La bataille contre les fausses nouvelles
14 novembre 2017 - Image par Abigail Drach

Comme chaque année, en collaboration avec le Centre d’enseignement du français, le Délit publie des textes d’étudiants en cours d’apprentissage du français. Cette année, ces étudiants ont choisi de s’exprimer sur le phénomène des fausses nouvelles.

 

La majorité des adolescents doit travailler à temps partiel ou pendant l’été pour gagner de l’argent. Cependant, des jeunes Macédoniens ont trouvé une façon plus amusante d’obtenir plus qu’un salaire minimum, mais des milliers de dollars par jour: la publication de fausses nouvelles. Ces jeunes ont créé des centaines de sites web pendant la campagne électorale américaine, durant laquelle ils publiaient des fausses nouvelles soutenant Donald Trump. Ces jeunes ont découvert que leurs articles sensationnalistes pro-Trump attiraient plus de clics et donc, leur permettaient d’acquérir jusqu’à trois mille dollars par jour de publicités. Ce phénomène n’est pas limité à la Macédoine. Les fausses informations envahissent désormais les réseaux sociaux, la télévision et le web. Est-il possible d’échapper au monde des faits alternatifs?

Qu’est-ce que c’est une fausse nouvelle?

Jeff Yates, journaliste spécialiste en fausses nouvelles, les définit comme «une information qui est soit carrément fausse, soit détournée, exagérée ou dénaturée à un point tel qu’elle n’est plus véridique.» L’objectif des auteurs de ces nouvelles est de générer des clics et partages pour faire du profit, induire en erreur les lecteurs afin d’atteindre un objectif politique ou économique, ou simplement se jouer de la confiance des lecteurs. Les fausses nouvelles pullulent dans les médias, à tel point que le Forum Économique Mondial les a catégorisées comme un de plus grands dangers menaçant l’humanité.

Les réseaux sociaux, terrain fertile pour les fausses nouvelles

La majorité des fausses nouvelles se trouvent sur les réseaux sociaux, spécifiquement sur Facebook et Twitter, car il n’y a pas de contrôle sur les publications des utilisateurs. Cette information est alarmante car une étude, conduite par CEFRIO, a indiqué que 74% des Québécois entre 18 et 24 ans utilisaient ces réseaux sociaux pour s’informer. Par ailleurs, les réseaux sociaux comme Facebook ont des algorithmes désignés pour nous présenter des informations qui nous intéressent, en se basant sur nos partages antérieurs.  Malheureusement, cet algorithme nous pousse à cliquer sur les liens des fausses nouvelles et nous attire dans un piège. Néanmoins, Facebook est conscient de cette problématique et est en train de tester une fonctionnalité qui avertira les utilisateurs si l’article qu’ils veulent partager est considéré faux par plusieurs vérificateurs. Même s’ils décident de le partager, un message apparaîtra pour prévenir leurs amis de la fiabilité de l’article.

Pourquoi tombe-t-on dans le panneau ?

Cependant, la fonctionnalité de Facebook sera un coup d’épée dans l’eau car la nature humaine nous pousse à donner moins d’importance aux faits quand on lit un article en phase avec nos opinions. Le fondateur du site de fausses nouvelles WDNB explique que le succès de son site était basé sur ce comportement humain: «Tu peux inventer un peu tout et n’importe quoi et les gens vont y croire. Honnêtement, c’est un peu inquiétant quand tu te rends compte de ça». Par ailleurs, une étude effectuée par le département de Marketing de l’université de Columbia a démontré qu’on est moins susceptible de vérifier une nouvelle qui a été partagée par des milliers de personnes. On souffre de l’effet du spectateur: nous sommes moins vigilants, parce que nous espérons qu’un autre lecteur l’aura déjà fait ou signalé pour nous.

Y a-t-il une solution ?

Étant donné que nos opinions personnelles affectent notre perception de la vérité, les vérificateurs en ligne ne nous empêcheront pas de tomber dans un piège. Cependant, le gouvernement a un rôle important à jouer dans cette lutte contre les fausses nouvelles. Il faut qu’il promeuve l’éducation des citoyens afin qu’ils aient un esprit critique quand ils lisent des nouvelles. Enfin, ils doivent éviter la chute de confiance dans les médias traditionnels et s’assurer que ceux-ci restent idéologiquement séparés du gouvernement.

 
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