Flagrant délit de tendresse
27 octobre 2009
ÉPISODE 7 Résumé de l’épisode précédent: Après avoir lamentablement échoué son examen de mi-session, notre jeune freshman se rend au bureau de sa T.A., qui veut lui remettre les pendules à l’heure. Bien que partageant un désir réciproque, ils ne se permettent aucun écart: elle, surtout, est inquiète pour son poste en jeu, et lui n’ose pas franchir la barrière du bureau. La rencontre prend fin abruptement.

C’est la mort dans l’âme qu’elle se rend, pour la énième année consécutive, à un insipide party d’Halloween chez une vague connaissance. Elle sait d’avance qu’elle passera aux yeux de tous comme la fille incapable de s’amuser. Déjà que deux bières suffisent à la mettre K.O., il faut en plus qu’elle ait le coeur émietté par la dernière conversation qu’elle a eue avec son bel étudiant, son beau brun.

Dans une tentative de lui redonner le sourire, son amie Emma lui avait prêté ce ridicule costume de lionne, la forçant de ce fait à l’accompagner au party. «It matches your hair so well!» lui avait dit sa copine en faisant référence à sa tignasse de feu. L’effort avait été vain. Tout ce qui lui importait en cette morne saison, c’était son désir pour lui. Jamais auparavant n’avait-elle ressenti de telles pulsions. Il faut dire que son ex n’avait jamais rien fait pour que cela se produise… Son bel étudiant, lui, n’avait qu’à lever les yeux vers elle pour que… ouf! Vallait mieux ne pas y penser. Si seulement elle avait su dès le départ que son emploi de T. A. l’empêcherait de vivre le plus grand frisson qu’elle n’ait jamais ressenti! Si seulement…

Arrivée au party, où Emma se dépêche vite de la délaisser, on lui fait ingérer quelques comprimés sans qu’elle comprenne bien de quoi il s’agit. De toute façon, à ce stade, rien ne peut empirer son désarroi. Elle se dépêche de caler sa bière, déjà tiède, comme pour se donner une contenance. L’effet se fait rapidement sentir.

Assise sur le divan, elle sent le feu lui monter aux joues, lesquelles s’enflamment subitement quand elle aperçoit Ovila, s’approchant d’elle. N’y voyant pas clair, elle se laisse emporter dans un doux délire…

***

Son voisin de classe le lui avait dit: «Man, if you ever want to get to know people around here, you gotta come to this Halloween party at my friend’s place!» Il avait obéit: ça lui changerait les idées. La tournure que l’histoire avec sa belle Anglaise avait prise le laissait à la fois peiné et amer. Il se sentait tellement impuissant…

Son cousin, hilare mais inquiet à l’idée qu’un membre de son entourage festoie en compagnie de maudits Anglais, l’avait malgré tout aidé à se confectionner un costume. Il était déguisé en «ancien temps», cela lui semblait suffisant. De toute façon, il avait apporté une caisse de douze de Belle Gueule pour passer le temps si jamais le party ne levait pas.

Buvant sa bière nonchalamment, il voit près de lui une chevelure enflammée qui lui parait bien familière. La curiosité piquée, il s’en approche, fébrile. Devant lui, la plus belle lionne qu’il ait jamais vue. Ou est-ce une tigresse? Dans le désir de la dompter, il laisse tomber les conventions sociales pour s’approcher d’elle, la contempler.

Impossible de résister, il l’embrasse, dans le cou d’abord. Elle se laisse faire, étrangement. Mieux, elle répond à ses avances. Il poursuit donc, l’entraînant dans l’une des chambres lorsque la tension atteint son paroxysme. Il la jette sur le lit, la rousseur de sa chevelure ne faisant qu’attiser son désir. Se rapprochant d’elle, il déchire le haut de son costume pour mordiller son épaule. Elle rugit de plaisir. La rauque voix de Jim Morrison se fait entendre dans la pièce avoisinante.

You know that it would be untrue You know that I would be a liar If I was to say to you Girl, we couldn’t get much higher

Comment résister à un tel savoir-faire. Jamais on ne l’a prise avec tant de fougue, tant d’assurance. Ne répondant plus d’ellemême, elle se laisse guider, son coeur battant la chamade. Elle lui enlève son haut d’habitant, révélant ainsi le torse musclé qu’elle avait déjà deviné sous les chemises du bel étudiant. Au son du clavier et des notes psychédéliques, elle ne peut plus décerner le réel de l’exaltation.

The time to hesitate is through No time to wallow in the mire Try now we can only lose And our love become a funeral pyre

Ce qu’elle est belle et féroce. Lui enlevant morceau par morceau son costume, il découvre ce qu’il a désiré depuis des semaines. Au rythme des bouts de tissus sauvagement arrachés, leurs deux corps fusionnent dans un élan passionnel. La nuit s’annonce des plus chaudes.

Come on baby, light my fire Try to set the night on fire.

 
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