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	<title>Valérie Héon - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Prose-moi ça… ou pas!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Valérie Héon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 19:11:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Prose-moi ça! Ou pas.]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsque la technologie m’emmerde</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/03/30/prose-moi-ca-ou-pas-3/" data-wpel-link="internal">Prose-moi ça… ou pas!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est en voyant une fill e dans la vingtaine lire sur un support électronique dans le métro que j’ai compris ce à quoi les librairies si chères à mes yeux feront face: l’extinction. Entre les pandémies de produits Apple (iPod fluos waterproof, iPod Touch je-change-mon-statut-facebookquand- je-veux et iPhone bientôt démontable et rétractable) et les vieilles étagères poussiéreuses de la librairie usagée du coin, il existe un monde. C’est l’affrontement de l’accessibilité rapide et avilissante contre la contemplation des jours heureux, avec tout ce qu’on laisse derrière soi: un héritage qui n’a pas de prix.</p>
<p>On m’a parlé dernièrement de ce nouveau «bijou» de Sony, en vente chez Archambault pour la modique (et regrettable) somme de 200$ (plus taxes, ça va de soi). «Le lecteur de livre numérique de poche SonyMD tactile permet aux lecteurs d’accéder à jusqu’à 350 de leurs livres favoris en tout lieu.» Plutôt efficace. Deux semaines de lecture pour un changement de pile, l’accès à plus de 500 000 titres gratuits sur Google, une encre similaire à celle sur papier, et il peut même être consulté au soleil! Que demander de mieux?Moi, je veux des pages froissées et décolorées, l’odeur des années qui s’évapore à la lecture, des dédicaces de gens que je ne connais pas mais qui m’émeuvent, des commentaires illisibles dans les marges, des taches de café me rappelant qu’il est si bon de lire en après-midi sur une terrasse ensoleillée… Je suis de ceux qui pensent que le livre a son passé, son histoire, son futur, sa matière propre et unique. Les livres et moi nous communions, nous conversons, nous nous énervons parfois (quand les pages partent au vent, par exemple).</p>
<p>J’entends déjà les avant-gardistes immodérés me rappeler à l’ordre en soulevant tous les bienfaits de cette découverte pour le moins révolutionnaire en termes d’argent, de temps, d’espace et d’environnement. Certes, en utilisant le SonyMD de poche je sauve quelques milliers d’arbres (qui, de toute façon, seront utilisés pour construire leur prochain bungalow), je fais de la place dans mon sous-sol pour ma prochaine télévision plasma cinquante pouces et je m’évite de me retrouver coincée dans le métro à l’heure de pointe avec pour seule munition mon petit livre de poche folio de 200 pages, mais je diminue aussi les ventes d’auteurs déjà paumés.</p>
<p>Ce qui m’indigne le plus dans toute cette histoire, c’est l’appel à la disparition des librairies. Comment concevoir la mort de ces endroits mythiques (et je ne parle pas du Renaud-Bray) au profit d’une visite solitaire sur mon petit écran tactile? Le silence des rangées oubliées, le vieux plancher qui craque, les regards de ceux qui partagent votre visite, les discussions inusitées, la joie de découvrir ce livre que vous cherchiez comme une folle dans tout Montréal… Je ne me vois surtout pas engager la conversation avec une fille recluse dans un coin sombre du wagon de métro: «Tu lis quoi? Tu aim…oh pardon! C’est ma station!» Pathétique.</p>
<p>Qu’on se le tienne pour dit, tant que les librairies survivront, je mépriserai du regard tout individu portant sur lui de la lecture électronique pour emporter. L’été arrive, le temps des grands airs, des matinées sur le balcon, des après-midis dans les petits cafés, des soirées au bord de l’eau, le livre à la main. L’authentique livre à la main. Il n’y a pas de «ou pas». L’authentique livre à la main, point final. Bonne lecture!</p>
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		<title>Prose-moi ça! Ou pas.</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/02/09/prose-moi-ca-ou-pas-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valérie Héon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 00:56:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Prose-moi ça! Ou pas.]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’art d’aimer ou séduire en latin</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/02/09/prose-moi-ca-ou-pas-2/" data-wpel-link="internal">Prose-moi ça! Ou pas.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Puisque j’en ai marre des horoscopes bidons qui nous polluent tous les jours l’envie d’aimer, des fausses représentations vicieuses de l’amour-pouremporter dans les téléréalités, et des techniques de drague du voisin d’à côté (célibataire depuis quinze ans), je vous propose l’incontournable lecture d’Ovide qui, selon moi, est loin d’avoir perdu tous ses charmes. Alors qu’on s’émoustille pour les <em>Métamorphoses</em>, on ne semble pas faire grand cas du raffinement et de l’élégance de <em>L’Art d’aimer</em>. Ovide n’est pas dupe; l’amour ne s’apprend pas. Sur un ton plein de discernement et d’humilité, il n’envisage pas d’éclaircir la grande question du pourquoi, mais bien d’enseigner celle du comment, celle qui nous intéresse davantage. Ovide n’aspire pas aux sentiments, mais à la démarche qui mène vers ceux-ci, à savoir cette avenue potentiellement piégée et tant redoutée qu’est la séduction.</p>
<p>Ce qui fait l’attrait et la finesse de cet art de séduire ovidien, c’est qu’il échappe aux formules figées et d’autant plus ringardes– du «qu’est-ce que tu manges pour avoir des beaux yeux d’même», au rouge à lèvre plus violent que carmin, à ces soirées trop arrosées de maladresse en bouteille. Je n’irais pas jusqu’à dire que nous subissons la lourde perte du caractère sacré de la séduction, quoique Ovide le penserait certainement. <em>L’Art d’aimer</em> est divisé en plusieurs petits chapitres. Après un court préambule, le premier chapitre, voire la première leçon, s’intitule «Où chercher? À Rome même». Stratégiquement parlant, est-ce plus fructueux au bar minable et désert du coin ou à la buanderie étudiante au sous-sol? Évaluonsnous les faibles possibilités d’érotisme dans notre cercle rapproché? Cela se poursuit avec les chapitres «Confiance en soi» puis «Les circonstances favorables» en passant par «La chaleur du vin», pour ne nommer que ceux-là. Une concrète et complète traversée des mécanismes souverains et influents d’un regard étranger tourné vers celui d’un autre. Rien n’y échappe: l’art des lettres et des paroles, la tenue, les compliments, les promesses, les larmes, les baisers, les moyens illusoires de faire durer l’amour, la nécessité de la persévérance. Néanmoins, je dois vous avertir d’une chose avant votre lecture attentive. Sachez que l’écriture d’Ovide vaut son pesant d’or. Lyrique et adroitement nourrie d’images, elle s’aventure et se plaît à prendre la mythologie grecque en exemple. Il ne faut pas tant s’attarder à ces figures mythiques qu’à la manière dont nous parlons d’elles et du sujet qu’elles servent. Toujours est-il que ce supplice obligé pour certains ne sera qu’une bonne éducation gréco-latine si déficiente de nos jours.</p>
<p>Est-ce que <em>L’Art d’aimer</em> sera la solution à tous vos maux? Certainement pas! Peut-être seulement un doux retour à de plus saines conceptions amoureuses dénuées de vulgarité et d’inconséquence. Reconsidérez la séduction par la subtilité et la délicatesse de ce traité aux antipodes des goûts du jour. Si, après cette lecture, votre vie sentimentale s’avère encore une catastrophe des plus stérilisantes, vous pourrez toujours vous pencher sur un autre traité d’Ovide tout aussi brillant:<em> Les remèdes à l’amour</em>. Ou pas!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/02/09/prose-moi-ca-ou-pas-2/" data-wpel-link="internal">Prose-moi ça! Ou pas.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Prose-moi ça! Ou pas.</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2010/01/26/prose-moi-ca-ou-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valérie Héon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jan 2010 13:00:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Prose-moi ça! Ou pas.]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avoir son nom sur un livre</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/01/26/prose-moi-ca-ou-pas/" data-wpel-link="internal">Prose-moi ça! Ou pas.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Publier: Pratique quelque peu obscure pour certains, rêve d’une vie pour d’autres. Par moment, l’envie nous prend d’essayer, de nous dire que ça semble accessible, mais jusqu’à quel point? On se refuse à soi-même prétextant la peur de l’échec, de ne pas être lu, de n’avoir rien à dire alors que tout a été écrit. Peut-être ne devrions-nous pas.</p>
<p>Encore hier, j’écoutais une amie me raconter une anecdote où l’on se prononçait sur un texte de la façon suivante: «Comme quoi tout le monde peut publier d’la marde!» J’aurais bien aimé qu’on me définisse ce «tout le monde» et cette dite «marde». Le problème est que l’engrenage du processus de publication relève de plusieurs facteurs, de plusieurs instances supérieures, bref, d’étapes que nous ignorons à peu près tous. Ce n’est pas tant la justesse et l’efficacité de la démarche que je remets en question –car j’en connais trop peu– que cette critique presque gratuite et facile que nous portons parfois, et je m’inclus bien humblement, sur des oeuvres publiées en bonne et due forme. Sommesnous mieux placés que les éditeurs pour juger de la pertinence d’un texte? Je l’ignore. Je suis partagée. Lorsque je pense à tous ces auteurs qui sont refusés ou qui ont longtemps été refusés, comme Marcel Proust notamment, je me retrouve devant l’impasse.</p>
<p>Je ferai le grand sacrilège de prendre un exemple sorti de ma vie bien stationnaire. Qu’on se le tienne pour dit, moi, mon truc, c’est la poésie. J’en ai lu, j’en lis et j’en lirai. Un jour de brume, je cherchais maladroitement quelques titres en librairie lorsque je suis tombée sur un petit recueil de trente pages ayant pour titre quelque chose comme <em>Le printemps de ma vie</em>. Je ne me souviens plus de l’auteur ni de la maison d’édition–j’imagine qu’il s’agit d’un coup de ma mémoire sélective– mais c’est secondaire. Ce qui importe est que la lecture de ce petit livre m’a complètement sidérée. C’en était, de la vraie «marde». Peutêtre de la fausse aussi, mais bon, «d’la marde». Ça ressemblait aux poèmes que nous faisions plus jeunes à la fête des mères: un mélange d’eau de rose, de bourgeons éclos et de cheveux longs comme les rivières.</p>
<p>Croyez-moi, je n’ai aucun scrupule à m’exprimer ainsi. Un concours de pastiche aurait prouvé que tout le monde peut publier. Cela irait comme suit : «ta peau blanche comme la lune, tes sourires aussi doux que l’aurore, ta tendre voix d’automne fleurissent dans le jardin de ma vie». Je ne pouvais pas croire, et je ne le crois toujours pas, que des gens se soient assis, qu’ils aient lu et qu’ils en soient arrivés à la conclusion que ces poèmes en valaient le coup. Aberrant! Peut-être était-ce l’exception à la règle, mais chose certaine, l’exception confirme quand même le risque de récidive.</p>
<p>Ce que je questionne ici, c’est la norme qui gouverne la publication, aussi synchronique soit-elle, c’est-à-dire «relative à une époque et à une civilisation», comme l’a défini le poète québécois Fernand Ouellette. Or, force est d’admettre qu’il y a toujours eu du bon et du mauvais et qu’il y en aura encore demain, peu importe l’époque. Est-ce à dire que le débat est inexistant parce qu’il n’a ni début ni fin? Je crois que le débat a sa raison d’être, mais il se clôt difficilement. La norme reste et restera ce qu’elle est à sa plus simple expression selon moi: mobile. Et puisque la norme se dit fonctionner selon des règles fixes, elle n’est finalement qu’une substance soluble. Un cube de sucre. Ou pas! </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2010/01/26/prose-moi-ca-ou-pas/" data-wpel-link="internal">Prose-moi ça! Ou pas.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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