Plus qu’un concours de panache
17 novembre 2009
Le Festival de chasse de La Tuque, vous connaissez? Le Délit vous propose une visite guidée de l’événement prisé par les habitants de la Mauricie.

Le Festival de chasse de La Tuque est peu connu en dehors de la Mauricie. Il faut dire que la petite ville industrielle vit surtout de la pâte à papier et n’est pas très prisée des touristes. Pourtant, cet événement dégage toujours une ambiance de convivialité authentique qui manque à plus d’un festival Montréalais. La 37e édition du festival, qui avait lieu du 27 octobre au 1er novembre dernier, n’a pas dérogé à la règle.

Comptant 12 000 âmes sur un territoire plus grand que la Bretagne, La Tuque offre de vastes étendues boisées aux amateurs de chasse à l’orignal. En Mauricie, cette passion compte de nombreux adeptes qui se retrouvent à la fin de la saison de la chasse pour comparer leurs trophées. C’est ainsi qu’est né le festival de chasse de La Tuque, organisé autour du traditionnel concours de panache.

Plusieurs prix sont décernés, le plus convoité étant bien sûr celui du plus grand panache. Un prix est aussi décerné aux panaches se rapprochant le plus d’une des deux tailles arbitrairement déterminées. Dans le passé, ces tailles étaient annoncées à l’avance et des chasseurs avaient trafiqué leurs prises pour arriver exactement aux tailles désirées. C’est pourquoi les deux tailles sont désormais tirées au sort le jour même.

La mesure des panaches est une scène peu banale. Depuis le début de la période de la chasse, les têtes d’orignaux fleurissent fièrement sur les voitures latuquoises. Chaque trophée est exposé sur la boîte du 4×4 ou, à défaut, sur le coffre de la voiture. Parfois, quelques branches sont ajoutées en guise de décoration. Pour procéder à la mesure, les voitures passent successivement devant un jury qui prend le diamètre du panache qui y est attaché.

Arborant chemises à carreaux et habits de camouflage pour l’occasion, une petite foule est amassée autour des juges. Chaque fois qu’une voiture exhibe un panache de belle taille, les discussions informelles cessent et tous s’attroupent pour connaître la mesure. Le conducteur sort de l’auto pour s’informer lui aussi du diamètre et récolter fièrement les commentaires des spectateurs.

Les activités du festival ne sont pas seulement destinées aux chasseurs, bien au contraire. Tous les ans, un grand chapiteau de près de 3000 places est aussi planté au coeur de la ville pour faire oublier le ciel gris de la fin octobre. Ce chapiteau permet d’organiser des festivités en tous genres: spectacles pour enfants, repas chaleureux, soirées à thèmes… Mais le clou du festival 2009 était sans aucun doute le concert du groupe Kaïn organisé dans ce même chapiteau. «Le contact humain et social demeure, selon moi, l’attrait principal du festival» a résumé Dany Doré, président du comité d’organisation du festival.

Le billet d’accès au festival, au prix de 15$, permet de participer à toutes les activités du chapiteau, y compris les déjeuners et les concerts. Malgré tout, certains trouvent que cet évènement est déjà «trop commercial», considérant que le billet coûtait seulement 12$ l’an dernier avec un programme comparable. Espérons que le festival de chasse de La Tuque saura conserver toute sa saveur sans devenir victime de son succès.

 
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