La tête en friche
12 janvier 2010
L’angoisse de l’ignorance

Je vous l’avoue, cher(ère) lecteur(trice), je ne connais pas grand chose. Sur à peu près rien. La musique, le cinéma, la littérature, les arts de la scène, l’architecture… C’est terrible. Et ça me fait de la peine. Si on passe dans les autres domaines, l’histoire, la socio, et même les bases de l’informatique ou de l’électricité, c’est encore pire. Je ne suis pas sûre de comprendre comment marche Internet ou le téléphone sans fil, et j’ai même parfois des doutes sur mon micro- ondes, que je soupçonne être sous l’emprise de forces occultes. J’ai abandonné l’idée de réussir à utiliser les appareils elliptiques au gym. Et surtout, surtout, quand les gens commencent une phrase par «Tu sais, ce groupe/ce film/cette pièce/cet artiste», j’ai une envie viscérale de hurler «NOOOOON, je sais pas, parce que je sais rien, je connais rien, des fois je fais même semblant de savoir et je google le nom dans les heures qui suivent, je suis une imposteeeeeuuuuuure!».

Mais je ne dis rien. Ça m’angoisse, surtout que maintenant je suis en charge de cette –glorieuse– section culturelle. J’ai donc pris la résolution de parler uniquement de choses que je connais dans mes chroniques. Par exemple, de sujets de saison. Quelles banalités n’a-ton pas encore entendues sur le temps des fêtes? On sait que ça passe trop vite, que ce n’est pas écolo, qu’on s’y engueule, qu’on en revient cerné et bouffi de dinde aux atocas, qu’on donne –trop peu– à des organismes de charité qui en auraient besoin toute l’année… Et en plus, il y a de la vaisselle jetable dans les partys. Enfer et damnation.

On a parlé de Noël, mais on dirait que le jour de l’an a été le grand oublié de la période des fêtes. Je ne sais pas vous, mais moi je dois admettre que ça m’émeut, une nouvelle décennie toute propre. En 2000, c’était l’histoire de l’Humanité qui se perpétuait, la Grande marche de l’Humanité… Pas le moment de se promettre d’arrêter de fumer. Alors que là, 2010… C’est plus humain. Aucun texte ne peut plus commencer par «à l’aube du 21e siècle», «à l’orée du troisième millénaire». On s’éloigne du commencement, plein d’illusions et de projets, et on se relève finalement les manches pour faire quelque chose, au lieu d’en parler. Peut-être que c’est une question de point de vue aussi. Faire des plans pour la prochaine décennie, c’est nettement plus gérable.

C’est peut-être l’âge aussi. Quand on côtoie trop souvent des vrais adultes (plus de quarante ans) qui s’emmerdent et pensent avoir raté leur vie faute de s’être demandé quoi en faire, ça pousse à reconsidérer la valeur d’une décennie.

Je sais pas vous, mais moi j’ai des résolutions pour la décennie…

Peut-être lire le manuel de mon micro-ondes.

 
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