<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des 2022-01-26 - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2022-01-26/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2022-01-26/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 05 Apr 2022 21:05:39 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Le retour en présentiel : un coup de poing sur la gueule</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/le-retour-en-presentiel-un-coup-de-poing-sur-la-gueule/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[AÉTSUM]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[école de travail social]]></category>
		<category><![CDATA[grèves départementales]]></category>
		<category><![CDATA[Mesures sanitaires]]></category>
		<category><![CDATA[retour en personne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46570</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les étudiant·e·s de l'École de travail social contestent le retour en personne.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/le-retour-en-presentiel-un-coup-de-poing-sur-la-gueule/" data-wpel-link="internal">Le retour en présentiel : un coup de poing sur la gueule</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 4 janvier dernier, alors que la vague Omicron déferlait sur le Québec, les étudiant·e·s de l’École de travail social de l’Université McGill ont appris que les directeur·rice·s de l’École avaient décidé de maintenir les cours en ligne jusqu’au 25 février, soit un mois après la rentrée en présentiel planifiée par l’Université. Deux jours plus tard, un autre courriel indiquait que l’administration n’avait pas autorisé la décision de l’École, obligeant donc les étudiant·e·s à revenir en personne le 24 janvier. Presque deux semaines après le refus de l’Université, le 17 janvier dernier, l’Association des étudiant·e·s en travail social de l’Université McGill (AÉTSUM) a convoqué une assemblée générale et a voté en faveur d’une grève des cours d’une durée de plus d’un mois. Une deuxième assemblée générale sera tenue le 25 février pour voir si les étudiant·e·s veulent la prolonger.</p>



<p><strong>Un retour précipité  </strong></p>



<p>Les étudiant·e·s en travail social de deuxième et troisième années doivent compléter des stages pratiques obligatoires dans des milieux communautaires deux fois par semaine, ce qui augmenterait leurs risques d’exposition à la COVID-19. Jo Roy, étudiant·e en troisième année, complète son stage à la réserve de Kahnawà:ke en tant que conseiller·ère en toxicomanie, alors que certain·e·s de ses camarades travaillent avec des patient·e·s exposé·e·s à la COVID-19. Pour iel, le retour en présentiel constitue non seulement un risque de propager le virus au sein des communautés marginalisées et vulnérables, mais pourrait aussi entraîner un danger pour la santé des étudiant·e·s qui travaillent dans les milieux communautaires ainsi que pour celle de leurs bulles familiales. Roy explique également qu’iel<em> </em>«<em>n’est pas d’humeur à perpétuer 100 ans de colonialisme en contaminant des personnes vulnérables</em>», faisant un parallèle entre la contagion des communautés autochtones par la COVID-19 et leur décimation par des épidémies européennes aux débuts de la colonisation.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Le retour en présentiel, précipité et mal planifié, nous met tous·tes en danger alors qu’il existe une alternative – l’enseignement à distance – qui pourrait être extrêmement efficace pour atténuer la propagation inutile et évitable de la COVID-19</em>»</p><cite>L’Association des étudiant·e·s de l’École de travail social </cite></blockquote>



<p><meta charset="utf-8">Les étudiant·e·s de travail social ont également profité de l’assemblée générale du 17 janvier pour faire valoir que le risque qu’il·elle·s contaminent les communautés vulnérables dans lesquelles il·elle·s œuvrent serait accru par les mesures sanitaires déficientes de l’Université, invoquant ses «<em>immeubles mal aérés</em>».</p>



<p><strong>#McGillonStrike: Luttes et réactions&nbsp;</strong></p>



<p>Lorsque Jo Roy a reçu le courriel annonçant que l’École de travail social n’avait pas l’autorité de maintenir ses cours en ligne, «<em>c’était comme un coup poing sur la gueule; on était mis·e·s de côté, […], comme si on nous disait que nos vies n’avaient aucune importance</em>», a affirmé Roy au <em>Délit</em>.&nbsp;</p>



<p>À la suite du refus de l’Université, l’AÉTSUM a convoqué une assemblée générale le 17 janvier dernier pour proposer une <a href="https://docs.google.com/document/u/0/d/1_YaCzbYUrQVs88em0Spsr1NDVzIsVOn5bfMXlydwpyM/edit" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">motion</a> de grève (disponible uniquement en anglais)<span class="has-inline-color has-actu-color"> </span>et ensuite procéder au vote. La grève implique un refus des étudiant·e·s d’assister aux cours en présentiel. En outre, l’AÉTSUM encourage les étudiant·e·s de travail social à continuer de se présenter à leurs stages, mais aussi d’assister aux cours qui se tiennent à distance. Si l’administration <em>«renverse sa décision»</em> et finit par autoriser l’École à établir ses propres politiques pédagogiques, comme l’explique la motion, la grève prendra fin. Dans le <a href="https://cdn.fbsbx.com/v/t59.2708-21/272129956_3011970122402163_7906967058903328558_n.pdf/SWSA-statement-strike-for-online-classes.pdf?_nc_cat=105&amp;ccb=1-5&amp;_nc_sid=0cab14&amp;_nc_ohc=tQQ7n8NCb84AX-NAhp8&amp;_nc_ht=cdn.fbsbx.com&amp;oh=03_AVIDCeydrM9NnVKtd6q7w2uQCKQ6dRHYJUgPzBRwuviUsQ&amp;oe=61EF62F2&amp;dl=1" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">communiqué de presse </a>publié le 18 janvier dernier, l’AÉTSUM a fait part des résultats du vote. Au total, 75 étudiant·e·s ont voté pendant l’assemblée générale, ce qui représente environ 54% des étudiant·e·s de premier cycle: 70 personnes ont voté en faveur, trois se sont prononcé·e·s contre et deux personnes se sont abstenu·e·s.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«Un argument employé par les personnes qui veulent retourner en présentiel est l’effet sur la santé mentale qu’engendre l’enseignement à distance. Mais si l’idée même de retourner en présentiel cause des crises de panique à tout le monde, ce n’est pas mieux pour notre santé mentale»</em></p><cite>Jo Roy, étudiant·e en travail social</cite></blockquote>



<p><meta charset="utf-8">Lors d’un échange électronique avec <em>Le Délit</em>, l’Association des étudiant·e·s en travail social a exprimé que la grève vise à «<em>défendre les intérêts de ceux qui sont les plus vulnérables</em>».<em> </em>Elle a souligné que la grève est la mise en pratique de ce que l’École leur a appris: «<em>La défense des droits est fondamentale dans la profession du travail social et sera un élément crucial de toutes nos futures carrières professionnelles</em>.» Quant à Jo Roy, iel est fièr·e que ses collègues se soient prononcé·e·s pour dire que «<em>nous abordons cette pandémie avec un état d’esprit communautaire et non individuel</em>».&nbsp;</p>



<p>Dans un courriel envoyé aux étudiant·e·s le 19 janvier dernier, deux jours après l’assemblée générale, l’École de travail social a réagi à la grève. D’une part, l’École incite les étudiant·e·s et professeur·e·s à retourner en présentiel et, d’autre part, l’École «<em>félicite [les étudiant·e·s et leurs] actions de plaidoyer</em>». Toutefois, Jo Roy a souligné que bien que certain·e·s professeur·e·s soutiennent le mouvement de grève, ces dernier·ère·s «<em>ne peuvent pas faire grand-chose avec le poids du “régime autoritaire” mcgillois sur leur dos</em>».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«Les grèves ne sont pas censées être faciles, mais rien de ce qui a mené au changement ne l’a été. Lundi à minuit, notre grève commence et nous n’assisterons pas aux cours en personne pendant le mois qui suivra. Nous devons tenir la ligne»</em></p><cite>Extrait d’un communiqué de l’AÉTSUM  </cite></blockquote>



<p>La grève des étudiant·e·s de travail social «<em>a inspiré d’autres facultés</em>», comme l’indique le communiqué de l’AÉTSUM publié le 22 janvier dernier: celle de <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/24/lassociation-des-etudiantes-en-droit-prepare-une-greve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">droit</a>, celle des <a href="https://www.facebook.com/events/511171140620551/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">arts</a> et celle des étudiant·e·s de deuxième cycle en <a href="https://egssmcgill.wordpress.com/2022/01/22/graduate-education-student-strike-january-24-25th/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">éducation</a>, qui ont par ailleurs annoncé le 21 janvier dernier être en faveur d’une grève.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/le-retour-en-presentiel-un-coup-de-poing-sur-la-gueule/" data-wpel-link="internal">Le retour en présentiel : un coup de poing sur la gueule</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Zoom-qui-peut!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/zoom-qui-peut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thomas Fridmann]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[retour en personne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46560</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une rentrée en présentiel insensée.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/zoom-qui-peut/" data-wpel-link="internal">Zoom-qui-peut!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La scène se déroule le vendredi 14 janvier 2022. À précisément 15h55, alors que le soleil québécois commence déjà à tirer sa révérence, une sonnerie assourdissante retentit, bien connue de toute la communauté mcgilloise. Tout chaud, à peine sorti du four, voilà le dernier message signé Fabrice Labeau, premier vice-principal exécutif adjoint, annonçant tout fièrement une rentrée en présentiel fixée à la date désormais fatidique du 24 janvier. Ça y est, c’est officiel: dans 10 jours exactement, étudiantes et étudiants auront les fesses «scotchées» sur les sièges des locaux universitaires, un beau masque bleu cachant leur nez transi par le froid montréalais.</p>



<p>Les réactions fusent. Certains pleurent de joie à l’idée d’enfin retrouver un semblant d’interaction sociale, tandis que d’autres n’attendent que le moment où ils pourront enfin mettre les pieds en dehors de leur minuscule appartement, s’imaginant peut-être participer à quelques soirées universitaires – tenues secrètes – bien arrosées. Il y a aussi ceux qui contemplent d’un regard dénué de toute émotion la date du 24 janvier, pensant déjà aux examens en personne qui les attendent à la fin de la session, où il leur sera, comble du comble, impossible de tricher. Une partie des professeurs se réjouissent à l’idée de retourner dans les locaux de cours où ils n’auront plus à gérer les imprévus technologiques ou bien à faire l’immensissime effort d’enregistrer leurs cours. Beaucoup d’étudiants internationaux, quant à eux, ne savent plus où donner de la tête, coincés entre indécision, incompréhension, et frustration – des sentiments partagés par celles et ceux qui sont immunodéprimés ou pour qui les conditions familiales et personnelles rendent leur vie extrêmement compliquée.</p>



<p>Alors, la rentrée en présentiel, est-ce vraiment une bonne idée? La voix de la raison clame haut et fort que non. La voix de l’étudiant tanné d’être dans son sous-sol devant un écran plus de huit heures par jour, elle, hurle que oui!</p>



<p>Malgré tout, en considérant la situation actuelle, il aurait sans doute été plus avisé de reporter la rentrée universitaire au début du mois de février. Le confinement est encore en partie en place, les restaurants et salles de sport sont toujours fermés, et les hospitalisations s’élevaient, en date du 21 janvier, à <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1856167/bilan-covid-quebec-21-janvier-2022" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">3 299</a>. Qu’aurait bien pu coûter deux petites semaines de plus? Pas grand-chose, si ce n’est un peu plus de patience, une qualité de plus en plus rare. Retourner en présentiel le 24 janvier est une décision prématurée – dans le style jusqu’au-boutiste typique du gouvernement caquiste – et suivie aveuglément par l’administration mcgilloise. Oui, le gouvernement exerce une influence conséquente sur les universités. Oui, McGill a été relativement prudente en fixant la date de la rentrée au 24 plutôt qu’au 17 janvier tel qu’initialement envisagé. Cependant, quand on s’attarde à d’autres exemples, comme l’Université Laval qui fera sa rentrée le 31 ou même Concordia qui vise une rentrée en présentiel le 3 février, on se rend compte que McGill figure à la tête du peloton universitaire en ce qui a trait à la présence désirée des étudiants sur ses campus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Alors, la rentrée en présentiel, est-ce vraiment une bonne idée? La voix de la raison clame haut et fort que non. La voix de l’étudiant tanné d’être dans son sous-sol devant un écran plus de huit heures par jour, elle, hurle que oui!»</p></blockquote>



<p>Mais bon, diront certains, l’administration mcgilloise ne fait que suivre les recommandations limpides de la santé publique, laquelle n’agit <em>clairement </em>pas sous les impulsions électoralistes et populistes de notre paternaliste premier ministre. Les désormais fameuses conférences de ce dernier ont illuminé les mardis soir de bien des Québécois, annonçant des restrictions, puis des allègements, puis à nouveau des restrictions. Un coup, on nous dit que le «pic des cas est passé, la courbe est train de s’aplatir» seulement pour énoncer quelques jours plus tard l’exact opposé, à savoir que «les prochaines semaines seront dures, très dures.» Et dans tout ça, on limite l’accès de la population aux tests de dépistage, entraînant ainsi la présentation de données incomplètes et non représentatives de la situation réelle. On flatte notre ego en faisant des comparaisons douteuses avec le reste du monde, l’ennemi ontarien en tête suivi de près par les lointains Européens, sans être capable de faire une vulgaire règle de trois afin de donner des chiffres proportionnés.&nbsp;</p>



<p>Et que fait McGill? Donner des indications claires et précises? Montrer une certaine flexibilité? Engager un dialogue avec les étudiants? Et non, surtout pas! À la place, l’étudiant moyen reçoit un message verbeux, à la formulation obstinément vague, rappelant la manière de <em>porter un</em> <em>masque</em>,<em> </em>l’utilité du vaccin, ainsi que, comble du comble, l’importance de <em>méditer</em> afin d’évacuer son stress. Merci, j’imagine? </p>



<p>Il est là, le vrai problème de cette rentrée en présentiel prévue le 24 janvier. L’administration mcgilloise est insensible aux réalités multiples et variées de ses étudiants, trônant sur son petit nuage, hors d’atteinte. Malgré une <a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScc9WC1AZNY2k6ven4LWTKJZLZL17cjnka3ehct12fLpgE91A/viewform" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pétition</a> recueillant plusieurs milliers de signatures, tant des membres du personnel que des étudiants, McGill reste inflexible, pour le meilleur et pour le pire, en tout cas en ce qui a trait aux étudiants. Les professeurs, eux, profitent de davantage de passe-droits et permissions. Comme toujours avec cette Université, les accommodations seront modérées – possibles mais pas garanties – et surtout liées à des formulaires sur ce recueil de liens décharné qu’est Minerva. Tout est conseillé, recommandé, suggéré, mais rien de concret. Même une action aussi simple, évidente, et facile qu’appuyer sur le gros bouton rouge afin d’enregistrer les cours demande une réflexion. Et le clou dans le cercueil, c’est bien l’arrogance et le détachement avec lesquels McGill se vante de ses efficaces mesures sanitaires bien qu’elles n’aient pas changé depuis la dernière session et que le nouveau variant Omicron soit beaucoup plus contagieux. Quant à la fameuse évaluation par McGill de la ventilation de ses locaux, malgré quelques points à accorder pour l’effort et la volonté, force est de constater que la <a href="https://www.mcgill.ca/coronavirus/health-safety/ventilation-context-covid-19/ventilation-and-co2-measurement-project" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">liste</a> disponible est particulièrement incomplète. Certaines mesures suggérées sont d’ailleurs assez risibles: ouvrir les fenêtres et les portes en pleine saison hivernale a tout d’une recette miracle pour attraper un bon rhume. Au moins ce ne sera pas Omicron, diront-ils! En ce qui a trait à la distanciation sociale, je demeure sceptique. Ne soyons pas idiots, il sera absolument impossible de l’appliquer auprès d’étudiants à la recherche d’interactions sociales. Finalement, ce qui ressort de la rentrée «préparée» par McGill, c’est un plan boiteux, à peu près inchangé de celui de la dernière session, volontairement vague, obstinément inflexible, et surtout, insensible aux situations personnelles des étudiants mcgillois.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il est là, le vrai problème de cette rentrée en présentiel prévue le 24 janvier. L’administration mcgilloise est insensible aux réalités multiples et variées de ses étudiants, trônant sur son petit nuage, hors d’atteinte»</p></blockquote>



<p>Pourquoi? Parce que ce qui sous-tend le débat autour de la question de la rentrée à McGill, c’est la question de la flexibilité des moyens d’enseignement et, de façon encore plus vague et vaste, de la place et du rôle des étudiants dans notre défaillant système d’éducation. Les solutions logiques auraient été de donner le choix à <em>tous </em>les étudiants quant à leur venue sur le campus, pour une durée limitée à tout le moins; rendre l’enregistrement de tous les cours où c’est possible <em>obligatoire</em>; placer l’étudiant au centre du débat plutôt qu’à la marge de celui-ci; bref considérer le bien-être étudiant comme la priorité, une mission que McGill ne s’est apparemment pas donnée, tant et si bien qu’elle ne l’avait peut-être jamais envisagée. Là encore, pourquoi? Tout simplement parce que la perspective de McGill, dans toute cette histoire, est probablement influencée par quatre facteurs: l’argent, la réputation, la politique, et la tradition.</p>



<p>Premièrement, il apparaît clair que, comme un <em>business,</em> l’objectif de McGill est d’être rentable et de générer des revenus. Une session à distance, ou même une présence réduite des étudiants sur le campus, signifie une baisse considérable de leurs retours monétaires, comme les achats alimentaires et scolaires sur le campus ainsi que les loyers très élevés des résidences étudiantes. Par ailleurs, il devient de plus en plus difficile de justifier certains frais: on peut notamment penser aux frais liés au sport alors que les salles d’entraînement sont actuellement fermées. De plus, l’importance des étudiants internationaux, lesquels représentent une source non négligeable de revenus, conduit l’Université à constamment chercher une solution impliquant une réouverture, de peur de les voir partir, déçus de payer autant pour une expérience universitaire loin de leurs attentes.&nbsp;</p>



<p>Deuxièmement, la réputation de McGill est en jeu. Il s’agit d’un secret de polichinelle que les moyennes générales, durant la pandémie et surtout grâce aux examens en ligne, ont souvent bondi. Fini la solution facile pour les professeurs de créer des examens s’appuyant seulement sur du par-cœur où il est aisé d’enlever la moitié des points à un élève simplement parce qu’il a oublié une date, mal écrit le nom d’un auteur important, ou bien omis d’inscrire la bonne formule mathématique. Contrairement à la croyance populaire, McGill n’a absolument aucun intérêt à voir une large portion de ses étudiants réussir à obtenir de bonnes notes. En effet, c’est une menace à son prestige, construit sur l’idée selon laquelle seuls les meilleurs peuvent y réussir à travers un climat compétitif féroce.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«D’un point de vue technologique, McGill est à la traîne, et ses infrastructures sont défaillantes ou bien coincées dans un interminable cycle vicieux de rénovations»</p></blockquote>



<p>Troisièmement, l’Université est la victime (silencieuse) de la politique et de la pression du gouvernement actuel, mais est aussi et surtout une collaboratrice. Ainsi, plutôt que de s’opposer aux décisions gouvernementales, l’administration mcgilloise les suit à la lettre dans l’espoir d’améliorer ses relations avec l’État québécois.&nbsp;</p>



<p>Quatrièmement, McGill paie ici son ferme respect des traditions. La pandémie dure depuis deux ans, mais l’administration ne s’est toujours pas résolue à inclure des moyens d’enregistrer les cours dans tous ses locaux. D’un point de vue technologique, McGill est à la traîne, et ses infrastructures sont défaillantes ou bien coincées dans un interminable cycle vicieux de rénovations. Il devient alors extrêmement difficile de proposer des initiatives créatives, flexibles et adaptées aux problèmes actuels. On en vient à se demander où, en fin de compte, fini tout l’argent de cette Université qui fait tout de même partie des meilleures au monde…</p>



<p>Quelques mots pour finir. La rentrée du 24 janvier était inéluctable. Malgré l’opacité des mesures et accommodations en place, faisons preuve de bonne volonté et serrons-nous (figurativement) les coudes. C’est le seul moyen de passer au travers de cette pandémie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/zoom-qui-peut/" data-wpel-link="internal">Zoom-qui-peut!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Un retour en personne qui ne fait pas l’unanimité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/un-retour-en-personne-qui-ne-fait-pas-lunanimite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Félix A. Vincent]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Buddle]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Labeau]]></category>
		<category><![CDATA[Mesures sanitaires]]></category>
		<category><![CDATA[présentiel]]></category>
		<category><![CDATA[retour en personne]]></category>
		<category><![CDATA[table ronde]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46544</guid>

					<description><![CDATA[<p>Table ronde des médias étudiants avec l’administration mcgilloise. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/un-retour-en-personne-qui-ne-fait-pas-lunanimite/" data-wpel-link="internal">Un retour en personne qui ne fait pas l’unanimité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le retour en personne sur le campus de l’Université ne s’est pas fait sans contestation ou inquiétude le 24 janvier dernier. Dans un <a href="https://ssmu.ca/blog/2022/01/declaration-au-sujet-du-retour-en-classe-en-presentiel-en-janvier-2022/?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">courriel</a> envoyé le 17 janvier, l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) dénonçait l’approche de l’Université, affirmant que les mesures en place seraient insuffisantes pour assurer la sécurité des étudiant·e·s. Également, une <a href="https://docs.google.com/document/d/1LQ7qsowkCdPqvOKVMKVlr8LL4xrMfHOVWbQ9GK8spJw/edit" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pétition</a> numérique circulant au sein de la population étudiante demandait que l’Université rende obligatoire l’enregistrement des cours. Pour répondre à ces inquiétudes, une table ronde des médias étudiants a été organisée le 21 janvier dernier par l’administration de l’Université. Le vice-principal exécutif adjoint (enseignement et programmes d’études), Christopher Buddle et le premier vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante), Fabrice Labeau, étaient présents pour apporter des clarifications concernant les mesures sanitaires mises en place sur le campus et les accommodements disponibles. Christopher Buddle a notamment rejeté l’idée selon laquelle le campus n’est pas sécuritaire.</p>



<p><strong>Des accommodements à court et à moyen termes pour les étudiant·e·s</strong></p>



<p>L’approche de l’Université vise à avoir un niveau d’uniformité tout en laissant une certaine flexibilité aux facultés, départements et professeur·e·s de prendre les meilleures décisions les concernant. Christopher Buddle a expliqué que l’Université ne peut pas rendre obligatoire l’enregistrement des cours puisque certain·e·s professeur·e·s ne sont pas à l’aise avec cette procédure et que certains types de cours ne s’y prêtent pas, notamment les cours de musique ou les cours en laboratoire. Il a réitéré que l’Université encourage toutefois fortement les professeur·e·s à le faire de manière à offrir plus de flexibilité aux étudiant·e·s. Christopher Buddle soutient que, malgré tout, le choix de se présenter, ou pas, en cours revient aux étudiant·e·s comme à n’importe quelle autre session.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Christopher Buddle soutient que, malgré tout, le choix de se présenter, ou pas, en cours revient aux étudiant·e·s comme à n’importe quelle autre session»</p></blockquote>



<p>Il est cependant possible d’obtenir des accommodements à court terme pour celles et ceux qui ont contracté la COVID-19 ou qui sont aux prises avec d’autres obstacles temporaires. Ces arrangements doivent être négociés directement avec les professeur·e·s et varieront d’un cas à l’autre. Les cas d’accommodements à long terme, quant à eux, doivent être faits au cas par cas avec le Bureau du doyen à la vie étudiante (<em>Office of the Dean of Students</em>) en collaboration avec le Bureau de soutien aux étudiants en situation de handicap (<em>Office of Students with Disabilities</em>, OSD). Les accommodements jugés raisonnables sont ceux «<em>qui doivent </em>[nécessairement, ndlr] <em>être mis en place et qui ne causent pas de contraintes excessives</em>», a expliqué Buddle. Par exemple, un accommodement ne peut justifier une exemption de la partie clinique ou pratique d’un cours. Fabrice Labeau a ajouté que les accommodements ne doivent pas compromettre les standards académiques du cours suivi.</p>



<p>Dans une annonce datée <strong><span class="has-inline-color has-edito-color"></span></strong>du 17 janvier, l’AÉUM affirmait que McGill n’offrait pas d’accommodements, ce qu’ont démenti Buddle et Labeau. Des accommodements sont disponibles, même si ce sont les étudiant·e·s en ayant besoin qui doivent entamer les démarches nécessaires afin de les obtenir. «<em>Je comprends que ce soit une source de confusion pour certain·e·s étudiant·e·s et qu’il est difficile de s’y retrouver pour certain·e·s</em>», a dit Christopher Buddle. Il a toutefois rappelé que la session d’automne s’était plutôt bien déroulée à cet égard et que «<em>les instructeur·rice·s s’étaient montré·e·s très flexibles» </em>pour trouver des moyens de soutenir les étudiant·e·s.</p>



<p><strong>Accommodements pour les professeur·e·s et modalités d’instruction</strong></p>



<p>En novembre dernier, le Sénat avait adopté une <a href="https://www.mcgill.ca/senate/files/senate/04_d21-15_507th_report_of_the_academic_policy_committee_part_b.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">politique</a> sur les modalités d’enseignement pour l’hiver 2022, le quatrième semestre en temps de pandémie. Cette politique donne aux professeur·e·s la possibilité d’enseigner jusqu’à 20% de leur cours à distance, à leur discrétion. Elle s’applique pour l’ensemble de l’Université mais certaines facultés ont des politiques différentes, a expliqué Fabrice Labeau.</p>



<p>Néanmoins, ce ne sont pas tous·tes les professeur·e·s qui peuvent enseigner leurs cours en personne: «<em>Pour les instructeur·rice·s plus à risque, comme les individus immunodéprimés, nous avons toujours en place les mêmes accommodements qu’à la dernière session</em>», a fait valoir Fabrice Labeau. Christopher Buddle a assuré que les procédures dont s’est dotée l’Université ont permis aux professeur·e·s touché·e·s par des problèmes de santé chroniques d’obtenir des accommodements nécessaires. «<em>C’est à leur disposition et ça l’est depuis le début de la pandémie</em>», a‑t-il expliqué. Les accommodements varient selon les cas en fonction du contexte d’instruction et de l’instructeur·rice concerné·e.</p>



<p><strong>Plus d’informations sur l’application des mesures sanitaires</strong></p>



<p>Comme à la session d’automne, l’Université comptera sur des gardien·ne·s de sécurité pour patrouiller le campus et assurer le respect des mesures sanitaires: «<em>Chaque fois que nous avons été informé·e·s de l’existence de points chauds, où les directives étaient moins respectées, nous avons simplement augmenté les patrouilles et la présence dans ces zones pour être sûr·e·s</em>», a expliqué Fabrice Labeau. Selon lui, cela permettrait à l’Université d’atteindre un très haut taux d’adhérence aux mesures sanitaires.</p>



<p>L’Université continuera d’exiger le port du masque procédural. Interrogé au sujet des exigences quant au type de masque, Christopher Buddle a affirmé qu’il n’y a pas de doute que les masques N95 sont plus efficaces que les masques procéduraux, et que ces derniers sont plus performants que les masques en tissu.</p>



<p>Il insiste toutefois que les masques N95 sont plus adaptés au contexte hospitalier ou de soins de santé, là où les contacts sont étroits et prolongés, et qu’il n’est pas primordial de les exiger sur le campus mcgillois : «<em>Il n’y a pas beaucoup de situations dans un environnement universitaire qui justifient le port d’un N95. Dans l’ensemble, étant donné les conditions dans lesquelles nous interagissons et le niveau de risque, le masque procédural est à privilégier</em>.»</p>



<p>Christopher Buddle a cependant spécifié que rien n’empêche ceux et celles qui le souhaitent de porter un masque N95 sur le campus. Les gardien·ne·s de sécurité n’interpelleront que les personnes qui portent un masque inadéquat.</p>



<p><strong>Retour en classe pas tout à fait comme avant</strong></p>



<p>Le retour en classe se fait dans un contexte pandémique différent de celui de la rentrée d’automne selon Fabrice Labeau: «<em>Le principe qui guidait la gestion de la pandémie à l’époque était vraiment de faire en sorte que, dans la mesure du possible, personne ne contracte le virus. Je pense que la façon dont la santé publique gère actuellement la pandémie est un peu différente</em>.» Il a également souligné que le traçage des cas contact est effectué différemment: «<em>Auparavant, il fallait procéder à un traçage très détaillé et minutieux de tous les contacts possibles avec les cas positifs. Omicron étant bien plus contagieux et ayant des effets beaucoup plus limités sur les individus, la recherche des contacts est effectuée de façon à ce que ce soit la personne testée positive qui identifie les contacts importants et leur dise quoi faire</em>.» Les paramètres sur lesquels se fie l’Université ont donc changé avec la situation, a résumé Christopher Buddle.</p>



<p>L’anxiété et l’incertitude généralisées entourant le retour au campus ne sont pas sans rappeler celles de la rentrée d’automne 2021. «<em>Le retour en personne était plutôt réussi, bien plus que ce à quoi plusieurs se seraient attendus. Je crois que nous faisons face à une situation similaire, encore cette session</em>», a dit Fabrice Labeau. Selon Christopher Buddle, il est normal de ressentir de l’anxiété et des doutes quant aux mesures en place, mais il assure qu’après quelques semaines la poussière finira par retomber.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/un-retour-en-personne-qui-ne-fait-pas-lunanimite/" data-wpel-link="internal">Un retour en personne qui ne fait pas l’unanimité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Liberté d’indépendance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/liberte-dindependance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Simon Gagné-Nepton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Demi-civilisés]]></category>
		<category><![CDATA[Eglise catholique]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Charles Harvey]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[liberté de pensée]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution tranquille]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46536</guid>

					<description><![CDATA[<p>Paru en 1934, Les Demi-civilisés appelle à la modernisation du Canada-français par la liberté de pensée et l’indépendance d’esprit.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/liberte-dindependance/" data-wpel-link="internal">Liberté d’indépendance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Parmi les précurseurs de la Révolution tranquille – que l’historiographie récente a généralement tendance à négliger au profit de figures politiques –, on compte le journaliste et auteur Jean-Charles Harvey. Rédacteur en chef au journal <em>Le Soleil</em>, il fait paraître en 1934 le roman <em>Les Demi-civilisés</em>, œuvre qui sera interdite par le cardinal-archevêque de Québec, Mgr Villeneuve, moins d’un mois après sa sortie.</p>



<p>Ce roman est l’occasion pour Harvey de se mettre partiellement en scène à travers le personnage de Max Hubert qui, comme l’auteur, est issu de milieux ruraux modestes et place sa liberté et son indépendance au sommet de ses priorités. Malgré ses origines, Max Hubert se taille petit à petit une place dans les castes petites-bourgeoises de la vieille capitale, y découvrant ceux auxquels il attribue le qualificatif de «Demi-civilisés». Dans son roman, Harvey brosse un portrait peu élogieux de cette élite canadienne française, couche sociale dégénérée et domestiquée par la colonisation, cachant son absence de libre-pensée derrière son étalage de richesses. Pour Harvey, le peuple fut victime de son élite qui, au moment même de la Révolution américaine, abdiqua devant l’idéal de liberté nouvelle afin de conserver des «privilèges» ; en abdiquant, elle a maintenu les Canadiens français au rang de peuple de second ordre en Amérique du Nord.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le roman [<em>Les Demi-civilisés</em>] est l’occasion pour Harvey de se mettre partiellement en scène à travers le personnage de Max Hubert qui, comme l’auteur, est issu de milieux ruraux modestes et place sa liberté et son indépendance au sommet de ses priorités»</p></blockquote>



<p><em>Les Demi-civilisés</em> est une cinglante critique de l’idéologie cléricale qui domine au Québec et de ses effets néfastes sur le peuple. Contre cet état de fait, Max Hubert, archétype du libre penseur et de l’esprit indépendant, fonde avec quelques collaborateurs le journal <em>Le vingtième siècle</em>,<em> </em>lequel doit entamer la libération culturelle et intellectuelle des Canadiens français. À défaut d’un contexte intellectuel riche, l’objectif du journal est de transmettre les idées nouvelles directement au peuple. Lorsque l’un des rédacteurs du journal touche à la question religieuse dans un article mettant de l’avant la vision évangélique d’un Christ pauvre et populaire, le journal est victime d’une campagne de boycottage de la part des riches et influentes élites, tandis que la foi des plus cultivés et des plus pauvres envers<em> Le vingtième siècle </em>n’en est pas ébranlée. On ne change pas un peuple du jour au lendemain et il ne vaut rien de sacrifier son indépendance d’esprit, sachant que les idées arrivent souvent à bon port comme le prouve l’expérience du journal de Max Hubert.</p>



<p>L’indépendance d’esprit est garante de la liberté de pensée. Or, si la pensée est contrôlée par une autorité pour le bien de ses propres intérêts, on ne peut atteindre un quelconque stade de libération intellectuelle. Max Hubert admire les paysans canadiens français qui sont restés fiers, raisonnables et intelligents. Il aime cette terre qui l’a vu grandir et sur laquelle il a développé son désir de liberté et d’indépendance. La paysannerie est civilisée puisqu’elle a conservé son indépendance; elle ne s’est pas souciée des nouveaux maîtres et elle est restée elle-même. Les demi-civilisés forment cette caste superficielle qui se conforte et se légitime dans le mythe de sa position sociale octroyée par la conquête et dans l’exaltation de dogmes religieux du siècle passé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p></p><p>«<em>Les Demi-civilisés</em> est une cinglante critique de l’idéologie cléricale qui domine au Québec et de ses effets néfastes sur le peuple»</p></blockquote>



<p><strong>Un propos toujours plus d’actualité</strong></p>



<p>L’indépendance telle que vue par Jean-Charles Harvey n’est pas à confondre avec l’indépendance politique du Québec. Harvey se disait d’ailleurs antiséparatiste, ayant publié un essai en 1963 intitulé <em>Pourquoi je suis antiséparatiste</em>,<em> </em>en réponse à celui de Marcel Chaput titré <em>Pourquoi je suis séparatiste</em>. L’indépendance promue dans <em>Les demi-civilisés </em>est une indépendance des individus qui s’exerce dans le cadre de leur liberté de pensée. Le propos de Jean-Charles Harvey est à cet effet toujours autant d’actualité, dans un contexte où nous questionnons l’indépendance des savoirs à l’université et dans la sphère médiatique. Lorsque Max Hubert se questionne sur son avenir et qu’il envisage une carrière dans le milieu académique, un professeur prêt à l’encourager questionne son caractère «frondeur» et son souci d’autonomie qu’il perçoit comme un obstacle. Le propre de l’université serait, selon lui, d’être gardienne de la tradition et de la «vérité».</p>



<p>Le monde médiatique et politique est à l’heure actuelle empreint du débat sur la liberté d’expression dans le cadre universitaire. Le débat prend semble-t-il sa source dans des questions qui, loin d’être frivoles, ne sont du moins pas les plus cruciales en ce qui a trait à la pérennité de nos milieux éducationnels. L’hystérie autour du «mouvement des éveillés» invisibilise ces enjeux plus importants. Pendant que nos «Bock-Martineau» se penchent sur des questions qu’ils ne comprennent aucunement en confondant volontairement l’enjeu de la sensibilité de l’enseignement à de nouvelles réalités sociales et la «liberté d’expression», la véritable liberté de pensée et l’indépendance d’esprit dans nos universités écopent silencieusement. Pourquoi ne pas nous offusquer du financement par l’entreprise privée de chaires universitaires dont l’objectif (forcément inavoué) est d’orienter la recherche dans un sens précis? Pourquoi nos «défenseurs de la nation» ne crient pas au scandale lorsqu’une compagnie implantée dans les paradis fiscaux faisant la promotion d’un mégaprojet polluant comme GNL Québec caresse l’idée de <a href="https://www.lequotidien.com/2020/02/06/financement-offert-par-gnl-les-universites-doivent-refuser-aa3dd909fb1d2246bbea8def551aad2b" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">généreuses donations</a> à l’Université du Québec à Chicoutimi pour «s’acheter» de l’acceptabilité sociale? Pourquoi le déclin de la liberté académique ne serait-il pas analysé à l’aune du financement de la recherche vacillante ou de la recommandation d’un État comme le Japon de <a href="https://www.lemonde.fr/universites/article/2015/09/17/japon-vingt-six-universites-comptent-fermer-leurs-facultes-de-sciences-humaines-et-sociales_4760695_4468207.html#:~:text=pas%20assez%20%C2%AB%20utiles%20%C2%BB-,Le%20Japon%20va%20fermer%2026%20facs%20de%20sciences%20humaines%20et,les%20besoins%20de%20la%20soci%C3%A9t%C3%A9%20%C2%BB." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">fermer 26 facultés</a> de sciences humaines et sociales en 2015? La liberté d’expression telle que traitée actuellement – de manière superficielle et occultant les vrais enjeux – n’est en partie qu’un cache misère. Cette manière de traiter la liberté de pensée permet à plusieurs d’obtempérer à cet impératif de l’université comme gardienne des traditions.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Pourquoi le déclin de la liberté académique ne serait-il pas analysé à l’aune du financement de la recherche vacillante ou de la recommandation d’un État comme le Japon de fermer 26 facultés de sciences humaines et sociales en 2015?»</p></blockquote>



<p>Harvey s’opposait à la tradition représentée sur le plan politique par l’abbé Lionel Groulx, qui souhaitait un État catholique et francophone. Harvey croyait en la modernité et en l’avancement des Canadiens français, ce qui passait selon lui par un système d’éducation indépendant du clergé. Il croyait tout autant en la libération économique et linguistique des Canadiens français. Aujourd’hui, cette indépendance devrait se manifester dans la promotion d’un sens critique. L’histoire qui serait enseignée seulement dans une perspective d’exaltation nationale ne ferait que mener progressivement la nation à sa perte. Cette nation qui, attachée à ses mythes et ses dogmes, cesserait de progresser. Nous ne devons pas nous enfermer dans certaines conceptions passéistes, mais plutôt cultiver un constant renouvellement par la remise en cause de ce qui doit l’être et par la conservation de ce qu’on juge juste et bon.</p>



<p><strong>La caractère avant-gardiste de l’auteur</strong></p>



<p>Harvey n’était pas un nationaliste comme on l’entendait dans les années 1930 et 1940. Son parcours intellectuel et le contexte de la Seconde Guerre mondiale l’amenait à se distancier du nationalisme de cette époque encore ancrée dans l’idéologie catholique et à y préférer le libéralisme et l’individualité. Cela n’est par ailleurs pas étranger au fait que Harvey fut l’un des seuls intellectuels canadiens français à soutenir ouvertement le général de Gaulle aux premiers temps de la guerre, tandis que bien des notables et religieux avaient un penchant pour Vichy, le maréchal Pétain et les autres régimes autoritaires ou totalitaires d’Europe. Harvey n’aimait pas moins le peuple canadien français dont il souhaitait voir s’accomplir la modernisation, pour laquelle autant les individus que l’État auraient un rôle à jouer. La publication des <em>Demi-civilisés </em>marqua Harvey du sceau de l’infréquentabilité. Il a dû remettre sa démission comme rédacteur en chef du <em>Soleil</em> à la suite de l’interdiction du roman par l’ecclésia religieuse de Québec. À l’image du héros de son roman, il est devenu rédacteur de son propre journal de combat, <em>Le Jour</em>, publié avec quelques collaborateurs de 1937 à 1946. Ce journal a contribué à l’émancipation de la presse à cette époque, où les principaux journaux à grand tirage sont soit entre les mains de l’Église ou de partis politiques. Toutefois, l’indépendance absolue n’était pas possible, comme en témoigne l’expérience du journal de Harvey, financé par de grands capitaux anglophones. La ligne éditoriale de la publication a dû donc tendre vers l’opinion de ces financiers à certaines occasions.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Harvey fut l’un des seuls intellectuels canadiens français à soutenir ouvertement le général de Gaulle aux premiers temps de la guerre, tandis que bien des notables et religieux avaient un penchant pour Vichy, le maréchal Pétain et les autres régimes autoritaires ou totalitaires d’Europe»</p></blockquote>



<p>L’histoire de Jean-Charles Harvey nous démontre qu’on peut à tout le moins aspirer à une plus grande indépendance, autant à l’université que dans le monde journalistique. Les individus ont un grand rôle à jouer, en ce qu’ils disposent d’un libre-arbitre qui ne les oblige pas à accepter bêtement un état de fait non satisfaisant. Le libre-arbitre permet alors de choisir si nous souhaitons préserver nos convictions intactes ou nous retirer pour éviter un délit de conscience. Militer ou abdiquer?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/liberte-dindependance/" data-wpel-link="internal">Liberté d’indépendance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Queer, féministe et interrégional</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/queer-feministe-et-interregional/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Florence Lavoie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[balado]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[interdisciplinarité]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[podcast]]></category>
		<category><![CDATA[queer]]></category>
		<category><![CDATA[Région]]></category>
		<category><![CDATA[toutEsoupantoute]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46523</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec les coréalisateur·rice·s du balado ToutEs ou pantoute.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/queer-feministe-et-interregional/" data-wpel-link="internal">Queer, féministe et interrégional</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">C’est à l’hiver 2019 qu’est né <em>ToutEs ou pantoute</em>, <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">un</span> balado queer, féministe et interrégional aux thématiques diverses; celles-ci touchent entre autres la culture, le politique, l’intime, le féminisme, la parentalité et les enjeux concernant les communautés LGBTQ+. Laurie Perron et Alexandra Turgeon sont les coréalisateur·rice·s et animateur·<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">r</span>ice·s de cette émission qui entame sa troisième saison en ce mois de janvier, avec une équipe cette fois-ci agrandie. À chaque épisode, le balado accueille des expert·e·s et invite à la bienveillance, à la discussion, mais aussi à la révolte. </p>



<p>Alexandra Turgeon (elle) est née et a grandi en Abitibi; elle a étudié en communications et <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">a</span> travaillé en relations publiques avant de faire une maîtrise portant sur une analyse critique et féministe des discours politiques. En parallèle, elle s’intéresse à la radio et à la vulgarisation scientifique.</p>



<p>Laurie Perron (ielle) vient du Lac-Saint-Jean. Ielle vit de l’art depuis un an <em>–</em> après son DEC en musique,<span class="has-inline-color has-societe-color"><strong> </strong></span>ielle a presque complété un baccalauréat en littératures anglaise et française à l’Université de Montréal. Ielle écrit également des scénarios de cinéma et fait partie de plusieurs groupes de musique.</p>



<p><strong><em>Le Délit</em> (LD):</strong> <em>Pouvez-vous me parler un peu de la naissance du balado? Comment en êtes-vous venu·e·s à ce projet? Pourquoi la baladodiffusion?</em></p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">Laurie Perron (LP):</span></strong> On trouvait que l’un des angles qu’il manquait au discours féministe, queer, au discours militant, c’était l’angle rural, ou interrégional, qui n’était jamais représenté. Les questionnements sont toujours urbains, et comme nous étions à l’université en ville [Montréal, <em>ndlr</em>], nous faisions partie de ces questionnements et de ces discussions. Nos parcours font en sorte que ce n’est pas la réalité qu’on a toujours vécue. Pour moi, c’est l’angle qui m’a beaucoup accroché·e dans la nécessité de faire ce projet-là. Par ce même parcours de vie, la volonté de parler de tous ces enjeux-là de façon moins académique, plus accessible à tout le monde, et de permettre aux gens qui n’ont pas nécessairement le vocabulaire académique et théorique de pouvoir prendre part à la discussion, puisqu’on considère que l’expérience terrain, l’expérience de vie a aussi un apport essentiel aux discussions sur la façon de refaire le monde.</p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">Alexandra Turgeon (AT):</span></strong> Si je peux broder autour de ce qu’est <em>ToutEs ou pantoute</em>, c’est un projet balado, on a déjà deux saisons qui existent et on commence la troisième. Notre formule, depuis le début, c’est de laisser la place à des expert·e·s qui vont parler des différents sujets des épisodes, puis, nous, on fait un <em>wrap-up</em>, on revient sur les entrevues. On fait beaucoup de recherche sur les sujets, puis on plonge aussi beaucoup dans nos réflexions, on amène du «senti» et du vécu par rapport à ce qu’on aborde, mais on commence toujours ça avec un·e expert·e qui met la table. Dans les premières saisons, il y avait plus d’une entrevue par épisode, mais plus ça va, plus on se rend compte qu’on veut se donner du temps pour parler des sujets, donc on est rendu·e·s à aborder un sujet en deux épisodes avec deux angles différents. On va prendre un angle de vulgarisation et de recherche; Laurie va souvent parler avec des artistes dont la démarche intègre le sujet sur lequel on se penche. Ça amène une vision complètement différente de celle, par exemple, d’une chercheuse qui va nous parler de sa recherche.</p>



<p><strong>LD: </strong><em><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">Vous avez un peu anticipé ma prochaine question: le balado prend un angle queer, féministe et interrégional. Pouvez-vous parler un peu plus de l’approche interrégionale?&nbsp;</span></em></p>



<p><span class="has-inline-color has-grisfonce-color"><strong>LP:</strong> </span>Comme Alexandra est dans le bas du fleuve, que je suis présentement à Montréal et que nos collaborateur·rice·s sont éparpillé·e·s sur le territoire, on fait tout à distance. Mais ça devient interrégional surtout par la volonté profonde et par la force des choses: en raison de nos origines respectives, c’est évident que nos considérations ne sont pas uniquement montréalaises. C’est aussi interrégional parce que ce n’est pas uniquement rural. On a vécu les deux, et on passe en entrevue des gens de Montréal, des gens de Saint-Félicien… Toutes les perspectives comptent, peu importe d’où elles viennent. Aussi, c’est une partie de l’intersectionnalité qui est rarement considérée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Ça fait du bien d’avoir un endroit où on peut soulever à quel point ça n’a pas de bon sens et s’insurger, de façon parfois humoristique. Ça fait du bien, avoir un endroit pour chialer»</p></blockquote>



<p><strong>LD: </strong><em><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">Le balado vient vraiment mettre de l’avant l’interdisciplinarité avec des sujets qui touchent tout autant la culture, les sciences humaines, l’urbanisme… Pourquoi cette approche? Quelle est son importance à vos yeux?</span><span class="has-inline-color has-actu-color">&nbsp;</span></em></p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">AT:</span></strong> C’est parce que tout nous intéresse! Notre lunette est féministe, queer et interrégionale de par nos allégeances et/ou identités, mais une fois que tu as cette lentille pour observer les enjeux, tu peux tout observer. Ça part d’une réalisation que j’ai eue dans un séminaire de maîtrise: tout peut être observé à partir de la lunette du genre. J’avais hâte de parler d’urbanisme et de géographie, parce que c’est tellement à la base de tout dans nos vies, comment les villes sont conçues et construites, comment ça nous affecte, mais on ne pense pas à regarder ça d’un angle féministe ou conscient des enjeux queer. La parentalité est évidemment un enjeu féministe, mais on l’aborde souvent d’une façon relativement normative. Il y a vraiment des enjeux féministes liés au véganisme, même chose par rapport au racisme. Il y a plein de couches à tout qui peut être observé sous une lentille féministe intersectionnelle.&nbsp;</p>



<p><span class="has-inline-color has-grisfonce-color"><strong>LP:</strong> </span>N’importe qui dont la réalité est différente pourrait reprendre tous les sujets; une personne racisée pourrait reprendre les sujets et avoir une lunette complètement différente. Au final, ça reste notre façon de voir et d’expérimenter la vie, mais la vie, c’est tous ces sujets-là.&nbsp;</p>



<p><strong>LD: </strong><em><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">Et comment cette approche interdisciplinaire vient-elle influencer votre choix d’invité·e·s ou le choix de sujets qui vont être abordés?</span></em></p>



<p><span class="has-inline-color has-grisfonce-color"><strong>LP:</strong> </span>Pour les choix de sujets, on a vraiment juste du plaisir parce qu’on n’est pas encore venu·e·s à bout des choses desquelles on a envie de parler ou des intérêts qu’on a en commun. C’est assez facile, mais on a aussi fait des appels aux auditeur·rice·s pour savoir ce dont il·elle·s auraient envie d’entendre parler. Je pense à Belle Grand Fille qui nous a suggéré de parler de véganisme; on l’a finalement invitée pour en parler. Je pense qu’on se laisse diriger principalement par notre intérêt à nous et par celui de la communauté qui nous suit.</p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">AT:</span></strong> Oui, ça a commencé par un Google <em>Sheets</em> «on pourrait parler de ça», puis on n’en vient pas à bout. Il y a beaucoup de sujets qui nous viennent de gens qui nous disent «j’ai de l’expertise là-dedans». Je pense à la culture geek, la science-fiction, la fantaisie, et l’épisode sur les liens entre identité et ruralité, c’est Hugues [Lefebvre Morasse, artiste et chercheur, <em>ndlr</em>] qui nous a approché<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">·e·s</span> en disant «j’étudie là-dedans, ça m’intéresse vraiment, je peux vous en parler». C’est bien quand ça vient de l’extérieur parce que ça réduit nos angles morts.&nbsp;</p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">LP:</span></strong> Une chose dans nos choix de sujets qu’on ne fait pas: si ça ne nous concerne pas, si ça ne nous touche pas ou si on ne se sent pas en mesure d’apporter quoi que ce soit, on va laisser d’autres personnes en parler.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/toutEs-ou-pantoute_OdreeLaperriere-1000x1000.jpg" alt class="wp-image-46651" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/toutEs-ou-pantoute_OdreeLaperriere-1000x1000.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/toutEs-ou-pantoute_OdreeLaperriere-330x330.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/toutEs-ou-pantoute_OdreeLaperriere-768x768.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/toutEs-ou-pantoute_OdreeLaperriere-600x600.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/toutEs-ou-pantoute_OdreeLaperriere-120x120.jpg 120w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/toutEs-ou-pantoute_OdreeLaperriere.jpg 1500w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit">Odrée Laperrière</span></figcaption></figure></div>



<p><strong>LD: </strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color"><em>Dans la liste des « promesses solennelles » du site Web de </em>ToutEs ou pantoute<em>, vous mentionnez qu’une des promesses du balado est de «chialer à tout vent» sur «toute chose qui fait chier» telle que le patriarcat, les inégalités et l’homo-bi-trans-queer-phobie. Pourquoi avoir choisi d’explorer ces sujets sous l’angle du chialage?</em></span></p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">LP:</span></strong> Parce que ça fait trop chier! On y va avec l’angle du chialage parce que, naturellement, c’est la première réaction qui nous vient dans un sens, parce qu’on parle d’enjeux parfois aberrants. Mais on essaie de ne pas rester là-dedans. On essaie de trouver des pistes de solutions, et quand il n’y en a pas, ou qu’on n’en voit pas, on trouve des gens qui essaient d’en trouver, on se réfère à des organismes ou des personnes qui sont en train de travailler là-dessus pour que ça bouge.&nbsp;</p>



<p><span class="has-inline-color has-grisfonce-color"><strong>AT:</strong> </span>Dans les médias que j’écoute qui sont féministes et/ou qui s’intéressent à des enjeux qui touchent aux personnes marginalisées ou à des enjeux mal compris, je trouve que ça fait du bien d’entendre des gens soulever à quel point ça n’a pas de bon sens. Ça fait du bien d’avoir un endroit où on peut soulever à quel point ça n’a pas de bon sens et s’insurger, de façon parfois humoristique. Ça fait du bien, avoir un endroit pour chialer.</p>



<p><span class="has-inline-color has-grisfonce-color"><strong>LD: </strong><em>Avez-vous remarqué des répercussions qu</em>e <em>vous auriez eues dans vos communautés, vos milieux?&nbsp;</em></span></p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">AT:</span></strong> J’habite présentement dans le Bas-Saint-Laurent, une région éloignée où il y a quand même une communauté queer et féministe intéressante en nombre. Je remarque qu’il y avait un sentiment de manque – bien qu’on n’était pas tous·tes seul·e·s à faire un projet médiatique avec la lunette qu’on a. Il n’y en a pas assez, et il n’y en a pas assez qui arrivent à survivre. Nous, ça commence à faire un moment qu’on est là, mais il y a plein d’initiatives qui ne sont pas nécessairement pérennes pour toutes sortes de raisons. L’une des choses que je sens, c’est que pour les personnes qui sont féministes et/ou queer en ruralité, il y a un sentiment de «enfin on s’adresse à moi, je suis pris·e en considération». On a des retours, mais ce sont souvent des retours particulièrement profonds. On reçoit de longs messages, des gens qui vont nous parler de leurs expériences. On dirait qu’on ouvre une porte à une réflexion intérieure que les gens se permettent de partager avec nous. Ça fait du bien de voir que ça ouvre aux réflexions.</p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">LP:</span></strong> Ça m’apporte beaucoup aussi parce que souvent, ces réflexions sont étoffées. On reçoit des messages qui me font apprendre beaucoup de choses, des gens qui disent «c’est intéressant que vous ayez parlé de ça, mais vous avez oublié tout ça». Je dis merci pour toutes ces informations-là. On ne fait pas qu’apprendre des choses aux gens, on apprend beaucoup nous-mêmes en faisant le balado. D’ailleurs, l’une des raisons pour lesquelles on a commencé, c’est parce qu’on adore apprendre!</p>



<p><strong>LD: </strong><em><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">Vous avez lancé le 13 janvier dernier la troisième saison du balado avec une super entrevue avec Gabriel Guertin-Pasquier sur l’asexualité, la place de la sexualité dans le couple, la distinction entre amour et amitié, et j’en passe. Vous avez aussi agrandi l’équipe avec une nouvelle collaboratrice: l’artiste multidisciplinaire afro-montréalaise Miriame Gabrielle Archin. Pouvez-vous me parler de cette nouvelle collaboration? Qu’est-ce qui a mené à accueillir Miriame dans votre balado?&nbsp;</span></em></p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">LP: </span></strong>J’ai rencontré Miriame dans une soirée de poésie il y a quelques années, et ça m’avait marqué·e quand elle a lu. J’ai repris contact avec elle pour l’inviter dans l’un des épisodes de la deuxième saison, qui est un épisode sur la charge émotionnelle raciale et sexuelle. Pendant l’entrevue, elle blaguait en disant qu’elle allait se partir un balado qui s’appellerait «Assis-toi sur ton sofa avec ton inconfort pis gère-toi». Quand on a eu l’opportunité d’intégrer de nouvelles personnes, on a voulu qu’elle fasse partie de <em>ToutEs ou pantoute</em> directement.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On ne fait pas qu’apprendre des choses aux gens, on apprend beaucoup nous-mêmes en faisant le balado. D’ailleurs, l’une des raisons pour lesquelles on a commencé, c’est parce qu’on adore apprendre!»</p></blockquote>



<p><strong>LD: </strong><em><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">À quoi peut-on s’attendre pour cette troisième saison du balado? Quelles répercussions aimeriez-vous avoir avec cette nouvelle saison?</span></em></p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">AT:</span></strong> Il y aura 10 épisodes d’une heure chacun, avec des entrevues et des réflexions par après, puis le segment de Miriame qui viendra à la fin. On a des invité·e·s exceptionnel·le·s. Dans les épisodes à suivre, on va parler des relations interpersonnelles et du sexisme, du sexisme dans les relations de couple et de séduction – dans un contexte post-dénonciations, comment ça a pu jouer sur notre tolérance au sexisme et sur notre envie d’être dans des relations hétérosexuelles. Laurie fera un épisode sur tout ce qui est autre que les relations hétérosexuelles, comme l’amitié, d’autres configurations de relations. À chaque fois, nous recevrons une experte. On aura un épisode tout à Miriame, sur la colère. On va aussi parler de grossophobie, de spiritualité <em>new-age</em>, de tarot en lien avec la culture féministe et queer.</p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">LP: </span></strong>On va parler du <em>care</em>, de la notion d’allié·e…</p>



<p><strong>LD: </strong><em><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">J’ai remarqué que la notion d’amitié est un thème qui traverse les épisodes. Pouvez-vous me parl</span>er de cette notion et de la place qu’elle occupe dans<span class="has-inline-color has-actu-color"> </span><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">le balado?</span></em></p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">LP:</span></strong> L’amitié, c’est la valeur la plus forte, la chose la plus importante et la plus structurante dans ma vie. Alex et moi sommes <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">ami·e·s </span>depuis longtemps aussi!&nbsp;</p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">AT:</span></strong> C’est très important d’un point de vue féministe. D’un point de vue queer <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">–</span> je me sens moins apte à en parler <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">–</span> , il y a le concept de famille choisie qui est importante, où l’amitié est centrale. Chez les féministes hétérosexuel·le·s aussi, c’est important d’avoir un réseau soutenant. C’est une valeur centrale qui nous concerne dans nos façons de regarder les choses. On constate qu’on n’est pas seul·e, qu’on peut avoir un réseau structurant positif; ça donne beaucoup d’espoir et ça m’aide quand je me souviens de ça.</p>



<p><strong><span class="has-inline-color has-grisfonce-color">LP:</span></strong> C’est aussi quelque chose dont on ne parle pas souvent. Dans les revues à potins, on parle d’histoires d’amour et de gestion de relations de couple. O<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">n ne </span>gère pas nos amitiés avec le même sérieux, mais pour moi, c’est aussi sérieux et aussi important, voire plus. Ça mérite sa place aussi souvent que possible.</p>



<p><em>Le balado </em>ToutEs ou pantoute <em>est disponible sur toutes les plateformes d’écoute ainsi que sur leur site Web </em><a href="https://www.toutesoupantoute.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"><em>https://www.toutesoupantoute.com/</em></a><em>.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/queer-feministe-et-interregional/" data-wpel-link="internal">Queer, féministe et interrégional</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le temps d’un film</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/le-temps-dun-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Mercier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[comédie musicale]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[long-métrage]]></category>
		<category><![CDATA[Netflix]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46527</guid>

					<description><![CDATA[<p>Tick, Tick… Boom !, un succès musical signé Lin-Manuel Miranda.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/le-temps-dun-film/" data-wpel-link="internal">Le temps d’un film</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le drame biographique <em>Tick, Tick… Boom!</em> raconte la vie de Jonathan Larson, un auteur-compositeur de comédies musicales. Larson est principalement connu pour son œuvre <em>Rent</em>, succès de Broadway, qui lui a valu plusieurs prix à titre posthume. Le dramaturge est décédé subitement d’un anévrisme aortique à l’âge de 35 ans, la veille de la première représentation de <em>Rent</em>. L’intrigue de <em>Tick, Tick… Boom!</em> se déroule à New York, en pleine épidémie de VIH, alors que le protagoniste tente désespérément de percer à Broadway. Il se sent pressé par le fait qu’il fêtera bientôt son 30<em>e</em> anniversaire sans avoir encore connu de succès notable. Ce film musical,<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>réalisé par Lin-Manuel Miranda, tient son nom d’une comédie musicale de Larson achevée en 1991, quelques années avant son décès. </p>



<p><strong>Réalité ou fiction</strong></p>



<p>Tout au long du film, la narration est réalisée par Jonathan, interprété par Andrew Garfield, qui raconte les moments marquants de sa vie, les bons comme les moins bons, l’ayant mené jusqu’à la personne qu’il est devenue. Le long métrage utilise la même trame narrative que la pièce l’ayant inspiré.<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>Cette approche diminue la distance entre la réalité et la fiction, car&nbsp;elle donne l’impression d’assister au spectacle de Jonathan Larson tel que présenté au début des années 90. Même si ce spectacle est à priori une œuvre autobiographique, il reste tout de même une certaine part de fiction, et le long métrage conserve ce même rapport entre ce que Larson a réellement vécu et ce qu’il a inventé. Il est facile de se laisser porter par la narration du film, qui crée une fluidité dans l’enchaînement des événements: la transition se fait naturellement entre les moments où Jonathan présente son spectacle sur scène et ceux où il traverse les événements dont il est question dans sa pièce.  </p>



<p>Les chansons interprétées par les comédien·ne·s proviennent directement de l’œuvre originale de Larson, mais elles sont cette fois-ci accompagnées de danse et de jeux de caméra pour être présentées à l’écran. Les mélodies accrocheuses composées par le dramaturge donnent le ton du film. Chacune semble s’imbriquer parfaitement dans le long métrage et s’harmoniser avec les émotions ressenties par le protagoniste – certaines sont rythmées et légères, alors que d’autres sont plus profondes et tristes.</p>



<p>De plus, il est nécessaire de saluer le travail d’Andrew Garfield, qui incarne avec justesse Jonathan Larson. Cette performance lui a d’ailleurs valu le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les mélodies accrocheuses composées par le dramaturge donnent le ton du film. Chacune semble s’imbriquer parfaitement dans le long métrage et s’harmoniser avec les émotions ressenties par le protagoniste»</p></blockquote>



<p><strong>Avant l’explosion</strong></p>



<p>Pour le protagoniste, l’approche de la trentaine suscite une angoisse grandissante, car il s’agit d’un point de non-retour: s’il n’a toujours rien accompli à 30 ans, peut-être n’a‑t-il pas ce qu’il faut pour percer à Broadway. Il nourrit de grands espoirs pour son avenir, mais rien n’avance réellement, au point où il se demande si sa vie ne se résume pas aux conditions modiques dans lesquelles il vit depuis plusieurs années. Le <em>tick tick</em> régulier de l’horloge résonne à plusieurs moments clés du film, tel un compte à rebours, créant un sentiment d’urgence. Jonathan voudrait freiner le temps, mais il s’agit là d’un souhait impossible. Alors que, tour à tour, des membres de son entourage sont infectés par le VIH, Jonathan est plus que jamais conscient du temps qu’il perd à vivre dans ses rêves de grandeur. Le protagoniste, comme figé dans le temps, a passé de nombreuses années de sa vie à travailler sur une même pièce de théâtre, alors que tout semble avancer trop vite autour de lui. Le film peut être interprété comme une invitation à se questionner sur l’importance de savoir profiter pleinement du temps qui passe, avant le <em>boom</em> final.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le film peut être interprété comme une invitation à se questionner sur l’importance de savoir profiter pleinement du temps qui passe, avant le <em>boom </em>final»</p></blockquote>



<p><br><em>Tick, Tick… Boom!</em> est un bel hommage rendu à Jonathan Larson, dont l’œuvre a su marquer une génération malgré sa courte carrière. Le film est présentement disponible sur Netflix.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/le-temps-dun-film/" data-wpel-link="internal">Le temps d’un film</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les remous du retour en présentiel</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/les-remous-du-retour-en-presentiel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[administration mcgill]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[arts]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[école de travail social]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté de Droit]]></category>
		<category><![CDATA[faculté de Travail Social]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Politique étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[présentiel]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46517</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit vous présente son dossier. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/les-remous-du-retour-en-presentiel/" data-wpel-link="internal">Les remous du retour en présentiel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>L’Université McGill a annoncé le 14 janvier dernier qu’elle maintenait sa décision de résumer les cours en présentiel le 24 janvier. Le retour au campus est loin de faire l’unanimité au sein de la population étudiante: des pétitions circulent, des élu·e·s élèvent leurs voix, et la possibilité de grèves étudiantes plane</em>. Le Délit <em>vous a préparé un dossier sur la mobilisation étudiante dans la Faculté de droit et l’École de travail social ainsi que sur la perspective de l’administration mcgilloise. &nbsp;</em></p>


<div class="ultp-post-grid-block wp-block-ultimate-post-post-grid-1 ultp-block-02d565"><div class="ultp-block-wrapper"><div class="ultp-loading"><div class="ultp-loading-blocks" style="width:100%;height:100%;"><div style="left: 0;top: 0;animation-delay:0s;"></div><div style="left: 21px;top: 0;animation-delay:0.125s;"></div><div style="left: 42px;top: 0;animation-delay:0.25s;"></div><div style="left: 0;top: 21px;animation-delay:0.875s;"></div><div style="left: 42px;top: 21px;animation-delay:0.375s;"></div><div style="left: 0;top: 42px;animation-delay:0.75s;"></div><div style="left: 42px;top: 42px;animation-delay:0.625s;"></div><div style="left: 21px;top: 42px;animation-delay:0.5s;"></div></div></div><div class="ultp-heading-filter"><div class="ultp-heading-filter-in"><div class="ultp-heading-wrap ultp-heading-style1 ultp-heading-left"><h2 class="ultp-heading-inner"><span>Nos trois articles</span></h2></div><div class="ultp-filter-navigation"></div></div></div><div class="ultp-block-items-wrap ultp-block-row ultp-pg1a-style1 ultp-grid1-responsive ultp-block-column-3 ultp-sm-column-2 ultp-xs-column-1 ultp-layout1"><div class="ultp-block-item post-id-46513"><div class="ultp-block-content-wrap"><div class="ultp-block-image ultp-block-image-opacity"><a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/les-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-en-droit-preparent-une-greve/" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="ultp-block-image-content" alt="Les étudiant·e·s en droit préparent une grève" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/Fac-de-droit-recadree-870x570.jpg"></a></div><div class="ultp-block-content"><div class="ultp-category-grid ultp-category-classic ultp-category-aboveTitle"><div class="ultp-category-in"><a class="ultp-cat-actualites" href="https://www.delitfrancais.com/category/actualites/" data-wpel-link="internal">Actualités</a><a class="ultp-cat-campus" href="https://www.delitfrancais.com/category/actualites/campus/" data-wpel-link="internal">Campus</a></div></div><h3 class="ultp-block-title "><a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/les-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-en-droit-preparent-une-greve/" data-wpel-link="internal">Les étudiant·e·s en droit préparent une grève</a></h3><div class="ultp-block-meta ultp-block-meta-dot ultp-block-meta-icon"><span class="ultp-block-author ultp-block-meta-element"><svg fill="none" viewBox="0 0 24 24">
  <circle cx="12" cy="7" r="4" stroke="currentColor" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" />
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M4 21v-3a4 4 0 0 1 4-4h8a4 4 0 0 1 4 4v3" />
</svg>
<a class href="https://www.delitfrancais.com/author/gabriellegenest/">Gabrielle Genest</a></span><span class="ultp-block-date ultp-block-meta-element"><svg fill="none" viewBox="0 0 24 24">
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M3 5.5a2 2 0 0 1 2-2h14a2 2 0 0 1 2 2v14a2 2 0 0 1-2 2H5a2 2 0 0 1-2-2v-14ZM8 2v3m8-3v3M3 9h18" />
</svg>
Jan 26, 2022</span><span class="ultp-post-read ultp-block-meta-element"><svg fill="none" viewBox="0 0 24 24">
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M4 5v14a3 3 0 0 0 3 3h13V8H7a3 3 0 0 1-3-3Zm0 0a3 3 0 0 1 3-3h13M7 5h10" />
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M9.5 18.5v-3.092a3 3 0 0 1 .504-1.664l1.219-1.828a.934.934 0 0 1 1.554 0l1.22 1.828a3 3 0 0 1 .503 1.664V18.5m-5-2.5h5" />
</svg>
7 min read</span></div><div class="ultp-block-excerpt"><p>Le retour en présentiel… à la Faculté de droit.</p>
</div></div></div></div><div class="ultp-block-item post-id-46570"><div class="ultp-block-content-wrap"><div class="ultp-block-image ultp-block-image-opacity"><a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/le-retour-en-presentiel-un-coup-de-poing-sur-la-gueule/" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="ultp-block-image-content" alt="Le retour en présentiel : un coup de poing sur la gueule" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/@YiguZhou-870x570.jpg"></a></div><div class="ultp-block-content"><div class="ultp-category-grid ultp-category-classic ultp-category-aboveTitle"><div class="ultp-category-in"><a class="ultp-cat-actualites" href="https://www.delitfrancais.com/category/actualites/" data-wpel-link="internal">Actualités</a><a class="ultp-cat-campus" href="https://www.delitfrancais.com/category/actualites/campus/" data-wpel-link="internal">Campus</a></div></div><h3 class="ultp-block-title "><a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/le-retour-en-presentiel-un-coup-de-poing-sur-la-gueule/" data-wpel-link="internal">Le retour en présentiel : un coup de poing sur la gueule</a></h3><div class="ultp-block-meta ultp-block-meta-dot ultp-block-meta-icon"><span class="ultp-block-author ultp-block-meta-element"><svg fill="none" viewBox="0 0 24 24">
  <circle cx="12" cy="7" r="4" stroke="currentColor" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" />
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M4 21v-3a4 4 0 0 1 4-4h8a4 4 0 0 1 4 4v3" />
</svg>
<a class href="https://www.delitfrancais.com/author/myriam-bourrishalabi/">Myriam Bourry-Shalabi</a></span><span class="ultp-block-date ultp-block-meta-element"><svg fill="none" viewBox="0 0 24 24">
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M3 5.5a2 2 0 0 1 2-2h14a2 2 0 0 1 2 2v14a2 2 0 0 1-2 2H5a2 2 0 0 1-2-2v-14ZM8 2v3m8-3v3M3 9h18" />
</svg>
Jan 26, 2022</span><span class="ultp-post-read ultp-block-meta-element"><svg fill="none" viewBox="0 0 24 24">
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M4 5v14a3 3 0 0 0 3 3h13V8H7a3 3 0 0 1-3-3Zm0 0a3 3 0 0 1 3-3h13M7 5h10" />
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M9.5 18.5v-3.092a3 3 0 0 1 .504-1.664l1.219-1.828a.934.934 0 0 1 1.554 0l1.22 1.828a3 3 0 0 1 .503 1.664V18.5m-5-2.5h5" />
</svg>
6 min read</span></div><div class="ultp-block-excerpt"><p>Les étudiant·e·s de l’École de travail social contestent le retour…</p>
</div></div></div></div><div class="ultp-block-item post-id-46544"><div class="ultp-block-content-wrap"><div class="ultp-block-image ultp-block-image-opacity"><a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/un-retour-en-personne-qui-ne-fait-pas-lunanimite/" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="ultp-block-image-content" alt="Un retour en personne qui ne fait pas l’unanimité" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/01/ILLU-FINALE-ACTU-JPG-870x570.jpg"></a></div><div class="ultp-block-content"><div class="ultp-category-grid ultp-category-classic ultp-category-aboveTitle"><div class="ultp-category-in"><a class="ultp-cat-actualites" href="https://www.delitfrancais.com/category/actualites/" data-wpel-link="internal">Actualités</a><a class="ultp-cat-campus" href="https://www.delitfrancais.com/category/actualites/campus/" data-wpel-link="internal">Campus</a></div></div><h3 class="ultp-block-title "><a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/un-retour-en-personne-qui-ne-fait-pas-lunanimite/" data-wpel-link="internal">Un retour en personne qui ne fait pas l’unanimité</a></h3><div class="ultp-block-meta ultp-block-meta-dot ultp-block-meta-icon"><span class="ultp-block-author ultp-block-meta-element"><svg fill="none" viewBox="0 0 24 24">
  <circle cx="12" cy="7" r="4" stroke="currentColor" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" />
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M4 21v-3a4 4 0 0 1 4-4h8a4 4 0 0 1 4 4v3" />
</svg>
<a class href="https://www.delitfrancais.com/author/felixvincent/">Félix A. Vincent</a></span><span class="ultp-block-date ultp-block-meta-element"><svg fill="none" viewBox="0 0 24 24">
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M3 5.5a2 2 0 0 1 2-2h14a2 2 0 0 1 2 2v14a2 2 0 0 1-2 2H5a2 2 0 0 1-2-2v-14ZM8 2v3m8-3v3M3 9h18" />
</svg>
Jan 26, 2022</span><span class="ultp-post-read ultp-block-meta-element"><svg fill="none" viewBox="0 0 24 24">
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M4 5v14a3 3 0 0 0 3 3h13V8H7a3 3 0 0 1-3-3Zm0 0a3 3 0 0 1 3-3h13M7 5h10" />
  <path stroke="currentColor" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" stroke-width="1.5" d="M9.5 18.5v-3.092a3 3 0 0 1 .504-1.664l1.219-1.828a.934.934 0 0 1 1.554 0l1.22 1.828a3 3 0 0 1 .503 1.664V18.5m-5-2.5h5" />
</svg>
7 min read</span></div><div class="ultp-block-excerpt"><p>Table ronde des médias étudiants avec l’administration mcgilloise.</p>
</div></div></div></div></div><div class="ultp-pagination-wrap ultp-pagination-ajax-action" data-paged="1" data-expost data-blockid="02d565" data-postid="46517" data-pages="1" data-blockname="ultimate-post_post-grid-1" data-selfpostid="no"></div></div><div class="pagination-block-html" aria-hidden="true" style="display: none;"></div></div><p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/les-remous-du-retour-en-presentiel/" data-wpel-link="internal">Les remous du retour en présentiel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>J’écris dans Le Délit pour sauver la vie de ses éditeurs</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/jecris-dans-le-delit-pour-sauver-la-vie-de-ses-editeurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[fascination]]></category>
		<category><![CDATA[meurtre]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[sang]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46720</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réflexion philosophique sur la fascination parfois pathologique du sang.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/jecris-dans-le-delit-pour-sauver-la-vie-de-ses-editeurs/" data-wpel-link="internal">J’écris dans Le Délit pour sauver la vie de ses éditeurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Sans l’imprimerie, ce texte serait écrit en rouge sur blanc. Je suis Alexandre, illustrateur au <em>Délit</em>, et sans ce texte que je me suis engagé à écrire, je serais en train de découper les corps des membres du conseil de rédaction du <em>Délit</em>. Mon image m’importe et ma liberté aussi; je ne voudrais pas passer ma vie en combinaison de prisonniers… Je dois donc me contrôler. Pour noyer mon envie d’étouffer le rédacteur en chef avec les intestins de la productrice, je contribue au <em>Délit </em>dans la section de l’Éditeur Philosophie. Lui aussi, j’aimerais goûter à son entrecôte, mais je l’épargnerai peut-être parce qu’il est beau, ou je l’écorcherai vif après les autres, parce qu’il est trop beau. Il pourra ensuite rester moisir en me parlant et en me faisant da<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">nser avec sa voix mélodieuse sur les os de nos collègue</span>s. M<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">ais pour le moment, la couleur orange carcérale me fait assez peur pour m’inciter à m’abstenir face au rouge viscéral, et c’est pour cela que vous me lisez en ce m</span>oment.</p>



<p>Ce que je fais, en écrivant cet article, s’appelle de la <em>sublimation</em>. Il s’agit d’un processus quasi chimique de spiritualisation des sentiments afin de les rendre éthiquement <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">acceptables. Selon Freud, la sublimation est la capacité qu’ont certaines personnes à dévier leurs pulsions sexuelles ou intenses vers des buts n’ayant pas rapp</span>ort avec les moteurs de ces pulsions. Souvent, l’activité artistique ou l’investigation intellectuelle sont les chemins empruntés dan<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">s le cadre de cette dém</span>arche. Toutefois, il est important de mentionner que tous les humains ne sont pas capables de cette heureuse disposition. Parfois, les activités socialement valorisées peuvent ne pas constituer des dérivatifs satisfaisants. La notion de sublime, quant à elle, est différente mais tout autant pertinente. Selon Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du 18<em>e</em> siècl<span class="has-inline-color has-grisfonce-color">e, elle désigne le sentiment</span> captivant qui nous traverse devant une scène qui secoue et déconcerte. La véritable signification du sublime n’a rien à voir avec son sens moderne «beau». Comme la sublimation évoquée plus haut, le sublime a trait à un dépassement, à une faille du langage quand il s’agit de le verbaliser. Autrement dit, ces deux concepts sont désignés par des mots qui ne semblent pas remplir clairement leur fonction nominative. Le sublime, c’est un genre d’étonnement, un effroi plaisant qui dépasse celui qui le ressent. Un exemple probant de sa manifestation est l’épisode du sang de l’oie sur la neige dans l’œuvre de Chrétien de Troyes <em>Perceval ou le conte du Graal</em>. Dans ce roman, le chevalier en quête de la coupe convoitée est frappé par le sublime lorsqu’il témoigne d’une scène tant glaçante que sanglante. Il observe, dans une banalité déstabilisante, un faucon transpercer une oie et l’abattre sur la neige. Il reste à observer la scène, figé pendant un moment qui l’est aussi. L’oie, blessée au col, fait couler trois gouttes de son sang dans la neige. En se répandant par capillarité dans la neige, elles rappellent au chevalier les traits du visage de son amoureuse. Dans ce texte, l’oie est un objet sublime (sa mort étant sa seule utilité) dont la vie ne servait qu’à produire cette image thanatique. L’animal n’a éprouvé aucune souffrance, et son immobilisme interpelle le lecteur.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Pour le moment, la couleur orange carcérale me fait assez peur pour m’inciter à m’abstenir face au rouge viscéral, et c’est pour cela que vous me lisez en ce moment»</p></blockquote>



<p>Roland Barthes verrait dans cette scène une des expressions premières du <em>punctum</em> de l’image, qu’il théorise comme étant le point sortant de l’image<strong><span class="has-inline-color has-actu-color"> </span></strong>comme une flèche pour transpercer au vif celui qui l’observe. Les trois gouttes de sang fascinent le personnage médiéval et viennent transposer l’impact du faucon sur l’oie dans son imaginaire comme si la scène tout entière l’imprégnait en passant par trois trous. Bien que l’on oppose aujourd’hui communément le blanc au noir, l’oxymore chromatique originel, que l’imprimerie a fait disparaître, est l’association du rouge et du blanc. En effet, tant visuellement que symboliquement, l’ambivalence de cette opposition enrichit l’intensité dégagée par la scène et constitue un <em>topos</em> dans tous les arts. D’un côté, le blanc peut incarner la pureté, la virginité, la jeunesse, l’innocence. De l’autre côté, il représente l’isolement, la fin de vie; il est fantomatique et est même associé, en Asie du Sud-Ouest, à la mort. Le blanc pur recouvre les montagnes mais est rebelle à sa reproduction, car il est difficile de l’imiter sans qu’il soit trop beige ou grisé. Ensuite le rouge: il s’agit de la couleur du feu, de l’amour, de la joie. Il est aussi la couleur de la sexualité, de la séduction ou du dépucelage. Le rouge renvoie évidemment au sang, donc aussi bien au fluide vital, au sang insufflé, qu’au sang versé, aux viscères et aux blessures. Qu’il provoque un malaise vagal chez ceux qui en ont peur ou une érection chez ceux qui le boiraient, le sang est menaçant et sa juxtaposition avec le blanc est sublimement subversive. Quand Perceval regarde la neige s’empourprer, il décrit, avec un point de vue naïf, une scène qui ferait détourner les yeux d’un regardant empathique. On pourrait <em>a priori</em> penser qu’il dresse un tableau fidèle et innocent d’une scène de mort animale, qu’il se fait distant de la scène pour la décrire de façon objective. En réalité, il n’est pas distant: il surpasse la scène et parvient à y voir sa bien-aimée, vierge donc fantasmée. C’est dans ce moment que l’on comprend qu’il est lui-même le faucon, chasseur qui troue l’oie au niveau de son col. Le sang est donc le vecteur par lequel Perceval est saisi et ressent le sublime. C’est dans cette tension entre peur (ou horreur) et grandeur que peuvent émerger des moments sublimes. Cependant, quand ce dosage n’est pas maîtrisé (volontairement ou non), il est légitime de se demander pourquoi l’homme est attiré par des images qui ne font que le déranger.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Qu’il provoque un malaise vagal chez ceux qui en ont peur ou une érection chez ceux qui le boiraient, le sang est menaçant et sa juxtaposition avec le blanc est sublimement subversive»</p></blockquote>



<p>Pour être convainquant en tentant d’écrire une fiction qui relate les crimes d’un tueur, il ne suffit pas de créer des personnages irréductiblement <em>méchants </em>– comme Jason du film <em>Vendredi 13</em> ou Freddy Krueger dans <em>Les Griffes de la nuit </em>– qui sont des monstres sans équivoque, qui l’ont toujours été, et qui semblent être génétiquement déterminés à une telle monstruosité. Souvent, visionner ces films constitue un moment de plaisir, de proximité avec le mal, ce qui pousse le spectateur à jouir de la violence débridée à l’écran. Selon le marquis de Sade, si la cruauté peut être aussi excitante, c’est parce qu’elle est «le premier sentiment qu’imprime en nous la nature». Elle nous fait revenir à ce moi «sauvage», étranger à la moralité, et libre comme un animal.</p>



<p>Toutefois, même si cette branche du cinéma est appréciable, elle est très invraisemblable parce qu’elle ne met pas le doigt sur le véritable dérangement que l’on peut éprouver face aux criminels en chair et en os. Ce qui dérange vraiment, selon la philosophe Hannah Arendt, ce n’est pas le caractère isolé et extraordinaire que l’on rattache à un meurtrier, mais plutôt sa banalité et, a fortiori, son humanité. Elle écrit que les criminels de chair et d’os prouvent qu’une personne moyenne, qui ne serait ni faible d’esprit, ni endoctrinée, ni cynique, peut être absolument incapable de distinguer le bien du mal. Apparemment, je ferais partie de ces gens-là… Quand j’essaie de comprendre d’où me vient la nécessité de collectionner les cadavres, je pense à un roman: <em>Un Roi sans divertissement</em> de Jean Giono.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je n’ai pas détourné vos yeux de ma perversité. J’aurais pu vous surprendre et vous laisser découvrir, dans un banal bulletin de nouvelles télévisées, le sort de l’équipe du <em>Délit</em>, de laquelle j’étais moi-même un banal illustrateur ayant écrit un banal article sur le sang»</p></blockquote>



<p>Dans l’excipit fantastiquement grandiose de ce roman, le personnage principal tue une oie pour apprécier une dernière fois le sang et la neige sublimes, alors qu’il fume une cartouche de dynamite pour se faire exploser. La scène est imprévisible et crée une nouvelle image frappante pour l’esprit. Ce roman, dont le titre fait référence à l’une des <em>Pensées</em> du philosophe Blaise Pascal («Un roi sans divertissement est un homme plein de misères»), raconte l’enquête menée par le capitaine Langlois pour retrouver le criminel responsable d’une série d’enlèvements dans un village des Alpes françaises. Le roman nous invite à lire, en filigrane, la psychologie du tueur pour comprendre que celui qui mène l’enquête est en fait similaire à celui qu’il étudie. Revenons à présent sur la référence au moraliste chrétien du 17<em>e</em> siècle dont il est question dans le titre de cet ouvrage. L’humain, selon Pascal, se divertit pour détourner sa pensée des sujets de réflexion tels que la destinée, le salut et la foi en Dieu. Étymologiquement, le divertissement renvoie au détournement (<em>divertere</em> en latin). Giorno, dans son roman, fait l’exposé de plusieurs types de divertissements (la chasse, le jeu, le spectacle); ces divertissements représentent pour l’auteur un refus plus ou moins conscient de l’exigence chrétienne de méditation personnelle. Quand on laisse une personne seule (représentée dans la phrase par un roi) sans qu’elle puisse se divertir, on ne verra plus que la misère de cette personne. À partir de là, il n’y a pas, sur la destinée humaine, de communauté de pensée entre Pascal, fervent chrétien, et Giono, athée. Pour Pascal, il s’agit d’accepter sa misère spirituelle (au lieu d’y échapper ponctuellement en se divertissant). Autrement dit, la privation de divertissement peut être l’occasion d’une conversion spirituelle. Quant à Giono, la solution «par le haut» à notre misère intrinsèque n’existe pas. Le fond de notre condition humaine, selon lui, est l’ennui. Il suggère que la vie n’a pas de sens et que toute entreprise sera désespérément gratuite. Alors, pour lui, il faudrait détourner sa pensée de cet ennui fondamental; autrement dit, il faudrait se divertir. Quels divertissements seraient possibles et suffisants pour permettre à l’homme d’échapper à l’étourdissement symptomatique de la contemplation de l’ennui? Pour la majorité des personnes, les loisirs, le travail ou l’écriture d’un article de philosophie suffisent pour étouffer la misère propre à leur condition. Mais pour certains êtres, les seules activités capables de subjuguer l’ennui doivent être risquées et violentes. C’est pourquoi on peut appeler «grand remède à l’ennui» le plaisir mêlé d’effroi qui réside dans le fait de tuer, en risquant sa propre vie.</p>



<p>Ainsi, alors que j’aurais pu écrire un article tronqué de ses intentions, et donc trompeur, j’ai choisi l’honnêteté. Je n’ai pas détourné vos yeux de ma perversité. J’aurais pu vous surprendre et vous laisser découvrir, dans un banal bulletin de nouvelles télévisées, le sort de l’équipe du <em>Délit</em>, de laquelle j’étais moi-même un banal illustrateur ayant écrit un banal article sur le sang. Cela rappelle la maxime devenue lapalissade «méfiez-vous des apparences». L’œil du chevalier Perceval qui, selon le plus grand nombre, devrait faire couler une larme et éviter le sang, fait tout l’inverse: il sexualise une vierge en l’associant par son hymen au cou déchiré d’une oie. Ce n’est pas un hasard si le mot «cruauté» vient du latin <em>cruor</em>, qui renvoie au plaisir éprouvé à la vue du sang versé. Langlois, de son côté, utilisait un hêtre magnifique et grandiose dans lequel il avait creusé un trou pour cacher les cadavres de ses victimes. <meta charset="utf-8">La cruauté de ces deux personnages me tache comme du sang sur la neige. Et vous qui lisez mon texte, n’allez pas fouiller dans les érables du Mont-Royal, s’il vous plaît. J’admets craindre l’incarcération, et vous, vous devriez avoir peur de moi.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/jecris-dans-le-delit-pour-sauver-la-vie-de-ses-editeurs/" data-wpel-link="internal">J’écris dans Le Délit pour sauver la vie de ses éditeurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les étudiant·e·s en droit préparent une grève</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/les-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-en-droit-preparent-une-greve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement hybride]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté de Droit]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[mobilisation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[présentiel]]></category>
		<category><![CDATA[référendum]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Leckey]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=46513</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le retour en présentiel… à la Faculté de droit.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/les-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-en-droit-preparent-une-greve/" data-wpel-link="internal">Les étudiant·e·s en droit préparent une grève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Chez les étudiant·e·s en droit de l’Université McGill, la question du retour en personne le 24 janvier a entraîné la convocation de multiples réunions: une assemblée étudiante informelle le 19 janvier, une assemblée publique (<em>town hall</em>) organisée par le doyen Robert Leckey le 21 janvier et une assemblée générale spéciale convoquée par l’Association des étudiant·e·s en droit (AÉD) le 28 janvier. L’insatisfaction étudiante face aux décisions de la Faculté a fait émerger la possibilité d’une grève.&nbsp;</p>



<p><strong>Poussée étudiante en faveur de l’enseignement hybride</strong></p>



<p>En entretien avec <em>Le Délit</em>, la vice-présidente Affaires académiques de l’AÉD Charlotte Sullivan a affirmé avoir reçu un grand nombre de témoignages inquiets quant au retour en présentiel le 24 janvier. La plupart déplorerait «<em>la déficience des accommodements offerts dans certains cours</em>», jugée comme étant le problème-clé au sein de la Faculté de droit. Pour Sullivan, cette tendance se manifeste de façon particulièrement inquiétante dans des cours de première année – obligatoires – pour lesquels certain·e·s professeur·e·s n’ont pas prévu un enseignement hybride qui permettrait aux étudiant·e·s d’assister à leurs cours tant en présentiel qu’à distance. Actuellement, ces étudiant·e·s n’auraient d’autre choix que de se retrouver avec parfois une centaine de personnes dans la salle de classe et de s’exposer à une situation&nbsp;«<em>risquée</em>» liée à la transmission de la COVID-19, a affirmé Sullivan.</p>



<p>Un sentiment majoritairement favorable à un enseignement hybride s’est effectivement manifesté lors d’une assemblée informelle d’étudiant·e·s en droit le 19 janvier, qui avait pour but de donner lieu à des «<em>conversations afin de planifier une réponse collective</em>», selon son facilitateur Samuel Helguero, un étudiant de troisième année. Environ 70 étudiant·e·s en droit ont participé à cette réunion virtuelle, qui se voulait un effort de démocratie directe en réponse au manque de consultation avec la communauté étudiante dont les organisateur·rice·s de la réunion accusaient McGill.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> «<em>L’enseignement hybride permet à des personnes comme moi de ne pas compromettre la qualité de leur éducation après avoir travaillé si fort pour étudier à cette Faculté</em>»</p><cite>Hailey Laxer, une étudiante en droit immunosupprimée</cite></blockquote>



<p>De nombreux·ses étudiant·e·s ont profité de l’assemblée informelle pour partager leur désaccord avec le retour en présentiel dès le 24 janvier et pour témoigner en faveur de l’enseignement hybride. «<em>Le retour à l’école n’aura pas lieu pour moi</em>», a affirmé Hailey Laxer, une étudiante immunosupprimée. «<em>L’enseignement hybride permet à des personnes comme moi de ne pas compromettre la qualité de leur éducation après avoir travaillé si fort pour étudier à cette Faculté</em>», a‑t-elle ajouté.&nbsp;</p>



<p>Selon Nicolas Kamran, un étudiant de deuxième année, «<em>l’enseignement hybride est la façon la plus conciliante d’aller de l’avant</em>». Reconnaissant l’existence de deux groupes – l’un qui ne se sent pas en sécurité sur le campus et l’autre qui tient à être présent en classe –, l’étudiant a affirmé que l’enseignement hybride était la seule façon réaliste de progresser sans «<em>aliéner l’un des deux camps</em>».&nbsp;</p>



<p>Le doyen de la Faculté de droit, Robert Leckey, considère qu’il n’a pas le pouvoir de contraindre les professeur·e·s à adopter la formule hybride. Lors de son assemblée publique<em> </em>du 21 janvier, il a souligné que, bien que les professeur·e·s aient l’obligation d’accommoder leurs étudiant·e·s à court terme pour des raisons reliées à la COVID-19 (infection, attente de résultats de test, symptômes, etc.), la forme de ces accommodements reste entièrement à leur discrétion en raison de «<em>l’autonomie et de l’indépendance</em>» dont jouissent les instructeur·rice·s de la Faculté de droit.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Bien que les avis exprimés lors de cette réunion formaient une voix plutôt unie en faveur d’un enseignement hybride et de meilleurs accommodements, le doyen a affirmé être heureux d’avoir entendu une “<em>diversité de points de vue</em>”»</p></blockquote>



<p>Lors de cette rencontre ayant réuni plus de 120 participant·e·s, le doyen s’est heurté à un mur d’opposition et à de vives critiques de la part des étudiant·e·s. Plusieurs voix se sont élevées pour exprimer leur «<em>frustration</em>», leur «<em>déception</em>» et leur «<em>embarras</em>» face aux positions de la Faculté. Bien que les avis exprimés lors de cette réunion formaient une voix plutôt unie en faveur d’un enseignement hybride et de meilleurs accommodements, le doyen a affirmé être heureux d’avoir entendu une «<em>diversité de points de vue</em>».&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Trucs, astuces, et le spectre d’une grève</strong></p>



<p>Dans les dernières semaines, l’AÉD a tenté de convaincre les professeur·e·s réfractaires à l’enseignement hybride de changer d’avis. La vice-présidente Affaires académiques Sullivan a rédigé des courriels à environ 16 membres du corps professoral à cet effet, et la moitié auraient depuis clarifié ou changé leur approche d’enseignement pour répondre aux demandes de l’AÉD. Plusieurs de ces professeur·e·s auraient révélé à Sullivan manquer d’aisance avec ces technologies et ne pas avoir reçu de soutien technique de la part de l’Université. L’AÉD a ainsi offert de l’aide au corps professoral à cet égard en élaborant une fiche de «<em>trucs et astuces</em>» concernant l’enseignement hybride réalisée avec des volontaires de la population étudiante.</p>



<p>L’assemblée informelle du 19 janvier aura aussi servi à discuter d’une stratégie pour forcer la main à la Faculté. Plusieurs ont défendu un refus d’assister aux cours en personne, y voyant une manière «<em>puissante</em>» de faire passer leur message. La vice-présidente Affaires académiques de l’AÉD a d’ailleurs ajouté qu’en réponse à la possibilité d’une grève, le Bureau des affaires étudiantes serait «<em>passé à l’action</em>» en vue d’aider l’AÉD à convaincre des professeur·e·s de changer leur manière de dispenser leurs cours.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Si l’administration change son fusil d’épaule […], nous n’aurons peut-être pas besoin de procéder</em>»</p><cite>Charlotte Sullivan, vice-présidente Affaires académiques de l’AÉD</cite></blockquote>



<p>L’assemblée informelle a finalement voté en faveur d’un boycott des cours en présentiel dès le 24 janvier, mais ce scrutin n’a aucune force contraignante: seule l’AÉD a le pouvoir de faire voter une grève dans les règles. Toutefois, comme l’a rappelé un étudiant de troisième année, rien n’empêche les étudiant·e·s «<em>de vivre en accord avec </em>[<em>leurs</em>]<em> valeurs</em>» jusqu’à ce qu’une telle action directe soit officiellement sanctionnée.</p>



<p>De son côté, l’AÉD a annoncé la tenue d’une assemblée générale spéciale le 28 janvier prochain afin de se conformer aux exigences de sa constitution pour enclencher un référendum sur un mandat de grève. Selon la vice-présidente Affaires académiques Sullivan, la balle serait dans le camp de l’administration: «<em>Si l’administration change son fusil d’épaule […], nous n’aurons peut-être pas besoin de procéder</em>», a‑t-elle révélé au <em>Délit</em>.</p>



<p><strong>Plaidoyer pour la santé mentale</strong></p>



<p>Bien que des efforts soient déployés par les étudiant·e·s en droit et leurs élu·e·s afin de garantir un enseignement hybride de qualité, la continuation des cours en ligne et le refus d’assister aux cours en personne ne font pas le bonheur de tous·tes.</p>



<p>Selon Andrea Pavaluca, étudiante de deuxième année, les mesures de confinement ont eu un «<em>impact dévastateur</em>» sur la santé mentale des étudiant·e·s. Durant l’assemblée informelle du 19 janvier, elle s’est prononcée contre l’idée d’une grève des cours en personne, une mesure qui «<em>perturberait</em>» son éducation et celle de ses collègues et qui s’ajouterait au «désespoir» et au «ressentiment» causés par des mois de cours en ligne. Lors du vote informel, Pavaluca a été la seule étudiante à voter contre le refus d’assister aux cours en personne dès le 24 janvier. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Lors du vote informel, Pavaluca a été la seule étudiante à voter contre le refus d’assister aux cours en personne dès le 24 janvier»</p></blockquote>



<p>En entretien avec <em>Le Délit</em>, Pavaluca a affirmé que le maintien des cours en ligne serait un retour «à la case départ» et donnerait l’impression que les sacrifices des deux dernières années auraient été «vains». Selon elle, le retour en présentiel constitue une&nbsp; forme de reconnaissance «des besoins sociaux et développementaux» des étudiant·e·s, «grand[·e·]s oublié[·e·]s de la pandémie».&nbsp;</p>



<p></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/les-etudiant%c2%b7e%c2%b7s-en-droit-preparent-une-greve/" data-wpel-link="internal">Les étudiant·e·s en droit préparent une grève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
