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	<title>Sébastien Daigle - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 25 Feb 2014 16:05:39 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Faire languir le Destin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/02/25/faire-languir-le-destin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2014 16:05:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’OSM tente une expérience multimédia à la Maison symphonique.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On connaît Justin Bieber, Lady Gaga, Madonna; mais connaît-on Brahms, Chostakovitch, Haydn? Il y a là sans doute le grand combat que mène la musique classique à notre époque: rejoindre un plus vaste public. Le nombre de fins mélomanes s’amenuise, et les apôtres de la tradition classique se désespèrent qu’on puisse se soucier de Bach comme de cotampon. Mais la musique classique n’est pas toujours facile d’accès. Écouter une symphonie de Tchaïkovski demande un peu plus d’attention qu’une chanson de Beyoncé.</p>
<p>C’est dans l’espoir de réconcilier le grand public avec la musique classique que l’Orchestre symphonique de Chicago a créé la formule «<i>Beyond the Score</i>» en 2005. Il s’agit de mettre en contexte une grande œuvre du répertoire classique, en montant un spectacle où des comédiens jouent des textes, accompagnés ponctuellement par l’orchestre, pendant que défilent des images et des informations historiques sur un grand écran. On cherche ainsi à reconstruire l’univers du compositeur et les circonstances qui ont mené à la création de sa pièce. La seconde partie consiste en l’exécution de l’œuvre. Cette formule a été reprise par l’OSM, le mercredi 19 février, avec la cinquième symphonie de Beethoven. L’événement portait le nom: «La Cinquième symphonie de Beethoven: le destin frappe à la porte».</p>
<p>En entrant dans la salle de concert, on peut voir sur l’écran géant un énorme masque de Beethoven. Au centre de la scène se trouve l’orchestre, devant lequel&nbsp; étaient disposé des éléments de décor relativement simples. Un piano à queue, un vieux coffre en bois couvert de papier à musique et un petit bureau en désordre figurent dans l’appartement du maître viennois. Quatre comédiens assurent la «présentation dramatique de l’œuvre»: un seul est costumé, qui incarne Beethoven, les autres sont vêtus de noir. Ceux-ci changent souvent de rôles, jouant des spectateurs assistant à un concert du maître, des intellectuels conversant dans un café, des personnalités connues de l’époque, etc. Pour un instant, l’écrivain romantique Hoffmann reprend vie et encense la cinquième symphonie. Plus tard, quelques admirateurs rendent visite au compositeur dans son humble appartement de Vienne. Dans cette première partie, l’orchestre joue brièvement entre chacune des scènes, accompagnant le texte et les images projetées à l’écran. Sans doute cette présentation théâtrale est-elle divertissante, et les comédiens talentueux, mais il faut admettre que c’est trop long, beaucoup trop long. Pendant plus d’une heure les comédiens font languir les spectateurs. Une présentation plus courte, limitée à l’essentiel, d’une demi-heure tout au plus, aurait suffi. Il nous apparaît que plus d’informations relatives au style du compositeur, au contexte d’émergence de l’œuvre, à ses apports et à son importance pour la musique occidentale auraient mieux servi les fins de l’exercice que les nombreuses anecdotes qui le composaient. Que le thème principal de la symphonie ait été inspiré par le gazouillement d’un oiseau jaune nous semble importer peu.</p>
<p>La seconde partie, le concert proprement dit, a pu faire oublier les désagréments causés par une trop longue première partie. Si Nathan Brock, le chef d’orchestre, a offert un premier mouvement qui nous a paru manquer un peu de relief, les deuxième et troisième mouvements ont été magnifiquement interprétés.</p>
<p>Quelle fortune peut espérer recevoir la formule «<i>Beyond the Score</i>» de l’orchestre de Chicago? Certes l’idée est bonne, mais il faut voir à bien doser les parties: plus d’une heure de présentation théâtrale pour une œuvre qui dure moins de 35 minutes, c’est lasser la patience de l’auditeur.</p>
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		<title>Poésie, kabbale et les Musici</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/02/18/poesie-kabbale-et-les-musici/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Feb 2014 06:39:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’orchestre I Musici propose à son public des pièces inspirées du folklore.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec son dernier concert, <i>Musiques d’Orient</i>, l’orchestre I Musici de Montréal nous convie à une croisière mythique et spirituelle, au large des côtes méditerranéennes, mais aussi dans le temps, aux origines de la musique juive. Un programme surprenant, admirablement bien pensé, en constitue l’itinéraire. On a pu faire la découverte du compositeur Nikos Skalkottas, dont l’orchestre a interprété les évocatrices <i>Danses grecques</i>. Venaient ensuite <i>Les Rêves et prières d’Isaac l’Aveugle </i>d’Osvaldo Golijov, pièce du répertoire contemporain qui propose une excursion dans les mystères de la kabbale, et la très vivante <i>Ouverture sur des thèmes juifs</i>, opus 34b, du mieux connu Sergeï Prokofiev.</p>
<p>Skalkottas incarne la figure du génie méconnu. Après de brillantes études en violon au Conservatoire d’Athènes, il quitte la Grèce pour Berlin, où il aura l’occasion de suivre l’enseignement d’Arnold Schönberg. En 1933 cependant, il doit fuir l’Allemagne et rentre à Athènes. Il subsiste alors en jouant du violon pour divers ensembles et occupe son temps libre à composer. Il lègue ainsi une œuvre importante, pratiquement jamais jouée de son vivant, dont l’influence de Schönberg est patente (deux tiers de ses pièces sont dodécaphoniques et atonales). Or, une partie de sa musique est tonale et directement inspirée des airs traditionnels grecs: ce sont les <i>36 danses grecques</i>. Le jeune et nouveau chef d’I Musici, Jean-Marie Zeitouni, en a sélectionné cinq, qui évoquent diverses régions de Grèce. Ce sont tantôt des textures riches –le rude labeur d’un peuple industrieux, tressant l’osier du berceau de la civilisation–, tantôt des rythmes frénétiques: des danses folles, des tambours, un feu gigantesque repoussant à grands coups l’ombre de la nuit! La quatrième danse, <i>Arkadios</i>, plus intime et plus douce, nous entraîne à bord d’un antique navire, mollement poussé par le vent, sur une Méditerranée sans fin et bleue, où les pizzicatos retentissent comme autant de vagues sur la coque… Calliope nous est témoin: les danses de Skalkottas sont propices à la rêverie!</p>
<p>Né en 1960 en Argentine, de parents immigrants juifs d’Europe de l’Est, Osvaldo Golijov s’est créé un style musical unique. On lui reconnaît des influences sud-américaines (par exemple des rythmes de tango), aussi bien que des influences klezmer, musique juive est-européenne. <i>Les Rêves et prières </i>racontent la vie spirituelle du rabbin Isaac l’Aveugle, kabbaliste du Moyen Âge, convaincu de déceler les secrets de l’univers dans l’étude de l’alphabet hébreu. Initialement écrits pour quatuor à cordes et clarinette, les <i>Rêves</i> ont été joués par I Musici dans une version adaptée pour orchestre. Il faut dire notre surprise lorsque les musiciens ont entamé la pièce. La musique contemporaine suscite souvent la méfiance: on la trouve trop savante, trop cérébrale, inaccessible à un public d’amateurs. Mais Golijov nous prouve que la composition contemporaine peut encore espérer toucher l’auditeur, car <i>Les Rêves </i>sont d’une étonnante puissance émotive. La clarinette y joue un premier rôle exténuant, passant de la folie la plus violente à la résignation la plus douce. Ce sont des cris extatiques, lancés par-dessus la mêlée des cordes enivrées et rageuses, qui se résolvent en un abattement calme, où la clarinette ne souffle plus qu’une mélodie plaintive, dolente, interrogatrice. Un <i>tutti</i> exalté vers la fin de la pièce –ultime effort du kabbaliste pour percer les mystères de l’univers– cède la place à de longues et nébuleuses harmonies, et progressivement, les questionnements d’Isaac l’Aveugle se fondent en un implacable silence.</p>
<p>Pour surprenante que soit l’idée de clore un concert par une ouverture, on ne peut qu’approuver le choix de Zeitouni. L’<i>Ouverture sur des thèmes juifs</i>, aux quelques passages impressionnistes, nous laisse un sourire au visage, après les intenses songes de Golijov. Son thème central, klezmer, en a fait danser plus d’un au sortir de la salle.</p>
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		<item>
		<title>À vos mouchoirs!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/02/04/a-vos-mouchoirs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2014 06:16:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rossini, Danzi et Reicha à la Salle Redpath.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jeudi dernier, le collectif périodique de vents Notturna jouait des œuvres de Rossini, de Danzi et de Reicha à la salle Redpath de McGill. Nombreux étaient venus pour l’occasion, et c’est avec plaisir qu’on a pu voir, parmi le flot de têtes blanches, quelques visages jeunes admirant la pompe de la salle. Un très bel orgue de style français classique y a été installé en 1981 –et depuis, l’orgue fait l’orgueil de cette salle.</p>
<p>On connaît Gioacchino Rossini pour ses opéras, dont le plus fameux est sans doute <i>Le Barbier de Séville</i>, mais ce compositeur prolifique a mis son talent au service de plusieurs genres. De ses contributions au répertoire de musique de chambre, on retient l’<i>Andante, e Tema con Variazoni</i> (flûte, clarinette, basson et cor naturel), que nous a livré jeudi l’ensemble Notturna. Cette pièce, pleine d’humour et d’un style léger propre à Rossini, consiste en un thème, que chaque instrument reprend et développe à sa manière. On félicite Simon Aldrich à la clarinette qui, malgré son extinction de voix, est parvenu à rendre la gaieté du morceau.</p>
<p>Les instruments utilisés par les musiciens du Notturna, comme nous l’a spécifié Aldrich au cours d’une brève présentation, ont été fabriqués à l’ancienne à partir du buis (le bois). La raison en est que ce matériau produit un son plus intime, plus doux, que celui usité de nos jours, l’ébène, qui convient mieux à l’instrumentiste d’orchestre. En écoutant le quintette à vents op. 56 no 1 en si bémol majeur de Franz Danzi, au caractère plus classique que l’<i>Andante</i> de Rossini, on comprend l’importance que revêt un tel choix d’instruments. L’auditeur s’est vite senti plongé dans une autre époque, celle de la fin du siècle des Lumières. Dans cette pièce raffinée, les instruments conversent gaiement et se lancent tour à tour de petites pointes. Quel dommage que le hautboïste ait été enrhumé –le pauvre luttait bruyamment, entre chacune de ses phrases, contre l’inexorable écoulement de son nez! Mais on ne saurait lui en tenir trop rigueur, tant son jeu, malgré tout, était senti et agile. Franz Danzi (1763–1826) est un musicien allemand d’ascendance italienne. Son apport au répertoire de musique de chambre est considérable, particulièrement en ce qui a trait aux pièces pour ensembles à vents. Il a en outre été le professeur du célèbre compositeur Carl Maria von Weber.</p>
<p>La troisième et dernière pièce jouée lors de cette soirée était le quintette à vents op. 91 no 2 en la mineur d’Antoine Reicha, compositeur tchèque, contemporain et ami de Beethoven. Un style plus romantique caractérise cette pièce, ainsi que les quelques fugues qui la traversent, dont Reicha était particulièrement friand. Dans une écriture verticale, aux nombreux passages contrapuntiques, Reicha exploite la personnalité de chacun des instruments. Ainsi fait-il entendre les notes les plus graves du basson, les plus aiguës de la flûte, conférant à son morceau des couleurs riches et variées. On a apprécié les beaux effets du bassoniste, dont les mélodies rendaient tout le velouté et la chaleur douce dont son instrument est capable. Pour ce qui est de l’histoire, Antoine Reicha (1770–1836) se rend en 1808 au Conservatoire de Paris. Grand pédagogue, il y prodiguera son enseignement à de jeunes élèves prometteurs dont les Berlioz, Liszt et Franck.</p>
<p>Le groupe Musique de chambre Allegra, dont est issu Notturna, donnera son prochain concert le jeudi 27 février 2014 (avec piano, clarinette, violons, alto, violoncelle et contrebasse) à la salle Redpath à 20h. Des œuvres de Finzi, de Wagner et de Dvorák seront au programme. Il s’agit d’une soirée gratuite, idéale pour qui veut se délasser des occupations habituelles et se laisser émouvoir le temps de quelques morceaux. Mais apportez vos mouchoirs: sinon pour vous, pour les musiciens!</p>
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		<item>
		<title>Vous avez dit Quartettsatz?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/01/21/vous-avez-dit-quartettsatz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jan 2014 06:37:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’ensemble Jean Cousineau joue Schubert au Gesù.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dimanche dernier, à l’Espace Aline-Letendre de l’Église du Gesù, l’ensemble Jean Cousineau interprétait deux morceaux de Franz Schubert: le quatuor no. 12 en do mineur, D. 703, communément appelé le <i>Quartettsatz</i>, et le quintette à deux violoncelles en do majeur, D. 956, publié à titre posthume. De ces deux œuvres importantes pour le répertoire de musique de chambre, la première est inachevée, constituée d’un seul <i>Allegro assai</i>, et la seconde s’avère la dernière pièce écrite par le compositeur, deux mois à peine avant son décès. Pour un troisième concert de la série des Dimanches en musique, Marie-Claire Cousineau, la directrice de l’école Les Petits Violons, ainsi que les autres membres de l’ensemble à cordes en livraient une interprétation brillante.</p>
<p>Le <i>Quartettstatz</i>, pour deux violons, un alto et un violoncelle, a été composé en 1820. Bien que seul le premier mouvement en soit complété (quelque quarante mesures d’un second mouvement ont été ébauchées), et qu’elle semble avoir été délaissée par le compositeur, cette pièce comporte de telles richesses que Brahms, un autre grand représentant de la musique romantique allemande, décide de la récupérer et de la faire jouer en public en 1867. Ce quatuor se démarque des autres compositions de l’artiste par la complexité de ses thèmes, d’ailleurs nombreux, et par une curieuse absence de lyrisme – Schubert est notamment reconnu pour ses <i>lieder</i> – et s’inscrit ainsi dans une veine plus beethovénienne. Marie-Claire Cousineau, au violon, est parvenue à en faire une interprétation très expressive, ce qui n’est pas sans difficulté pour une œuvre plus rythmique, aux mélodies moins chantantes. On aurait aimé cependant que le violoncelle ressorte davantage.</p>
<p>Pour le deuxième morceau, l’équilibre entre les différents musiciens, auxquels s’est ajoutée une violoncelliste, s’est rétabli. On note d’ailleurs un très bel échange entre les violoncelles et le premier violon qui, dans l’<i>adagio</i> du quintette, se répondent en <i>pizzicati</i>, tantôt doux, tantôt sonores. Cette dernière œuvre du compositeur, écrite en 1828, est souvent considérée comme l’une de ses musiques de chambre les plus raffinées. Des thèmes plus simples, brillamment développés, la caractérisent, et on lui reconnaît un lyrisme plus épanoui, propre à Schubert.</p>
<p>Il convient de dire quelques mots sur la belle initiative du violoniste québécois Jean Cousineau, à l’origine de l’ensemble qui porte aujourd’hui son nom. En 1965, après avoir constaté l’insuffisance des structures d’enseignement du violon à Montréal, il décide de fonder l’école Les Petits Violons. Rapidement, son institution gagne en importance, et quelque dix ans plus tard, en 1974, il regroupe ses étudiants les plus avancés afin de former l’ensemble professionnel des Petits Violons. Dès lors, le groupe voyage et donne des concerts au Canada et à l’étranger. Aujourd’hui, la fille ayant pris le relais du père, ce bel ensemble à cordes continue de se produire un peu partout. Le prochain concert avec, au programme, Bach, Mozart et Vivaldi, aura lieu au Gesù le 16 février et il faudra y aller, sans compter que c’est gratuit.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Se perdre dans les espaces musicaux</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/11/25/se-perdre-en-musique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Daigle]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2013 20:11:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'OSM à la Maison symphonique de Montréal.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La Maison symphonique de Montréal accueillait mercredi dernier l’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM) et deux personnalités de marque, le chef d’orchestre Jacques Lacombe et le soliste Andrew Wan. Lacombe est directeur musical du New Jersey Symphony Orchestra. Il a eu l’occasion de travailler avec l’OSM de 2002 à 2006. Le violoniste Andrew Wan s’est démarqué au cours des dernières années par ses interprétations de pièces classiques, romantiques et impressionnistes. Il enseigne à l’école de musique Schulich de McGill et occupe, depuis 2008, le poste de violon solo de l’OSM.</p>
<p>Ces musiciens et, de manière plus générale, l’OSM, offrent un programme brillamment conçu: <i>Le Corsaire </i>de Berlioz, <i>Les Mouvements de l’âme</i> d’Arcuri, <i>Tzigane</i> de Ravel et la neuvième symphonie de Dvorák. Les adeptes d’aventures et d’émotions fortes trouvent leur compte dans ce que la rédactrice et journaliste Lucie Renaud a appelé à juste titre une «série de voyages, mouvements intérieurs aussi bien que physiques».</p>
<p>Hector Berlioz a écrit son ouverture <i>Le Corsaire </i>au bord de la mer, à Nice. Sans doute la Méditerranée l’a‑t-il inspiré, mais son admiration pour l’écrivain Byron laisse à penser qu’il y aurait dans cette ouverture des réminiscences du poème <i>The Corsair</i>, histoire mouvementée d’un pirate aventurier. La pièce de Berlioz, qui alterne mouvements frénétiques et méditatifs, évoque la mer, tantôt calme, tantôt déchaînée. Jacques Lacombe en a fait une interprétation intelligente, aux contrastes appuyés.</p>
<p>L’OSM convie ensuite l’auditeur au monde de l’infiniment subtil avec <i>Les Mouvements de l’âme </i>de Serge Arcuri, compositeur contemporain québécois. Le titre revêt un sens particulier: en lutherie, l’âme est une petite pièce en bois dans le violon, qui favorise la résonnance du son. Le jeu très personnel, nuancé, d’Andrew Wan plonge l’auditeur dans un univers jusqu’alors inexploré, excitant, où le violon exprime quelque chose d’indicible, d’effrayant, et de beau pourtant, sur fond d’harmonies épaisses et dissonantes. La pièce s’évanouit sur une note claire mais faible, à la manière d’une flamme qui disparaît. <i>Tzigane </i>livre des couleurs et des textures orchestrales qui propulsent l’auditeur dans l’espace du rêve. Dans un style postromantique très maîtrisé, Maurice Ravel construit un univers exotique et envoûtant rappelant la bohème. Les différentes atmosphères de la pièce sont autant de routes que le compositeur nous invite à suivre, au cours desquelles le violon chante une gaieté triste. C’est un joli dialogue: l’OSM et Andrew Wan parviennent à rendre l’énergie brute de cette œuvre.</p>
<p>En 1892, Antonín Dvorák quitte l’Europe et s’installe aux États-Unis, où on lui propose le poste de directeur du Conservatoire national de musique de New York. Il écrira à ce moment la symphonie n<sup>o</sup>9, dite «du Nouveau Monde». On y perçoit des influences du folklore américain, notamment dans son célèbre <i>largo</i>. Ce second mouvement s’ouvre sur de grands accords joués par les cuivres, puis cède la place à une mélodie douce que reprendront divers instruments, mais dont la charge revient surtout au cor anglais, qui dégage quelque chose d’à la fois rustique et noble. Lacombe sait rendre la puissance de cette symphonie, comme&nbsp; il l’a fait, au demeurant, pour toutes les œuvres de cette soirée. Véritable invitation au voyage, ce concert s’est avéré l’occasion d’une belle divagation des esprits à travers multiples espaces.</p>
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