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La capsule sonore

La mélodie de la réplique

À l’horizon, un seul banc est libre. Je me rue et, une fois l’objectif atteint, je balaye du regard les gens qui m’entourent dans ce wagon à espace si limité. Ça y est, je viens déjà d’apercevoir un énergumène qui balance sa tête comme une poule en furie. À première vue, je le crois dérangé, mais non : c’est une victime. Victime de ses écouteurs et de la musique qui y passe. Victime de sa mélodie et de ses rythmes saccadés. Il est tout de même intense, l’effet de la musique sur un individu. J’arrive à ma station, je me lève du siège envié, je frôle l’homme à la tête grouillante, j’ose entendre La Roux. Ceci n’est pas un canular de mauvais goût. En tout cas, il est d’actualité le mec : le duo londonien se déchaînera au Métropolis le 5 février prochain. Vous ne pourrez pas m’y voir, parce que mon statut d’étudiante fauchée ne me le permet pas. Par contre, vous y trouverez sûrement la girouette que j’ai croisée dans le métro, qui sait ?

Revenons-en à la musique en tant qu’élément déclencheur de nos humeurs : elle nous rend tous fous, tristes, heureux, frénétiques, paisibles. C’est indéniable. En plus de ça, j’ajoute que chaque groupe fournit une mélodie qui, elle, est associée à un état d’esprit particulièrement recherché. On se sent puissant quand on écoute les Stones, pas vrai ? Que dire de ce que nous procurent des groupes comme U2, Oasis, voire même Led Zeppelin ? Bon, d’accord, peut-être suis-je un TANTINET subjective, mais qu’il y en ait un qui vienne me dire que Coldplay lui donne la joie de vivre, je lui donnerai la médaille de l’être le plus contradictoire que je connaisse. Étant donné que je suis certaine de mon coup, je vous donne une preuve à l’appui : « When you try your best but you don’t suceeeed/ When you get what you want but not what you neeeed », sans oublier le traditionnel « Tears stream down your face, I promise I will learn from my mistakes » plus tard dans la chanson. Je vous vois venir, chers lecteurs, je vous entends même me lire : « Amélie, tu as tort, ce ne sont pas toutes les chansons de Coldplay qui nous poussent à la consternation de notre être ! » Je vous l’accorde, l’air de Lovers in Japan est nettement moins dramatique que celui de Fix You. Toutefois, cette exception n’empêche aucunement la renommée mélancolique de l’ensemble des chansons du quatuor. Au même titre que Coldplay, je n’arrive pas à me souvenir d’un seul moment festif passé à écouter Emily Haines and the Soft Skeleton. Cela dit, ces groupes-là sont d’un génie inouï, et je verrais mal ma collection de disques dénudée de X&Y, de Parachutes ou de Knives don’t have your Back, encore moins mon Ipod démuni de chansons comme Lost !, Detective Daughter ou encore Doctor Blind. Envisageriez-vous être le détenteur d’un dictionnaire dépourvu de ses mots ? D’un lit dépouillé de son matelas ? D’une cafetière privée de son réservoir d’eau ? Moi non plus. Leçon à tirer #859 : ne jamais se défaire de ses vieux disques (à succès). 


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