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	<title>Samy Graia - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Shash’U fait grand bruit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samy Graia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2015 18:29:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le DJ montréalais sort son premier EP gratuit Thru Da Night. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span>e lancement du dernier maxi de Shash’U s’est fait ce samedi au Belmont. Le pari est réussi puisque l’engouement musical a permis à la foule de danser jusqu’à l’aube. En entretien avec <i>Le Délit</i>, Shash’U affirme que c’est justement le but de l’EP de «donner de l’énergie pour faire passer le moment quelle qu’en soit sa nature». Peu importe dans quel ordre on commence le maxi, «toutes les données s’enchainent tel un carrousel».</p>
<p class="p3"><span class="s1">La musique de Shash’U n’est pas représentative des principaux genres musicaux <i>mainstreams.</i> Même s’«il y a tellement de <i>samples</i>, de couches et de tangentes que le son peut prendre», l’artiste avoue être influencé principalement par le funk et le hip-hop et chercher à atteindre l’alliance qui fera du son «quelque chose de <i>DOPE </i>(puissant)». Shash’U, c’est l’avènement du Power-Funk (PWRFNK), une musique au style rétro qui vient piocher dans les sonorités modernes pour créer quelque chose d’unique. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Écouter du PWRFNK, c’est un peu comme rentrer dans la DeLorean de <i>Retour vers le futur</i>. «<i>Back to the Future</i> (<i>Retour vers le futur</i>) va toujours rester dans nos mémoires, c’est un peu ce que j’essaye d’atteindre avec <i>Thru da Night </i>et le PWRFNK», à savoir faire voyager le son à travers le temps. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Derrière Shash’U, il y a la superbe maison de production new-yorkaise <i>Fools Gold Records </i>qui contribue beaucoup à l’essor de l’artiste. Au niveau visuel, l’affiche de l’EP est signée Ronald Wimberly, un artiste de Brooklyn qui est à l’origine des dessins de <i>Black Dynamite</i> et <i>Afro Samurai</i> entre autres. Shash’U est non seulement doté d’une superbe créativité, mais il possède également un entourage très talentueux. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Petite parenthèse intéressante, Shash’U s’appelle Richard à l’état civil. Pour ceux qui se demandent d’où peut bien venir le nom Shash’U, il explique: «C’est très simple, Shash’U, c’est un petit nom que mes parents m’ont donné depuis que je suis enfant; j’ai donc décidé de le garder. Mon prénom c’est Richard. Mes parents étant haïtiens, Shash’U, c’est un peu l’équivalent de Richard en haïtien.» Comme quoi, on peut être un DJ d’ampleur internationale et garder l’esprit de famille. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Depuis sa performance au concours de danse hip-hop J<i>uste Debout</i> à Paris Bercy et son passage au <i>Boiler Room</i>, Shash’U fait parler de lui. Le «<i>boy</i> de Montréal» arbore les scènes <i>live </i>tels des colliers. Le DJ prend de l’ampleur et multiplie ses déplacements: «On a des dates prévues à Ottawa, aux États-Unis, et on va prochainement passer par l’Europe et l’Australie.» Il passe d’un continent à l’autre tout comme son style musical virevolte entre les époques. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Un autre projet est prévu pour la fin mars. Cette fois-ci, le titre est identique au genre musical, <i>PWRFNK</i>. En attendant cette pépite, allez tout de suite télécharger l’EP <i>Thru da Night </i>et n’hésitez pas à aller faire un tour sur son <i>Sound Cloud</i>, vous serez agréablement surpris.</span></p>
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		<title>Molière de passage à McGill</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samy Graia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2015 15:54:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit a rencontré la troupe Franc-Jeu qui présente Le Malade imaginaire au Théâtre MainLine cette semaine.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Le Délit (LD)</b>: <i>Petit rappel pour nos lecteurs, qu’est-ce que Franc-Jeu? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Victor Gassman (président de Franc-Jeu, VG)</b>: Franc-Jeu est la seule troupe de théâtre francophone de McGill. L’association a été créée l’année dernière par Léa Frydman et moi-même. <i>Le Malade imaginaire</i> est notre première production. C’est un peu la résurrection du théâtre francophone à McGill. L’objectif de Franc-Jeu, c’est que tous les étudiants francophones qui veulent faire du théâtre puissent le faire de quelque manière que ce soit. Cela implique des ateliers et des soirées d’improvisation où chacun peut venir et évidemment des productions plus professionnelles comme <i>Le Malade imaginaire</i> ou <i>La Réunification des deux Corées</i>. Il y a eu un franc succès dès le départ qui a témoigné d’une demande pour le théâtre francophone à McGill. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Le collectif de la Grenouille, qui vous a précédé, a laissé un vide. Vous l’avez comblé? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>VG</b>: En effet, on essaye de combler le vide qui avait été laissé par la disparition de la troupe La Grenouille. On est maintenant sûr qu’il y avait un vide puisque il y a eu un grand engouement dès le départ, de très nombreuses personnes à nos ateliers, de très nombreuses personnes aux auditions, et on attend beaucoup de spectateurs pour la pièce. Il y a eu beaucoup d’enthousiasme de la part de la communauté de l’AÉUM pour voir la résurrection du théâtre francophone à McGill. (Amen collectif)</span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Michaël, quelle est votre expérience en tant que metteur en scène?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>Michaël Blais (metteur en scène, MB):</b> Je suis à Montréal depuis quatre ans. J’ai déjà mis en scène un Molière, la pièce <i>Georges Dandin</i>. Je viens de Sherbrooke, qui est une petite ville pas très loin de Montréal. Je voulais ressusciter moi aussi le théâtre français classique dans la ville de Sherbrooke, donc avec des amis on a décidé de monter le théâtre des Douze coups. Avant, j’avais fait d’autres mises en scène comme <i>Jocelyne Trudel trouvée morte dans ses larmes</i> de Marie Laberge. Je me concentre surtout sur des pièces de répertoire classique; je trouve ça important de faire revivre ces textes qui sont parfois poussiéreux et de leur donner une couleur différente. On peut leur apporter quelque chose. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Vous pensiez jouer une comédie, plus particulièrement </i>Le Malade imaginaire<i>, dès le départ? Quelles étaient les autres possibilités?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>MB</b>: Pour moi, le choix de Molière s’imposait. Pour la première pièce de Franc-Jeu je trouvait ça intéressant de prendre le répertoire de Molière. J’ai cru comprendre que l’intention de Franc-Jeu, c’était de rendre le théâtre accessible aux gens qui le pratiquent et qui le regardent. J’ai essayé de garder l’aspect accessible en tête pendant toute la mise en scène. C’est aussi ma démarche artistique, si j’en ai une. Molière est un auteur que je connais bien, le choix était assez clair dès le départ; il fallait que je me sente à l’aise pour pouvoir mettre en scène. En ce qui concerne le choix de la pièce, <i>Le Malade imaginaire</i> est pour moi la pièce la plus aboutie de Molière. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>VG</b>: Pour Franc-Jeu, c’est en lien avec ce que j’ai dit toute à l’heure: on n’a pas de ligne artistique. On tient à ne pas avoir de ligne artistique parce qu’on tient à ce que les gens qui ont des projets en tête puissent les réaliser avec l’aide de Franc-Jeu. Du coup, Michaël et son équipe, avec Virginie [Daigle] et Laurence [Lafortune], sont venus nous voir en nous demandant si on voulait travailler avec eux pour cette production. Ça s’est fait parce que pour nous, tout projet de théâtre francophone qui veut être mis en place par un étudiant de McGill doit être mis en place. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD</b>: Le Malade imaginaire <i>est, à l’origine, une comédie-ballet; avez vous gardé cet aspect-là de la pièce? </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>MB</b>: On n’a pas gardé les ballets en tant que tel. Par contre, <i>Le Malade imaginaire</i> est une pièce hybride composée de deux langues différentes – le français et le latin –, donc la finale en latin est conservée pour le bien de la pièce. Dans l’ensemble, le texte est gardé de façon intégrale mis à part les ballets. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Quant à l’aspect musical?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>MB</b>: Il y a effectivement une petite scène chantée qu’on a gardée; on a essayé de la moderniser un petit peu en associant le texte à de la musique moderne. D’ailleurs, on a fini de déterminer juste avant l’entrevue la musique qui servira d’intermédiaire entre les actes. C’est assez moderne, électrique… La musique est un bon outil pour rendre Molière accessible et moderne. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>LD</b>: <i>Histoire d’apporter une petite touche de fraicheur?</i> </span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>MB</b>: Absolument, un journaliste m’avait interviewé à Sherbrooke pour parler de <i>Georges Dandin</i>. Le titre c’était «Un Molière fardé de Pop» puisqu’on avait utilisé Lady Gaga et les Black Eyed Peas sur du Molière. Ce n’est pas ce que l’on fait ici mais ça ressemble un peu, peut-être un Molière fardé d’électro. En tout cas c’est un Molière fardé. Je trouve ça intéressant d’associer la mode, les costumes et la musique électronique avec du théâtre et au texte de Molière qui lui-même est très extravagant et excentrique. </span></p>
<p class="p1"><b>LD</b>: <i>Quelle était l’ambiance lors des répétitions? </i></p>
<p class="p1"><b>François-Xavier Tremblay (Argan, F‑X)</b>: L’ambiance est généralement bonne, il n’y a pas eu de prises de tête. Il y a beaucoup de moments où on déconne, peut-être un peu trop même, d’où l’esprit de camaraderie. En général l’ambiance est très plaisante. À chaque fois, j’ai hâte d’aller répéter. C’est mon bonbon de la semaine.</p>
<p class="p1"><b>MB</b>: Il y a eu différentes formes de répétitions. Parfois on les faisait tous ensemble tandis qu’à certains moments on faisait des ateliers de groupe.</p>
<p class="p1"><b>F‑X</b>: Pour ma part j’ai préféré les ateliers plus intimes, ça nous poussait plus à s’exprimer.</p>
<p class="p1"><b>LD</b>: <i>Combien d’heures de répétition avez-vous fait depuis le début?</i></p>
<p class="p1"><b>MB</b>: On a commencé les répétitions très en retard. À la session d’automne on n’avait pas commencé à afficher la publicité pour les auditions. Troisième semaine d’automne on faisait les auditions, quatrième semaine on jouait les premières répétitions à raison de deux répétitions par semaine pendant toute la saison d’automne. En janvier, on a continué à faire deux répétitions par semaine et c’est tout. Le temps de répétition était très restreint et pourtant je pense qu’on a accompli un gros boulot en peu de temps; je suis très satisfait de la qualité de la pièce qui se veut d’ambition professionnelle au niveau de la performance. Je dis <span class="s1">ça avec beaucoup d’humilité.&nbsp;</span></p>
<p class="p1"><b>Virginie Daigle (assistante à la mise en scène, VD)</b>: Je suis d’accord avec Michaël. Je pense que dès qu’on a commencé il y avait un sentiment d’urgence. D’abord pour trouver la salle. Cela a été extrêmement difficile et compliqué, mais on y est arrivés. Tout s’est fait étape par étape.</p>
<p class="p1"><b>MB</b>: Le fait qu’on était dépourvus de salle est une problématique à laquelle Franc-Jeu s’est porté guerrier. C’est un combat politique que d’obtenir une salle. On est obligés d’aller à l’extérieur des murs de McGill pour pouvoir jouer parce qu’il n’y a aucune structure administrative qui nous permette de jouer une pièce intra-muros à des prix raisonnables.</p>
<p class="p1"><b>LD</b>: <i>C’était votre souhait de jouer dans McGill? Quelle était la procédure?</i></p>
<p class="p1"><b>VD</b>: On a regardé toutes les salles qui pouvaient être disponibles à McGill. Il y en a trois qui sont équipées pour le théâtre: le TNC qui est pour un public restreint, le Player’s Theatre qui est entièrement <i>booké</i> et Moyse Hall qui est à un prix carrément prohibitif pour les étudiants, environ 15 000 dollars par soir; impossible, même si on espérait vraiment pouvoir y accéder.</p>
<p class="p1"><b>VG</b>: Pour rebondir sur ce qu’a dit Michaël, on a une communauté qui s’agrandit de jour en jour, de personnes extrêmement motivées et c’est vrai qu’on n’a pas forcément les ressources pour vraiment mettre à bien de façon durable tout ce qu’on voudrait faire. Les répétitions se faisaient dans le bâtiment de l’AÉUM, ce qui est en soit très bien, mais c’est vrai que pour les représentations, on se bat aujourd’hui pour avoir une salle attribuée à Franc-Jeu et au théâtre francophone, au moins pour deux productions par an.</p>
<p class="p1"><b>LD</b>: <i>Pour vous cette pièce va-t-elle au delà du rire? Y a‑t-il un message politique?</i></p>
<p class="p1"><b>MB</b>: Je pense qu’on cherche trop souvent un côté politique au théâtre. J’essaye de mettre en avant l’aspect <i>farcesque</i> puis la singularité d’une société. Il s’agit avant tout de raconter une histoire. Après, il y a toujours cette querelle entre les anciens et les nouveaux qui teinte la pièce. Doit-on regarder en arrière pour aller de l’avant? C’est sûr que dans une société post-moderne telle que la nôtre, le futur n’est pas garant d’un avenir meilleur et le passé n’est pas forcément ce qu’il y a de plus reluisant. On est un peu dans une sorte de flottement temporel. Ce que je voulais faire ressortir du <i>Malade imaginaire</i> avec un style assez plaqué – on est rarement dans la nuance –, c’est le rire mais aussi démontrer que les apparences l’emportent puisque c’est l’idée qu’Argan se fait de la maladie qui l’emporte sur lui donc les anciens gagnent et l’espoir d’un avenir meilleur… Les clowns sont souvent les plus tristes.</p>
<p class="p1"><b>LD</b>: <i>Comment vous sentez vous à neuf jours de la première, un peu stressés j’imagine?</i></p>
<p class="p1"><b>F‑X</b>: Stressés, c’est même pas la peine de le mentionner, c’est sûr! Confiants tout de même du travail qu’on a fait et des pas de géants de ces dernières semaines. Une petite hâte, car c’est l’aboutissement d’un travail.</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Yoav Hougui (Thomas Diafoirus)</b>: C’est vrai qu’on se sent impatients de commencer car c’est toujours un super moment les quelques jours où on est sur scène. Pour ma part, ça fait super longtemps que je n’ai pas fait ça. C’est très excitant! Je m’en réjouis et je sais que je vais être très triste une fois que ce sera fini. Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer à faire du théâtre chaque semaine sans la pièce du <i>Malade imaginaire</i>. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MB</b>: Je suis assez fier du travail qui a était fait jusqu’à maintenant. Pour moi ça serait le sentiment de fierté, le sentiment du devoir accompli aussi, on n’est pas si loin de ce que j’imaginais. Quant à la performance, cela a été au-delà de mes attentes, je [ne] m’attendais pas à un tel niveau de jeu. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Qui est le personnage sur l’affiche?</i> </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><i>(Les regards se tournent vers Francois-Xavier.)</i> </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>VG</b>: Il est magnifique. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Il fait peur tout de même. </i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>F‑X</b>: C’est une des facettes du personnage. Dans la construction, je suis allé chercher ce qu’il y avait de laid en moi. Le vieux monsieur qui se cache en chaque personne est là. Ce qui est intéressant chez ce personnage, c’est qu’il peut passer d’un moment de pure joie à un moment de pure colère en une fraction de seconde. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MB</b>: C’est Gabriel Cholette, qui est un étudiant en maitrise du département de littérature française, qui a signé la conception graphique de tout le projet, l’affiche comprise. Depuis le départ on voulait travailler avec des blocs-couleurs. L’affiche représente bien le côté binaire des personnages. </span></p>
<p class="p1"><b>LD</b>: <i>Le coût du billet sera de 10 dollars pour les étudiants et de 15 dollars en admission générale. Comment seront reversés les fonds?</i></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>MB</b>: Comme on avait peu de ressources financières de la part de l’Université, on n’a pas tant d’argent que ça à dépenser. J’ai avancé beaucoup d’argent de ma poche, Virginie aussi, donc on va commencer par se rembourser. Après ça, les fonds vont aller à Franc-Jeu dans l’optique de monter d’autres productions. Je [ne] pense pas qu’on va avoir tant d’argent que ça. Le but d’accessibilité se voit aussi dans les prix, 10 dollars n’est pas représentatif d’une pièce de théâtre ni de la valeur de la production. C’est un prix forfaitaire et généreux qu’on offre à nos spectateurs. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Quelle sera la prochaine pièce de Franc-Jeu?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>VG</b>: La prochaine pièce de Franc-Jeu, on la connaît et la troupe est déjà montée, c’est <i>La Réunification des deux Corées</i> de Joël Pommerat. C’est une pièce pour le coup très contemporaine qui parle de l’amour et du couple dans la société. On a essayé de faire quelque chose de complètement différent par rapport au <i>Malade imaginaire</i>. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>LD</b>:<i> Merci pour vos réponses et votre énergie; quelque chose à ajouter?</i></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>VG</b>: Venez voir la pièce! C’est pour tout le monde, ce n’est pas que pour les amateurs de théâtre. C’est une soirée différente de vos soirées habituelles. J’ai rarement autant ri qu’avec du Molière. J’ai déjà vu du Molière à la Comédie-Française, que cette pièce soit interprétée par des étudiants lui donne un goût totalement différent. C’est marrant, c’est un beau projet, c’est une troupe extrêmement motivée avec beaucoup d’énergie et puis, un peu de théâtre de temps en temps ne fait de mal à personne.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></span></p>
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		<title>Bordeleau veut sauver le commun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samy Graia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2014 06:30:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Quartanier publie le denier essai d’Erik Bordeleau.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">«L</span>’Union soviétique se concevait bel et bien comme un État où seule la philosophie gouvernait». L’aventure communiste aujourd’hui finie a‑t-elle eu le sort qu’elle méritait? C’est tout dû moins la question que se pose Erik Bordeleau, dans son essai Comment sauver le commun du communisme?. Docteur en littérature comparée, spécialiste des thèmes de l’anonymat et de la politique dans le cinéma chinois, Bordeleau dévoile un constat esthétique du communisme et entreprend de sortir le «commun» de celui-ci pour l’intégrer dans un monde où «l’individu est roi» Publié aux éditions Le Quartanier, divisé en 5 chapitres et long de 200 pages, cet essai propose une lecture dense, complexe et riche qui mérite (votre) lecture.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Afin de comprendre la pensée de Bordeleau, il faut tout d’abord dissocier «esthétique socialiste» des régimes communistes du siècle dernier. Cet essai ne vise absolument pas la réhabilitation des crimes perpétrés sous les régimes communistes. Il s’agit ici d’un bilan philosophique et artistique où l’art sert d’outil permettant la critique, la remise en question et le diagnostique du système-monde actuel. Bordeleau juge le capitalisme libéral malade ou du moins souffrant d’une «précarisation existentielle» où les valeurs étendards seraient celles de «la valorisation permanente de soi» et de la productivité.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Ainsi, Bordeleau s’en va plonger le lecteur dans une immersion artistique plutôt rafraichissante au vu d’un sujet assez pondéreux. Il y met l’accent sur son domaine de prédilection, le cinéma chinois, effleure le théâtre avec <i>Crisis in the Credit System</i> de Melanie Gilligan, touche à Mai 68 et à l’émulsion critique qui en émane. Quant à l’art en lui-même, Bordeleau l’envisage comme «réfractaire aux enrôlements, qu’ils soient de gauche ou de droite». Celui-ci dénonce l’instrumentalisation de l’art comme outil politique pendant la Guerre Froide, où «la production culturelle est réduite au statut d’outil». Le but de cette guerre est de faire croire que son art est le plus libre. L’essence même de ce combat est philosophique, quel est l’art le plus libre? Le «réalisme socialiste» ou «l’expressionnisme»?&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s3">Le problème du communisme c’est peut-être les communistes; «Sartre disait qu’il n’y a pas de différence entre un amour imaginaire et un amour vrai, parce que le sujet est par définition ce qu’il pense être, étant sujet pensant». L’humanité apparaît comme un simple matériau modulable sous n’importe quelle forme peu importe les antécédents historiques dont elle est sujette. «Tant que les communistes cultiveront l’idéal d’être détachés, ils ne sauront aborder la question des biens communs, ils ne seront pas communistes».&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Pendant ce temps-là, au sein du capital, l’humain devient un chiffre dans la matrice. Le «potentiel humain n’est jamais envisagé qu’en vue de son actualisation dans une vie productive et réussie», l’attrait réside dans la «multitude de possibilités existentielles qu’il laisse miroite». L’environnement devient «un espace jeu» où tout n’est plus qu’occasions à saisir et ressources à optimiser pour l’individu.&nbsp;</span></p>
<p class="p3">Finalement, où se trouve ce commun? À la fin de son essai, Bordeleau nous raconte les ateliers philosophiques pour enfants qu’il a pu organiser pendant ses études doctorales. Il explique aux élèves d’une école primaire montréalaise que les cerveaux humains (comme les ordinateurs) «peuvent attraper des virus», la philosophie devient «l’antivirus du langage». Puis après quelques histoires il leur demande de trouver ensemble une définition de la philosophie. Un élève commence par «se concentrer», un autre ajoute «ensemble» puis un dernier s’écrie «mutuellement» Derrière les grandes débandades politiques, le commun est en chacun de nous, il s’entretient en philosophant tous les jours, peu importe où.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/11/11/bordeleau-veut-sauver-le-commun/" data-wpel-link="internal">Bordeleau veut sauver le commun</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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