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	<title>Archives des 2021-12-01 - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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	<item>
		<title>« Partir, c’est mourir un peu »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/partir-cest-mourir-un-peu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mélina Nantel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 03:32:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prose d'idée]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[altérité]]></category>
		<category><![CDATA[géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Marc Augé]]></category>
		<category><![CDATA[mondialisation]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’exotisme comme poétique de la conscience.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/partir-cest-mourir-un-peu/" data-wpel-link="internal">« Partir, c’est mourir un peu »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Peut-être une de nos tâches les plus urgentes est-elle de voyager, éventuellement au plus proche de chez nous, pour réapprendre à voir»</p><cite>Marc Augé, <em>L’impossible voyage</em></cite></blockquote>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">La mondialisation étend désormais ses tentacules aux quatre coins du monde. Si les derniers siècles ont été ceux de grands voyages et d’explorations, où piller des territoires habités était le propre de « découvertes&nbsp;», motif suffisant pour prendre la route vers l’ailleurs, les temps modernes se sont dotés de moyens toujours plus efficaces afin de dépasser les frontières et pénétrer l’étendue du monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui voyage aujourd’hui n’a rien de l’explorateur d’antan. Le déplacement est devenu praticable par le plus grand nombre : on en a limité les aléas, les dangers, et la bonne circulation des individus est aseptisée par l’industrie touristique qui a pris d’assaut les espaces, veillant à les sécuriser et à les rendre plus accessibles que jamais. La mise en ordre touristique de la réalité offre à voir un « ailleurs&nbsp;» dorénavant construit. Pour le sociologue Rodolphe Christin, qui s’est intéressé à la tentation du voyage et aux ravages du tourisme dans son plus récent essai <em>La vraie vie est ici</em>, la « mise en production des paysages&nbsp;» orchestrée par le loisir touristique est un antivoyage qui décolore le monde en lui donnant des airs de parc d’attraction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le voyage et le tourisme sont-ils dissociables? Est-il encore possible de se défaire de l’emprise touristique – et de l’impératif capitaliste qui le gangrène – pour faire l’expérience d’un ailleurs? Pour le sociologue et essayiste, le voyage transcende le tourisme puisqu’au-delà du déplacement physique, il s’agit d’un acte de l’esprit, d’une certaine expérience du monde portée à la fois par la pensée et par le corps. Si l’industrie touristique met à mal cette expérience, il serait impératif de chercher à la sauver.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aux racines du voyage</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La tentation du voyage est enracinée en nous»</p><cite>Rodolphe Christin</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du déplacement physique, le voyage serait, selon Rodolphe Christin, une « mise à l’isolement volontaire », sorte «&nbsp;d’exil temporaire ». Cette distance subjective serait nécessaire pour aborder l’ailleurs en opposition à l’ici. « Partir, c’est mourir un peu », défend-il. Le voyage renfermerait cette inéluctable cassure entre le connu et l’inconnu, où l’on doit se défaire de l’un pour s’imprégner de l’autre. La logique de différenciation qui s’opère est inhérente au voyageur – alors que le touriste cherche à réaliser ses espérances, à expérimenter un ailleurs tel qu’il se l’imagine, le voyageur, lui, doit expérimenter la rupture et s’y adapter, forme d’intelligence permise à celui qui porte attention à l’existence.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La géopoétique comme mouvement&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre la sensibilité comme fondement du voyage, Rodolphe Christin invoque le concept de géopoétique, néologisme créé par le poète et penseur Kenneth White. Ce terme désigne une théorie-pratique qui vise à renouveler notre rapport avec le monde. Il s’agit de porter une sensibilité nouvelle et de développer la faculté à « jouir du cosmos », c’est-à-dire de s’exposer plus intrinsèquement à la grandeur du monde. Par la géopoétique, les horizons se multiplient, à l’intérieur autant qu’à l’extérieur de l’être. Henry David Thoreau, philosophe américain, explore lui aussi cette dimension. « L’homme n’est que le point où je suis placé et, de là, la vue est infinie », écrivait-il au 19<em>e</em> siècle. Pour mettre à l’épreuve son propre rapport au connu et sa capacité à s’imprégner de l’ailleurs, Thoreau s’isole, se mettant littéralement <em>à nu</em> dans les bois. Il souhaite ainsi « prendre ses distances sans s’éclipser », afin de se défaire des conditionnements culturels qui limitent selon lui l’évasion. Ces conditionnements étant inculqués dès la naissance, ils dominent l’espace psychique des individus et limitent les potentialités. Pour jouir de l’ampleur de l’existence, il conviendrait, selon Thoreau, «&nbsp;d’outrepasser le cercle fermé des codes sociaux » afin d’explorer le «&nbsp;champ des possibles de l’expérience humaine ». Cette transcendance est possible par la conscience pleine et entière du monde. Le dépouillement des contraintes morales, sociales ou religieuses s’accompagne pour le philosophe d’un dépouillement matériel et d’une réduction des désirs. Cet épurement rendrait alors possible la « recherche d’une vie plus ample ». L’expérience de la pensée qu’incarne Thoreau demande donc de transcender les cadres du connu pour faire l’expérience d’un ailleurs. L’exotisme, ici entendu comme le lieu lointain et distancié du connu, devient alors atteignable par la «&nbsp;poétique de la conscience provoquée par la rupture des cadres perceptifs habituels ».&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le voyage transcende le tourisme&nbsp;puisqu’au-delà du déplacement physique,&nbsp;il s’agit d’une certaine expérience du monde portée à la fois par la pensée et par le corps»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Penser l’altérité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pourquoi chercher cet exotisme ?, questionne Rodolphe Christin. Pour comprendre l’incitatif même du voyage, l’auteur s’intéresse aux écrits du philosophe Jean Duvignaud, pour qui le voyage est avant tout manière d’extase. L’« ex-tase », étymologiquement, demande à se tenir en dehors. Il y a là figure paradoxale : il faut sortir de soi pour atteindre, par le voyage, une forme d’initiation, une « possibilité de renaissance » tel que l’entend Duvignaud. « Pénétrons dans le voyage comme dans une matrice », car il y aurait, par la transposition des repères du quotidien, une conquête possible de l’humain que l’on devrait être. Sortir de soi pour devenir davantage ce que l’on est. « L’existence précède l’essence », nous disait l’existentialiste Jean-Paul Sartre, qui croyait que par l’expérience du monde, l’être se définit. Mais le voyage ne serait pas exclusivement une expérience existentielle, puisque l’individu approche l’inconnu à la fois en soi et au-dehors, défend Christin. Le voyage réconcilierait alors existentialisme et essentialisme, puisque la construction nouvelle de l’être, immergé dans le monde, s’additionne avec la conscientisation de son essence, préalable à son expérience dans le monde.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Alors que le touriste cherche à réaliser ses espérances, à expérimenter un ailleurs tel qu’il se l’imagine, le voyageur, lui, doit expérimenter la rupture et s’y adapter»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour réussir ce parcours initiatique, il conviendrait donc de sortir de chez soi, de pénétrer dans l’ailleurs. Mais dans une planète mondialisée, rares sont les espaces où l’altérité radicale perdure. On peut perpétuer nos habitudes aussi bien à Pékin qu’à Bali : les multinationales pullulent dorénavant aux endroits que l’on voudrait croire reculés. Le tourisme fait également pression sur les minces filets sociaux et écologiques des lieux qu’il accule. Le visiteur devient alors ce tout-puissant symptôme des temps modernes où les écarts entre riches et pauvres se creusent, les uns profitant goulument des espaces bientôt précarisés des autres.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Apprivoiser la connaissance&nbsp;du monde</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’ailleurs devient mondialisé, que reste-t-il de l’exotisme aujourd’hui? Rodolphe Christin aborde les écrits de Victor Segalen pour clarifier cette notion d’exotisme. Médecin de marine, archéologue et poète, Segalen considérait le rapport à l’ailleurs comme une expérience non seulement géographique, mais davantage intellectuelle et sensible. « L’exotisme est à la fois tributaire d’un état du réel, mais il dépend aussi de la sensibilité à saisir le caractère unique d’une existence ». Ce qu’il nomme « esthétique de la découverte » serait ainsi davantage une capacité qu’un lieu. Il faut savoir développer la notion du différent par la capacité à concevoir <em>autre</em>, qui résulterait en la connaissance du monde. L’exotisme, dès lors compris, englobe « ce qui échappe au connu, au déjà vécu », et demande une sensibilité originale capable de faire empreinte de cet ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour percevoir, sentir et penser l’altérité, Segalen prend appui dans l’écriture, qui l’aide à connaître et à cultiver son rapport au monde. Le voyage, comme l’écriture, devient pour lui un « art de connaître le monde ». C’est là que s’immiscent les soucis du détail, la pleine conscience des événements et la curiosité – ceux-là mêmes qui animent certains voyageurs à saisir le jour, dans ses plus grandes banalités, qui pour eux n’en demeurent pas puisque figées dans un cadre extérieur au connu. L’écriture permet alors d’approcher la différence par ce regard nouveau et renouvelé au monde, où la sensibilité est affinée. Nul besoin d’aller bien loin – cette expérience peut se vivre au pas de la porte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Voyager encore?&nbsp;</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Hors de son lieu, le voyageur se relocalise ailleurs, autrement»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sortir de l’accaparant lobby du tourisme et des ravages de celui-ci sur les sociétés, les environnements et les lieux qu’il prétend valoriser (l’étendue de la littérature scientifique publiée à ce sujet suffira à nous en convaincre), le voyageur moderne doit repenser son rapport à l’espace et à son propre environnement. Christin en appelle à la mise en œuvre d’une géopoétique qui marie contemplation et évasion – un renouveau de la perception du déplacement qui s’affirme comme « acte de la conscience » plutôt que comme mouvance physique. Un gage qui permettrait de prendre racine sans laisser de traces. De renouveler notre curiosité de découverte sans la corrompre par l’envie maladive de la piller. «&nbsp;Face aux déséquilibres qui nous menacent, réapprendre la vertu harmonieuse de la contemplation paraît salutaire. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Face aux déséquilibres qui nous menacent, réapprendre la vertu harmonieuse de la contemplation paraît salutaire»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Rita inventée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/rita-inventee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Florence Lavoie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 03:00:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[balzac]]></category>
		<category><![CDATA[biographie]]></category>
		<category><![CDATA[dramaturgie]]></category>
		<category><![CDATA[invention]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[narration]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<category><![CDATA[récit]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre de Quat'Sous]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45758</guid>

					<description><![CDATA[<p>Écrire le possible.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Œuvre toute récente de la dramaturge Isabelle Leblanc, <em>Rita au désert</em>, d’abord roman, est transposée sur les planches. La dramaturge propose un récit intrigant sur ce que la création permet. Sont noués les destins de Lucien Champion, chroniqueur sportif d’un hebdomadaire sans âme, et de Rita Houle, quinquagénaire dont le destin tourne lorsqu’elle est sélectionnée pour participer à un rallye automobile de 25 000 km à travers le désert de Gobi. C’est à travers la voix de Lucien, cependant, que nous est rendue l’histoire de Rita ; se déploie alors une tension entre ce qui s’est réellement passé et les histoires que l’on construit, que l’on aurait voulu voir se produire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor transporte le public dans une salle de presse étouffante, comme un huis clos – de par son aspect industriel, son éclairage blanc –, mais qui semble pourtant trop grande pour Lucien, qui s’y affaire seul avec ses idées de grandeur. Grand lecteur de Balzac, il rêve de dévoiler au monde ses talents de biographe et d’écrire de grandes fresques dignes de la <em>Comédie humaine</em>. Rita Houle devient alors l’occasion parfaite de mettre son talent à l’œuvre. <em>Rita au désert</em>, ainsi, se déploie comme le long récit des aventures de Rita, narré par Lucien. Seulement, les ambitions que ce dernier projetait à sa muse ne se réalisent pas tout à fait ; le public apprend, à la moitié de la pièce, que Rita a été disqualifiée, qu’elle ne s’est jamais rendue en Chine. Qu’y a‑t-il de vrai, alors, dans le récit qu’il nous livre? Quelle part est inventée?&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Se déploie alors une tension entre ce qui s’est réellement passé et les histoires que l’on construit, que l’on aurait voulu voir se produire»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entre réalité et fiction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Roger La Rue, dans le rôle de Lucien, livre une performance à couper le souffle. Il est seul sur scène pendant la majeure partie de la pièce ; c’est sur ses épaules que repose tout l’échafaudage dramatique. Alexandrine Agostini, qui incarne Rita, apparaît à la toute fin vêtue de sa combinaison et de son casque de pilote automobile. Cette figure semble davantage émerger des fantasmes de Lucien que de la réalité ; elle vient accompagner la tirade du biographe, en retrait, comme un personnage en périphérie de la réalité. Elle ne prend parole qu’à la fin : elle se met à chanter, puis à danser, dans une performance éthérée qui laisse perplexe. Le dénouement de la pièce s’étale un peu. À plusieurs reprises, des clés de lecture nous sont fournies, clés qui permettraient d’interpréter le nouage entre réalité et fiction tout en laissant un voile de mystère autour de ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Mais ce qui s’est réellement passé nous est expliqué, donnant tout au public et mettant fin à la pièce sur un goût doux-amer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Rita au désert</em> donne à voir la posture de celui·le qui n’a rien accompli et qui invente pour pallier le sentiment de non-accomplissement ternissant parfois les rêves qui n’ont pas été réalisés. Ainsi se déploie le pouvoir du·e la créateur·rice et la valeur des expériences qui sont rêvées plutôt que vécues, dans une tentative de « sauver ce qui n’a jamais existé » et de « faire que vive, quelque part, ce qui n’est jamais advenu », comme nous dit Isabelle Leblanc.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://quatsous.com/programmation/saison-2021-2022/rita-au-desert" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Rita au désert</a></em> est présentée jusqu’au 3 décembre au Théâtre de Quat’Sous.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Manifestation en solidarité&#160;avec la Première Nation Wet’suwet’en&#160;</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/manifestation-en-solidarite-avec-la-premiere-nation-wetsuweten/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Myriam Bourry-Shalabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 03:00:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Convergence des luttes anti-capitalistes (CLAC)]]></category>
		<category><![CDATA[Divest McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Fight Back Concordia]]></category>
		<category><![CDATA[Le projet Coastal GasLink (CGL)]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Première Nation Wet’suwet’en]]></category>
		<category><![CDATA[Students for Palestinian Human Rights McGill (SPHR McGill)]]></category>
		<category><![CDATA[TC Énergie]]></category>
		<category><![CDATA[Wet’suwet’en]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45745</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les Montréalais prennent la rue pour lutter contre la construction d’un gazoduc en Colombie-Britannique.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une longue lutte&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ça fait plus de deux ans maintenant, le 8 janvier 2019, que le projet de construction Coastal Gaslink a reçu une injonction pour faire intrusion sur le territoire Yintah » annonce Marlene Hale, une aînée Wet’suwet’en dans un discours de commencement prononcé le samedi 27 novembre dernier devant les immeubles de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), à l’occasion d’une manifestation contre le projet de construction d’un gazoduc en Colombie-Britannique. Le projet Coastal GasLink (CGL), proposé par TC Énergie, reliera les ressources naturelles au nord de la Colombie-Britannique au site de LNG Canada en construction à Kitimat. L’injonction émise par la Cour Suprême en 2019 interdit aux Wet’suwet’en de bloquer l’accès à la construction du projet gazoduc sur leur territoire ancestral et accorde à la GRC le droit d’exercer son autorité sur le territoire. Cette injonction, au cœur du conflit, témoigne de la rupture entre la tradition de droit autochtone et celle du système canadien.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="667" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Pancarte-manif-667x1000.jpg" alt class="wp-image-45749" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Pancarte-manif-667x1000.jpg 667w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Pancarte-manif-330x495.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Pancarte-manif-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Pancarte-manif.jpg 724w" sizes="(max-width: 667px) 100vw, 667px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/myriam-bourrishalabi/?media=1" data-wpel-link="internal">Myriam Bourry-Shalabi</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’hiver 2019, les chefs héréditaires Wet’suwet’en expriment leur opposition à la construction du gazoduc CGL, un projet qui traverse leur territoire ancestral en Colombie-Britannique. Un an plus tard, les cinq clans de la Première Nation ont émis un avis d’expulsion à l’endroit de la compagnie. Au mois de janvier 2020, après l’avis d’expulsion, 28 manifestants sont arrêtés. En février 2020, le gouvernement fédéral canadien et les chefs héréditaires entament une période de négociations. Un mois plus tard, une entente de principe est atteinte.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«M. le premier ministre, que sais-tu du ‘‘Wiggus’’, le mot Wet’suwet’en pour respect?»</em></p><cite><meta charset="utf-8">Marlene Hale</cite></blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/discours-1000x667.jpg" alt class="wp-image-45747" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/discours-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/discours-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/discours-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/discours-930x620.jpg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/discours.jpg 1086w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/myriam-bourrishalabi/?media=1" data-wpel-link="internal">Myriam Bourry-Shalabi</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La semaine dernière, à la suite d’<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1841043/gazoduc-wetsuweten-grc-territoire-autochtone-route" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une nouvelle vague</a> de manifestations et d’arrestations en Colombie-Britannique, les tensions entre peuples autochtones et gouvernement fédéral se sont de nouveau exacerbées. Plusieurs chefs des nations de la région, comme Gaagwiis Jason Alsop, président de la nation Haida, ont dénoncé <a href="https://thenarwhal.ca/wetsuweten-rcmp-solidarity-gitxsan/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’escalade du conflit</a> : « L’utilisation de force policière militarisée contre des personnes non armées ainsi que la suppression des communications et des médias sont une violation des droits humains », pouvait-on lire dans un communiqué publié le 20 novembre dernier. La nation Heiltsuk a également émis un communiqué quelques jours plus tard, affichant son soutien à la nation Wet’suwet’en dans la défense de son territoire et de son auto-détermination.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/defile-manif-1000x667.jpg" alt class="wp-image-45802" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/defile-manif-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/defile-manif-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/defile-manif-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/defile-manif-930x620.jpg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/defile-manif.jpg 1086w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/myriam-bourrishalabi/?media=1" data-wpel-link="internal">Myriam Bourry-Shalabi</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Déroulement de la manifestation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La manifestation a débuté par les discours de Marlene Hale et Eve Saint, deux représentantes de la nation Wet’suwe’ten. Dans sa déclaration, Hale reprenait les questions qu’elle avait posées au premier ministre Justin Trudeau lors d’une rencontre en 2019 : «<em>M. le premier ministre, que sais-tu du ‘‘Wiggus’’, le mot Wet’suwet’en pour respect? </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Marlene Hale a par ailleurs accusé le gouvernement fédéral d’avoir pris des décisions sans le consentement des chefs héréditaires, les détenteurs des titres et des droits ancestraux et représentants de la volonté des peuples autochtones. Eve Saint, la fille d’un chef héréditaire, a pris la parole à son tour afin de dénoncer la présence de la GRC à Yintah, le territoire des peuples Wet’suwet’en.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Shame, shame shame!</em>»</p><cite>Slogan scandé par les manifestants</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">À la suite des discours, les manifestants ont été guidés par Marlene Hale pour une marche dans les rues de Montréal. L’événement était organisé par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC). Des représentants du groupe étudiant Fight Back Concordia, de Students for Palestinian Human Rights McGill (SPHR McGill) et de Divest McGill étaient également parmi la foule. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Percussions-1000x667.jpg" alt class="wp-image-45748" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Percussions-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Percussions-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Percussions-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Percussions-930x620.jpg 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Percussions.jpg 1086w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/myriam-bourrishalabi/?media=1" data-wpel-link="internal">Myriam Bourry-Shalabi</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/manifestation-en-solidarite-avec-la-premiere-nation-wetsuweten/" data-wpel-link="internal">Manifestation en solidarité&nbsp;avec la Première Nation Wet’suwet’en&nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Payez 5$ pour continuer à lire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/payez-5-pour-continuer-a-lire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L&#39;équipe du Délit]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 02:43:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[abordabilité]]></category>
		<category><![CDATA[acces a l&#039;éducation]]></category>
		<category><![CDATA[information]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[paywalls]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tout au long de la pandémie, l’éducation aux médias a été essentielle : la propagation des fausses nouvelles, la méfiance à l’égard de la science et le manque de confiance envers les médias traditionnels ont donné lieu à un débat plus large sur l’importance de la pensée critique. Cependant, les solutions apparemment simples que plusieurs&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/payez-5-pour-continuer-a-lire/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Payez 5$ pour continuer à lire</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Tout au long de la pandémie, l’éducation aux médias a été essentielle : la propagation des fausses nouvelles, la méfiance à l’égard de la science et le manque de confiance envers les médias traditionnels ont donné lieu à un débat plus large sur l’importance de la pensée critique. Cependant, les solutions apparemment simples que plusieurs présentent – «&nbsp;informez-vous » ou «&nbsp;allez à l’école » – ne tiennent pas compte du coût d’une éducation supérieure ou de l’accès à une information impartiale et de qualité. La question de la désinformation est complexe, et les solutions inaccessibles font partie du problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les frais de scolarité continuent d’augmenter au Canada (<a href="https://www.mcgill.ca/student-accounts/tuition-fees/general-tuition-and-fees-information/tuition-increases#:~:text=Returning%20students%20can%20expect%20an,is%20no%20break%20in%20enrolment." target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">y compris ici, à McGill</a>), les familles à faible ou moyen revenu sont obligées de choisir entre ne pas avoir de dette et ne pas avoir de diplôme, ou avoir un diplôme et une dette à long terme. Les frais de scolarité ont augmenté régulièrement chaque année au cours <a href="http://www.rbc.com/economics/economic-reports/pdf/other-reports/Tuition_June2018.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">des trois dernières décennies</a>, et comme l’aide gouvernementale varie énormément d’une province et d’un territoire à l’autre, de nombreux étudiants potentiels ne peuvent pas se permettre de fréquenter l’université. Le ratio entre les prêts et les bourses dépend de chaque province, tout comme <a href="https://www.vice.com/en/article/vdxp9m/canadas-provincial-student-loan-systems-ranked-from-good-to-god-awful" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">les taux d’intérêt des prêts</a> : alors que Terre-Neuve-et-Labrador a complètement éliminé les prêts étudiants en faveur de bourses non remboursables, la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick, la Colombie-Britannique et l’Alberta ont toutes des taux d’intérêt préférentiels de 2,5 % pour leurs prêts.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de l’accessibilité et de l’abordabilité a un impact encore plus important sur les étudiants marginalisés. Les étudiants handicapés sont statistiquement <a href="https://www.utoronto.ca/news/canadians-disabilities-face-uncertain-financial-future-u-t-expert" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">plus pauvres</a> que la moyenne en raison des coûts liés à leur handicap, incluant le coût des médicaments, des aides à la mobilité, des soignants, et le coût pour pouvoir consulter des professionnels de la santé sans <a href="https://canadians.org/analysis/why-were-fighting-against-two-tiered-health-care" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">temps d’attente</a>, ainsi qu’à cause du manque de possibilités d’emploi. Les personnes autochtones, noires et de couleur (PANDC) sont souvent piégées dans des <a href="https://colourofpoverty.ca/wp-content/uploads/2019/03/cop-coc-fact-sheet-3-racialized-poverty-in-education-learning-3.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">cycles de pauvreté </a>en raison du racisme systémique, ce qui a un impact sur leurs taux d’obtention de diplôme d’études secondaires ainsi que sur leur capacité financière de suivre des études supérieures. En général, les jeunes des classes sociales plus pauvres et ceux dont les parents n’ont pas fait d’études supérieures sont <a href="https://www.studyinternational.com/news/parents-education-levels-affect-childrens-likelihood-attend-college-study/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">moins susceptibles</a> d’en compléter eux-mêmes. Même si les étudiants des classes inférieures fréquentent l’université, ils sont souvent en situation d’insécurité financière. Le coût des manuels scolaires requis peut les empêcher de suivre certains cours – selon l’AÉUM, environ <a href="https://ssmu.ca/resources/open-educational-resources/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">23,5 %</a> des étudiants de McGill considèreraient abandonner un cours en raison du coût du matériel didactique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même les formes plus informelles d’apprentissage – comme la consultation de sources d’information fiables – peuvent être soumises à des obstacles économiques. Au cours des dernières années, de plus en plus de journaux ont commencé à mettre en place des <em><a href="https://www.cbc.ca/news/business/newspaper-digital-paywall-revenue-2015-1.3384606" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">paywalls</a></em> (verrous d’accès payant) sur leurs sites web, qui demandent aux lecteurs de s’abonner ou de payer un frais pour accéder à leurs articles. Plus des <a href="https://mediaengagement.org/research/the-ethics-of-news-paywalls/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">deux tiers</a> des principaux journaux de l’Union européenne et des États-Unis utilisent désormais cette méthode – et cette proportion est en forte hausse depuis 2017. Bien que cela constitue un moyen efficace de financer le journalisme, une industrie qui a vu ses revenus diminuer continuellement au cours des dernières décennies, cette pratique restreint l’information de qualité aux personnes qui sont financièrement en mesure de se l’offrir. Cela finit par contraindre la partie de la population qui n’a pas les moyens de payer divers abonnements – qui est aussi la population la plus vulnérable aux théories du complot – à s’en remettre à des médias de moindre qualité et plus sensationnalistes, qui n’utilisent souvent pas de <em>paywalls</em>, ainsi qu’aux médias sociaux pour s’informer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«En tant qu’étudiants, nous devons faire pression sur notre institution pour rendre l’éducation plus accessible à tous»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Une tendance similaire peut être observée dans le monde de la recherche. Les grandes compagnies d’édition – telles que Springer Nature ou Elsevier, qui possède environ <a href="https://www.elsevier.com/about/this-is-elsevier" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">2 700</a> revues scientifiques – exigent des abonnements annuels pour accéder à leurs articles, qui peuvent coûter jusqu’à des milliers de dollars. La plupart des étudiants et des chercheurs peuvent consulter les articles par le biais de l’abonnement payé par leur université – mais pour les personnes en dehors de ces institutions, l’accès direct à la recherche scientifique est pratiquement impossible. De plus, l’argent dépensé pour ces abonnements ne sert pas à financer la recherche. Les scientifiques, ainsi que la plupart de ceux qui effectuent un processus de révision par les pairs, ne sont pas payés pour leurs contributions à ces revues – ils doivent en fait <a href="https://www.enago.com/academy/category/beyond-publishing/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">payer des frais</a> pour soumettre et publier leurs recherches – et la recherche elle-même est en grande partie financée par les contribuables. Les frais d’abonnement servent plutôt à financer les bénéfices toujours croissants des sociétés d’édition et de leurs actionnaires – en 2018, Elsevier a réalisé plus du <a href="https://www.vox.com/the-highlight/2019/6/3/18271538/open-access-elsevier-california-sci-hub-academic-paywalls" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">double</a> du bénéfice net de Netflix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d’abord, en tant qu’étudiants, nous devons faire pression sur notre institution pour rendre l’éducation plus accessible à tous. Ce sera bientôt le 10<em>e</em> anniversaire de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1016231/cinq-ans-printemps-erable-droits-scolarite-greves-etudiants" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la grève étudiante de 2012</a>, la plus longue de ce type de l’histoire du Québec et du Canada. Avec l’augmentation générale des actions de grève à l’échelle mondiale au cours de <a href="https://www.mcgilldaily.com/2021/10/we-have-nothing-to-lose-but-our-grains/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la dernière année</a>, une tendance forte se dessine. Il faut se battre pour une baisse des frais de scolarité, de meilleures options d’aide financière et davantage de possibilités de subventions et de bourses (avec une priorité accordée aux étudiants marginalisés).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième problème est celui de la hiérarchie des institutions coloniales. L’université est généralement considérée comme d’une plus grande valeur et plus intellectuelle, tandis que les formes libres d’éducation et les systèmes de connaissance non coloniaux sont <a href="https://www.macleans.ca/society/how-western-science-is-finally-catching-up-to-indigenous-knowledge/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">méprisés et rejetés</a>. En tant qu’étudiants universitaires, nous devons contribuer à démanteler cette idée de supériorité de l’université et soutenir les connaissances alternatives et les ressources libres pour faciliter l’amélioration de nos communautés. À l’échelle locale, la <a href="https://qpirgmcgill.org/alternative-library/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">bibliothèque</a> de ressources alternatives de QPIRG McGill « fournit des livres, des périodiques, des médias et des zines difficiles à trouver » et « favorise le développement personnel et le renforcement de la communauté par le partage et la préservation de diverses formes de connaissances ». Le nouveau siège du <a href="https://ccmp-mpcc.com/en/home/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Comité des citoyens de Milton Parc</a>, situé au 3516, avenue du Parc, dispose d’un espace bibliothèque accessible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ligne, il existe de nombreux moyens de contourner et de supprimer les <em>paywalls</em> ou d’accéder à l’information d’une autre manière. <a href="https://12ft.io/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">12ft.io</a> est un service qui supprime les <em>paywalls</em> sur les sites d’information et les magazines : il suffit de taper une URL pour avoir accès au texte intégral. <em><a href="https://sci-hub.mksa.top/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Sci-hub</a></em> fonctionne de manière similaire, en contribuant spécifiquement à améliorer l’accès aux documents scientifiques et académiques. <em><a href="https://libgen.is/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Library Genesis</a></em> est un site de partage de fichiers pour les livres d’intérêt général et les manuels scolaires. <em><a href="https://z-lib.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Z‑Library</a></em> est une grande bibliothèque parallèle, qui contenait 9 335 968 livres et 84 837 646 articles en date du 26 novembre. Le partage de ces ressources est essentiel pour éliminer les obstacles économiques à l’information et réduire la présence et la circulation de fausses informations en ligne.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/payez-5-pour-continuer-a-lire/" data-wpel-link="internal">Payez 5$ pour continuer à lire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>COVID-19 : variant omicron, nouvelle source d’inquiétude</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/covid-19-variant-omicron-nouvelle-source-dinquietude/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Natacha Papieau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 02:36:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[annonce du Québec]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[état d&#039;urgence]]></category>
		<category><![CDATA[omicron]]></category>
		<category><![CDATA[OMS]]></category>
		<category><![CDATA[vacances]]></category>
		<category><![CDATA[variant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tout ce qu’il faut savoir sur le nouveau variant.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/covid-19-variant-omicron-nouvelle-source-dinquietude/" data-wpel-link="internal">COVID-19 : variant omicron, nouvelle source d’inquiétude</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 24 novembre dernier, le premier cas d’un nouveau variant du coronavirus, B.1.1.529, était rapporté à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) par l’Afrique du Sud. À peine deux jours plus tard, le 26 novembre, le variant était nommé selon la 15<em>e</em> lettre de l’alphabet grec, Omicron. Voici un petit résumé de ce que nous savons sur ce variant qui préoccupe l’OMS et bien des pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Connaît-on le patient zéro?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier cas confirmé du variant proviendrait d’un spécimen du virus récolté <a href="https://www.who.int/news/item/26-11-2021-classification-of-omicron-(b.1.1.529)-sars-cov-2-variant-of-concern" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le 9 novembre 2021</a>. Il faut dire qu’au cours des dernières semaines, la situation épidémiologique en Afrique du Sud a été caractérisée par plusieurs pics dans le nombre de cas, dont le dernier est largement attribué au variant Delta. Ce n’est que fin novembre que le constat d’un nouveau variant est tombé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment se compare Omicron aux autres variants connus?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu de choses sont établies sur la transmissibilité ou la virulence du variant Omicron. Toutefois, l’OMS a classé le variant comme étant « préoccupant », la <a href="https://www.bbc.com/afrique/monde-59443629?fbclid=IwAR0DMaVoc9pj1KMlgSpMMbhpWa0nOnLRtkQ2FbICHdocf_6iFSAwo2jibHE" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">catégorie d’alerte</a> la plus élevée. De plus, elle indique que le risque de réinfection pourrait être plus important avec Omicron qu’avec les autres variants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deux doses de vaccin sont-elles&nbsp;suffisantes pour nous en protéger?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains scientifiques ne s’attendent pas à ce que le variant soit complètement différent du coronavirus contre lequel les vaccins ont été créés ; par contre, d’autres s’inquiètent du nombre extrêmement élevé de mutations. <a href="https://www.cnn.com/2021/11/26/health/omicron-variant-what-we-know/index.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Plusieurs compagnies pharmaceutiques</a> ont d’ailleurs commencé à tester l’efficacité de leur vaccin contre le nouveau variant, ainsi que la possibilité d’une troisième dose en guise de protection additionnelle. Il faudra cependant attendre quelques semaines pour connaître les résultats des premières études sur la question.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Québec ferait une annonce sur les nouvelles mesures sanitaires la semaine prochaine, vers le 6&nbsp;décembre»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quels sont les pays touchés par le variant Omicron?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2021/11/28/deux-premiers-cas-du-variant-omicron-au-canada" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Canada</a>, les <a href="https://www.ctvnews.ca/health/coronavirus/more-omicron-cases-pop-up-as-world-rushes-to-learn-more-1.5684551" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Pays-Bas</a>, l’Australie,&nbsp;la <a href="https://www.theguardian.com/world/2021/nov/27/two-cases-of-omicron-covid-variant-identified-in-uk" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Grande-Bretagne</a>, la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, le Danemark, l’Afrique du Sud, le Botswana, Hong Kong et Israël ont <a href="https://www.lapresse.ca/covid-19/2021-11-28/le-variant-omicron-est-arrive-au-canada.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déjà confirmé</a> des cas du variant au sein de leur population. L’Afrique du Sud reste toutefois le pays le plus touché pour le moment.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En tant qu’étudiant international, serais-je en mesure de revenir au Canada après les vacances d’hiver?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour limiter l’entrée du variant Omicron au Canada, <a href="https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-8534748/variant-omicron-ottawa-impose-mesures" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Ottawa</a> a annoncé une série de mesures. Par exemple, les citoyens étrangers en provenance de l’Afrique du Sud et des pays voisins (Mozambique, Botswana, Zimbabwe, Lesotho, Eswatini, Namibie) sont interdits d’entrée, tandis que les Canadiens et résidents permanents arrivant de ces pays doivent se soumettre à un test de dépistage et s’isoler préventivement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au moment où cet article a été écrit, rien n’était décidé pour les voyageurs des autres pays. Cependant, l’Europe est actuellement touchée par une cinquième vague, poussant plusieurs pays européens à imposer de nouveau certaines restrictions. De plus, le vendredi 26 novembre, la gouverneure de l’État de New York a déclaré l’<a href="https://www.nytimes.com/live/2021/11/27/world/covid-omicron-variant-news#new-york-governor-declares-a-state-of-emergency-in-anticipation-of-new-coronavirus-surge" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">état d’urgence</a> en raison de la hausse des cas de COVID-19 et de la menace posée par le variant Omicron. Lundi, le <a href="https://www.ledevoir.com/societe/sante/650595/omicron-reunion-d-urgence-des-ministres-du-g7-a-londres" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Royaume-Uni</a> a aussi annoncé une réunion d’urgence avec les ministres de la Santé des pays du G7 pour discuter de l’évolution de la situation liée à ce nouveau variant.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/covid-19-variant-omicron-nouvelle-source-dinquietude/" data-wpel-link="internal">COVID-19 : variant omicron, nouvelle source d’inquiétude</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Retour sur la pandémie, regard vers l’avenir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/retour-sur-la-pandemie-regard-vers-lavenir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Bédard-Gagnon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 02:26:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[désinvestir]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[Suzanne Fortier]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45738</guid>

					<description><![CDATA[<p> La principale Suzanne Fortier en entrevue avec les médias étudiants.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/retour-sur-la-pandemie-regard-vers-lavenir/" data-wpel-link="internal">Retour sur la pandémie, regard vers l’avenir</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 24 novembre dernier, les médias étudiants de l’Université ont été invités à une table ronde pour poser leurs questions à la principale et vice-chancelière de McGill Suzanne Fortier et au premier vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante) Fabrice Labeau. Le McGill post-COVID-19 et le rôle environnemental de l’Université ont été abordés au cours de l’entrevue qui a duré 45 minutes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Leçons de pandémie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La pandémie de COVID-19 représente un défi de taille pour McGill, selon Suzanne Fortier, qui a défendu la centralisation de la gouvernance au cours des derniers mois. Elle a notamment affirmé que la gestion d’une crise au niveau institutionnel exige de renoncer à un modèle totalement démocratique en échange d’une plus grande efficacité. Abandonnant en partie le modèle collégial de gouvernance, qui préconise le consensus et la consultation, McGill aurait plutôt opté pour des comités de crise constitués d’expert·e·s dévoué·e·s. La principale constate également que le gouvernement québécois a lui aussi particulièrement fait preuve d’autocratie pendant la pandémie. À propos du couvre-feu, elle a au passage affirmé que même la crise d’Octobre n’avait pas donné lieu à des mesures aussi radicales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La principale demeure tout de même réticente à exiger une preuve de vaccination adéquate pour toutes les activités d’enseignement. Pour l’instant, a déclaré Fabrice Labeau, la situation sanitaire du Québec ne justifie pas de restreindre les droits et libertés de cette manière. L’Université voulant toutefois suivre les indications du gouvernement provincial, les autres mesures resteront en vigueur tant que les enfants de cinq à onze ans ne seront pas vaccinés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre ses conséquences néfastes, la pandémie aurait présenté son lot d’opportunités aux yeux de la principale. Les mesures de confinement coïncident avec le 200<em>e</em> anniversaire de l’Université. À l’occasion du bicentenaire, l’administration examinait déjà la possibilité de dispenser de plus en plus de cours en ligne. Ceux-ci offriraient une grande flexibilité en ce qui concerne les horaires des étudiant·e·s, facilitant ainsi l’implication communautaire. La pandémie aura donc été une occasion de mettre ces modèles d’enseignement à l’épreuve.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Même pendant la fameuse crise d’Octobre, ce n’était pas si pire»&nbsp;</p><cite><meta charset="utf-8">Suzanne Fortier</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Désinvestir, réinvestir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogée par le <em>Bull &amp; Bear</em> au sujet de l’environnement, Suzanne Fortier a qualifié de «&nbsp;déterminée&nbsp;» la <a href="https://www.mcgill.ca/sustainability/files/sustainability/mcgillclimatesustainability2025_-_reduced.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Stratégie</a> climat et développement durable 2020–2025 de McGill, qui prévoit que l’institution parvienne à la cible de zéro émissions nettes d’ici 2040. Elle a également affirmé qu’un nouveau cours crédité et disponible à tous·tes sera établi au cours de la session au sujet du développement durable. Quant au désinvestissement, la principale et vice-chancelière soutient que les actifs mcgillois, qui totalisent environ deux milliards de dollars, sont graduellement réinvestis dans des fonds environnementaux. Pour l’instant, des ententes passées avec certains fonds contraindraient toutefois l’Université à préserver et à agrandir certains de ses placements dans des entreprises plus polluantes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En somme, Suzanne Fortier ne considère pas que McGill soit délinquante en la matière. À l’heure actuelle, moins d’un pourcent des actifs universitaires seraient investis dans les 200 entreprises les plus polluantes au monde. Cette proportion devrait encore diminuer au cours des prochaines années, affirme-t-elle.</p>
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		<title>Entre prestige et précarité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/entre-prestige-et-precarite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louise Toutée]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 17:14:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[apprentissage]]></category>
		<category><![CDATA[assistants de recherches]]></category>
		<category><![CDATA[Association des étudiant·e·s diplômé·e·s employé·e·s de McGill (AÉÉDEM)]]></category>
		<category><![CDATA[auxiliaire d&#039;enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[flexibilité]]></category>
		<category><![CDATA[horraire]]></category>
		<category><![CDATA[manque de reconnaissance]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[précarité]]></category>
		<category><![CDATA[Salaires]]></category>
		<category><![CDATA[travail stimulant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Portrait du travail étudiant en milieu universitaire.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le milieu de la recherche et de l’enseignement universitaires grouille d’employés qui sont également étudiants. Ils assistent les professeurs dans leur recherche, dans la préparation de leurs cours ou dans la correction d’examens, en plus de faire du tutorat ou de surveiller les évaluations. Ils sont bien souvent indispensables au bon fonctionnement de plusieurs volets de la vie académique, et, ce faisant, travaillent à rendre le savoir plus accessible. <em>Le Délit </em>a voulu savoir si leur importance se reflète dans leurs conditions de travail et leur salaire. Portrait d’un milieu formateur pour les étudiants, mais qui cache cependant de nombreuses failles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’assistanat de recherche&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les emplois d’assistants de recherche sont nombreux à McGill, tant pour les étudiants de premier cycle que pour ceux des cycles supérieurs. Ils permettent aux étudiants de mettre un pied dans l’univers de la recherche académique et de travailler avec des sommités dans leurs domaines. Toutefois, c’est un travail peu encadré par l’Université.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des salaires qui manquent&nbsp;de régularité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Alexe*, étudiante de troisième année de baccalauréat, le salaire de 16$/heure qu’elle touche comme assistante de recherche ne reflète pas le travail accompli ni son niveau d’étude. « On m’a dit que c’était le salaire minimum pour le poste que j’occupe. Considérant la pénurie de main‑d’œuvre et la complexité de la tâche que j’accomplis, je trouve que, comparativement à certains de mes amis qui occupent un poste de premier échelon qui ne requiert pas d’expertise particulière, mon travail n’est pas bien rémunéré », nous raconte-t-elle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même son de cloche pour Félix*, finissant au premier cycle qui travaille depuis deux ans dans un centre de recherche universitaire mcgillois. « J’aime mon travail, mais je n’ai eu droit qu’à une augmentation de salaire de 0,50$/heure depuis que j’ai commencé. À l’heure actuelle, je suis rémunéré à un taux horaire de 16$.&nbsp;» L’étudiant occupe également depuis deux ans un poste très similaire dans une université ontarienne. Cependant, il y touche un salaire de 25$/heure, soit 56% plus élevé que son salaire mcgillois. Selon lui, « l’assistanat de recherche est un travail valorisant, mais disons qu’un salaire qui reflète mieux tes compétences et ton expérience est une source de motivation et de valorisation supplémentaire ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces écarts de salaire ne surprennent pas Sean Cory, président de l’Association des employés de recherche de l’Université McGill (AERUM). En effet, le salaire minimum des assistants de recherche de McGill est beaucoup plus bas que dans d’autres établissements. À Concordia, par exemple, le minimum est de près de 28$/heure. « C’est en partie dû au fait que notre syndicat est relativement jeune, explique-t-il. On fait des gains avec le temps, et nous avons encore beaucoup de retard à rattraper. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’étudiant occupe également depuis deux ans un poste très similaire dans une université ontarienne. Cependant, il y touche un salaire de 25$/heure, soit 56% plus élevé que son salaire mcgillois»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Alexe, le faible salaire est en partie justifié par l’opportunité qu’offre l’emploi de pouvoir travailler dans le monde universitaire et de se faire des contacts. «&nbsp;La réflexion que j’ai, c’est que le prestige de la tâche ainsi que le privilège de travailler avec un professeur et de l’indiquer sur ton CV sont une partie implicite de la rémunération. Le contrat de travail sous-entend que si tu as besoin d’une lettre de recommandation, le professeur pour qui tu travailles va pouvoir t’en écrire une. » Selon elle, ces avantages hypothétiques ne compensent cependant pas le fait d’être mal payé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet aspect implicite du salaire d’assistant de recherche, Olivia*, étudiante de troisième année en médecine, y connait quelque chose. Depuis le début de ses études dans ce programme, elle a occupé trois postes d’assistante de recherche différents, dont deux n’étaient pas rémunérés. « En médecine universitaire, la majorité des postes de recherche pour étudiants ne sont pas payés. Les gens s’impliquent certes par intérêt, mais aussi pour se faire des contacts dans le milieu et pour avoir une chance de publier. Si tu veux pouvoir poursuivre tes études dans une spécialité, il est préférable d’avoir publié dans ce domaine. Les chercheurs ne manquent donc pas de bénévoles pour les assister », explique-t-elle. L’étudiante affirme être d’avis que tout travail mérite salaire ; cependant, elle estime que le bénévolat en recherche est une pratique bien ancrée dans les mœurs qui a peu de chances de changer. « C’est comme ça que le système est fait.&nbsp;» &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ariane*, une assistante de recherche également étudiante au baccalauréat, juge juste son salaire de 19$/heure. « Chaque professeur détermine comme il le veut le salaire de ses assistants de recherche, mais celui pour qui je travaille le fait de manière très claire en fonction de l’ancienneté et du niveau d’études de l’étudiant. » L’étudiante mentionne avoir la chance d’avoir un employeur qui fait la promotion de la santé mentale et respecte les limites de ses étudiants. Cependant, en l’absence de normes claires de McGill, elle ignore si ses collègues sont protégés si leur employeur est moins conciliant. «&nbsp;J’ai des amis qui sont moins payés que moi alors qu’ils ont plus d’années d’éducation. C’est sûr que les salaires sont tributaires du financement que les divers projets de recherche reçoivent, mais ça demeure injuste qu’à travail égal, les assistants de recherche soient payés différemment en fonction du professeur pour qui ils travaillent », explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Alexe et Ariane, un plus grand encadrement des salaires serait nécessaire de la part de McGill afin d’assurer une plus grande équité entre les assistants de recherche. Cette constatation est partagée par Élisabeth*, qui en est à son deuxième baccalauréat et qui œuvre dans le milieu académique depuis plusieurs années. « On ne sait jamais quel salaire nos collègues touchent, dit-elle. Il faudrait que des critères soient établis pour que tous soient payés équitablement en fonction de divers facteurs, comme le niveau d’études et l’expérience. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«[Ç]a demeure injuste qu’à travail égal, les assistants de recherche soient payés différemment en fonction du professeur pour qui ils travaillent&nbsp;»</p><cite><meta charset="utf-8">Ariane*, assistante de recherche</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Sean Cory de l’AERUM, la lutte contre ce manque d’encadrement est ardue. À McGill, à part le minimum défini par le syndicat, le salaire des assistants de recherche dépend entièrement du professeur. « <em>Sous la Charte québécoise des droits de la personne, si deux personnes faisaient le même travail et avaient la même expérience mais étaient payées différemment, il y aurait des motifs de plainte au niveau des droits de la personne. Mais il faudrait qu’elles travaillent vraiment côte à côte.</em> » Quand on compare des assistants issus de différents laboratoires ou départements, explique-t-il, réclamer une équivalence de salaire est compliqué, puisqu’ils n’accomplissent pas exactement le même travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un nombre d’heures flexible, mais difficile à prédire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré son salaire qu’elle juge insuffisant, Alexe est généralement satisfaite des conditions de travail liées à son emploi d’assistante de recherche. « C’est sûr que certaines semaines sont plus occupées, notamment quand il faut faire des révisions de dernière minute après qu’un article ait été sélectionné pour la publication. Mais généralement, je peux travailler de la maison, je peux choisir mes horaires, et je peux limiter mon nombre d’heures de travail par semaine.&nbsp;» L’étudiante raconte néanmoins que, bien que son employeur respecte sa limite d’heures, les tâches requises prennent parfois plus de temps à accomplir que le nombre d’heures hebdomadaires prévues à son contrat. « Je me trouve parfois à me poser la question à savoir si c’est moi qui ne travaille pas assez vite ou si on m’a imposé trop de travail. J’ai alors le réflexe de revoir à la baisse le nombre d’heures que je vais facturer à mon employeur. Je ressens une sorte de syndrome de l’imposteur », nous explique-t-elle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ariane reconnaît aussi avoir parfois revu à la baisse le nombre d’heures facturées à son employeur de peur de ne pas avoir été assez efficace. «&nbsp;C’est le problème qui vient avec la rémunération à l’heure » dit-elle. Toutefois, c’est un problème qui se présente rarement. En effet, alors qu’Alexe dépasse souvent le nombre d’heures hebdomadaires minimales prévu à son contrat, Ariane fait parfois face au problème inverse. On lui a offert un contrat avec un nombre préétabli d’heures de travail par semaine, mais il lui arrive de ne pas avoir assez de travail pour les compléter. « Ce n’est pas nécessairement facile d’évaluer le nombre d’heures que tu devras travailler par semaine ainsi que le nombre d’heures que la tâche te prendra. Lors de ma première année comme assistante de recherche, j’ai trouvé ça difficile parce que j’ai établi mon budget en fonction du nombre d’heures hebdomadaires prévues à mon contrat, mais en réalité, ce nombre d’heures fluctue beaucoup. Ça vient avec un bon côté : je peux ne pas travailler lors des fins de session ou lorsque j’ai un gros travail à remettre. Financièrement, je m’en sors en travaillant l’été, mais pendant l’année, si j’avais juste la recherche comme source de revenu, ça ne fonctionnerait pas pour payer le loyer. »&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Beaucoup d’étudiants diplômés ainsi qu’un tiers des chercheurs postdoctoraux ont des contrats de moins de six mois, bien qu’ils s’attendent à passer plusieurs années à McGill»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les assistants de recherche sont nombreux à être dans cette situation. Selon Sean Cory, c’est un des problèmes qui vient avec le fait d’avoir un nombre d’heures variable plutôt que fixe. «&nbsp;<em>Un étudiant peut compter sur ce revenu, puis le professeur perd de l’intérêt envers le projet ou n’est pas capable de lui donner assez de travail. Imaginez si l’étudiant avait refusé un autre emploi pour prendre celui-là ; il pourrait se retrouver coincé sans salaire au milieu du semestre, quand il y a beaucoup moins d’opportunités de trouver un nouveau poste. Tout cela contribue à la précarité de ce poste</em>&nbsp;» conclut-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre aspect de cette précarité, surtout pour les étudiants des cycles supérieurs, est la courte durée des contrats. Beaucoup d’étudiants diplômés ainsi qu’un tiers des chercheurs postdoctoraux ont des contrats de moins de six mois, bien qu’ils s’attendent à passer plusieurs années à McGill. Selon Sean Cory, beaucoup de professeurs donnent initialement des contrats très courts qu’ils utilisent comme sorte de période probatoire. «&nbsp;<em>Ils </em><em>se disent, “Je veux voir comment cette personne travaille, et si elle ne se donne pas à 110 %, je ne renouvellerai simplement pas le contrat”.</em>&nbsp;» Cela signifie que plusieurs assistants de recherche voient leur emploi se terminer de façon inattendue et qu’il leur est difficile de prévoir leurs revenus futurs. «&nbsp;<em>Vivre dans l’incertitude, ça pèse sur les gens</em>, témoigne Sean Cory. <em>La durée du contrat devrait être le reflet du travail à accomplir pour un projet particulier, plutôt que d’être raccourcie artificiellement dans le seul but de donner aux </em><em>professeurs la possibilité de ne pas le renouveler</em>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un travail stimulant, mais qui manque de reconnaissance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexe aime l’univers des possibles qu’offre la recherche universitaire. Elle peut choisir avec quel professeur elle veut travailler en fonction des champs de recherche. Cela lui permet de travailler des sujets auxquels elle ne toucherait pas nécessairement dans ses classes ou auprès d’un employeur situé hors du monde universitaire. Elle aimerait cependant obtenir plus de reconnaissance pour son travail. « Certains professeurs vont vraiment travailler de pair avec leur étudiant et lui accorder le titre de coauteur lors de la publication de la recherche. Ça donne vraiment des outils de carrière intéressants. » Dans son cas, cependant, Alexe raconte qu’elle est une note de bas de page. Elle peut le mentionner dans son CV, explique-t-elle, mais cela ne lui donne pas la même reconnaissance. « Ça peut être correct si ta tâche consiste juste à faire des notes de bas de page, ou encore des mandats de recherche simples où on ne fait que résumer les publications scientifiques sur une question particulière. Dans mon cas, on me demande de proposer des réformes, d’élaborer la structure des articles publiés&nbsp;; je contribue à l’essence de l’article. Parfois, je me dis que je pourrais être en train de faire cette recherche pour moi-même.&nbsp;» Selon elle, la reconnaissance de cet aspect créatif de la recherche n’est pas suffisant, ce qui limite les possibilités d’avancement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a bel et bien une politique sur les droits d’auteur dans la convention collective de l’AERUM. Elle stipule que le statut de coauteur doit être donné à tous ceux qui ont fait « d’importantes contributions académiques » à un article. Cependant, Cory explique que cela laisse beaucoup de liberté d’interprétation aux professeurs. Certains professeurs sont plus généreux que d’autres avec la mention d’auteur. D’autres mettent plutôt les contributeurs dans la section des remerciements&nbsp;; mais « personne ne devrait être automatiquement relégué à cette section parce qu’ils sont étudiants. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/ENQUETE@LeaBourget-1000x667.jpg" alt class="wp-image-45838" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/ENQUETE@LeaBourget-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/ENQUETE@LeaBourget-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/ENQUETE@LeaBourget-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/ENQUETE@LeaBourget-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/ENQUETE@LeaBourget-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/ENQUETE@LeaBourget-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/ENQUETE@LeaBourget-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/lea-bourget/?media=1" data-wpel-link="internal">Léa Bourget</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le travail d’auxiliaire d’enseignement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le manque de régulation salariale n’affecte pas que les postes d’assistant de recherche : selon Mario Roy, président du syndicat de l’Association des étudiant·e·s diplômé·e·s employé·e·s de McGill (AÉÉDEM), le financement du travail étudiant aux cycles supérieurs présente le même problème. « Il n’y a aucune régularité dans le financement. Personne ne sait si son financement est bon comparé aux autres&nbsp;: il n’y a pas de documents disponibles, sauf si on fait des sondages,&nbsp;» explique-t-il en entrevue avec <em>Le Délit</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque les étudiants aux cycles supérieurs acceptent leur offre d’admission à McGill, ceux-ci se font offrir du financement selon le budget de la faculté ou de McGill, mais ils n’ont pas leur mot à dire sur le montant. De plus, l’offre inclut un mélange de financement direct et de salaire, la plupart du temps pour des postes d’auxiliaires d’enseignement. Pour l’AÉÉDEM, dont le deux-tiers des membres occupent ce poste, cette situation est problématique. « Lorsqu’on négocie en tant que syndicat pour augmenter le salaire des auxiliaires d’enseignement, les gains faits à ce niveau vont souvent être annulés par une diminution du financement, explique Mario Roy. Donc si un étudiant diplômé est supposé recevoir 20&nbsp;000$ au total, lorsqu’on négocie pour augmenter son salaire, son financement direct sera réduit et son financement total va rester le même. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le salaire des auxiliaires d’enseignement à McGill est d’environ 30$/heure. Dans les 15 meilleures universités du Canada du classement Maclean’s, huit d’entre elles rémunèrent mieux leur auxiliaires d’enseignement que McGill, qui se situe pourtant en tête du classement académique. De plus, ce salaire ne reflète souvent pas fidèlement l’ampleur du travail effectué. La plupart des auxiliaires d’enseignement sont payés par contrat pour un nombre d’heures fixe par semestre. Des données de l’AÉÉDEM révèlent cependant qu’en 2018, près de la moitié des auxiliaires d’enseignement ont travaillé plus d’heures que ce qui était prévu à leur contrat.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le salaire des auxiliaires d’enseignement à McGill est d’environ 30$/heure. Dans les 15 meilleures universités du Canada du classement Maclean’s, huit d’entre elles rémunèrent mieux leur auxiliaires d’enseignement que McGill, qui se situe pourtant en tête du classement académique»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Dongliang Sheng, un étudiant de troisième année de doctorat de la Faculté de gestion Desautels, a été très souvent témoin de ce genre de situation. «&nbsp;<em>C’est extrêmement irritant, </em>témoigne-t-il<em>. Non seulement cela nous donne le sentiment de ne pas être payé pour notre travail, mais en plus cela peut causer des conflits entre les différents auxiliaires.</em>&nbsp;»&nbsp; Il raconte par exemple que dans un des cours qu’il supervise actuellement, ils ne sont que deux auxiliaires pour 300 étudiants. Dans ce genre de cas, les auxiliaires essayent d’habitude de séparer la surcharge de travail de façon équitable – mais cela oblige chaque auxiliaire à travailler davantage que ce que stipule son contrat. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour plusieurs, la pandémie a aggravé cette situation. Steven*, un auxiliaire d’enseignement dans un cours de psychologie, explique que la taille du cours qu’il supervise a augmenté avec le passage en ligne, et le nombre d’auxiliaires d’enseignement est souvent insuffisant pour la charge de travail. «<em>&nbsp;Quand il y a quatre ou cinq travaux dans la session et que chaque auxiliaire doit corriger une centaine de copies, tout en devant assurer la remise de leurs propres travaux académiques, cela devient intense</em>&nbsp;», témoigne-t-il. Dans un certain cours, un travail prévu dans le plan de cours a même été annulé : en effet, si les auxiliaires avaient dû le corriger, cela les aurait amenés à dépasser la limite d’heures dans leur contrat, et ils n’auraient pas pu corriger l’examen final.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«En 2018, 86% des auxiliaires n’avaient pas été payés pour le travail supplémentaire qu’ils avaient effectué»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Dongliang Sheng, ce problème est dû en partie au fait que ce n’est pas le professeur qui détermine le nombre d’heures indiqué dans le contrat des auxiliaires d’enseignement. «&nbsp;<em>Mon expérience, c’est qu’à partir du moment où un professeur décide d’embaucher, tout le processus administratif est pris en charge par le département des ressources humaines, et le professeur est indifférent à tout ça.</em>&nbsp;» Ce semestre, par exemple, Dongliang Sheng est auxiliaire dans deux cours. Le nombre d’heures prévu à l’un de ses contrats est deux fois plus petit que pour l’autre ; pourtant, il constate une charge de travail similaire pour les deux cours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2018, 86% des auxiliaires n’avaient pas été payés pour le travail supplémentaire qu’ils avaient effectué. Selon Mario Roy de l’AÉÉDEM, la situation n’a pas changé depuis : la plupart des auxiliaires d’enseignement hésitent toujours à réclamer leurs heures supplémentaires. Il pense que cela est dû à la crainte de déplaire à leur employeur. « Les étudiants postulent généralement pour être auxiliaire d’enseignement dans leur faculté parce qu’ils ont les connaissances nécessaires, mais ce qui arrive assez souvent, c’est qu’ils sont les employés de leur superviseur de thèse. Lorsqu’il y a cette relation-là, il y a toujours une crainte de déplaire à son superviseur parce qu’ils travaillent constamment ensemble. » Selon lui, ces étudiants auront donc tendance à se faire demander plus d’heures de travail et à être moins enclins à signaler lorsqu’ils dépassent leurs heures ou à déposer un grief. « Ils ont peur de déplaire à la faculté ou au superviseur parce qu’ils se disent qu’ils seront étudiants ici pendant cinq ans et qu’ils veulent obtenir leur diplôme. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus des auxiliaires d’enseignement, l’AÉÉDEM est aussi le syndicat des surveillants d’examen, dont la convention collective est en cours de renégociation. Ce poste, qui est comblé en priorité par des étudiants aux cycles supérieurs, a un salaire proche du salaire minimum. L’une des priorités de l’organisation est donc d’en augmenter la rémunération. Son autre priorité est de syndiquer tous les étudiants diplômés travaillant à temps partiel à McGill. « En ce moment, explique Mario Roy, il y a des postes de travail qui sont créés, appelés correcteurs, “<em>markers</em>” ou tuteurs, pour employer des étudiants diplômés et les payer la moitié du salaire des auxiliaires d’enseignement.&nbsp;» Pourtant, les responsabilités de ces postes seraient souvent à peu près identiques à celles des auxiliaires d’enseignement. Dongliang Sheng raconte avoir déjà fait l’expérience de cette situation : lors du premier semestre de son doctorat, il a été embauché en tant que «&nbsp;<em>grader</em>&nbsp;», avec un salaire d’environ 15$/heure. Dans le plan de cours, il était pourtant désigné comme auxiliaire d’enseignement, avec les responsabilités correspondantes. Selon Mario Roy, l’administration de McGill se montre très réticente à l’idée de permettre à ces postes d’être syndiqués et ne coopère pas du tout avec l’AÉÉDEM dans le cadre des négociations. Depuis un an et demi, l’affaire est même devant le Tribunal Administratif du Travail (TAT).</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;<em>Ce que nous faisons, ce n’est habituellement pas un travail heureux</em>&nbsp;»</p><cite>Dongliang Sheng</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Dongliang Sheng et Steven, l’un des aspects les plus difficiles du travail d’auxiliaire d’enseignement est d’être soumis à la pression à la fois des étudiants et des professeurs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">« L<em>es professeurs ne savent en fait rien de l’étendue de notre travail. Ils supposent simplement qu’on peut accomplir tout ce qu’ils veulent que l’on fasse, et ils ont tendance à nous laisser faire le sale boulot.</em>&nbsp;» Une tâche d’auxiliaire d’enseignement, explique Dongliang Sheng, inclut un grand nombre de tâches connexes répétitives – comme prendre les présences des étudiants en examen – ou laborieuses – comme superviser des employés surnuméraires embauchés pour corriger des copies. Les professeurs ignorent tout de ce processus, selon Dongliang Sheng, et ne peuvent donc pas aider leurs employés en cas de problème. Les étudiants, de leur côté, ne se montrent parfois pas plus compréhensifs. «&nbsp;<em>Certains ne savent pas comment écrire de façon respectueuse aux auxiliaires d’enseignement, et j’ai l’impression que cela nous rajoute un stress supplémentaire</em>&nbsp;», témoigne Steven. «&nbsp;<em>Si on reçoit un courriel furieux à deux heures du matin et qu’on le voit en se levant, ce n’est pas une bonne façon de commencer la&nbsp; journée.</em>&nbsp;» L’un de ses collègues a déjà reçu un message entièrement écrit en majuscules, raconte-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>J’aimerais que les étudiants puissent nous comprendre, en tant qu’auxiliaires. Certains auxiliaires sont des enfoirés, c’est sûr, mais en général, on travaille fort, parfois sans être payés et en subissant énormément de pression, </em>conclut Dongliang Sheng<em>. Ce que nous faisons, ce n’est habituellement pas un travail heureux.</em> ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">*Prénoms fictifs</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’imaginaire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/limaginaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Amanda Gao]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 16:56:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Visuelles]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[création visuelle]]></category>
		<category><![CDATA[paysage]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[toile]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="773" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-1000x773.jpeg" alt class="wp-image-45775" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-1000x773.jpeg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-330x255.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-768x594.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-1536x1188.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-2048x1584.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/amanda-gao/?media=1" data-wpel-link="internal">Amanda Gao</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="731" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-2-731x1000.jpeg" alt class="wp-image-45773" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-2-731x1000.jpeg 731w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-2-330x451.jpeg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-2-768x1050.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-2-1123x1536.jpeg 1123w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-2-1498x2048.jpeg 1498w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Amanda-Gao-2.jpeg 1703w" sizes="auto, (max-width: 731px) 100vw, 731px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/amanda-gao/?media=1" data-wpel-link="internal">Amanda Gao</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
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		<title>Chez Marco</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/chez-marco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eda Montalieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 16:53:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[ligne de fuite]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[soleil]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45768</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Imprimé marinière en virée à l’italienne, baisers salés sur boucles d’ébène. J’ai voulu t’approcher, tu m’as brûlé les lèvres.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gravir le perron pour t’atteindre enfin ; voilà une fantaisie, une grisante tâche. Tu m’as abandonnée sur la dernière marche. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grisée, disais-je, mais rien n’est gris. Cadence binaire du noir et du blanc. Opinions tranchées, désirs de l’instant. Ma dolce vita était rose, tu l’as irisée d’ambre. Un nectar délicat qui s’écoule sans s’éprendre. Pour le boire j’ai plongé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis noyée dans ton reflet.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marco, le soleil, c’est toi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">*****</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chez Marco (aw- 3700)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Robin Cerutti</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">24 x 16</p>



<p class="wp-block-paragraph">Photographie sur papier hahnemuhle</p>
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		<item>
		<title>Journée d’oignons précède journée de miel</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/journee-doignons-precede-journee-de-miel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[François Céré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 16:45:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Farah]]></category>
		<category><![CDATA[autoficiton]]></category>
		<category><![CDATA[douleurs]]></category>
		<category><![CDATA[identité nationale]]></category>
		<category><![CDATA[intergénération]]></category>
		<category><![CDATA[Mille secrets]]></category>
		<category><![CDATA[mythologie familiale]]></category>
		<category><![CDATA[secrets]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45762</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur Mille secrets mille dangers d’Alain Farah.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Écrire est un acte de maturité. C’est déposer de la parole, des affects, des secrets, des dangers non mûris dans l’espace que l’on croit contrôlé des mots. C’est travailler, retravailler, brasser nos silences, entendre ce qu’ils ont à dire, les éructer, pour finalement les figer en œuvre mûre. L’écriture peut réorganiser la mort en vie, en fête. Elle peut rendre hommage, rendre lumière aux morts. Avec <em>Mille secrets mille dangers</em>, Alain Farah emprunte la ruse de la narration en une journée de l’<em>Ulysse</em> de Joyce en nous donnant à lire l’histoire de mariage des personnages d’Alain et Virginie. Cette journée, longtemps marinée, l’auteur aura pris huit ans avant de la servir à point, sous forme de brique verte, au buffet littéraire. <em>Mille secrets</em> est une autofiction brute, poignante, mûre, qui empoigne le dialogue et l’art du récit avec brio. C’est une réflexion sur le regard parental, sur l’hérédité, le passé, le nationalisme, la honte, le déni et leurs implications en tant qu’obstacles à l’autodétermination, à l’union. C’est aussi une façon de parler des personnes qui transfigurent en miel nos journées d’oignons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La douleur causée par nos secrets</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En mettant en mots l’enfance trouble en Égypte de Shafik, le père d’Alain aux origines libanaises, l’auteur ne donne pas simplement à lire l’absurdité d’une ségrégation identitaire et la douleur que la dualité « nous/eux » occasionne pour ceux qui incarnent l’altérité, il met aussi en lumière un sentiment de redevance envers le père. Ce sentiment, accablant Alain, le mène à se créer un avatar idéal et héroïque dans le but de ne pas décevoir les attentes qu’il s’est peut-être fixées lui-même ; « Il dit qu’il te doit tout !&nbsp;» déclare le personnage de Myriam à Shafik, et lui de répondre : « C’est bien ça, le problème, Mimi ! ». C’est la transmission intergénérationnelle de cette mythologie familiale et ce que l’on fait avec ce bagage hérité qui sont mis de l’avant. Le père d’Alain lui confie d’ailleurs que c’est sa propre peur de faire face aux choses, son souci de ne pas en avoir assez, qui a causé sa négligence envers son fils. Il devient alors paradoxal de constater que la peur de décevoir, la crainte du manque ou de l’abandon, crée parfois le manque, la déception, la rupture. Elle crée la négligence.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’écriture peut réorganiser la mort en vie, en fête. Elle peut rendre hommage, rendre lumière aux morts»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La peur d’être impuissant, vulnérable, nous entoure d’une carapace nuisible aux autres. C’est à travers la confession du père d’Alain au sujet de la violence insidieuse qui régnait au cœur du foyer familial que l’auteur met de l’avant cet enjeu&nbsp;: « Ça n’a pas toujours été difficile avec ta mère […] Mais j’en ai voulu plus […] Je me suis jeté dans le travail […] j’ai voyagé pour fuir la maison […] Je t’ai laissé seul avec ta mère […] Elle n’était pas bien […] On s’engueulait tellement qu’on n’avait rien vu… » Derrière la fuite dans le travail, la fuite des gens que l’on aime, se cache probablement une grande peur et un grand déni relationnel. Un déni regretté par le père d’Alain, qui, plus tard, admet les bienfaits de la psychanalyse pour traiter cette anxiété en conseillant à son fils de ne pas répéter ses erreurs, sa négligence.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est un hommage réussi à ceux qui ont su nous percer de leur éclat»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les désirs de grandeur d’Alain concernant son mariage semblent, en partie, incarner les erreurs que cherche à lui épargner son père. Ces comportements lui sont reprochés par son cousin et garçon d’honneur Édouard comme étant une forme de négligence et de heurt pour les autres. La démesure de son mariage, le souci de se distancer des autres, de se singulariser dans l’ambition, le carriérisme, sont alors perçus comme des signes de prétention, d’égoïsme. La maîtrise de Farah dans l’art du dialogue est indéniable dans ces échanges entre les deux cousins qui sont peut-être réellement le deuxième couple de cette histoire de mariage. Le chapitre « Les deux imbéciles » est construit comme une scène qu’aurait pu filmer Quentin Tarantino. Il y a une authenticité langagière et temporelle désarmante derrière le dialogue ; l’espace et le temps de la page deviennent l’espace et le temps de la remorqueuse. Car c’est dans une remorqueuse qu’Édouard conduit Alain à son mariage et le lecteur se trouve presque immergé, avec humour, dans une expérience de cinéma direct. On perçoit l’amour de l’auteur pour le septième art par ce genre de références à Tarantino (<em>Fiction pulpeuse</em>) ainsi qu’à Coppola (<em>Le parrain</em>), mais aussi par l’influence du caractère autofictif intrinsèque au cinéma direct de Michel Brault, par exemple.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«C’est aussi une façon de parler des personnes qui transfigurent en miel nos journées d’oignons»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’identité nationale nuisible à l’union</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre ce genre d’aspect psychanalytique, <em>Mille secrets</em> nous dévoile aussi beaucoup de choses sur les problématiques sociales du nationalisme identitaire. Le concept de l’entre-deux, qui affecte la figure de l’immigrant et son rapport à l’identité, est mis de l’avant avec humour par la notion de « mariés volants » où ceux-ci sont sensés se déplacer équitablement entre les différentes tables qui, chacune, symbolise un concept assez ghettoïsant de « clique familiale ». L’expression « entre deux chaises&nbsp;» n’a jamais eu autant de sens que dans ce contexte. Transcender cette peur de l’altérité, mais surtout, transcender nos propres parents et leur regard sur cette peur de l’union semble à l’œuvre dans ce passage du roman. Le mariage, le discours du père et tout ce qui est dit au sujet de l’absurdité du passé, des traditions et des constructions sociales, semblent représenter les décisions prises par les personnages permettant de ne plus être divisé et d’ouvrir la voie vers un avenir plus uni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car c’est ce concept de division, ressentie toute sa vie, qui mène le personnage d’Alain à s’imposer un racisme à lui-même. « J’étais un importé », déclare-t-il. Or, cette méfiance de l’altérité n’est pas décrite avec un biais contre l’Occident, mais plutôt comme un sentiment universel de peur propre à chaque humain. Cette crainte, c’est peut-être de se confronter à l’autre. De voir. Constater l’état de nos aplanissements respectifs. Comprendre qu’il n’y a rien, dans les faits, qui nous élève ou nous rabaisse vis-à-vis des autres. Une réalisation terrible. Alors on choisit la voie facile de l’erreur du racisme ; que l’on pratique ou que l’on s’impose.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maladie, honte et hommage</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où l’écriture de Farah semble la plus mature, c’est lorsqu’il adresse frontalement sa souffrance personnelle ; la maladie, l’insomnie, le deuil. L’œuvre ne se borne plus à choisir une posture formaliste ou de témoignage. Elle baigne dans un entre-deux, une union entre ces deux types d’écriture. La honte d’instrumentaliser sa souffrance, sa maladie, le deuil d’une amie morte d’un cancer (Myriam), cette honte qui se doit de ronger tout écrivain qui se respecte, n’a, malgré tout, pas sa raison d’être dans <em>Mille secrets</em>, puisqu’il s’agit d’un récit de résilience vis-à-vis la maladie, de compréhension de soi, d’une page tournée sur le passé, mais surtout d’un hommage plutôt qu’un voyeurisme instrumentalisant un traumatisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un hommage réussi à ceux qui ont su nous percer de leur éclat et qui sont partis en laissant des trous, des manques de leur lumière aimée : « Shafik ne sait pas que son fils, dans le silence d’un deuil à venir, au plus noir d’une nuit d’insomnie, la ressortira de la housse où Virginie la conserve encore aujourd’hui. Cette robe, il la serrera entre ses doigts, jusqu’à voir apparaître, à travers la tulle illusion, le souvenir de sa présence, la présence de Myriam.&nbsp;» Cette présence est rendue immortelle par l’écriture. Et il y a quelque chose de sublime dans cette idée. L’idée que derrière le personnage raconté de Myriam, celle qui a réellement existé, jaillisse de toute sa beauté dans l’imaginaire de tous ceux et celles qui liront le livre.</p>
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		<item>
		<title>Une brèche dans la totalité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/une-breche-dans-la-totalite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Jean]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 16:32:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Prix du livre de Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[narration]]></category>
		<category><![CDATA[Olivia Tapiero]]></category>
		<category><![CDATA[Prix du Gouverneur Général]]></category>
		<category><![CDATA[prix Robert-Cliche 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Rien du tout]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45755</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une prose magnifique pour interroger le monde.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">À&nbsp;première vue, Olivia Tapiero présente un parcours exemplaire. Lauréate du prix Robert-Cliche 2009 du premier roman, titulaire d’une maîtrise en littératures de langue française de l’Université McGill, elle a été nominée cette année pour de nombreux prix, notamment le Grand Prix du livre de Montréal et le Prix du Gouverneur général, et participe fréquemment à divers événements du milieu littéraire montréalais.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fragments d’une critique douce-amère</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, une lecture attentive de son œuvre nous mène sur une autre voie, plus intime, mais aussi plus critique.&nbsp; Depuis <em>Phototaxie</em>, paru en 2017, et surtout <em>Rien du tout</em>, publié aux éditions Mémoire d’encrier en 2021, l’écriture de Tapiero ouvre tranquillement une brèche fondamentale dans la prise de parole littéraire. En effet, il faut dire que l’autrice montréalaise n’hésite pas à rompre avec un certain consensus caractéristique des milieux littéraires actuels. Un fragment en particulier, rédigé à l’aide d’un « tu » aux airs accusateurs, lui « permet d’interroger [l’] hospitalité » d’une « province [au] mythe monopole mou ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La lanterne d’Aristote, ou la bouche de l’oursin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, force est de constater que <em>Rien du tout</em> n’est pas une simple charge politique. Le roman nous place au cœur d’un dispositif fluide et complexe où « [l]es fenêtres sont ouvertes – bourrasques et marées traversent la maison alors que la nation ferme ses portes ». En ce sens, <em>Rien du tout</em> se présente comme un texte expérimental où la langue est travaillée à bonne distance des impératifs de la narration traditionnelle. Tapiero fait le pari qu’il n’est pas nécessaire de représenter fidèlement le monde pour le contester grâce à la puissance d’une langue de grande qualité et à des images poétiques enchevêtrées qui convoquent une expérience sensorielle. Enfin, le texte expose également une recherche sur nos capacités mêmes à ressentir face à l’état du monde contemporain. Une recherche qui reste agréablement infructueuse, sans conclusion déterminée ; la proposition critique reste ouverte aux interprétations. Ce procédé permet justement au lectorat de faire une lecture intime, au plus près de ses propres conceptions du monde.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Rien du tout</em> se présente comme un texte expérimental où la langue est travaillée à bonne distance des impératifs de la narration traditionnelle»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Deux trames s’imbriquent doucement l’une dans l’autre. D’abord, un récit poétique marqué par la force et l’intimité présente un travail exploratoire du rapport humain au vivant. Tout en douceur et avec une justesse presque impossible à décrire, Tapiero s’exprime sur l’horizon écologique précaire et l’écoanxiété qui marque aujourd’hui nos consciences. Une autre trame apparait alors en filigrane, usée par les fantômes familiaux de la colonisation. Celle-ci pose la mémoire du monde comme déterminée par les violences systémiques de la racialisation, du genre et du colonialisme. Entre les deux, il y a une tension irrésoluble dans laquelle nous devons habiter.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un premier pas vers la totalité&nbsp;du monde</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce « rien » du « tout », c’est surtout refuser la pratique métonymique, si importante dans la tradition occidentale, où chaque partie devrait trouver sa placer dans un ordre préétabli, présenté comme naturel et inévitable. À partir de ce constat, il semble indéniable qu’Olivia Tapiero réussit brillamment à mettre en texte les dynamiques les plus sensibles de nos sociétés. Plus encore, elle laisse entrevoir, dans <em>Rien du tout</em>, les traces du chemin qu’elle emprunte et qu’elle partage avec nous, le temps de la lecture. C’est avec un plaisir trouble que nous la suivrons à nouveau sur ce sentier, plus profondément encore peut-être dans cette révolte sourde de l’écriture qu’elle met à notre disposition.</p>
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		<title>Fermeture d’un programme de français :  McGill invoque « les besoins du marché »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/fermeture-dun-programme-de-francais-mcgill-invoque-les-besoins-du-marche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rafael Miró]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 15:55:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[fermeture]]></category>
		<category><![CDATA[FLC]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[programme de français]]></category>
		<category><![CDATA[TEFAQ]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45734</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entre déception, compréhension et amertume, la communauté francophone de l’Université réagit.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/fermeture-dun-programme-de-francais-mcgill-invoque-les-besoins-du-marche/" data-wpel-link="internal">Fermeture d’un programme de français :  McGill invoque « les besoins du marché »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Sur son site, McGill ne tarissait pas d’éloges pour décrire le programme intensif «&nbsp;Français, langue et culture&nbsp;» (FLC). « Suivez le programme qui a permis à des milliers d’étudiants en provenance de plus de 60 pays de travailler, d’étudier et de vivre en français », peut-on encore lire sur le site officiel de l’Université. Pourtant, Radio-Canada a dévoilé le 22 novembre dernier que le programme serait coupé, victime d’impératifs financiers.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FLC, dispensé par la l’École d’éducation permanente (ÉÉP), permettait aux nouveaux arrivants du Québec d’apprendre rapidement le français après leur entrée au pays. Il les préparait notamment à passer le Test d’évaluation de français adapté au Québec (TEFAQ), requis par le gouvernement du Québec. Le programme fonctionnait sur le principe de l’immersion linguistique, plongeant ses apprenants dans un environnement totalement francophone pendant six semaines.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a près d’un mois, les 12 chargés de cours du FLC ont appris que le programme serait supprimé. Selon l’article de Radio-Canada, ils n’ont pas été consultés avant cette décision irrévocable, qu’ils ont apprise dans un courriel rédigé uniquement en anglais. Dans une entrevue avec <em>Le Délit</em>, la principale et vice-chancelière Suzanne Fortier a cependant affirmé que « ça fait deux ans que l’Université réalise une analyse de tous ses programmes » pour «&nbsp;évaluer s’ils sont nécessaires et les repenser ». Selon elle, la nouvelle n’aurait pas dû causer tant de surprise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un courriel envoyé au <em>Délit</em>, la relationniste Frédérique Mazerolle a expliqué que l’administration avait décidé de fermer le programme FLC « à la suite d’une baisse constante du nombre d’inscriptions au cours de la dernière décennie » : les inscription auraient chuté de 76% pendant cette période. Ce déclin, selon Suzanne Fortier, serait dû à un programme similaire offert gratuitement par le gouvernement provincial depuis quelques années, ainsi qu’à plusieurs programmes en ligne et à bas prix offerts par d’autres organisations. Les étudiants actuellement inscrits pourront terminer leur parcours, mais l’Université n’accepte plus de nouvelles inscriptions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une déclaration écrite, la relationniste souligne toutefois que le FLC n’était pas le seul programme en son genre. « Bien que la décision de suspendre le programme FLC reflète les besoins du marché, l’ÉÉP continue de développer et d’offrir des programmes d’apprentissage de la langue française adaptés aux besoins actuels et futurs des étudiants et des employeurs, avec une orientation plus spécifique et moins générale&nbsp;», détaille-t-elle. Selon McGill, l’ÉÉP continue d’offrir quatre cours de français, dont un adapté aux professionnels de la santé qui serait de plus en plus populaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des membres du personnel mitigés</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Arnaud Bernadet, professeur de littérature française, cette annonce n’est pas une surprise. «&nbsp;On savait que l’Université McGill était sans pilote, qu’elle évoluait sans vision d’avenir autre que l’idéologie néolibérale. Ce qu’on ignorait c’est que sous le mandat d’une rectrice francophone, Suzanne Fortier, la langue française reculerait.&nbsp;», a‑t-il affirmé. «&nbsp;La doyenne Carole Weil sait-elle quelles sont exactement les missions d’un établissement d’enseignement supérieur? Ou n’a‑t-elle d’yeux et d’oreilles que pour les saintes lois du marché?&nbsp;» Il estime que cette décision va à l’encontre de la politique linguistique de<br>McGill, censée orienter le rapport de l’Université au fait français. « Ce texte dit notamment que “l’Université McGill est fortement enracinée au Québec et appuie le rôle important du français dans la société québécoise.” On est permis d’en douter. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une chargée de cours à l’ÉÉP et membre du projet « Vivre McGill en français », est tout à fait désabusée. Sur un ton qui traduit son épuisement, elle lâche&nbsp;: « Moi, je suis dépitée&nbsp;». Le coup a en effet été dur pour les chargés de cours. « On était la moitié à perdre notre <em>job </em>en septembre… on était tous incrédules!&nbsp;»&nbsp; Par ailleurs, son témoignage confirme les difficultés financières de l’école. « Quand McGill a annoncé le retour sur campus, nos étudiants n’ont pas répondu à l’appel. En fait, on a la moitié de nos classes qui ont fermé.&nbsp;» Elle précise que le cas du FLC n’est pas unique, et évoque la fermeture d’une trentaine de cours en anglais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Il y a près d’un mois, les 12 chargés de cours du FLC ont appris que le programme serait supprimé»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de ses demandes répétées, <em>Le Délit </em>n’a pas été en mesure de confirmer le nombre de cours qui seront fermés à l’ÉÉP, ni le nombre exact d’inscriptions à ces cours dans les dernières années.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La directrice du Département des littératures de langue française, de traduction et de création (DLTC), Isabelle Daunais, n’a pas voulu se prononcer sur la question. « Tout ce que je sais, c’est que l’École d’éducation permanente a entrepris il y a plus d’un an une refonte majeure de toute sa structure. Par ailleurs, le programme visé ne touche d’aucune manière les programmes du DLTC », s’est-elle contentée d’écrire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des associations étudiantes demandent des explications</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les associations étudiantes se sont aussi montrées prudentes sur le sujet, en attendant d’avoir plus de détails sur cette fermeture. La commissaire des Affaires francophones de l’AÉUM, Ana Popa, affirme regretter la perte d’un cours de français, mais elle estime que la décision ne devrait pas avoir d’«&nbsp;impact prochain sur la francophonie dans son ensemble. » « Ce qu’il faut savoir », écrit-t-elle, «&nbsp;c’est que l’École d’éducation permanente travaille depuis quelque temps sur une refonte de ses programmes, dont nous n’avons pas encore tous les détails. Les programmes suspendus pourraient très bien être modifiés puis relancés prochainement, ce qui serait une super nouvelle. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Association des étudiant(e)s en langue et littérature françaises inscrit(e)s aux études supérieures (ADELFIES) de l’Université McGill a pour sa part émis un communiqué dans lequel elle déplorait la décision de l’administration. «L’ADELFIES est déçue de la décision de McGill et de l’École d’éducation permanente, surtout qu’elle semble motivée par des considérations économiques sans prendre en compte l’importance de l’enseignement du français au sein de la communauté mcgilloise. Nous ajoutons que la fermeture de ce programme s’ajoute à celle des programmes de traduction [de l’ÉÉP], dont celui de l’anglais vers le français et qui s’adressait à une clientèle majoritairement francophone.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Erratum: Dans une version antérieure de ce texte, nous avons relayé que l’ADLEFIES déplorait la fermeture de programmes de traduction au DLTC. En fait, ces programmes de traduction étaient dispensés par l’ÉÉP, mais pouvaient servaient de cours d’équivalence pour les étudiants au profil traduction du DLTC. </em>Le Délit<em> regrette cette erreur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/30/fermeture-dun-programme-de-francais-mcgill-invoque-les-besoins-du-marche/" data-wpel-link="internal">Fermeture d’un programme de français :  McGill invoque « les besoins du marché »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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