Des nouvelles de Ta Mère
8 avril 2008
Le lundi 31 mars dernier avait lieu au bistro Vices et Versa le lancement de Plusieurs excuses, recueil de nouvelles signé Stéphane Ranger et dernier-né des Éditions de Ta Mère. Le Délit a rencontré le jeune auteur, dont c’est la première publication, entre deux séances de signature.

Le Délit (L.D.): Comment perçois-tu ton livre? Comment voudrais-tu le décrire?
Stéphane Ranger (S.R.): […] (Il réfléchit.) Ça paraît en le lisant que ça vient d’un jeune auteur. Il y a beaucoup de préoccupations dans le paraître, le devenir. Ça met en scène, à travers une multiplicité de voix narratives et de situations, les efforts d’un jeune homme […] qui, dans sa recherche de l’accomplissement, vit des échecs. C’est surtout tourné vers les échecs, qui sont dépeints avec beaucoup d’autodérision. La voix narrative est réfractée à travers différents narrateurs qui finissent par… «s’autocasser», disons.

L.D.: Ton livre est un recueil de nouvelles. Est-ce que ça t’aide, plus que s’il avait été un roman, à explorer plusieurs voix narratives?
S.R.: Oui. Je pense aussi qu’un écrivain a beau avoir de l’ambition, se lancer dans l’écriture d’un roman et même réussir à le publier, ça va être «poche». C’est très rare qu’un écrivain publie un premier roman, pis que c’est bon. […] Moi, sans aucune prétention, j’ai commencé à écrire des nouvelles, j’ai trouvé qu’elles étaient de mieux en mieux, pis je les organisées en recueil.

L.D.: J’ai entendu ton livre être qualifié d’autofiction. Qu’est-ce que tu en penses?
S.R.: […] Je n’ai pas de présupposés par rapport à ça. […] Cela dit, je suis d’accord avec beaucoup d’écrivains qui disent: «On écrit sur ce qu’on connaît et ce qu’on connaît le plus, c’est notre vie». […] Il y a beaucoup de création dans ce que j’écris. Il y a ma vie, mais c’est toujours transformé. […]

L.D.: Comment as-tu vécu le processus d’édition?
S.R.: […] Guillaume [Cloutier, directeur littéraire de Ta Mère] m’encourageait. Il me suggérait: «Coupe ce passage-là. Ça, c’est pas ‘tight’. Ici, c’est mal exprimé». Ça a été super bien. […] À la base, […] je me disais que j’allais le faire pour moi. Mais là, «ayoye»! Ça fait 100 pages en tout! Ça tient debout. […] Je suis content de l’avoir fait. […]

L.D.: Est-ce que tu penses renouveler l’expérience?
S.R.: Oui. Je leur ai dit que je travaillais à deux romans. Pis ils m’ont dit: «N’importe quand. Envoie-nous ça. Nous autres, on est prêts à continuer de travailler avec toi».

L.D.: En terminant, dirais-tu que ton livre est un peu un exercice vers quelque chose de plus linéaire?
S.R. Oui. J’en suis quand même fier, mais […] je m’en vais vers quelque chose d’autre. Il y a beaucoup de choses hard core, limites là-dedans. Des fois, c’est grave. Surtout au début, les premières nouvelles. […] Mais à la fin, il y a plus de réflexions. […] Je veux pas m’enligner dans la littérature de la déchéance pour la déchéance. Il y a des thèmes qui me sont chers, comme traiter avec les difficultés de la vie. Mais j’veux pas faire du Marie Laberge!

L.D.: Donc, on peut s’attendre à de l’espoir et du bonheur pour les prochains?
S.R.: Oui, mais il y en a aussi là-dedans quand même…

 
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