourne à ses mauvaises habitudes, enlève son nom de la liste des greffes et décide de vivre comme s’il n’y avait plus de lendemain jusqu’au jour où, son état s’étant aggravé, ses médecins l’obligent à être hospitalisé de façon permanente.

Le jeune cinéaste flamand Hans Van Nuffel a remporté le Grand Prix des Amériques au Festival des films du monde de Montréal 2010 avec ce premier long métrage Adem (Oxygène). Il parle d’une réalité qu’il ne connait que trop bien, lui-même atteint de mucoviscidose. Bien que l’histoire se situe principalement entre les quatre murs de l’hôpital, le jeune réalisateur de 29 ans réussit à nous emporter dans un monde où l’oxygène devient la plus grande commodité. L’existence, beaucoup trop courte, demeure tout de même remplie d’humour, d’amour et de joie de vivre. Il fait la promotion du bonheur dont il connaît la fragilité. Ce n’est pas un film sur la maladie, mais sur la survie et l’envie de croquer la vie.

Le jeu des acteurs est excellent. Stef Aerts, saisissant, nous transporte dans une vie d’apprentissage où chaque bouffée d’air constitue un défi. La complicité entre Aerts et Hendrickx se transmet à l’écran. L’amitié parfois passive, parfois agressive, entre Tom et Xavier captive du début à la fin. L’image, bien que tout soit filmé dans un hôpital, est magnifique et traduit le désir de vivre des personnages. Van Nuffel réussit à transformer cet endroit synonyme de mort en un lieu chaleureux où l’amour et l’amitié sont possibles.

La seule critique que l’on pourrait porter à ce film concerne les personnages secondaires, un peu trop stéréotypés. Le meilleur ami voyou, Jimmy (Rik Verheye), qui ferait n’importe quoi pour Tom, et le père intolérant qui a de constantes sautes d’humeurs, en sont de bons exemples.

Il aurait été facile pour le cinéaste de se perdre dans un délire mélodramatique hollywoodien, mais Van Nuffel y résiste habilement.

 
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