Actualités – Le Délit https://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Tue, 18 Sep 2018 15:06:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.8 Le débat électoral à Radio-Canada https://www.delitfrancais.com/2018/09/18/le-debat-electoral-a-radio-canada/ Tue, 18 Sep 2018 13:59:10 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31609 Jeudi soir a eu lieu le Grand débat des chefs organisé par Radio-Canada. Le Délit a assisté au débat dans un bar de Rosemont, où le plus proche rival du chef du Parti québécois (PQ), Vincent Marissal de Québec solidaire (QS), avait rassemblé ses troupes. Le Délit a recueilli ses impressions du débat.

Pour maintenir au sein de la population l’idée que son parti représente le changement, François Legault devait incarner une rupture avec les libéraux de Philippe Couillard. Au débat, Legault a eu cette occasion sur nombre de sujets, mais Jean-François Lisée et Manon Massé ont eu tôt fait de rappeler la similitudes qui existent entre les propositions des deux partis. Le chef du PQ y est même allé d’une pointe en faisant mine de confondre Legault et Couillard, rappelant comiquement la grande similitude que plusieurs imputent aux deux partis.

Éducation

Jean-François Lisée s’est présenté en défenseur de l’éducation, proposant une «loi-bouclier» interdisant la réduction des dépenses en éducation pour les gouvernements subséquents.

Philippe Couillard, dont le gouvernement a coupé dans les dépenses en éducation dans les deux premières années de son mandat, a proposé l’augmentation de la rémunération des enseignants afin de valoriser la profession.

Quant à elle, Manon Massé, en plus de proposer la gratuité scolaire «du CPE au doctorat», veut réduire le nombre d’élèves par classe.

Finalement, François Legault a présenté son projet de la maternelle à quatre ans pour tous. Le chef de la CAQ a même laissé entendre qu’il ne pourrait faire de la politique que pour cet enjeu. Québec solidaire s’est montré sceptique face à la Coalition avenir Québec en ce qui concerne son programme en éducation alors que le parti, s’il forme le gouvernement, prévoit faire des coupes dans le ministère sans pour autant faire des coupes dans l’éducation.

Écologie/économie

Alors que l’on aurait attendu de Québec solidaire un rattrapage de son temps de retard durant ce segment du débat, Manon Massé n’a pas particulièrement insisté sur les propositions solidaires en matière d’environnement, pourtant cheval de bataille de leur programme.

Dans le coin du PQ, un Jean-François Lisée énergique et assuré s’est fait sentir en ce qui concerne la crédibilité du Parti québécois en matière d’environnement. Même le rappel de François Legault du vote favorable en chambre du PQ au projet de cimenterie de Port-Daniel en 2015, le projet industriel le plus polluant de l’histoire du Québec, n’a pas semblé ébranler Lisée. Québec solidaire n’a d’ailleurs pas jugé bon d’assiéger la crédibilité environnementale du PQ dans les échanges qui ont suivi. Manon Massé s’est toutefois permis de qualifier les propositions des autres partis de «mesurettes».

Marissal déçu du débat

Questionné par Le Délit, l’ancien analyste politique et candidat Vincent Marissal a dénoncé le «congrès de comptable» qui lui semblait avoir eut cours, qualifiant les 20 premières minutes d’«inécoutables». Le candidat a toutefois eu de bon mots pour sa porte-parole: «Manon a joué son jeu, elle a laissé [les autres chefs] crier. Elle les a laissés s’entretuer dans une logique macho. […]»

Quant aux autres chefs, l’ex-chroniqueur s’est permis quelques commentaires: «Monsieur Legault qui nous a appris ce soir qu’il allait déporter des immigrants avec l’aide du fédéral. C’est quand même quelque chose! […] Monsieur Couillard nous a dit qu’il a aidé les familles du Québec alors qu’il coupe constamment. […] Monsieur Lisée, au début, voulait tellement pisser dans tous les coins de la pièce comme un vieux matou. Il criait, il prenait toute la place.»

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Marcher pour la planète https://www.delitfrancais.com/2018/09/18/marcher-pour-la-planete/ Tue, 18 Sep 2018 13:56:07 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31606 Le 8 septembre, près du Vieux-Port de Montréal, des citoyen·e·s se sont mobilisé·e·s pour la lutte contre le réchauffement climatique. Après Bangkok, Paris, Melbourne et Manille, les habitant·e·s de Montréal se sont retrouvé·e·s, suite à l’appel des groupes de pression 350.org, Leap Montreal et Justice Climatique Montréal, de 14h à 15h30, pour un rassemblement militant.

Ces marches répondaient à un message lancé sur les réseaux sociaux par un français de 27 ans après la démission du ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, ancien ministre de l’Écologie en France, qui s’était plaint d’un manque de soutien populaire pour la cause environnementale le 28 août dernier.

Après des manifestations ayant rassemblé plus de 18 000 personnes à Paris selon la Préfecture, 1 300 manifestant·e·s à Bruxelles devant le Parlement européen, 15 000 personnes à Copenhague et 800 personnes à Manille (plus gros rassemblement en Asie), Montréal a fait pâle figure avec des dizaines de manifestants, selon Le Journal de Montréal.

Des militants déterminés

Parmi les groupes présents, les Mamies en colère (ayant comme slogan: «quand le dernier arbre aura été coupé, le dernier poisson aura été pêché, la dernière rivière empoisonnée, alors vous vous rendrez compte que l’argent ne peut pas être mangé») avaient pour but de dénoncer l’inaction du gouvernemet canadien face aux dérèglements climatiques qui détruisent la planète depuis plus de vingt ans. Plusieurs responsables d’associations, dont Nicolas Chevalier, porte-parole de Leap Montreal, ont pris la parole pour dénoncer non seulement l’inaction du gouvernement canadien mais aussi le choix politique du président des États-Unis, Donald Trump, de se retirer des accords pour la protection de l’environnement.Le porte-parole a déclaré dans un communiqué de presse que «nous devons accélérer la transition vers une société sans énergies fossiles, mais le gouvernement fédéral nous mène dans la mauvaise direction avec son rachat de l’oléoduc de Kinder Morgan et le recul de ses engagements climatiques devant la pression de l’industrie pétrolière».

Une étudiante de Concordia, Sally Livingston, membre du Conseil des Canadiens (Council of Canadians en anglais), a fustigé le manque d’investissement du gouvernement dans les énergies vertes: «Nous ne voulons plus que nos taxes aillent dans les énergies fossiles.» Elle a aussi interrogé indirectement plusieurs fois le premier ministre canadien Justin Trudeau avec cette question: «Monsieur Trudeau, qu’est-il arrivé aux promesses?» Cela fait référence aux promesses de campagne du ministre Trudeau, qui a approuvé des projets d’oléoducs en Alberta détruisant des réserves autochtones, allant à l’encontre de ses promesses envers ces derniers.

Un rassemblement pour l’espoir

Malgré les enjeux loin d’être résolus, des projets et des procès ont été reconnus comme porteur d’espoir pour l’année à venir: le Sommet mondial d’Action pour le Climat a eu lieu du 12 au 14 septembre, à San Francisco, en Californie; neuf villes américaines ont porté plainte contre des compagnies pour promotion et usage de produits dangereux; et on dénombre soixante poursuites contre le gouvernement du président  américain Donald Trump.

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Vox pop: Spécial élections https://www.delitfrancais.com/2018/09/18/vox-pop-special-elections/ Tue, 18 Sep 2018 13:49:52 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31601 «Une de mes préoccupations, je pense que c’est un projet de la CAQ, (c’est un projet du PQ, ndlr) c’est la possibilité d’obliger les cégépiens anglophones à passer au moins un semestre en français, ce qui selon moi, détruit l’objectif d’aller étudier en anglais. Cela semble être le Québec qui veut protéger la langue française, mais cela empêche aussi un francophone de choisir d’étudier en anglais et de devenir bilingue

-Étudiante en psychologie, U2

 

«L’immigration et l’environnement. L’immigration c’est un thème tellement important, surtout que nous avons des partis avec des visions qui divergent beaucoup, […] comme la CAQ, qui veut non seulement réduire le nombre d’immigrants, mais aussi faire passer des tests de valeurs. […] [Je comprends qu’il faut] protéger la langue et la culture québécoises, mais ça ne peut pas devenir quelque chose de xénophobe. Il faut y faire attention, avec la montée du populisme et des divisions sociales. D’autres partis sont beaucoup plus ouverts, comme le Québec solidaire.

L’environnement est aussi un enjeu crucial, il faut une vraie transition, je trouve que Québec solidaire est intéressant pour cela. On a besoin de projets, sinon on punit notre futur et celui de nos enfants».

– Laurence, étudiante en économie, U2

 

«Je viens de la Colombie-Britannique, c’est  donc différentpour moi, mais mes deux plus grandes préoccupations concernent l’éducation et le système de santé. L’éducation devrait être abordable pour tous, les prêts devraient être donnés de façon appropriée. Je trouve aussi que le système de santé a besoin de réformes. La question des droits des Premières Nations me tient aussi beaucoup à cœur

-Étudiante en soins infirmiers, maîtrise

 

« C’est pas mon bail. J’y connais rien».

– Étudiant anonyme

 

«Un gros problème serait de tenter d’effacer ou de mépriser les autres cultures différentes de la culture québécoise. Selon moi, il faut accueillir les disparités entre les gens, en leur permettant de porter leurs signes religieux s’ils le désirent, par exemple

-Étudiant en psychologie, U2

 

«Je trouve que les frais de scolarité et les taxes sont trop élevés, surtout pour les étudiants internationaux. Je paie près de vingt mille dollars par semestre, c’est beaucoup trop. J’aimerais que ça change».

-Eva, étudiante en environnement, U2

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L’université en campagne : PQ https://www.delitfrancais.com/2018/09/18/luniversite-en-campagne-pq/ Tue, 18 Sep 2018 13:45:15 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31598 Le Parti québécois a-t-il une vision à long terme? «C’est clair, et c’est ça que les gens demandent!», s’exclame d’entrée de jeu Catherine Fournier, porte-parole en matière de condition féminine au Parti québécois (PQ) et candidate de Marie-Victorin. La péquiste se montre critique vis-à-vis des années au pouvoir du Parti libéral du Québec (PLQ) depuis 2000, qu’elle accuse d’avoir une «vision bancale à la petite semaine». Elle défend plutôt une vision de l’éducation supérieure «dans un plus grand ensemble» en mettant l’accent sur l’égalité des chances:

«C’est ce qui nous anime au quotidien: donner l’occasion à tout le monde au Québec, peu importe de quel milieu on provient, de réussir dans la vie, d’avoir accès à des études supérieures de qualité qui permettent par la suite d’occuper un bon emploi une fois sur le marché du travail. […] L’éducation devrait toujours être la priorité permanente de la nation. C’est l’avenir des jeunes, donc l’avenir de l’ensemble de la collectivité.»

 »C’est important qu’il puisse y avoir ces deux aspects, que ce ne soit pas une logique mercantile à l’université et que (celle-ci) ne perde pas ses valeurs citoyennes d’enseignement »

Éducation de qualité 

Dans sa vision, la candidate dans Marie-Victorin défend l’importance d’une éducation supérieure de qualité. Mais qu’est-ce que la «qualité» pour le PQ? Questionnée à ce sujet, Catherine Fournier indique qu’elle comporte deux volets, comprenant d’une part les besoins de la main-d’œuvre et d’autre part la formation citoyenne:

«Pour nous, c’est important qu’il puisse y avoir ces deux aspects, que ça ne soit pas une logique mercantile à l’université et que [celle-ci] ne perde pas ses valeurs citoyennes d’enseignement. [Il importe] de faire en sorte que les jeunes qui passent à travers le processus d’enseignement supérieur puissent se nourrir aussi comme citoyens. La marchandisation de l’éducation, pour nous, c’est vraiment un problème. Quand on parle de qualité, il ne faut pas oublier de voir l’ensemble du portrait, pas seulement penser au côté très pratique du marché du travail.»

Accessibilité et société

En plus de la qualité, l’accessibilité aux études supérieures est un vrai sujet de société. Sur ce sujet, Catherine Fournier affirme que malgré ses «faibles coûts», l’éducation supérieure n’est pas encore accessible pour tous et toutes au Québec. Elle soutient qu’il est souvent pris pour acquis que les frais de scolarité seront assumés par les parents et que, dans les faits, ce n’est pas toujours le cas. Par ailleurs, Catherine Fournier estime important de parler de l’augmentation de l’endettement étudiant lorsque vient le temps d’aborder la question de l’accessibilité.

C’est ainsi que le PQ propose la gratuité scolaire. La candidate explique que la mesure s’appliquerait d’abord (dans un premier mandat) aux jeunes issu·e·s de milieux «défavorisés économiquement» dans le but d’encourager l’accès des étudiant·e·s de première génération. Toutefois, Catherine Fournier précise que le parti est «ouvert à étendre la gratuité à tous les étudiants dans un deuxième mandat». Par ailleurs, elle amène l’idée d’assouplir le calcul de l’Aide financière aux études. Elle cite en exemple la prise en compte des pensions alimentaires dans le calcul, mesure qui doit être abolie «pour permettre à beaucoup de mères monoparentales de poursuivre des études supérieures».

«On croit que ça doit être un projet de société, la gratuité scolaire. C’est sûr que cela représente des sommes importantes, mais en même temps c’est un investissement. Ça rapporte à la société par la suite. […] Le plus rapidement on va atteindre la gratuité scolaire entière à l’université, le plus heureux on sera!», résume Catherine Fournier.

Repenser le financement

Pour le PQ, la formule actuelle du financement des universités est inadéquate. En effet, Catherine Fournier critique le financement par «tête de pipe» (le financement basé sur l’effectif étudiant des universités, ndlr). Elle explique les problèmes causés par ce mode de financement de cette façon:

« [Les universités] sont dans une espèce de compétition. Ça les pousse à construire des campus satellites qui ne sont parfois pas tellement nécessaires, qui ne répondent pas à un besoin mais qui sont là seulement pour pouvoir augmenter leur clientèle étudiante et donc avoir davantage de financement. C’est clair qu’il faut revoir cela. Il faut aussi plus d’incitatifs pour qu’il y ait plus d’étudiants qui vont en région, par exemple en créant des programmes qui sont plus nichés […] pour avoir une dynamisation de notre territoire.»

En plus du financement des études, la candidate mentionne l’importance de financer la recherche universitaire, évoquant le plan «très ambitieux» de l’ancien ministre péquiste de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne (au sein du gouvernement minoritaire formé par le Parti québécois entre 2012 et 2014, ndlr). Elle exprime le souhait de voir le projet «[être remis] sur les rails une fois au gouvernement après le premier octobre».

 »Le plus rapidement on va atteindre la gratuité scolaire (…) à l’université, le plus heureux on sera ! »

Aucune relation prof-élève

En ce qui concerne l’épineuse question de la violence sexuelle sur les campus, Catherine Fournier estime que la loi 151 est un «bon premier pas» puisqu’un tel projet était attendu par les groupes et dans les universités.  La candidate indique que le PQ se montre ouvert à étendre la loi à d’autres niveaux d’enseignement, par exemple à l’enseignement professionnel.

Catherine Fournier a siégé à la commission parlementaire du projet de loi 151 et elle a collaboré directement avec la ministre responsable de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine, Hélène David. La péquiste salue l’implication de ses collègues des autres formations politiques en expliquant que le projet a été bonifié de multiples façons:

«Par exemple, j’ai déposé des amendements qui font en sorte que le projet est maintenant appliqué aux clubs sportifs, qui sont liés aux universités mais qui n’étaient pas inclus dans le projet de loi initial. […] On a aussi fait en sorte que les universités doivent déposer leur plan d’action plus rapidement, donc on a fait certains gains!»

Toutefois, le montant de ressources dédiées aux universités pour appliquer la loi est problématique selon la porte-parole en matière de condition féminine.

En effet, les universités sont tenues de mettre en place certaines mesures très rapidement — par exemple un guichet unique pour la réception des plaintes — sans que le gouvernement n’accorde nécessairement des fonds associés. Questionnée sur la possibilité d’une intervention du gouvernement en ce qui concerne les relations intimes entre professeur·e·s et étudiant·e·s, la candidate péquiste se montre «carrément» en faveur d’une interdiction de ce type de relation. En effet, elle estime que la relation entre un·e membre du corps professoral et un·e étudiant·e est nécessairement une relation de pouvoir et que «nous ne sommes jamais certains que le consentement ne soit pas vicié». 

Plus de présence internationale

Enfin, la question de la place du Québec dans le monde universitaire international est abordée. Catherine Fournier affirme qu’«il faut renforcer notre présence à l’international». En ce sens, elle pointe plusieurs aspects à améliorer. Elle indique l’importance de préserver les relations diplomatiques existantes, déplorant au passage un engagement non tenu du gouvernement libéral qui prévoyait octroyer des bourses supplémentaires pour attirer les étudiant·e·s francophones internationaux·ales. La candidate déplore par ailleurs la hausse des frais de scolarité des étudiant·e·s français·es, estimant que cela «entache la relation entre le Québec et la France». Aussi, pour encourager la rétention des étudiant·e·s internationaux·ales, le Parti québécois entend offrir un crédit d’impôt à ces dernier·ère·s décidant de demeurer au Québec pour travailler.

En conclusion, Catherine Fournier souhaite voir l’éducation supérieure mieux considérée pendant la campagne: «C’est un grand travail de sensibilisation. Il faut que les partis démontrent que c’est un enjeu important, mais il faut aussi que la classe médiatique fasse son travail et puisse interpeller les partis sur [cette question].»

 

Le Délit tient à préciser que le Parti libéral du Québec (PLQ) n’a pas répondu à ses demandes d’entrevue.

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L’université en campagne : CAQ https://www.delitfrancais.com/2018/09/18/luniversite-en-campagnecaq/ Tue, 18 Sep 2018 13:37:21 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31594 L’université pour le savoir ou l’université pour le milieu du travail? Pour la Coalition avenir Québec (CAQ), l’une ne va pas sans l’autre. C’est ainsi que l’explique Jean-François Roberge, porte-parole en matière d’éducation et candidat dans Chambly. Différente de l’éducation primaire et secondaire, l’éducation supérieure doit permettre aux jeunes d’atteindre leur plein potentiel. Le candidat caquiste souligne par ailleurs l’importance d’arrimer davantage les milieux de l’enseignements et du travail, ainsi que de l’enjeu de la recherche transférable en entreprise.

Il va falloir davantage tenir compte des demandes des universités pour poursuivre cette mise à jour et réellement transformer le financement

Financement adapté

Questionné sur la formule actuelle du financement universitaire, Jean-François Roberge affirme que la récente modification (un changement dans la portion de financement que les universités reçoivent selon les programmes qu’elles offrent, ndlr) est positive, mais qu’elle ne va pas assez loin: «C’est allé dans la bonne direction, mais ça a été trop timide. Ça a été une mise à jour plutôt qu’une réforme. On a corrigé ici et là des problèmes, mais je pense qu’une part de la réflexion est encore à faire.»

Toutefois, le candidat critique la rapidité de la décision du gouvernement libéral, et ce, même s’il reconnait que les milieux universitaires ont été consultés dans le processus. «Ça a été fait rapidement parce qu’ils voulaient mettre le couvercle sur la marmite. J’ai l’impression qu’il va falloir davantage tenir compte des demandes des universités pour poursuivre cette mise à jour et réellement transformer le financement», avance-t-il. 

Quant à la formule de financement en tant que telle, Jean-François Roberge propose de modifier le financement du réseau d’enseignement supérieur au complet en prenant compte des spécificités des réseaux universitaire et collégial:

«Au collégial, c’est clair qu’on veut revoir la formule de financement FABES (formule à plusieurs segment comprenant entre autres les bâtiments, le personnel enseignant et les allocations fixes, ndlr) de manière à rehausser le financement de base et à permettre à des cégeps plus petits, souvent en région,  d’avoir un financement qui tienne compte du fait qu’il y a moins d’étudiants par classe […] et à financer ces groupes plus petits pour s’assurer que les cégeps en région soient forts et que les programmes survivent.»

Pour le réseau universitaire, le candidat caquiste avance l’idée d’un financement adapté à la pluralité des universités:

«Nous voulons garantir un financement qui réponde aux besoins différents des universités. McGill n’a pas les mêmes enjeux que l’Université du Québec à Chicoutimi ou l’Université du Québec à Rimouski. Il faut financer les créneaux d’excellence des plus petites universités pour s’assurer qu’elles se distinguent et qu’elles soient très fortes, même à l’international. De plus, il va falloir financer davantage les partenariats en recherche, et ce, particulièrement dans les domaines des sciences de la vie et du génie.»

Lorsque questionné sur l’évolution de l’accessibilité depuis 2012, le porte-parole en matière d’éducation soutient qu’il faut améliorer l’accessibilité aux études supérieures «en bonifiant toujours et encore notre régime d’aide financière». Il se montre également en faveur de l’actuelle indexation des frais de scolarité qu’il décrit comme «revenant presque à un gel» et souligne l’importance de conserver la «paix sociale», en comparaison avec la «crise sociale» de 2012.

Le Québec, leader mondial

Pour Jean-François Roberge, la place du Québec à l’international est très importante. Le candidat rappelle que Montréal a été classée 1re ville universitaire au monde (selon le classement QS 2017 de Quacquarelli Symond, ndlr ),

Il faut financer les créneaux d’excellence des plus petites universités pour s’assurer qu’elles se distinguent et qu’elles soient très fortes, même à l’international

, mais se désole de l’évolution récente du réseau d’éducation supérieure:

«Les dernières années ont témoigné d’un laisser-aller avec des coupes successives ou des réinvestissements qui ne sont pas à la hauteur. En 2012, il y avait un consensus pour reconnaître que notre réseau universitaire était sous-financé. On ne s’entendait pas sur la manière de le refinancer, mais tout le monde était d’accord là-dessus. C’est grave, parce que nos bons classements actuels ne sont pas dus aux dernières années de gouvernance libérale. C’est un leg historique des années 80 et 90, qu’on est en train de perdre.»

Dans cette même veine, Jean-François Roberge croit que le Québec a une richesse à offrir parce qu’il forme une société distincte inspirée à la fois des pensées nord-américaine et européenne. C’est ainsi que le candidat estime qu’il faut attirer davantage d’étudiant·e·s internationaux·ales. Le porte-parole énumère plusieurs arguments pour soutenir sa vision, évoquant notamment le soutien à la recherche ou encore la création de «ponts entre les nations», les étudiants étrangers faisant office d’«ambassadeurs du Québec». De plus, Jean-François Roberge vante l’apport migratoire: «Lorsque les étudiants internationaux viennent ici, ils s’établissent souvent chez nous, ils deviennent des immigrants. C’est extraordinaire parce qu’évidemment, nous n’avons aucun problème de reconnaissance des acquis, ce sont des immigrants exceptionnels. Et lorsqu’ils s’installent dans de plus petits programmes — dans des cégeps ou dans des universités — en région, ils permettent de maintenir ceux-ci en vie.»

Ainsi, pour augmenter le taux de rétention de ces étudiant·e·s, Jean-François Roberge croit que le gouvernement doit mobiliser les acteurs locaux pour réaliser des «opérations de séduction» visant les étudiant·e·s étranger·ère·s, indiquant qu’il serait ravi de voir ces dernier·ère·s faire «le choix du Québec». En ce sens, il soutient la nécessité de la coopération entre les universités, les municipalités et le ministère de l’Immigration. Questionné sur la déréglementation des frais de scolarité pour les étudiant·e·s internationaux·ales, le candidat caquiste explique que cette mesure comporte à la fois des avantages et des inconvénients: 

«L’avantage, c’est qu’il y a des universités qui vont pouvoir se financer davantage. Disons-le, il y a des étudiants internationaux que cette hausse de prix n’effraiera nullement et qui n’auront donc aucun problème à payer et financer davantage notre réseau universitaire, donc pourquoi s’en priver? L’inconvénient, c’est qu’on pourrait perdre certains étudiants internationaux qui ne viendraient plus chez nous à cause de cela, particulièrement en région et pour les universités francophones. Il y a évidemment plus d’anglophones que de francophones sur la planète, alors il est plus difficile pour le réseau francophone d’attirer des étudiants internationaux. Il y a donc un risque de disparité de financement à l’intérieur du réseau.»

Besoin de clarté pour la loi 151

Enfin, l’enjeu de la violence sexuelle sur les campus est abordé. Que pense Jean-François Roberge de la loi 151? «On a fait un pas en avant», affirme-t-il d’emblée. Toutefois, le candidat soulève un bémol, à savoir l’absence de balises claires quant aux relations intimes entre professeur·e·s et étudiant·e·s. En effet, il s’inquiète des disparités qui pourraient exister entre différents campus:

«Imaginons que sur un campus, ce soit accepté et que des abus sexuels aient lieu, l’étudiant ou l’étudiante pourrait se dire: “Si j’avais été au campus à côté, j’aurais été mieux protégé·e.” Le principe d’une loi, évidemment, c’est d’établir des balises qui soient valides à la grandeur du Québec.»

En conclusion, le candidat précise qu’il ne détient pas la solution à cette problématique, mais il croit que cette question a été évacuée et «balayée dans la cour de chaque université» et qu’il est nécessaire d’avoir une position claire et uniforme pour tous·tes les Québécois.ses.

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L’université et la campagne: QS https://www.delitfrancais.com/2018/09/18/luniversite-et-la-campagne-qs/ Tue, 18 Sep 2018 13:29:50 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31591 «Pour nous, les universités doivent servir le bien commun.» Ainsi s’articule la vision que Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire (QS), a de l’éducation supérieure. «Les universités et les cégeps sont des institutions qui doivent permettre l’égalité des chances, l’avancement de la connaissance, la transmission de la culture et du savoir au Québec. [Elles] doivent être les plus accessibles possible — c’est pourquoi la gratuité scolaire est dans nos propositions depuis notre fondation. [Elles] doivent l’être économiquement, mais aussi géographiquement», explique-t-il.

Les universités et les cégeps sont des institutions qui doivent permettre l’égalité des chances (…) c’est pourquoi la gratuité scolaire est dans nos propositions depuis notre fondation

Accessibilité et stages

L’accessibilité aux études supérieures est un enjeu qui a déchiré la société québécoise dans la dernière décennie. Gabriel Nadeau-Dubois, ancienne figure de proue du mouvement étudiant, souligne toute l’importance qu’a eu la mobilisation de 2012 en ce qui concerne l’augmentation effective de l’accessibilité aux études. Le candidat solidaire indique cependant que la situation actuelle n’est pas optimale pour autant: «Quand on regarde les statistiques, il y a encore une grande proportion des étudiants au Québec qui sont des étudiants de première génération. Donc, l’accessibilité aux études supérieurs au Québec, ce n’est pas quelque chose d’acquis. On est encore dans une première phase d’accès à l’université.»

En plus de la gratuité, QS s’engage à offrir «une forme de rémunération» pour l’ensemble des stages au Québec. En effet, le candidat admet que la multiplication des stages — un phénomène qui a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années — peut être une bonne chose pour la population étudiante. Toutefois, il pointe du doigt le développement «chaotique» de ceux-ci et les conditions très variables auxquelles les étudiant·e·s font face:

« Dans certains milieux, souvent des milieux à prédominance masculine, les stages sont bien rémunérés, bien encadrés […]. Dans d’autres domaines, souvent des domaines traditionnellement féminins, les stages sont très peu ou pas du tout rémunérés. Cela fait qu’on se retrouve dans une situation où de jeunes étudiants et de jeunes étudiantes doivent, d’une part, payer leurs frais de scolarité, de l’autre, payer leurs dépenses courantes, mais travaillent à temps plein dans le cadre d’un stage qui n’est pas rémunéré! Ça devient une équation extrêmement difficile, voire impossible à résoudre. » 

Financement des universités

En ce qui concerne le financement des universités, Gabriel Nadeau-Dubois avance qu’il y a «encore beaucoup de travail à faire». En effet, le co-porte-parole est très critique vis-à-vis la formule actuelle de financement «par tête de pipe», c’est-à-dire basée sur la population étudiante des universités. Il soutient que ce mode de financement encourage la compétition entre les universités et la chasse à la «clientèle» étudiante (terme qu’il tient à exprimer entre guillemets). Le candidat rappelle que c’est François Legault, actuel chef de la Coalition avenir Québec, qui est à l’origine de cette formule (à l’époque où il était ministre de l’Éducation du Parti québécois, ndlr). 

Du même souffle, le candidat solidaire dénonce la récente décision du gouvernement libéral de dérèglementer les frais de scolarité des étudiant·e·s internationaux·ales, soutenant qu’une telle décision favorise principalement les universités montréalaises anglophones:

«[Les étudiants internationaux] vont devenir une véritable vache à lait [pour McGill et Concordia]. Or, il est faux de croire que l’Université du Québec à Chicoutimi, ou l’Université du Québec à Rimouski, auront les mêmes moyens de recrutement et qu’elles seront capables elles-aussi de profiter de cette manne-là. […] Cela va donc augmenter les inégalités à l’intérieur du réseau universitaire en favorisant les grandes universités montréalaises — qui sont déjà favorisées dans le modèle actuel — et en défavorisant les universités un peu partout au Québec qui sont extrêmement importantes pour le réseau, et pour l’accessibilité des études au Québec.»

Le Québec avant l’international

En abordant la question de la dérèglementation des frais de scolarité de ces étudiant·e·s, Gabriel Nadeau-Dubois ouvre la voie à un questionnement plus large, celui de la place du Québec sur la scène universitaire internationale. Questionné sur cet enjeu de fond, le candidat solidaire réitère sa conception du rôle des universités évoquée plus tôt. Il met l’accent sur l’idée que la mission des universités québécoises est d’abord de servir les Québécois·e·s:

«Le rôle de l’université [québécoise], ce n’est pas de compétitionner avec les universités américaines. Ce n’est pas de compétitionner sur le soi-disant marché international de l’éducation supérieure. Une université, ce n’est pas une multinationale […].»

Toutefois, bien qu’attirer les étudiant·e·s étrangers·ère·s puisse sembler ne pas être prioritaire, le candidat énonce les éléments positifs que sont les échanges et l’immigration basée sur la rétention. Il souligne que l’accueil d’étudiant·e·s internationaux·ales est tout à fait cohérent avec la vision d’une université défendant le bien commun, critiquant plutôt la «logique marchande» du «soi-disant marché international universitaire».

Une grande proportion des étudiants au Québec (…) sont des étudiants de première génération

Enfin, il avance que l’une des meilleures façons d’améliorer la rétention des étudiant·e·s est d’offrir de bonnes opportunités d’emploi à ceux et celles souhaitant s’établir de façon permanente au Québec, affirmant par ailleurs que le dérèglement de leurs frais de scolarité «est une bien drôle de façon de leur souhaiter la bienvenue».

Violence sexuelle 

Lorsqu’il est question des enjeux en éducation supérieure, difficile de passer outre la question des violences sexuelles sur les campus. Questionné sur l’efficacité de la Loi 151 (Loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur), Gabriel Nadeau-Dubois indique d’emblée que c’est une «belle avancée» et salue le processus «transpartisan» ayant mené à l’adoption de cette loi. Il précise que ce projet a même été bonifié par la ministre responsable de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine Hélène David, à la suite de recommandations.

Le candidat nuance toutefois sa vision de la situation en expliquant que l’affaire n’est pas close. À ce titre, il mentionne qu’il est primordial de continuer à sensibiliser sur les campus et dans la société en général. Confronté à certains problèmes parfois soulevés par les communautés étudiantes, notamment l’impression latente que la Loi 151 permettrait aux universités de se doter de politiques sans réelle efficacité, le candidat solidaire avance l’idée d’instaurer un processus d’appel pour les plaintes faites au sein des institutions universitaires: «Ce que beaucoup de groupes ont souligné en commission parlementaire, c’est que si une plaignante se sent lésée dans le processus, il n’y a pas de deuxième recours.»

Questionné sur la possibilité de voir un gouvernement solidaire légiférer en ce qui concerne les relations entre professeur·e·s et étudiant·e·s, le co-porte-parole a appelé à la réflexion plutôt qu’à une décision tranchée:

«Est-ce que c’est le gouvernement du Québec qui doit adopter une loi en ce sens-là? Est-ce que c’est plutôt les institutions universitaires qui doivent, de manière collégiale et démocratique, se doter de ces règles-là? C’est une grande question. […] Même les intervenants sur le terrain ne s’entendent pas là-dessus. […] Ce qui reste clair, c’est qu’il faut faire quelque chose. Il y a en ce moment un flou qui fait en sorte qu’il y a beaucoup de jeunes femmes — et de jeunes hommes — qui se sentent lésés, et ça, ce n’est pas acceptable.»

Pour ce débat, le candidat souligne l’importance de préserver «l’autonomie des communautés universitaires» et indique en ce sens que la Loi 151, bien qu’elle soit imparfaite, permet de trouver un «certain équilibre» entre l’action de l’État et celle des universités.

Gabriel Nadeau-Dubois conclut en réaffirmant que l’éducation et la gratuité scolaire seront parmi les propositions principales de Québec solidaire pour la campagne. «Vous allez [les] voir partout!»

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Premier conseil législatif de l’année https://www.delitfrancais.com/2018/09/18/premier-conseil-legislatif-de-lannee/ Tue, 18 Sep 2018 13:21:43 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31589 Le  jeudi 13 septembre dernier, le Conseil législatif de l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais) se réunissait dans le bâtiment McConnell pour la première fois de l’année.

Premières années et élections

La soirée a commencé avec les motions sur les élections québécoises du premier octobre, les élections pour le Conseil de première année (First year council en anglais) et le référendum des semestres d’automne et d’hiver. Les inscriptions pour les élections de première année du 10 au 20 septembre seront suivies d’une campagne qui se conclura le 30 septembre. Le comité en charge des élections espère plus de diversité au sein du corps électoral pour mieux représenter les élèves internationaux. Concernant les élections québécoises, Marina Cupido, v.-p. aux Affaires externes, a souhaité que les résultats de vote des étudiant·e·s mcgillois·e·s et des citoyen·ne·s montréalais·e·s soient comparés. C’est pourquoi une tendance des votes mcgillois sera annoncée. Concernant les élections de l’AÉUM du prochain semestre, Ana Paula Sanchez, représentante de la Faculté des arts, a remis en cause la période de deux mois avant les votes qui, selon elle, pousserait des gens à se présenter par défaut.

La deuxième motion, concernant l’adoption des règles permanentes au Conseil, a été approuvée à l’unanimité après des débats sur le langage portant atteinte aux membres du conseil.

Motion de McLaughlin 

Le débat marquant de la soirée restera l’approbation de la motion suivante proposée par le v.-p. aux Affaires Internes : « L’état d’ébriété du v.-p. aux Affaires Internes et/ou du traitement de faveur aux évènements de l’AÉUM» (VP internal intoxication and VIP culture at SSMU events, en anglais, ndlr). Ce dernier souhaite que le v-p aux Affaires internes soit capable de représenter l’AÉUM lors des évènements officiels, faisant référence à des mauvaises conduites par le passé. Ana Paula Sanchez a souhaité qu’il dévoile des noms, mais celui-ci a simplement répondu qu’il avait reçu des bouteilles gratuites lors de Frosh, et qu’il considérait ces dépenses comme étant personnelles et non pas payées par l’AÉUM. L’adoption de la motion a été reportée au prochain conseil, puisque les mesures disciplinaires à adopter divisaient les représentant·e·s.

Certain·e·s voulaient tout simplement qu’en cas de flagrant délit d’ébriété, le ou la v.-p. soit suspendu·e de ses fonctions. Andrew Figueiredo, représentant de la Faculté des arts, voulait que le ou la v.-p. passe par un conseil législatif pour approuver sa suspension. Gareth Price, représentant de la Faculté de génie, a ajouté que les conditions d’ébriété et toutes les situations devaient être précisées. À la suite du débat qui a suivi sa motion, Matthew McLaughlin s’est abstenu de répondre pour décaler l’adoption de la motion  mais le débat devrait reprendre au prochain conseil.

Autres motions

Les dernières motions approuvées ont concerné la présence d’un nouveau membre de l’AÉUM, le v.-p. aux Affaires universitaires Jacob Shapiro, au Comité d’administration (Board of Directors en anglais) et l’amendement de référence des termes de comités pour changer certains comités et en reformer d’autres. Marie Pilote et Garima Karia ont été élues au comité francophone. Le conseil s’est fini avec le rapport des deux premiers mois des exécutifs de l’AÉUM qui se sont montrés assez optimistes pour la suite et espèrent réaliser leurs projets.

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Désinvestissement: pour bientôt? https://www.delitfrancais.com/2018/09/18/desinvestissement-pour-bientot/ Tue, 18 Sep 2018 13:11:57 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31583 Le mercredi 12 septembre marquait la première réunion de l’année académique 2018-2019 du Sénat de McGill. Celle-ci a permis de présenter quelques comptes rendus, de faire le point sur l’institution ainsi que sur sa place dans le réseau universitaire, mais surtout d’aborder la question du désinvestissement de McGill des énergies fossiles.

Quelques mises à jour

L’incident diplomatique entre le Canada et l’Arabie Saoudite s’étant essoufflé,  Madame Fortier tient à souligner que la situation des étudiants concernés semble être retournée à la normale. «Tout le monde a travaillé dur pour minimiser le plus possible les impacts sur ces étudiants», affirme-t-elle. 222 des 223 étudiant·e·s concerné·e·s sont ainsi revenus pour le semestre d’automne.

La principale mentionne aussi, dans l’attente des prochaines élections provinciales, le 1er octobre, que des réunions avec chacun des chefs de partis ont été planifiées, dans l’optique de maintenir une continuité avec les récentes politiques de subventions universitaires.

Quel rôle pour le Sénat ?

Pendant près d’une heure, des discussions animées. Dans le contexte de la possibilité pour McGill de retirer tous ses investissements dans les énergies fossiles, le Sénat s’interroge sur son rôle dans la prise de cette décision; en substance, celui-ci n’a pas le pouvoir de trancher, constituant toutefois un des corps politiques les plus importants de McGill. Ainsi, le comité directeur (chargé de planifier les discussions du Sénat et les motions qui y seront débattues), pose une question à l’assemblée: «Tenant compte de la division des autorités attribuées au Conseil des gouverneurs et au Sénat, celui-ci devrait-il  […] exprimer une opinion sur un enjeu déjà discuté par le Conseil[…]»? Christopher Manfredi, vice-principal exécutif et vice-principal aux études, y répond négativement; certains objets entrent dans la juridiction du Conseil et d’autres dans celle du Sénat; l’un ne devrait pas intervenir pour l’autre. Ici, la question du désinvestissement tombe dans les mains du Conseil. Manfredi affirme que: «Les sénateurs ne devraient pas intervenir, ils n’ont pas l’expertise nécessaire».

Nous demandons aujourd’hui d’aider à remettre McGill du bon côté (de l’Histoire)

Les répliques fusent; un représentant de la Faculté d’arts et sciences rappelle qu’au nom de la liberté d’expression le Sénat devrait être en mesure d’exprimer une opinion sur une décision cruciale, qui concerne tout le monde. De plus, un autre sénateur soulève l’opacité de la prise de décision des gouverneurs, leurs sessions étant presque toujours closes. Finalement, la question est posée: le Sénat devrait-il prendre position? La motion passe, la réponse est oui.

Désinvestissement: une réalité ?

Le Sénat se met ainsi à discuter de l’intérêt de désinvestir. Le sénateur Gregory Mikkelson présente le cas de l’université d’Édimbourg, qui a supprimé tous ses investissements liés au charbon, au pétrole et au gaz. 140 universités ont à ce jour pris la même décision; McGill devrait selon lui être la prochaine. Divest McGill, le groupe étudiant qui lutte depuis 2012 contre les investissements dans les énergies fossiles, a longtemps démontré les bénéfices environnementaux, sociaux et même économiques d’un tel désinvestissement;  en 2016, c’était toujours non. «Cela nous a placé du mauvais côté de l’Histoire. […] Nous demandons aujourd’hui d’aider à remettre McGill du bon côté» déclare le sénateur. En adoptant cette décision, selon une autre sénatrice, McGill adopterait une position de leadership politique en matière de gouvernance responsable, et ferait sans doute l’objet d’une couverture médiatique positive qui redorerait son image.

La principale Fortier et Christopher Manfredi se défendent: «Il serait faux de dire que nous ne prenons pas cela au sérieux. […] Mais il faut garder en tête la complexité de la situation.» Manfredi tient à réitérer que la discussion présente est une grave erreur de gouvernance et que le Sénat ne devrait pas discuter de ce sujet. Selon lui, bien des universités prestigieuses, comme Yale, n’ont pas désinvesti. Il continue: «Nous ne faisons d’ailleurs que très peu d’investissements directs».

Ce dernier compte ainsi parmi la petite minorité qui a voté contre la motion «d’informer le conseil des gouverneurs que le Sénat se porte en faveur, en principe, de la décision de désinvestir de toutes les sociétés dont l’activité principale est l’extraction, la distribution et/ou la vente de carburants fossiles […]». À suivre.

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L’environnement: un enjeu important? https://www.delitfrancais.com/2018/09/14/lenvironnement-un-enjeu-important/ Fri, 14 Sep 2018 22:50:07 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31497 Environnement, changements climatiques, transition énergétique: ces thèmes sont-ils importants aux yeux des Québécois et Québécoises? Oui, mais pas assez pour en faire un enjeu prépondérant de la campagne. Analysons le pourquoi.

Un enjeu important, mais…

Sur papier, l’environnement semble être un enjeu important. En effet, selon la Boussole électorale de Radio-Canada, l’environnement vient au 4e rang des thèmes les plus importants pour les répondants. Les jeunes y accordent le plus d’importance et les 55 ans et plus y en accordent le moins. De même, des internautes ont commencé à faire circuler un cadre destiné aux photos de profil Facebook indiquant: «Élections 2018: Parlons environnement», exprimant pour eux l’importance de cet enjeu qui se fait moins bruyant que l’éternel «santéducation» répété à tout vent d’élection en élection.

Pourtant, les promesses environnementales sont loin d’être les plus populaires. En effet, selon un sondage Léger, nous pouvons voir qu’une seule promesse liée à l’environnement (réduire de moitié le coût des transports collectifs, par Québec solidaire) se trouve dans le top 10 des promesses les plus populaires. Comment expliquer ce décalage?

Micropromesses

Plusieurs commentateurs politiques l’on dit: l’heure est aux annonces ciblées, voire au clientélisme électoral. En effet, les partis politiques ont multiplié des « micropromesses » (dîners pour les enfants à l’école, crédits d’impôt supplémentaires pour un 2e et un 3e enfant, montant d’argent pour les familles, etc.) et une cible s’est dévoilée assez clairement: les familles. Cet électorat étant volatile et ayant un assez haut taux de participation aux élections, c’est évidemment une cible de choix pour tous les partis aspirant à prendre le pouvoir.

Dans ce contexte clientéliste où une partie de l’électorat «magasine» son choix de vote, l’environnement — qui est davantage un enjeu de fond — n’est pas une stratégie payante pour les partis politiques. En effet, être sérieux en matière d’environnement implique généralement d’imposer certaines contraintes (éliminer les voitures à essence, l’exploitation pétrolière, la consommation de produits animaliers, etc.). Il est plus difficile de promettre des «cadeaux électoraux» comme il est possible de le faire en ciblant les familles.

Les partis en rafale

Québec solidaire (QS) est effectivement le parti représenté à l’Assemblée nationale qui accorde le plus d’importance à l’environnement dans sa campagne électorale, énoncé confirmé par La Vérif de Radio-Canada en date du 3 septembre 2018. Ceci est en concordance avec le programme du parti se disant             ouvertement «écologiste». QS, n’ayant que très peu de chances de former le prochain gouvernement, peut «se permettre» d’éviter le clientélisme et se présenter comme acteur n’étant pas issu de la «vieille classe politique».  Notons aussi que chez QS, les programme économique et écologique ont été annoncé au même moment, signe  que le parti comprend l’écologie et l’économie dans une symbiose.

Quant au Parti Québécois (PQ), si ses promesses ne manquent pas de «sérieux» dans leur ambition, les modalités  de ces mesures offrent le cadre peu restrictif propre aux partis qui assouplissent leurs promesses une fois au gouvernement. Certains digèrent encore mal les actions peu écologiques du dernier gouvernement péquiste élu en 2012. Au regard des promesses de QS, le PQ vise un électorat écologiste languissant axé sur le développement durable et non pas centré autour de véritables positions écologistes crédibles.

Si le PLQ ne s’est pas vraiment fait remarquer sur l’enjeu de l’environnement et n’en a pas parlé en substance, la CAQ a dû marcher sur des œufs lorsqu’une de ses candidates a déclaré en ondes à Radio-Canada que son parti n’était pas «pro-pétrole», alors qu’un candidat adversaire lui a rappelé que l’«exploitation responsable du pétrole et du gaz du schiste» faisait effectivement partie de la plateforme de la CAQ. Les termes «pétrole» et «gaz de schiste» ont été retirés le jour même du site Internet de la CAQ, offrant l’image d’une gestion maladroite du sujet.

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RENTRÉE DE L’AÉUM : QUESTION PRESSANTES https://www.delitfrancais.com/2018/09/11/rentree-de-laeum-question-pressantes/ Tue, 11 Sep 2018 15:26:10 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31527 Le président admet les erreurs de l’ancienne association étudiante.

Tre Mansdoerfer, étudiant en génie, est le président de l’Association Étudiante de l’Université McGill pour l’année académique 2018-2019. Selon la constitution, trois enjeux principaux composent son rôle: la gouvernance, le leadership de l’AÉUM ainsi que la représentation générale du corps étudiant. Cette année, le président aura, entre autres, pour objectif de reconstruire la confiance des étudiant·e·s envers l’AÉUM et d’encourager leur réengagement au sein de leur association étudiante.

Nouveaux projets

Durant l’été, Tre a rencontré 70 présidents d’associations étudiantes aux États-Unis et au Canada, dont Harvard, Columbia et Yale pour discuter des projets se préparant dans les autres universités nord-américaines. Selon lui, «vous ne serez jamais plus intelligents [qu’un groupe de] 70 personnes faisant exactement ce que vous faites». Un autre projet important pour l’AÉUM est la récente acquisition d’un bâtiment au 3501 Peel. Le président précise toutefois qu’il ne sera pas ouvert cette année puisqu’il lui faut obtenir un permis de zonage commercial. De plus, des travaux sont nécessaires pour le rendre accessible aux personnes en situation de handicap, notamment en construisant une rampe à l’arrière. Des discussions sont encore en cours pour déterminer comment rendre accessible les étages supérieurs.

Couverture dentaire

Le Comité d’administration de l’AÉUM a réduit la couverture dentaire des étudiant•e•s de 750 dollars à 500 dollars. Questionné sur les motivations de cette décision, le président explique qu’elle a été la conséquence d’une erreur du v.-p. Finances, Esteban Herpin, qui aurait surestimé l’argent disponible à l’AÉUM. Il soutient que la décision a été motivée par le fait que «moins de 5%» des étudiants réclament des frais dépassant 500 dollars en soins dentaires. «C’est de cette façon que nous pouvons justifier cette réduction», explique-t-il, en faisant référence aux statistiques d’utilisation. «Cette coupe n’aurait pas dû arriver. Ça n’aurait pas dû affecter les étudiant•e•s. L’AÉUM s’est plantée l’an dernier et nous avions à régler cela à la première rencontre du comité», admet-il.  Tre Mansdoerfer indique toutefois que la couverture des soins de santé et des soins dentaires doit être renouvelée cette année et qu’il souhaite «beaucoup de consultations étudiantes sur le sujet».

Volonté de réengagement

Lors de sa campagne pour la présidence, Tre Mansdoerfer a fait du réengagement de la population mcgilloise au sein de l’AÉUM l’une de ses priorités. Le président mentionne que la perte du bâtiment Shatner pour l’année représente un défi supplémentaire pour redorer le blason de l’association étudiante, mais «qu’ être le plus honnête possible, tout en montrant les nouveaux espaces pour les étudiant·e·s et les efforts tangibles venant de l’AÉUM, est une façon de reconstruire la confiance».

Le président met également l’accent sur ses «fortes relations» avec les diverses associations étudiantes de facultés de l’université. «Je crois que ce qui est unique en ce moment est que les facultés ne sont pas seulement enclines à nous aider, mais également à nous fournir des locaux permanents au sein de leurs bâtiments». Tre Mansdoerfer affirme que c’est une façon de reconstruire des liens entre l’AÉUM et les associations de facultés.

Un autre moyen avancé par Tre concerne l’utilisation du nouveau bâtiment au 3501 rue Peel. «Travailler avec les facultés, faire des trucs sympas pour les étudiants et faire un super usage du nouvel espace sont les meilleurs moyens de rétablir la confiance [envers l’AÉUM] », résume-t-il.

Violence sexuelle

Questionné quant aux actions entreprises par l’administration mcgilloise pour combattre la violence sexuelle sur le campus, Tre Mansdoerfer a fortement mis l’accent sur l’importance du poste d’enquêteur externe pour les cas de violence sexuelle. Il a également souhaité voir un plus grand nombre d’étudiant•e•s invité•e•s aux tables de discussion avec l’administration. ξ

 

 

Il sera impossible de combler les attentes de tous les clubs étudiants.

Sophia Esterle, étudiante en arts, est la vice-présidente à la Vie Étudiante de l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais) pour l’année académique 2018-2019. Selon la constitution, son rôle s’organise autour de trois enjeux principaux; les groupes étudiants, la santé mentale, et les soins familiaux. Mais cette année, sa principale préoccupation sera immanquablement d’assurer la continuation de l’activité de tous les clubs étudiants de l’université malgré la fermeture du bâtiment Shatner, qui restera définitivement inactif pour la totalité de l’année à venir.

Un défi de taille

On nous annonçait au mois d’août, dans un communiqué de l’AÉUM, que le centre universitaire, lieu de rencontre de la majorité des groupes étudiants et hôte de nombreux évènements ne pourra reprendre son activité comme prévu initialement. Ainsi, l’AÉUM promettait de trouver des espaces alternatifs, et d’obtenir des fonds pour rembourser la location de ceux-ci. «J’aimerais bien que tout marche, […] mais en réalité, cet été, on a commencé de rien […], je ne pense pas qu’il soit réaliste de penser qu’on puisse trouver des espaces pour tout le monde.» Sophia se dit très déçue de cette situation: «J’ai pris cette position en partie pour aider et travailler avec les clubs; […] quand je reçois des emails d’étudiants qui ont un évènement prévu pour la semaine, mais pour lequel je n’ai pas de local, ça me brise le cœur. […] Nous ne serons jamais en contrôle de la situation».

Santé mentale; du travail

Sophia, dès le début de l’entrevue, fait comprendre que la santé mentale des étudiants est un sujet qui lui tient très à cœur, ce qui l’a grandement poussée à postuler pour le rôle de vice-présidente à la vie étudiante. À la demande d’un diagnostic de la situation actuelle à McGill, celle-ci répond que les prises de position étudiantes lui semblent encourageantes; selon elles, les conversations entre eux à ce sujet se multiplient, et ils se soutiennent plus ouvertement sur le sujet. «J’ai de super commissaires à la santé mentale, avec qui j’ai des conversations extrêmement stimulantes». Elle mentionne le projet de créer un tableau excel, accessible à tous, rassemblant une liste d’informations et de ressources en ligne, liées à l’aide à la santé mentale à Montréal. «En première année, je n’y connaissais rien, et avoir un document comme celui-là m’aurait beaucoup aidé», confie-t-elle. Sophia annonce aussi la création de la semaine de sensibilisation aux maladies mentales, qui se déroulera probablement début octobre. Elle regroupera plusieurs panels, axés autour de différents troubles mentaux, comme les troubles alimentaires, un sujet qui touche beaucoup. L’objectif: «créer des conversations, tenter d’éduquer et d’augmenter la visibilité de ces problèmes.»

«Personnellement, je trouve que l’on est dans un contexte où il est difficile de recevoir de l’aide de McGill, ce qui rend le peer support encore plus important. J’ai envie que les conversations commencent». Et ce, dès la première année. Elle mentionne l’article de l’ancien  vice-principal aux études, Olliver Dyens recommandant l’«hygiène de vie»,  comme solution au montées d’anxiété des étudiants, qui l’avait beaucoup déçue; un autre élément qui montre que l’administration peine parfois à répondre aux attentes des élèves en termes d’aide et de soutien mental. Lorsqu’elle parle des rencontres avec le service d’orientation et de consultation psychologique, elle admet: «Je pense qu’ils sont très ouverts à entendre nos opinions, mais pas que l’on ait beaucoup de pouvoir».

Les deux plus gros défis de la vice-présidente à la vie étudiante, cette année, sont en fait très liés; assurer la coordination et la bonne activité des groupes étudiants, c’est aussi selon elle porter attention à la santé mentale et au bien-être de tous. Comme l’explique Sophia, «la santé mentale, ce n’est pas seulement avoir accès aux ressources, c’est aussi être intégré dans une communauté, rencontrer d’autres ayant des expériences similaires, avoir un rôle désigné dans un groupe…».

 

 

L’Université avance bien lentement en terme d’équité selon Jacob Shapiro.

Le rôle du vice-président aux Affaires universitaires est de s’assurer, en effectuant des recherches approfondies et en consultant divers niveaux de l’administration, que les étudiants sont dans les meilleures conditions pour étudier et entreprendre leurs projets académiques et extra-scolaires. Les enjeux concernés peuvent donc sembler multiples, puisque, comme l’explique Jacob, bien des choses peuvent constituer des obstacles à l’éducation d’un étudiant. Ainsi, veiller à l’équité constitue une tâche importante du vice-président aux Affaires universitaires.

L’équité, inatteignable?

En abordant la question de l’équité, Jacob souligne tout de suite un vrai problème de représentation, dans le contexte des facultés: «Au sein du Département d’histoire, d’où je viens, je n’ai jamais vu un professeur noir.» Il poursuit: «Comment peut-on s’attendre à avoir un campus équitable si ceux qui transmettent les connaissances, et qui créent les curricula ne proviennent pas de milieux diversifiés? Ce problème ne semble pas être proche de se résoudre.» Selon lui, il y a encore beaucoup, beaucoup à faire ; « des tas d’étudiants font encore face à des problèmes très dérangeants, ce qui souligne le rôle des commissaires à l’équité, employés pour recevoir les plaintes, surtout dans le contexte de l’AÉUM ».

Sur une note plus positive, Jacob mentionne tout de même des avancées isolées, du fait de la mobilisation d’étudiant·e·s engagé·e·s et entreprenants: des espaces plus accessibles créés dans la Faculté de génie, ou simplement la formation de communautés comme le BSN (Black Students’ Network en anglais), Queer McGill, l’OSD (Bureau de soutien aux étudiants en situation de handicap).

Et maintenant, le plan, c’est quoi? «Mon objectif, c’est de ne pas refaire les choses comme dans le passé. […] Je n’ai pas de priorités fixées, je veux surtout voir les autres, plus spécialisés dans ces sujets, atteindre leurs objectifs». N’étant pas la source des idées, son rôle est selon lui de donner des moyens d’avancer, d’amplifier les voix des comités déjà existants, d’encourager les projets et de leur donner la priorité.

Le rôle de McGill

En mai 2018 était publié le rapport final du groupe de travail sur le respect et l’inclusion sur la vie de campus; cette année sera une année de consultations et de commentaires sur le document.  Selon lui, «lorsqu’un groupe de travail entreprend un projet comme celui-ci, il y a généralement de vrais changements qui s’ensuivent». Il exprime quelques inquiétudes quant à certaines recommandations, jugées «larges, voire vagues», comme celle promettant la création de nouveaux espaces, ce qui faciliterait l’interaction. «Comment se fait-il que ces espaces n’existent pas déjà? Qu’est-ce que cela entraîne, exactement, de créer un nouvel espace? Les gens vont arriver, et se sourire l’un à l’autre? Cela me semble un peu abstrait».

Il trouve encourageant d’avoir la possibilité de débattre et se consulter sur ces enjeux, mais souligne qu’en fin de compte, pour de vraies avancées, les étudiants devront s’y intéresser, lire le rapport, et accepter de donner leur avis. «Je suis curieux de voir à quoi ces consultations ressembleront». Il sera justement en charge de surveiller tout cela.

Maximiser les avantages

Jacob avoue être enthousiaste à l’idée d’un puissant caucus étudiant au Sénat, qui pourra activement défendre d’anciens et de nouveaux projets. Parmi ceux-ci, le développement des ressources éducatives libres, la semaine de lecture du semestre d’automne, la modification de la courbe de notes obligatoire à Desautels, ou de la fonctionnalité Pass/Fail, qui permettrait aux élèves d’obtenir leur note à fin du semestre s’ils le désirent. «Nous voulons passer du temps avec les sénateurs, trouver des solutions. Le but, c’est de travailler sur ces idées, et de montrer qu’elles n’engendrent pas de désavantages, pour quiconque».

Consulter les étudiants reste primordial; « pour tout cela, nous devrons disposer de recommandations étudiantes clairement définies», c’est-à-dire s’assurer, par le biais de recherches approfondies, que les étudiants bénéficieraient forcément de ces projets. Lutter pour plus d’avantages, c’est ainsi que Jacob perçoit son rôle. « Notre vie est stressante, essayons de trouver des pratiques empathiques qui nous rendent la vie un peu plus facile».

 

 

Matthew McLaughlin confie son insatisfaction quant aux ressources dédiées aux francophones.

Matthew McLaughlin, étudiant de première année en gestion, est le vice-président aux Affaires internes pour l’année académique 2018-2019. Son rôle s’organise autour de trois piliers: l’organisation d’évènements, la communication interne et l’implication des étudiant·e·s de première année. Entre traduction et élections québécoises s’approchant, le v.-p. espère augmenter l’intérêt des étudiant·e·s envers l’AÉUM et en amener certain·e·s à percer la bulle mcgilloise.

Évènements à venir

L’un des aspects majeurs du portfolio des Affaires internes est l’organisation d’évènements au sein de la communauté mcgilloise. Après avoir coordonné le Frosh, le v.-p. entend mener plusieurs projets. D’une part, l’un des projets de sa campagne était celui d’instaurer un calendrier centralisé pour permettre aux étudiant·e·s de connaître tous les évènements (des clubs, des facultés ou encore des étudiant·e·s) sur une plateforme unique. Matthew McLaughlin espère également instaurer un évènement caritatif. «Il n’existe pas d’évènement caritatif récurrent au sein de l’AÉUM. Nous avons beaucoup de levées de fonds […], mais elles sont principalement au bénéfice des étudiant·e·s[…]». Il mentionne aussi un Town Hall, prévu chaque semestre, où les membres exécutifs de l’AÉUM offriront un compte-rendu du point de vue de leur poste, et où les étudiant·e·s pourront leur poser des questions et «entretenir une véritable discussion».

Francophonie et traduction

En ce qui concerne la francophonie, le v.-p. compte faire traduire toutes annonces récurrentes sur les pages de l’AÉUM, comme celles annonçant les rencontres du Conseil législatif ou du Comité d’administration. Le v-p. reconnait également l’importance de faire traduire les procès-verbaux de ces rencontres. Le v.-p. explique toutefois qu’il serait impossible de traduire l’entièreté du contenu de l’AÉUM étant donné le délai de 24 à 48 heures nécessaire à la traduction. «Je comprends que nous avons une large population francophone à McGill et qu’il faut rendre les documents accessibles dans les deux langues». Le v.-p. reconnait que «beaucoup d’améliorations ont besoin d’être apportées» pour rendre l’AÉUM complètement bilingue. Il soutient toutefois que l’un des problèmes reste le financement, mais qu’il est possible de revoir le processus de sélection des traducteur•rices de l’association, «puisque cela demande des compétences très spécifiques». L’AÉUM possède deux traducteur·rice·s étudiant·e·s francophones.

Questionné à savoir si les ressources pour la communauté francophone mcgilloise sont suffisantes, le v.-p. répond que c’est un sujet difficile. «L’argument que certaines personnes peuvent sortir est celui que McGill est une institution anglophone, mais c’est très faible comme argument selon moi. Nous sommes dans un milieu très francophone, nous avons des étudiants francophones, nous sommes dans un pays bilingue et avec le pouvoir que McGill possède, il n’y a pas de raison qui empêcherait de fournir des services et publier des documents en français».

Percer la bulle mcgilloise

Matthew McLaughlin écrivait en 2017 un article d’opinion dans le McGill Tribune appelant les étudiant·e·s à s’intéresser à la politique et à sortir de la fameuse bulle mcgilloise. Le v.-p. soutient que le gouvernement provincial a beaucoup d’impact sur la vie des étudiant·e·s, qu’ils et elles en soient au courant ou non. C’est ainsi qu’il prévoit dédier l’un des prochains Listserv aux élections générales québécoises du 1er octobre, notamment en travaillant avec la v.-p. aux Affaires externes Marina Cupido pour offrir à la population étudiante des ressources en ce qui concerne les élections. Matthew McLaughlin entend également utiliser les médias sociaux pour «aider les étudiant·e·s à exercer un vote informé».

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Arc-en-ciel sur René-Lévesque https://www.delitfrancais.com/2018/09/11/arc-en-ciel-sur-rene-levesque/ Tue, 11 Sep 2018 13:55:39 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31492 Le dimanche 19 août à 13h, l’intersection René-Lévesque/Bleury est noire de monde. Certains spectateurs sont installés sur la pelouse, à l’ombre des arbres. D’autres sont assis des deux côtés de la rue. Des bénévoles vêtus de t-shirts, célébrant la diversité des pronoms: « ILS. ELLES. OK. Tous les pronoms sont valides.» arpentent la rue, repoussant la foule débordante sur le trottoir, pour laisser de la place au défilé.

Peu après, toute cette foule se lève comme un seul être. L’anticipation est palpable. Puis enfin, un arc de ballons multicolores apparait à l’horizon; derrière une voiture de police, un groupe muni d’une pancarte annonçant «Femmes trans premières – plus jamais dernières» débarque en tête. La foule éclate en cris enthousiastes; le défilé commence. Commençant sur la rue Metcalfe, celui-ci longe le boulevard René-Lévesque sur 2,7 kilomètres pour arriver jusqu’à la rue Alexandre-Desève. Cet itinéraire relie l’ancien quartier LGBTQ+ de Montréal au Village actuel, représentant ainsi un pont entre le passé et le présent.

Explosion de couleurs

Toutes sortes de gammes de couleurs se dressent dans la foule: le bleu-rose-blanc-rose-blanc-bleu des personnes transgenres, le noir-gris-blanc-violet de la communauté asexuelle, le dégradé rouge-rose des lesbiennes, le rose-jaune-bleu des pansexuels, le rose-violet-bleu des bisexuels… Certains ont pris soin d’honorer le bleu: la célèbre Tracy Trash s’est déguisée en Neytiri, l’héroïne bleue d’Avatar. A l’occasion du 34ème défilé de la Fierté de Montréal, la ville a d’ailleurs mis l’accent sur cette couleur, pour célébrer l’harmonie. D’autres ont préféré afficher leurs propres couleurs, comme la drag queen d’Air Canada, dont la gigantesque robe rouge-noir-blanc évoque la reine rouge d’Alice aux Pays des Merveilles. D’autres encore restent fidèles au sempiternel drapeau LGBTQ+, comme le Premier Ministre Justin Trudeau, qui arrive tout sourire, à la tête d’une foule brandissant  leurs drapeaux arc-en-ciel.

Le défilé est aussi un évènement qui célèbre le dynamisme et la vitalité. Une équipe de roller derby passe en trombe au-dessous d’un drapeau arc-en-ciel; un groupe de cowboys se livre à une démonstration de line dance; la fondation Les P’tits Lutins, pour le soutien des victimes du SIDA, débarque avec de joyeux lutins qui sautillent, le sourire aux lèvres. La foule semble particulièrement impressionnée par la troupe des Aigles Noirs, qui slaloment la piste sur leurs trottinettes électriques, déployant fièrement leurs ailes peintes sur des voiles.  Bref, ça bouge!

Dans le vacarme, un silence 

À 2h30, arrive le Cercle Bispirituel de l’organisme communautaire Montréal Autochtone. Quatre personnes assises en cercle entonnent un chant traditionnel, accompagnées d’un tambour. La fête bat son plein, mais d’un geste soudain plein de réserve, un bénévole vient interrompre les musicien(ne)s. Peu à peu, le silence gagne les autres chars. La rue René-Lévesque semble se figer tout entière, en hommage aux membres de la communauté LGBTQ+ victimes de violences ou du SIDA. Partout, plusieurs personnes lèvent ensemble un poing silencieux.

Au bout de quelques minutes, une personne sourit et pousse une grande exclamation; son cri transperce le silence et est amplifié par la foule. La musique reprend, et le défilé s’ébranle. Les cris des spectateurs paraissent plus enthousiastes, les gestes des danseurs plus vigoureux qu’avant, comme pour redoubler de ferveur et de joie après le silence, non pas pour oublier les disparus, mais pour les honorer.

Le mot d’ordre est fierté, mais aussi diversité et inclusion. Tous les âges sont représentés (…)

 

La diversité au pouvoir

Le mot d’ordre est fierté, mais aussi diversité et inclusion. Tous les âges sont représentés: depuis la coalition montréalaise des groupes jeunesse LGBTQ+ jusqu’à l’ARC, un organisme pour aînés et retraités de la communauté gay. Plusieurs familles suivent le défilé avec des poussettes, aux côtés de personnes âgées tenant des affiches pleines d’humour – «Gay and grey», ou encore «Mémé fait son coming-outLa ville de Montréal a pris soin de rendre le défilé accessible aux personnes à mobilité réduite: des zones réservées sont disponibles à l’angle de René-Lévesque et de la rue Place Philips, ainsi qu’à l’angle de René-Lévesque et Amherst. L’organisme local Passion et Handicap est également venu montrer son soutien à la communauté LGBTQ+.  Le côté «geek» de la communauté est représenté par le groupe des  gaymers de Montréal, ainsi que par de nombreux cosplayers éparpillés dans le défilé: un Aquaman, une Wonderwoman, plusieurs Captain America et des Superman. L’arrivée de Shiro, un personnage de la série Voltron, dont l’homosexualité vient d’être confirmée, est accueillie par un tonnerre d’applaudissements.

Le défilé accueille de plus des représentants de la communauté religieuse de Montréal, comme les Sœurs de la perpétuelle indulgence, des membres du Diocèse anglican, ainsi que l’église de St. James. Par ailleurs, l’Association des Libres penseurs athées est également présente.

C’est difficile de dire ce que la Fierté représente pour moi. J’imagine que c’est une période de quelques jours dans l’année, pendant lesquels la culture queer se montre, au lieu de se cacher

Qu’est-ce que c’est, la fierté?

«C’est juste cool de pouvoir s’exprimer en public», dit Sophie, étudiante du cégep Dawson, «parce que c’est le genre de choses qu’on doit apprendre tout·e seul·e, souvent sur Internet. On peut en parler entre amis, mais ce n’est pas vraiment la même chose, c’est sur une autre échelle.» Ses doigts se referment sur le badge affichant «Ace» sur sa salopette. «Dans le bus, je me demandais si je devais cacher mon badge avant d’arriver au défilé… puis je me suis dit non, je n’ai pas besoin de le cacher.»

À la même question, Jérôme, originaire de Toronto, hésite avant de répondre. «C’est difficile de dire ce que la Fierté représente pour moi. J’imagine que c’est une période de quelques jours dans l’année, pendant lesquels la culture queer se montre, au lieu de se cacher.» C’est un thème qui semble revenir souvent: l’idée de se taire, de se cacher, de se dissimuler, puis, à l’occasion d’un festival qui a lieu une fois par an, se montrer.

Il semble y avoir quelque chose d’enivrant, dans l’atmosphère festive du défilé de fierté; il représente pour beaucoup quelque chose de spécial, une occasion de se lâcher, un jour pas comme les autres. «Ça représente la liberté d’expression, tout simplement» résume une autre personne, dont le nom s’est perdu dans les cris de la foule.

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McGill surveille ses étudiant·e·s https://www.delitfrancais.com/2018/09/11/mcgill-surveille-ses-etudiant%c2%b7e%c2%b7s/ Tue, 11 Sep 2018 13:41:14 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31489 Alors que la gestion de violence sexuelle prend de plus en plus de place dans le discours public, plusieurs évènements ont fait fortement réagir la communauté mcgilloise ces derniers mois. D’une part, l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais) a publié une lettre ouverte demandant à l’Université d’agir en ce qui concerne la gestion des inconduites sexuelles. D’autre part, le professeur Amhed Ibrahim, sur qui des allégations de violence sexuelle circulent, a déposé une poursuite envers une étudiante et un collègue pour diffamation.

En vertu de la Loi sur l’accès à l’information, Le Délit a obtenu copie de certains documents de communication interne de l’Université en lien avec ces évènements. L’intégralité des documents obtenus est disponible sur le site web du Délit.

«La principale […] Suzanne Fortier indique qu’il y a eu, depuis 2015, ‘neuf cas dans lesquels des allégations de comportement inappropriés, de degrés variables, de la part d’un·e professeur·e ont été portés à l’attention d’un membre de la haute administration de McGill’. Des enquêtes seraient toujours en cours dans ‘deux des cas»

Lettre ouverte

En avril dernier, l’AÉUM publiait une lettre ouverte réclamant une enquête indépendante sur le processus de plaintes  à l’encontre du corps enseignant de la Faculté des Arts. Cette lettre, sous la forme d’une pétition, signée par plus de 1000 étudiant·e·s et une quarantaine d’associations dénonçait des «secrets de polichinelle» quant aux comportements inappropriés de certains professeur·e·s. La lettre dénonçait également les relations intimes que ces dernier·ère·s entretiendraient avec des étudiant·e·s de premier cycle et des cycles supérieurs.

L’Université avait alors répondu que «tout rapport officiel, toute plainte officielle et toute allégation présentant un nombre suffisant de faits font l’objet d’enquêtes rigoureuses.» et qu’elle ne tolérait «aucune forme d’inconduite sexuelle». Quelques jours plus tard, 148 professeur·e·s apportaient leur soutien aux revendications étudiantes et ce alors que près de 800 étudiant·e·s des Universités McGill et Concordia organisaient une manifestation sur le campus, en face du Pavillon de l’administration James. Lors de ce rassemblement, la vice-présidente aux Affaires externes, Connor Spencer, a sommé l’administration de prendre des mesures concrètes sous peine de dénoncer la situation à la ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David. Suite à ces pressions, l’administration mcgilloise annonçait le 10 mai la nomination d’un enquêteur indépendant responsable du traitement des plaintes d’inconduite sexuelle et la formation d’un comité spécial du Sénat chargé d’étudier les relations intimes entre les membres du personnel enseignant et les étudiant·e·s.

Gestion de crise

Dans une lettre adressée à l’ex-présidente de l’AÉUM Muna Tojboeva dont Le Délit a obtenu copie, la principale et vice-chancelière Suzanne Fortier indique qu’il y a eu, depuis 2015, «neuf cas dans lesquels des allégations de comportement inappropriés, de degrés variables, de la part d’un·e professeur·e ont été portés à l’attention d’un membre de la haute administration de McGill». Des enquêtes seraient toujours en cours dans  «deux des cas». La Pre Fortier précise toutefois qu’il était «extrêmement difficile» pour l’Université d’agir lorsque les allégations étaient «vagues», «anonymes» ou «ne fournissaient pas assez de preuves».

Cependant, la gestion de cette crise par l’Université a suscité de vives critiques : «McGill a déjà écrit trop de courriels visant à apaiser [la communauté], crée trop de bureaux n’ayant aucun pouvoir pour [ou ne choisissant pas de] prendre des mesures concrètes, la même situation qui existait déjà 15 ans auparavant, existe aujourd’hui mais avec un nouveau groupe d’étudiant·e·s.» peut-on lire dans un courriel envoyé au Vice-principal Christopher Manfredi.

 

Poursuite du Pr. Ibrahim

Autre évènement ayant défrayé la manchette, le Pr. Ahmed Ibrahim intente un procès à une étudiante de premier cycle, Sarah Abdelshamy, et à un de ses collègues, le Pr. Pasha Khan. Le Pr. Ibrahim les accuse d’avoir organisé une «campagne de diffamation» à son encontre au sein de l’Institut d’Études Islamiques. En effet, ce dernier leur réclame un montant de 600 000 dollars pour avoir organisé «une ‘vendetta’ contre lui […] dans le but de le faire congédier».

Si le Pr. Ibrahim admet avoir eu des «relations consensuelles» avec une étudiante mcgilloise (dont le nom n’a pas été mentionné) au cours de l’année scolaire 2014-2015, la poursuite déclare qu’il est «désormais considéré comme un prédateur sexuel, un harceleur, un violeur […]» et que les allégations portés à son encontre par le Pr. Khan et Mme Abdelshamy ont gravement endommagé sa réputation et qu’il a «désormais perdu toute possibilité de trouver un emploi dans son domaine au Canada et aux États-Unis […]».

Dans un courriel au Délit, l’administration mcgilloise a fait savoir qu’elle ne commenterait pas une affaire en cours devant les tribunaux. Toutefois, dans un courriel adressée à la sous-ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Sylvie Barcelo, l’Université déclare travailler «avec la communauté mcgilloise pour sensibiliser les membres de notre communauté aux enjeux liés aux inconduites sexuelles, pour améliorer l’appui aux victimes de ces inconduites et pour améliorer nos procédures en cas de dénonciation ou de plainte.»

«la même situation qui existait déjà 15 ans auparavant, existe aujourd’hui mais avec un nouveau groupe d’étudiant·e·s.»

Réaction sur le campus

Cette poursuite a été vivement critiquée par plusieurs associations étudiantes mcgilloises, en premier lieu l’AÉUM qui a fait savoir qu’elle «condamnait fermement cette poursuite», citant notamment un article publié dans le McGill Daily en 2015 qui, selon l’AÉUM, «est largement connu comme ayant été écrit à propos de lui [le professeur Ibrahim, ndlr]». Dans la foulée des évènements,  le mot-clic #ImWithSarah a été créé et relayé par des dizaines de personnes sur Facebook ainsi que sur Twitter.

Le Délit a également appris qu’un agent de communication de l’Université a fait un compte-rendu de l’impact média de la poursuite. L’agent a entre autres surveillé spécifiquement les activités de Marina Cupido, vice-présidente aux Affaires externes de l’AÉUM, offrant notamment un décompte des mentions J’aime et des partages d’une publication dénonçant la situation sur son compte Facebook personnel. L’agent a également informé l’Université lorsque la v.-p. a changé sa photo de profil en précisant que la photo était accompagnée des propos suivants : «La responsabilité de la communauté n’est pas de la diffamation. #WeBelieveSurvivors. #ImWithSarah puisque lorsque les institutions échouent à nous protéger, nous devons pouvoir nous protéger entre nous».

Extrait d’un courriel de l’administration faisant allusion à l’activité du compte Facebook personnel de la v.p. Cupido.

Quant à elle, la World Islamic and Middle East Studies Students’ Associations (WIMESSA) déclare, avoir «parlé à l’administration mcgilloise de manière répétée durant ces dernières années à propos du climat de peur, de danger et de secret» qui régnait au cœur de l’Institut et eu «le sentiment d’être ignorée et [que ces préoccupations, ndlr] n’avaient pas été entendues».


Correction (2018/09/11): une précédente version de cet article déclarait que l’Université n’avait pas encore annoncé le nom de l’enquêteur indépendant. Il s’agit de Me Caroline Lemay. 

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McGill : Comment ça fonctionne ? https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/mcgill-comment-ca-fonctionne-2/ https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/mcgill-comment-ca-fonctionne-2/#respond Tue, 04 Sep 2018 14:40:42 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31432 https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/mcgill-comment-ca-fonctionne-2/feed/ 0 (S’)informer pour se former https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/sinformer-pour-se-former/ https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/sinformer-pour-se-former/#respond Tue, 04 Sep 2018 14:36:20 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31429 La section «Actualités» se veut les yeux et les oreilles du Délit en couvrant les sujets affectant la vie des Mcgillois·e·s, sur le campus ou en dehors.

Dans cette section, il s’agit d’aborder différentes façades de l’actualité: ce qui se passe sur le campus, les aléas de la politique étudiante de McGill, ou de son administration, mais aussi l’actualité montréalaise, québécoise, et canadienne, ainsi que celle d’autres pays du monde francophone.

La section offre donc à ses contributeurs·rices l’occasion de se pencher, en tant que reporters, sur une multitude d’évènements ponctuant la vie universitaire et ses alentours.

À l’heure des fausses nouvelles et des opinions se substituant aux faits, la section «Actualités» poursuit l’idéal ambitieux d’offrir un portrait juste et équitable de la vie mcgilloise et montréalaise.

  Beaucoup de nouvelles n’étant couvertes que par les journaux mcgillois, une responsabilité incombe alors au Délit — et à la section «Actualités» en particulier, celle d’offrir un compte-rendu de celles-ci aux étudiants francophones, et ce le plus objectivement possible.

Tout comme l’ensemble du Délit, la section «Actualités» a pour but de briser la «bulle mcgilloise».

Elle permet en effet aux contributeurs·rices de développer des aptitudes extracurriculaires, leur donnant l’occasion de connecter de manière plus directe avec l’université et le Québec, que ce soit par des entrevues avec des acteurs clés de la vie universitaire ou en échangeant avec les étudiant·e·s lors d’un vox pop.

Diverses rubriques permettent aux contributeurs·rices de couvrir l’actualité de manière variée:

Campus/Montréal/Québec: Intrigues politiques à l’AÉUM, réponses de l’administration face aux enjeux touchant les étudiant·e·s, élections québécoises ou politique fédérale, cette rubrique vise à offrir un portrait détaillé des évènements touchant les étudiant·e·s d’une façon ou d’une autre.

Entrevue: Les entrevues donnent l’occasion aux contributeurs·rices de poser directement des questions à ceux et celles qui influencent la vie mcgilloise.

Monde francophone: Une rubrique internationale regroupant des évènements marquants survenant dans les pays étrangers membres de la francophonie.

Vox pop: Une poignée de propos recueillis par un reporter, souvent sur le campus. La rubrique a pour but d’exposer les opinions brutes d’étudiants sur certains sujets pressants de l’actualité.

Satire: La satire permet aux contributeurs·rices de tourner en ridicule l’actualité. Il est possible d’ «inventer» des nouvelles (un peu à la manière du Gorafi) tout en restant en lien avec l’actualité mcgilloise, montréalaise, québécoise ou canadienne.

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https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/sinformer-pour-se-former/feed/ 0
Cet été à McGill https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/cet-ete-a-mcgill/ https://www.delitfrancais.com/2018/09/04/cet-ete-a-mcgill/#respond Tue, 04 Sep 2018 14:23:16 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31419 Un comité spécial du Sénat étudie les relations professeurs-élèves.

À la fin du semestre d’hiver 2018, l’administration de McGill annonçait son projet de créer un comité spécial ayant pour objectif «d’explorer et [de] soumettre au Sénat des recommandations quant à la façon dont l’Université McGill doit considérer […] les relations entre le personnel enseignant et la population étudiante». Sa composition s’est précisée au cours de l’été; il sera dirigé par Sinead Hunt, conseillère principale à l’équité et l’inclusion, et rassemble huit membres choisis par le Sénat, dont trois professeurs, issus des facultés de science, de médecine, et d’arts, trois étudiants, et deux élèves suppléants, pouvant remplacer un membre en cas d’absence. Une place d’élève suppléant·e est encore vacante.

Un besoin de clarté

Quant au règlement actuel, l’institution n’interdit pas formellement les relations intimes entre un étudiant et un membre du corps enseignant; dans le texte de présentation du comité, l’on nous rappelle que les étudiants majeurs «sont légalement capables de consentir à une relation intime avec un autre adulte». Toutefois, l’on nous rappelle que cette relation est soumise à «un déséquilibre de pouvoir». Ces deux visions étant conflictuelles, le comité devrait tenter de clarifier les droits de chacun·e. Les membres du comité ont pour impératif de se rencontrer une fois par mois, et ce depuis le 1er juin 2018. Un rapport final sera rendu d’ici le 1er décembre 2018, lors d’une réunion du Sénat.


Le professeur Ahmed Fekry Ibrahim poursuit un professeur et une étudiante.

Ahmed Fekry Ibrahim, professeur adjoint (Assistant professor en anglais) à l’Institut d’études islamiques, a déposé en juin dernier une poursuite pour diffamation contre une étudiante mcgilloise, Sarah Abdelshamy, et contre Pasha Khan, également professeur adjoint à l’Institut. La poursuite réclame 600 000 dollars, notamment pour causes de perte d’emploi, perte de possibilité professionnelles et perte de joie de vivre du plaignant.

La poursuite indique que Prof. Ibrahim est maintenant considéré «comme un prédateur sexuel, un violeur, un harceleur» alors que de nombreuses allégations circulaient à son sujet depuis 2015. En effet, le professeur était dépeint explicitement comme un prédateur sexuel sur une série d’autocollants apposés sur le campus de McGill, un article du McGill Daily et des allusions à Prof. Ibrahim de façon anonyme. Le professeur concerné admet toutefois avoir entretenu une relation intime «consentante» avec une étudiante.

Professeur adjoint, Ahmed Fekry Ibrahim s’est vu refuser sa demande de titularisation en mai 2018. La poursuite soutient que les allégations circulant à propos de Prof. Ibrahim sont en lien avec ce refus.

Une vague de soutien

Un mouvement de solidarité pour l’étudiante poursuivie s’est alors propagé sur les réseaux sociaux avec le mot-clic #ImwithSarah. L’AÉUM a également publié une déclaration dénonçant formellement la poursuite, affirmant qu’elle consiste en une «intimidation flagrante face à la capacité des étudiant·e·s à parler haut et fort et à se protéger mutuellement face à la violence sexuelle alors que notre institution a échoué de façon répétée». 

L’Université McGill a refusé de commenter, l’affaire étant toujours devant les tribunaux.


L’AÉUM change sa politique de couverture des soins dentaires.

Le 11 juin 2018, l’Association étudiante de l’Université McGill a décidé de voter la réduction de la prise en charge des frais dentaires des étudiants internationaux couverts par l’ASEQ (Alliance pour la santé étudiante au Québec)/Studentcare. En effet, la prise en charge fixée jusqu’à 750 dollars de couverture pour des frais annuels de 100 dollars par étudiant a été réduite à 500 dollars. La décision a été votée à la majorité avec une abstention.

Cette décision est motivée par la potentialité d’un déficit de 320 000 dollars qui toucherait le budget de l’AÉUM si les coûts liés aux 18 000 étudiants n’étaient pas réduits. Le choix des frais dentaires s’explique par des statistiques du président de l’AÉUM, Tre Mansdoerfer qui a déclaré au McGill Tribune que 5% des étudiants couverts par Studentcare dépassent les 500 dollars de frais dentaires sur les 12 mois de prise en charge.

Des questions soulevées

Au sein de l’AÉUM, les avis sont majoritairement favorables à cette mesure, mais la vice-présidente des affaires externes, Marina Cupido, a tout de même mis en garde Tre Mansdoerfer contre le risque de laisser des étudiants seuls face aux frais supplémentaires qu’ils auraient à payer.

Afin de permettre aux étudiants de donner leur avis sur la question, l’AÉUM s’est engagée à organiser un référendum pendant le semestre de printemps sur la remise en cause des 750 dollars de prise en charge et la possibilité de revenir à l’ancien régime si la majorité le souhaite, selon des informations obtenues par le McGill Tribune.

Rappelons qu’une mauvaise santé dentaire n’engendre pas seulement des maladies buccales mais aussi des risques de maladies cardiovasculaires et respiratoires. Une raison pour prendre ce changement au sérieux.


Campus : Shatner en travaux jusqu’au printemps 2019; l’activité reprend à McIntyre.

Le bâtiment Shatner est fermé depuis le 17 mars 2018 pour diverses rénovations. Les travaux nécessitant la fermeture du bâtiment incluent la ventilation, la distribution électrique, l’amiante, de nouvelles toilettes, le remplacement des grilles d’entrées et du dallage et autres améliorations, comme annoncé sur le site Web de l’AÉUM.

Délais dans les travaux

La fermeture du bâtiment a un impact sur la vie étudiante du campus, forçant la relocalisation de plus d’une vingtaine de clubs pour la fin de l’année dernière. Le bâtiment Shatner aurait dû rouvrir ses portes au cours du semestre d’hiver 2019 avec une réouverture partielle comprenant le bar Gerts à l’automne 2018. Toutefois, l’AÉUM annonce dans un communiqué le 14 août 2018 que l’édifice demeurera fermé toute l’année scolaire 2018-2019 pour cause de retard. L’association soutient qu’elle octroiera des fonds pour rembourser les dépenses de location de locaux alternatifs aux clubs affectés par la situation.

Incendie à McIntyre

Le bâtiment McIntyre a été la proie des flammes lors d’un incendie déclaré le 12 juillet 2018. L’édifice abritant la Faculté de médecine de l’Université McGill a dû être temporairement fermé. Les services d’incendie n’ont rapporté aucun blessé lors de l’évènement.

Les étages supérieurs partant du 7e sont de nouveau opérationnels tandis que certains des étages inférieurs resteront fermés pour plusieurs mois. En attendant la fin des rénovations,  il est probable que des cours soient donnés ailleurs afin de permettre aux étudiants de commencer le semestre.

 

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Les partis à l’écoute de la jeunesse https://www.delitfrancais.com/2018/08/23/les-partis-a-lecoute-de-la-jeunesse/ https://www.delitfrancais.com/2018/08/23/les-partis-a-lecoute-de-la-jeunesse/#respond Thu, 23 Aug 2018 16:43:34 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31398 Vendredi 17 août  avait lieu le premier Dialogue jeunesse des chefs, un évènement rassemblant les quatre chef·fe·s des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale. Cette soirée, animée par le directeur du quotidien Le Devoir Brian Myles, a été organisée conjointement par l’Institut du Nouveau Monde (INM) et Le Devoir. Le tout a eu lieu au pavillon Hall de l’Université Concordia.

Environ 700 personnes étaient présentes pour assister à l’évènement, dont 400 faisant partie de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde, qui avait pour thème «Deux millions à changer le monde», en référence au poids démographique des 18-35 ans, qui représentaient 28% de l’électorat québécois en 2018.

Questions-réponses

La soirée n’était pas axée sur des échanges directs entre les chef·fe·s, mais plutôt sous un format «questions-réponses». L’animateur Brian Myles a pigé 20 questions parmi celles qui avaient été préalablement soumises par des jeunes des quatre coins du Québec, chaque question étant adressée à un·e seul·e des quatre chef·fe·s, de façon aléatoire. Étaient présent·e·s le premier ministre Philippe Couillard du Parti Libéral du Québec (PLQ), Jean-François Lisée du Parti Québécois (PQ), François Legault de la Coalition Avenir Québec (CAQ) ainsi que Manon Massé de Québec solidaire (QS).

Les questions ont été précédées d’un discours d’introduction livré par Julie Caron-Malenfant, directrice générale de l’INM, ainsi que d’une allocution d’ouverture de chacun·e des chef·fe·s.

Les sujets abordés par les questions étaient variés, passant de l’indépendance du Québec à l’évasion fiscale, de la protection du français aux cryptomonnaies ou encore au bonheur de la population.

Économie et santé

Le thème ayant suscité le plus de question était sans doute celui de l’économie. François Legault a répondu à des questions concernant le fardeau financier du vieillissement de la population et l’inclusion économique des jeunes. Le chef de la CAQ a mis en avant l’importance de l’éducation en rappelant le plus faible taux de diplomation d’études secondaires du Québec en comparaison avec l’Ontario. Il a également proposé le dépistage des troubles d’apprentissage dès l’âge de trois ans.

Pour sa part, Jean-François Lisée a dû répondre à des questions concernant les achats étrangers d’immobilier local ainsi que la gestion des mines de cryptomonnaies. Le chef du PQ s’est dit à l’affut de situations comme celle prévalant en Colombie-Britannique ou en Ontario, où la valeur des logements a fortement augmenté durant les dernières années, et s’est dit prêt à imposer des limites, si nécessaire. Il a également mis en garde contre l’achat étranger de terres agricoles.

Manon Massé a répondu à des questions concernant l’évasion fiscale ainsi que le Fonds des générations. La co-porte-parole de QS a mentionné la possibilité de taxer le commerce en ligne, évalué à 700 millions de dollars par année, et a déclaré que l’indépendance permettrait au Québec de posséder tous les leviers  en ce qui a trait aux «lois complaisantes». Pour ce qui est du Fonds des générations, Manon Massé a plutôt mis l’accent sur l’importance de gérer la «dette environnementale».

«Si dans 30 ans il n’y a plus de planète, il n’y a plus de dette!» s’est-elle exclamée.

De son côté, le premier ministre Philippe Couillard a surtout eu l’occasion de s’exprimer sur la santé, notamment avec une question concernant le salaire des médecins et les conditions de travail des infirmières. Une autre question portait sur la santé mentale des étudiants post-secondaires. Le chef du PLQ a mis l’accent sur un financement concret et soutenu des services de premières lignes et a mentionné un projet visant à réduire le temps supplémentaire obligatoire pour les infirmières tout en se gardant d’aborder le salaire des médecins. De plus, il s’est engagé à mettre en place une politique nationale en matière de santé mentale pour les étudiant·e·s de niveau post-secondaire.

Désaccord sur la francisation 

Le thème de l’immigration et de l’inclusion est celui qui a provoqué le plus de réactions au sein de l’assistance. En effet, interrogé sur le déclin du français au Québec, François Legault a mis l’accent sur l’importance de la francisation des immigrant·e·s tout en évoquant la possibilité de ne pas accorder la citoyenneté aux immigrant·e·s échouant un test de français après trois ans. Une partie de la foule a immédiatement répondu sous forme de huées, si bien que l’animateur Brain Myles a dû appeler au respect après la question. La mesure a également été dénoncée par les trois autres chef·fe·s en point de presse après l’évènement.

Sous ce même thème, Philippe Couillard a dû s’exprimer sur la question de la reconnaissance des diplômes étrangers et l’inclusion professionnelle des immigrants. Il a eu l’occasion de critiquer indirectement l’approche du chef caquiste en préconisant plutôt l’apprentissage du français sur le lieu de travail. Il a également proposé la mise en place d’un commissaire à l’accès à la profession pour favoriser l’accès aux ordres professionnels aux nouveaux·elles arrivant·e·s.

Les réactions au débat

La soirée a gardé un ton plutôt convivial, voire décontracté, à l’approche du déclenchement officiel des élections, les intervenant·e·s se permettant des blagues à plusieurs occasions.

Questionnée par Le Délit, Manon Massé a exprimé un avis positif sur la soirée. «Premièrement, ils [les jeunes] ont entendu les partis parler de leurs propositions et non pas [des adversaires]. Ça, c’est déjà une dimension très positive. Pour moi, la formule est vraiment à refaire puisque qu’elle nous oblige, nous les leaders de parti, à se laisser interpeller par les préoccupations de ceux et celles qui font le monde et qui vont le faire dans le futur», a-t-elle expliqué au Délit.

De son côté, Jean-Martin Aussant, candidat du Parti Québécois et fondateur du défunt parti souverainiste Option nationale, maintenant fusionné avec Québec solidaire, s’est également exprimé en faveur de ce genre de soirée. «Chaque débat, surtout ceux-ci, où il y a tous les de parti réunis, des médias et des étudiants, est important pour faire connaître les plateformes de chaque parti, parce que je pense qu’un des maux modernes des élections, c’est que les gens votent souvent sans avoir une idée du contenu de chaque plateforme, ils votent sur des impressions, des sondages, etc. […] C’est la première édition, mais il faut que ça devienne une tradition», s’est-il exprimé au Délit.

Si l’évènement a reçu généralement des accueils positifs de la part des chef·fe·s invité·e·s, tou·te·s n’étaient pas ravi·e·s par l’organisation de la soirée. En effet, une vingtaine de manifestant·e·s du Parti Vert du Québec étaient présent·e·s pour critiquer la non-invitation de leur parti et de leur chef Alex Tyrell.

«Au Parti Vert du Québec, on est le parti avec le plus grand pourcentage de jeunes candidats et candidates de tous les partis au Québec. J’ai moi-même, comme chef de parti, 30 ans. Et donc, d’exclure le parti qui représente tellement bien la jeunesse d’une conversation autour des enjeux jeunesse, on trouve que c’est complètement ridicule.» a déclaré M. Tyrell au Délit.

La campagne électorale est officiellement déclenchée aujourd’hui le 23 août.

 

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Un professeur poursuit une étudiante et un de ses collègues pour diffamation https://www.delitfrancais.com/2018/07/06/un-professeur-poursuit-une-etudiante-et-un-de-ses-collegues-pour-diffamation/ https://www.delitfrancais.com/2018/07/06/un-professeur-poursuit-une-etudiante-et-un-de-ses-collegues-pour-diffamation/#respond Fri, 06 Jul 2018 15:36:31 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31364 Selon une information diffusée par CBC, un professeur de la Faculté des Arts de l’Université McGill a décidé d’intenter un procès à Sarah Abdelshamy, étudiante mcgilloise, ainsi qu’au Professeur Pasha M. Khan, directeur des programmes de premier cycle de l’Institut d’études islamiques de McGill pour un montant de 600 000 dollars. Pr. Ibrahim se dit victime d’une «campagne de diffamation».

Professeur assistant (Assistant professor en anglais, ndlr) au sein de l’Institut d’études islamiques, Ahmed Fekry Ibrahim admet avoir eu des «relations consensuelles» avec une étudiante mcgilloise (dont le nom n’a pas été mentionné) au cours de l’année scolaire 2014-2015. Selon l’article de CBC, ce dernier affirme que Sarah Abdelshamy et le Professeur Pasha M. Khan «organisaient une ‘vendetta’ contre lui […] dans le but de le faire congédier». Mme Abdelshamy était étudiante dans un des cours du Pr. Ibrahim durant la session d’hiver 2017. Selon CBC, l’étudiante a écrit un article dans le McGill Daily pour exprimer son inconfort face à l’attitude du professeur suite à un débat sur l’islamophobie survenu en classe suite à l’attentat de Québec du 29 janvier 2017.

Toujours selon CBC, il est indiqué dans la poursuite que le Pr. Ibrahim est «désormais considéré comme un prédateur sexuel, un harceleur, un violeur […]». Il affirme entre autres que ces accusations ont considérablement entaché sa réputation et risquent de porter préjudice à sa carrière. Ahmed Fekry Ibrahim aurait en effet appris, il y a quelques mois, que sa demande de titularisation (tenure application en anglais, ndlr) avait été refusée par l’Université et qu’il devrait quitter son poste à la fin de son contrat. Le Pr. Ibrahim pense que cette décision a été «fortement influencée» par ces allégations.

Réaction de l’AÉUM

L’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM, SSMU en anglais, ndlr) a déclaré par communiqué qu’elle «condamnait fermement cette poursuite». L’AÉUM considère «crucial» de remettre cette histoire en contexte, notamment en évoquant l’article 4.1 de la Politique contre la violence sexuelle de McGill qui établit que le consentement ne peut pas être valide «si l’activité sexuelle résulte d’un abus d’une relation de confiance, de pouvoir ou d’autorité telle que la relation entre un professeur et son étudiant(e).» L’AÉUM déclare aussi que «plusieurs étudiantes ont partagé des allégations concernant le professeur Ibrahim», évoquant un article publié dans le McGill Daily en 2015 basé sur le témoignage d’étudiantes par rapport à un professeur ayant commis des violences sexuelles. L’AÉUM avance que l’article «est largement connu comme ayant été écrit à propos de lui [le professeur Ibrahim, ndlr]».

L’AÉUM s’est également déclarée «déçue de la décision de CBC de faire recirculer la version [du Professeur] Ibrahim avec peu de contexte ou de critique, ainsi que la décision de publier une photo de l’étudiante attaquée [par la poursuite]. [L’AÉUM] considère cela comme étant irresponsable et inacceptable, particulièrement lorsque cela est combiné à une véhémente rhétorique anti-survivant.e du représentant légal d’Ibrahim.»

Jointe par Le Délit, l’administration mcgilloise a fait savoir qu’elle ne commenterait pas une affaire étant en cours devant les tribunaux.

Plus d’informations sont à venir.

 

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Cinq choses à retenir du rapport du groupe de travail de la principale https://www.delitfrancais.com/2018/07/02/cinq-choses-a-retenir-du-rapport-du-groupe-de-travail-de-la-principale/ https://www.delitfrancais.com/2018/07/02/cinq-choses-a-retenir-du-rapport-du-groupe-de-travail-de-la-principale/#respond Mon, 02 Jul 2018 18:18:17 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31348 Créé en octobre dernier avec pour mandat de faire des recommandations concrètes afin de favoriser «la liberté d’expression, le respect et l’ouverture […] dans l’ensemble des activités [universitaires]», le Groupe de travail de la principale sur le respect et l’inclusion dans la vie de campus a remis son rapport (en anglais uniquement, ndlr) il y a quelques semaines. En voici le résumé en cinq points:

Le groupe ne se prononce pas sur le vote de l’Assemblée Générale

Bien que sa création ait été annoncée suite aux accusations d’antisémitisme entourant l’élection du Comité d’administration de l’Association étudiante de l’Université McGiIl (AÉUM, SSMU en anglais, ndlr) en octobre dernier, le groupe de travail, dans son rapport, ne mentionne l’événement que très brièvement.

Une enquête indépendante avait en effet été menée par le professeur Spencer Boudreau. Cette dernière concluait que le vote n’avait pas été motivé par l’antisémitisme, mais que l’antisionisme avait influencé les résultats de l’élection.

Toutefois, le groupe de travail mentionne «une polarisation significative» des membres de la communauté mcgilloise «par rapport au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), l’antisémitisme, l’islamophobie et l’expérience des étudiant·e·s Palestiniens·ennes» sur le campus.

La communauté mcgilloise en a assez des «groupes de travail».

Malgré un processus de consultation ambitieux (tribune libre, enquête en ligne envoyée à l’ensemble des étudiant·e·s et des employé·e·s, audiences ouvertes au public…) le taux de participation à ce groupe de travail est resté plutôt faible. Seuls 1 202 des 39 261 étudiant·e·s  (soit 3.1%) ont répondu au sondage en ligne contre 8.6% des enseignant·e·s et 13.7% des membres du personnel administratif, portant ainsi le taux de réponse global à 4.5%.

De plus, le rapport mentionne que l’action du groupe de travail «a été reçue avec scepticisme ou même cynisme [par les membres de la communauté sur le campus] dûs au doute que la création de groupes de travail ou de commissions ne soit qu’un moyen d’avoir l’air de “faire quelque chose”» sans que cela ne se traduise par des mesures concrètes.

Le Rez project est épinglé

Le rapport critique fortement le Rez Project, un atelier obligatoire qui vise à éduquer les étudiant·e·s en première année habitant dans les résidences universitaires mcgilloises sur des thèmes tels que le consentement, les différences culturelles et l’anti-oppression, entre autres.

Le groupe de travail explique avoir quelques «préoccupations» quant au programme «notamment [concernant] l’atelier portant sur l’anti-oppression, l’ethnicité et le colonialisme». Le groupe note, par exemple, que «bien que l’éducation pair à pair soit particulièrement efficace dans certaines situations, il s’agit de domaines qui requièrent que la facilitation soit faite par des experts».

Plus loin, le rapport déclare que «la plupart des répondants du sondage qui ont mentionné le programme ont indiqué que ce dernier imposait une vision du monde très spécifique, et que les animateurs·trices de groupes rejetaient les opinions contradictoires [en les qualifiant] d’ignorantes.», rendant ainsi ceux qui les avaient émises «mal à l’aise, exclus et […] rancuniers».

Ainsi le groupe de travail recommande que le «format et le contenu» des ateliers du Rez Project soient «révisés» en mettant l’accent sur l’apprentissage par l’expérience et sur «l’amélioration de la capacité des étudiant·e·s à satisfaire des attentes raisonnables de respect lorsqu’ils et elles vivent ensemble».

Confiance, gouvernance et communication sélective

Le groupe de travail fait le constat que l’ensemble des membres de la communauté universitaire (étudiant·e·s, enseignant·e·s et membres du personnels) déclarent que la haute direction est «physiquement isolée et est déconnectée des besoins de l’université» sur une multitude de sujets (violence sexuelle, relations intimes entre les étudiants et les membres du corps professoral, semaine de relâche en automne…) et que cette perception contribue à une perte de confiance. Le rapport note que «certains administrateurs» semblent eux-mêmes ne plus avoir confiance envers les leaders étudiants les trouvant «excessivement récalcitrants et peu enclins à trouver des compromis».

Du côté de la communication, le rapport note la perception répandue que l’Université communique de manière «réactive, sélective, opaque» et souvent suite à des «pressions externes» (donateurs, anciens élèves…). Finalement le rapport fait mention du fait que les membres du campus de Macdonald se «sentent [souvent] exclus de nombreuses discussions qui ont lieu sur le campus du centre-ville».

Les recommandations du groupe de travail incluent la création du poste de «porte-parole de l’Université» et ce afin de donner à la communication avec la haute direction un «ton plus humain», de même que la mise à jour du site internet de McGill afin de favoriser «la distribution et l’accès à l’information».

Pas d’inclusion sans espaces dédiés

Finalement le rapport met l’accent sur le besoin de créer plus d’espaces accessibles et inclusifs sur le campus qui soient dédiés à la détente et à l’échange ainsi que plus de lieux spécialisés pour mieux répondre aux besoins des étudiant·e·s (lieux de prière pour la communauté musulmane, toilettes unisexes…). En effet, bien que les «étudiant·e·s apprécient les bibliothèques et les cafétérias […], [ces espaces] ne favorisent pas des rencontres significatives» entre les membres de la communauté mcgilloise.

Le groupe met aussi l’accent sur le besoin urgent de «prioriser les projets de rénovation du campus qui augmentent l’accessibilité» et de travailler, conjointement avec le Bureau de soutien aux étudiant·e·s en situation de handicap à rendre le campus plus accessible pour les personnes souffrant d’un handicap.

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Plus cher l’école pour les internationaux https://www.delitfrancais.com/2018/06/13/plus-cher-lecole-pour-les-internationaux/ Wed, 13 Jun 2018 19:20:03 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31305 La ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a annoncé dans la semaine du 15 mai la déréglementation des frais de scolarité pour les étudiant·e·s étranger·ère·s comme l’a révélé La Presse. En effet, les universités n’auront dorénavant plus de restrictions en ce qui concerne la facturation des étudiant·e·s étranger·ère·s et pourront conserver les revenus. Tous les domaines d’études seront déréglementés.

La nouvelle mesure ne s’appliquera pas aux étudiant·e·s français·es, étant donné l’entente entre la France et le Québec quant aux droits de scolarité. Notons également que les étudiant·e·s belges, qui payaient environ 15 000$, paieront le même montant que les Français·e·s, soit environ 6550$.

Selon La Presse, la mesure affecterait environ 6 500 étudiant·e·s sur les 38 000 étudiant·e·s étranger·ère·s au Québec.

Nouvelle politique de financement

Ce dégel des frais de scolarité s’inscrit dans la nouvelle politique de financement des universités du gouvernement de Philippe Couillard. En effet, Québec a annoncé une augmentation des réinvestissements dans les universités québécoises qui passera de 197 millions en 2018-2019 pour grimper progressivement jusqu’à 367 millions en 2022-2023.

Les recteur·rice·s seront également restreint·e·s quant à certains avantages et primes financières dont ils pouvaient bénéficier auparavant, tel que des primes au rendement, adhésion à des clubs privés, logements et voitures de fonction, etc.

L’annonce dénoncée

L’annonce a provoqué plusieurs critiques de la part des associations étudiantes, notamment l’Union étudiante du Québec (UEQ) et l’Association pour la  Voix Étudiante au Québec (AVEQ).

Dans un communiqué, l’UEQ indique qu’elle « trouve inadmissible d’apprendre […] que la ministre laisse aux universités le plein pouvoir du choix des frais de scolarité de ses étudiants et de ses étudiantes. […] Ces frais pourront maintenant s’élever à des montants arbitraires décrétés par les universités. » L’union s’inquiète par ailleurs de la situation  des étudiant·e·s internationaux·ales dans les universités en région.

L’AVEQ dénonce également la déréglementation. Selon Sophia Sahrane, responsable à la recherche et la pédagogie de l’AVEQ, cette réforme a « des impacts réels, à court et long terme, sur la santé mentale et physique des étudiant·e·s, leur succès académique, ainsi que sur leur capacité à accéder à une éducation postsecondaire ou de la poursuivre. »

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Au cœur du débat se trouve le cœur du Québec https://www.delitfrancais.com/2018/06/13/au-coeur-du-debat-se-trouve-le-coeur-du-quebec/ Wed, 13 Jun 2018 19:11:21 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=31322 À quelques mois du déclenchement des élections générales, l’organisme Force Jeunesse a organisé il y a environ deux semaines un débat des représentant.e.s jeunes des quatre principaux partis politiques québécois.

Étaient présent.e.s:

  • Marc-André Bouvette, président du Comité national des jeunes du Parti québécois (PQ);
  • Annabelle Lalumière-Ting, candidate de Québec solidaire (QS) dans Orford;
  • Kevin Paquette, président de la Commission de la relève de la Coalition avenir Québec (CRCAQ);
  • Stéphane Stril, président de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (CJPLQ).

Finances publiques

À cause du vieillissement de la population , plusieurs postes de dépenses, notamment en santé et en soins à domicile, devraient voir leurs dépenses s’accroître très rapidement dans les prochaines années. En effet, le Parti québécois s’inquiète beaucoup de l’état des services de santé pour les aînés ainsi que de leur qualité de vie. Selon le bimensuel Les Affaires, en 1941, le Québec comptait dix travailleurs pour un retraité. En 2010, le ratio était de cinq pour un et il devrait tomber à deux pour un en 2031.

Pour la CAQ, le vieillissement de la population est un enjeu très important. La CAQ veut s’assurer de mesurer l’impact de toutes les politiques sur les aînés et d’y inclure les aînés afin de s’assurer de trouver les solutions adaptées à leurs besoins . «Pour maintenir le même niveau de service public au Québec, nous n’aurons pas le choix d’avoir un certain support à ce niveau-là. Il faudra prendre des décisions: chaque contribuable devra en avoir pour son argent.» conclut Kevin Paquette de la Commission de la relève de la CAQ.

«Ce défi nous amène directement au défi démographique du Québec. Plusieurs solutions [sont envisageables]: la robotisation et l’automatisation, et bien-sûr l’immigration. De plus, pour les aînés, le PLQ compte investir dans les infrastructures déjà mises en place par l’augmentation du nombre d’intervenants » avance Stéphane Strill de la Commission Jeunesse du Parti libéral du Québec. Dans la même veine, Québec solidaire veut assurer une bonne qualité de vie aux générations futures.

Le test des valeurs  

Ce test forcerait les immigrants à connaître les valeurs  définissant la nation québécoise, selon les propos de François Legault, chef du parti, dans Le Devoir. «Nous voulons doubler le montant attribué à la francisation des immigrants et revoir le modèle d’intégration: un modèle plus rigoureux pour le nouvel arrivant» affirme Kevin Paquette.

Mobilité

La mobilité est un enjeu important dans toutes les régions du Québec. Le gouvernement doit toutefois choisir les avenues prioritaires de mobilité, autant pour les régions urbaines que pour les autres régions, au niveau de l’offre de transport en commun et de transport inter-cité.

Au Parti québécois, on propose le Grand Déblocage, projet décrit comme étant «la plus grande offensive anti-congestion au Québec». «En plus de réduire de plus de 10% le trafic autour de Montréal, c’est aussi un appui pour les lignes bleue et orange, tout cela dans le même échéancier. Le REM (Réseau express métropolitain, ndlr) n’est qu’un projet pour faire fructifier les actifs de la Caisse de dépôt et placement du Québec» dit le président du Comité national des jeunes du Parti québécois, Marc-André Bouvette.

Le Réseau express métropolitain (REM) est un projet visant à construire l’un des plus importants réseaux de transport automatisé au monde et le plus grand projet de transport collectif des 50 dernières années au Québec. Avec ses 67 km et ses 26 stations, le REM a pour objectif de permettre une circulation rapide au centre-ville de Montréal, sur la Rive-Sud, la Rive-Nord, dans l’Ouest-de-l’Île et à l’Aéroport Pierre-Eliott Trudeau.

«Contrairement au Grand Déblocage, le REM est le fruit de plusieurs années d’études en terme de mobilité.  Pour atteindre la modernité, il nous faut un transport comme le REM. Il faut se concentrer sur le long-terme», dit Stéphane Stril. D’ailleurs, le REM est appuyé par la CAQ. Toutefois, la Coalition Avenir Québec veut aussi utiliser des solutions innovantes pour réduire le trafic, tels que l’autopartage et le covoiturage dans la grande région de Montréal.

Pour Québec solidaire, il y a deux fronts: l’accessibilité et l’amélioration des infrastructures. Pour Annabelle Lalumière-Ting, il faut  travailler sur le front actuel, immédiat, qui est l’accès aux transports et on ne peut laisser au privé le transport interrégional.

Éducation

Pour QS, il faut mettre fin aux subventions données aux écoles privées. «72% des parents des élèves fréquentant les écoles privées québécoises gagnent au-dessus de 100 000$ par an. On doit redistribuer le tout. Nous avons de belles ressources humaines dans le secteur d’éducation, on doit leur donner les moyens dont ils ont besoin.» dit Annabelle Lalumière-Ting.

«Pour les universités, un nouveau mode de financement vient d’être annoncé avec une nouvelle grille de financement plus équitable, indépendamment du nombre d’élèves. Celui-ci reflète plus le type de faculté  dans laquelle l’étudiant étudie» a affirmé M. Stril de la CJPLQ. La CAQ s’est aussi positionnée sur le même axe que le PLQ à ce niveau. Néanmoins, Kevin Paquette a ajouté que la CAQ aimerait «revoir le mode de financement des cégeps et aider à contrer l’exode des jeunes en régions.»

Par ailleurs, le Parti québécois vient tout juste de proposer une loi qui peut témoigner de leur engagement pour la jeunesse québécoise: l’État québécois ne pourra plus réduire les dépenses ou limiter les investissements en éducation: autant pour les Centres de la petite enfance (CPE) que pour les universités. Le PQ s’engage à réduire graduellement le financement des écoles privées comme l’a expliqué Marc-André Bouvette.

Développement économique et relations de travail

Dans les dernières années, le PLQ a entamé une grande réforme de décentralisation des gouvernements de proximité. C’est ce que la CJPLQ veut continuer à mettre en avant pour le développement des régions. Pour la CAQ, les actions nécessaires à poser comportent notamment l’accès à l’internet haute vitesse pour toutes les régions ainsi que l’allocation de plus de moyens pour Investissement Québec pour les régions et l’entrepreneuriat québécois. Pour le Comité national des jeunes du Parti québécois, cet équilibre réside plutôt dans le répit réglementaire  au niveau des taxes et impôts pour les PME (petite et moyenne entreprise, ndlr) québécoises en phase de démarrage ainsi qu’un soutien aux exportations avec une bonification  des budgets à l’aide à l’exportation.

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