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	<title>Sirius Vesper - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Mythologie : L’expérience vécue</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sirius Vesper]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2020 14:48:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mythologies]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les grammaires de Narcisse mettent la pensée en déroute.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">a mythologie déroule les grammaires d’un discours. Certaines des dernières polémiques ont mis de l’avant la récurrence et la propagation d’un discours d’un genre très particulier, d’un discours se réclamant <i>ad nauseam</i> de l’expérience vécue. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Il se déploie aujourd’hui, « à nouveau » ajouteraient certains philosophes, en négatif de l’Histoire. Il faudrait, nous dit-on, un monde nouveau, brûler toutes les toiles illustrant les crimes d’hier. Au nom de quoi? De l’oppression que l’Histoire ferait subir, de l’invisibilisation qu’elle mettrait de l’avant, de l’hégémonie qu’elle perpétuerait. Sans nier la réalité totale ou partielle de systèmes pouvant produire tant de l’oppression, de l’invisibilisation ou encore sa propre totalisation par l’hégémonie, remarquons que le discours contemporain porte les grammaires très particulières de l’expérience vécue, remettant aux calendes grecques tout ce qui oserait en contester le fondement. C’est à peine s’il n’est pas demandé qu’un ministère de la parole intersectionnelle ne soit mis sur pied. Cette expérience vécue, que veut-elle dire? </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Quelle expérience? </b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Que nous dit-on au juste par cette absoluité de l’expérience vécue? Que le témoignage est la sainte providence portée au discours. Au commencement était la Souffrance, et en un discours Elle s’est faite chair. Quel miracle! Ce qui importerait, dit-on, ce serait <i>surtout</i> les « réflexions » qui relèvent d’expériences personnelles. Or, ce que nous voyons n’est que militantisme, c’est-à-dire que ce discours fait dans la paroisse et ne s’adresse que sur deux modes, selon qu’il cajole ses paroissiens ou encore qu’il vilipende les autres, ces ennemis. Encore mieux, l’expérience vécue serait poreuse à la personnalisation qu’on en ferait. Venez, nobles gens, personnalisez votre héros! Les jeux vidéo n’ont porté au réel que ce que des millénaires d’oppression ont dissimulé. Le personnalisme de Mounier et de Freitag n’a jamais connu pareille gloire. L’identité, ce qu’ils ne définissent jamais avec rigueur, car là n’est pas leur « propos&nbsp;», est une matière plastique à laquelle on peut faire dire ce que l’on veut, lorsque cela nous plaît. Nulle crainte que des contradictions ne montrent ne serait-ce que le bout d’un doigt – la vérité n’a jamais eu meilleure assise! </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Pourtant, la supposée compréhension des « histoires personnelles&nbsp;» n’est qu’une autre locution pour les mêmes grammaires issues de Narcisse. Les curés d’aujourd’hui sauraient-ils ce qu’est l’herméneutique qu’ils n’en auraient cure. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">À cet effet, nous constatons un discours <i>fabriquant</i>. Il livre à la masse des « miséreux » les mêmes prêts-à-prêcher du christianisme d’antan. Ce n’est que sur le mode de l’abolition qu’il s’<i>in-forme</i>. À cette époque de l’opinion, il importe pour les masses que l’on leur accorde l’<i>illusion</i> de s’affirmer elles-mêmes. Le fait qu’un tel discours prenne de l’ampleur à une telle rapidité, lui qui fait dans le bon marché et la publicité en affirmant l’aménagement de soi-même, devrait inviter à la plus grande des prudences. Sous toutes les formes qui sont celles d’un seul et même discours, d’une seule et même morale du ressentiment, l’enjeu n’est certainement pas celui de la rigueur et de la pertinence. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>La pensée mise à mal</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Ce que l’expérience vécue ne dit pas, ce qu’elle dissimule, c’est qu’elle n’est plus la prodigieuse et pourtant simple expérience. Le fait qu’elle soit vécue confère des grammaires de celui qui a vécu, du « je ». L’expérience vécue laisse de côté qu’elle puisse avoir tort et, puisque le sujet exprime ce dont il est question, il s’arroge la véracité de l’empirique – ce qui depuis toujours guide dans la vérité. Ce déplacement malicieux a toutes les chances de n’être qu’une vue de l’esprit, quand bien même l’effet éristique et sophistique serait-il éblouissant – et il l’est. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">C’est pourquoi il est question d’un défaut de pensée ; ce défaut n’est non pas celui d’une pensée qui manquerait de justesse, mais bien d’une justesse dans l’accord total avec ce qui ne <i>veut pas</i> être pensé. Les discours de l’expérience vécue ne se cachent pas de cette bêtise&nbsp;– ils s’en prennent à la pensée sacrale, voyez-vous. </span></p>
<p class="p2"><span class="s4">Ils vocifèrent de petits « oui » inarticulés, comme des virgules ponctuant les innombrables « non&nbsp;» qu’ils n’ont qu’à la bouche. Ce nihilisme tout contemporain ne sait pas qu’il est réactionnaire, avant tout. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Les nihilistes de notre temps diffusent à toutes les sauces une même moraline, celle-ci s’incarnant le plus souvent sous le prisme de la protestation. Elle met en scène des fictions juridiques, affirmant que l’on doit établir pour vrai ce qui relève de la plus complète des idiosyncrasies. Le sujet est seul maître et législateur de <i>sa</i> vérité. « Vous avez <i>votre</i> vérité et j’ai la <i>mienne</i>&nbsp;», dit-on. N’attendez pas d’eux qu’ils œuvrent à une <i>discipline intellectuelle</i> – la simple <i>discipline émotionnelle</i> leur sera suffisante en chaque chose, elle qui permet de tout dire avec assurance. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Cette conception de la vérité comme adéquation de l’expérience vécue à ce qui la met hors d’elle-même n’atteste guère de ce qui la met en <i>ek-citation</i>. Elle rejette du revers de la main le fondement des choses en une seule phrase – tout affairée à <i>sa</i> « justice » – et affirme, à partir d’une souffrance déformée cherchant avec insistance l’origine d’elle-même, que si elle en est ainsi, c’est bien qu’un grand mal le lui a fait subir telle ou telle situation. Ainsi, elle s’arroge la certitude d’une vérité absolue de l’expérience vécue d’un seul coup en concevant une adéquation illusoire entre ses souffrances, le monde supposé, et elle-même. C’est cela, pour ces affairés du ressenti immense, la vérité – en soi! Pourtant, elle demeure essentiellement éloignée de la difficulté bien réelle de ce qui est à penser.&nbsp;</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">En définitive, ce discours n’a que l’<i>apparence</i> de l’intelligibilité. Il ne tient qu’à cette prétention de manière superficielle, alors qu’il ne veut au fond qu’une chose : l’emporter. Le dialogue n’existe pas pour un tel discours. C’est Foucault qui résumait en toute innocence la situation destructrice de ce dernier, lui qui parlait de celui d’une autre forme, prolétaire à l’époque&nbsp;: « Le prolétariat ne fait pas la guerre à la classe dirigeante parce qu’il considère que cette guerre est juste. Le prolétariat fait la guerre à la classe dirigeante parce que, pour la première fois dans l’histoire, il veut prendre le pouvoir. Et parce qu’il veut renverser le pouvoir de la classe dirigeante, il considère que cette guerre est juste. » Peut-être faudrait-il relire les conférences de Leo Strauss, notamment <i>On German Nihilism</i>, <i>The Crisis of our Time</i> et <i>The Crisis of Political Philosophy</i>.</span></p>
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		<title>Mythologie&#160;: l’Éducation</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/02/05/mythologie-leducation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sirius Vesper]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2019 15:08:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mythologies]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Tolstoï]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rions, puisque nous sommes tous des cons !</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Dans l’histoire de l’éducation universitaire, le curriculum a toujours défini l’essence de l’université. Cette éducation s’intéressait aux affaires actuelles, mais surtout aux grandes questions philosophiques mobilisées dans les arts et les humanités. Pourtant, à l’avènement de la modernité, notre préoccupation s’est trouvée toujours davantage formulée selon les logiques techniques concomitantes à son développement technologique. Pareille situation trouve son paroxysme en Amérique <i>libérale</i> – spécialement aux États-Unis – et n’est pas sans conséquence sur le destin de nos communautés. En laissant tomber la marque de l’université, c’est-à-dire son idée de l’excellence d’esprit et de communauté humaine à même d’aspirer à la magnanimité, nous sommes tous devenus peu à peu des cons. Si l’on crut sortir la «&nbsp;religion&nbsp;» de notre éducation, ce n’est qu’une nouvelle doctrine métaphysique – celle de la soumission à la technique – qui vit le jour.</p>
<p class="p2">Notre éducation supérieure – si ce n’est toute éducation – a perdu <i>essentiellement</i> ce qui la définissait téléologiquement. Du moment où l’éducation supérieure entendait former non pas simplement un technicien mais sinon davantage un humain, elle se figurait «&nbsp;moyen&nbsp;». En revanche, elle se veut dorénavant sa propre finalité – les diplômes pour les diplômes!&nbsp;– et lorsqu’elle ne procède pas de cette logique, elle <i>dresse</i> un essaim qui devra assurer, dans une logique d’automate, le bon fonctionnement du système. Interroger les finalités dudit système nous ramène au triste constat qu’il n’a d’autre finalité que lui-même. <i>Sayonara</i> l’éducation propre à la vie bonne.</p>
<p class="p2"><span class="s1">À force de choses, nos éducateurs ne furent eux-mêmes plus les <i>biens</i> éduqués, ils devinrent cons. On vit apparaître des chantres rayonnant l’innocence. Le terme d’«&nbsp;éducation supérieure&nbsp;» devint lui-même source de plaisanterie. Ce que l’on enseigne de «&nbsp;supérieur&nbsp;» n’a de supériorité que la spécialisation, la technicisation, nombrilisme autistique. N’ayez cependant crainte, frères marxistes. Nous pouvons tout de même célébrer avec grande ironie un certain nombre de conséquences. N’est-il pas vrai que nos bourgeois sont aujourd’hui eux-mêmes de sombres crétins? Ils n’ont plus pour eux que le privilège des bons diplômes tant l’<i>oblivion</i> des nobles fiertés de l’humain les fit disparaître de nos curriculums, sans même que l’on ai daigné sourciller – quel sujet ennuyeux. Nous ne portons, depuis deux cents ans, que les plus infectes marques de cette maladie – ode silencieuse au néant, vide de toute extase. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Le poète québécois Claude Péloquin fit polémique en 1970 lorsque son «&nbsp;vous êtes pas écœurés de mourir bande de caves!&nbsp;» fut inscrit au-devant du Grand Théâtre de Québec. Il n’avait que trop raison. Nous pourrions épouser cette<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span>sentence et interroger&nbsp;: «&nbsp;Vous êtes pas écœurés d’être caves bande de caves!&nbsp;» Hélas, cela serait tout comme lâcher une bouteille à la mer. Nous ne pouvons espérer des cons qu’ils veuillent cesser de l’être pour autant qu’ils ne sachent rien de leur situation. Seule consolation pour notre époque&nbsp;: les cons qui se savent tels et enquêtent à ne plus l’être. Ils sont déjà bien moins cons. </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>C’est notre projet !</b></span></p>
<p class="p2">Ne plus être cons, ce serait déjà un formidable projet. Pourtant, les cons blâment ceux qui enseignent autre chose qu’eux-mêmes! Comment, dès lors, espérez-vous que leurs galimatias ne se multiplient davantage. Schopenhauer notait déjà à son époque qu’«&nbsp;ils se sont de fait emparés du marché, veillant à ce que rien n’ait de valeur en dehors de ce qu’ils reconnaissent comme valable, le mérite n’existant que dans la mesure où il plaît à ces médiocres de le reconnaître&nbsp;». Et c’est ce que l’on a tenté de faire! C’est justement cela que l’on a appelé éducation! Tout ce dont notre époque est fière, nous le vomissons. C’est la vérité qui parle par notre bouche. – Mais notre vérité est <i>terrible</i>. Nous sommes les futurs bourreaux des assistés sociaux, bureaucrates de la connerie, PDG du génocide, politiciens de la crasse – nous sommes les étudiants des castrations intellectuelles. Invoquons le fantôme de George Grant afin de rappeler son très ironique «&nbsp;<i>the orgasm at home and napalm abroad</i>&nbsp;». On éduque à la mort stratégique et l’on galvanise notre connerie privée des divertissements les plus sots.</p>
<p class="p2"><span class="s1">Ce que nous écrivons, disons, vociférons… cela n’est guère que le plus plat et pathétique des bavardages&nbsp;; cette intervention n’y échappe pas. Aux prêtres qui nous jugeront, permettez que nous confessions notre propre médiocrité, notre propre sens du pathétisme – <i>ironiquement</i>! Je vous le demande, savez-vous pourquoi nous sommes universellement et progressivement si cons? M’entendez-vous? Disons-le&nbsp;: nous ne savons plus ce qu’est vivre! On prit un jour la vie et, comme des chrétiens frustrés du dimanche, on lui apprit qu’elle n’aurait dorénavant plus droit de citer dans nos grands empires technophiles&nbsp;: «&nbsp;<i>Damnatio memoriae ab universitate usque ad universitatem</i>!&nbsp;»</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Notre misérable petite éducation se résume à exemplifier <i>ad infinitum</i> notre bêtise ; nous provoquons la grande extinction écologique qui nous attend. Nous la <i>sommons</i> de se rendre à nous. Œuvre de notre arrogance la plus délétère, ne nous méprenons pas – au moins! – sur pareil destin. Ce ne sont <i>effectivement</i> pas nos désirs et nos démesures qui viendront à bout du monde, c’est essentiellement notre éducation de rachitiques qui en est la cause. On fit de l’anémie un idéal et l’on canonisa ses manifestations fatiguées – nous voulons dire&nbsp;: on réalisa le «&nbsp;progrès&nbsp;», comprenez ! </span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Deux minutes et c’est terminé !</b></span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Mais je vous vois vous méprendre, mes chers éjaculateurs précoces – n’est-ce pas vrai? Vous, vous êtes unique et beau et bon et intelligent et d’une belle pensée – vous êtes <i>différents</i>! Dans ce cas, ne devrions-nous pas vous offrir nos excuses? Permettez que l’on s’incline devant votre impuissance à même <i>pénétrer</i> la question ; vos lumières ne peuvent attendre. Déjectez vos « connaissances&nbsp;», votre «&nbsp;savoir&nbsp;», votre «&nbsp;modération&nbsp;». Que l’on puisse comprendre la fine analyse comparative de la sexualité opposant Léon Tolstoï au Marquis de Sade, ou encore que l’on puisse vous expliquer le rôle de l’Être dans l’<i>Éthique à Nicomaque</i> d’Aristote, à quoi bon si l’on en fait qu’une carrière. Vous n’êtes que le mépris de la pensée. «&nbsp;Permettez que l’on soulève quelques réserves, tout de même!&nbsp;» Bien sûr! Réservez la connerie, elle est vôtre, son commerce est en grande santé, répète-t-on dans nos journaux. Qui sait si vous n’en ferez pas une carrière! Une existence emplie de «&nbsp;oui, mais&nbsp;» et vous saurez vous gratifier de n’importe lequel des opiacés actuels. Nous sommes totalement furieux et ce n’est aucune mesure qui nous libérera de la connerie. Disons-le&nbsp;: furieux d’être con!</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La cruauté des mots n’est pas synonyme de dégoût. Voyons. On n’est cruel qu’envers ceux que l’on aime. Le reste, vous le savez, on nomme cela l’indifférence. Nous aimons tous les cons et n’osons que leur bien! Être l’amant des idiots et avoir notre couche avec eux, c’est là notre plaisir. <i>Amor fati</i>, nous rappelait Nietzsche! Ne tombons pas dans une caricature sans cesse renouvelée de la <i>dureté</i>. Nous n’en voulons pas à ceux qui ne sont que les centenaires fatalités d’un système qui les écrase. Cela n’est pas sans nous motiver à guerroyer avec candeur. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">C’est un préjugé de croire que nous sommes intelligents. Nos yeux, admettons-le, sont d’ores et déjà secs de toute honte. Le monde est bâti en fonction des instincts accouchés de ce préjugé. Nous sommes cons par manque de «&nbsp;réelles expériences&nbsp;» qui définissent l’humain. Rigueur, probité, musicalité, justice, clairvoyance, <i>pathos</i> de la distance, honnêteté, gaieté devant la souffrance du travail intellectuel, révélation. Nous n’arriverons à rien et serons condamnés à mourir en grands abrutis tant et aussi longtemps que nous ne retournerons pas à ces mots. L’éducation n’est pas une chose importante, sinon l’on serait collectivement furieux d’être cons. </span></p>
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