<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Sabrina Denis - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/author/sabrina-denis/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/author/sabrina-denis/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 25 Sep 2024 15:02:40 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Semaine nationale de l’arbre et des forêts</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/09/25/semaine-nationale-de-larbre-et-des-forets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sabrina Denis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Forêts]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=55982</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’approche du double regard.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/09/25/semaine-nationale-de-larbre-et-des-forets/" data-wpel-link="internal">Semaine nationale de l’arbre et des forêts</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Du 22 au 28 septembre a lieu la Semaine nationale de l’arbre et des forêts (SNAF) dont l’objectif est de sensibiliser le public à la protection des forêts et de l’industrie forestière. Organisée par l’<a href="https://www.cif-ifc.org/fr/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Institut forestier du Canada</a> (IFC), qui prône « la confiance et la fierté à l’égard de la foresterie canadienne », plusieurs activités à travers le pays sont mises sur pied, notamment sur les défis climatiques, l’éducation forestière et la conservation, et ce, avec l’intégration du « savoir autochtone ». Le thème de cette année est « L’approche du double regard : accueillir tous les savoirs pour préserver nos forêts. » Comme l’<a href="https://www.cif-ifc.org/wp-content/uploads/2024/08/NFW-2024-Toolkit_French.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">IFC</a> le met de l’avant, cette démarche s’inscrit dans une volonté de combiner savoirs traditionnels autochtones et savoir occidental afin de « favoriser l’innovation économique et d’atténuer les défis climatiques en constante évolution […] et de s’y adapter ».</p>



<p>Un des regards adopté cette semaine est celui des Premières Nations, particulièrement touchées par les feux de forêts. Leur population représente 5% de la population canadienne, mais 80% d’entre eux·elles sont situé·e·s dans des zones à risque de feux de forêt selon<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2068987/incendie-feux-foret-premiere-nation-prevention" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> le gouvernement du Canada</a>. Les communautés autochtones du territoire Secwépemc, dont le mode de vie dépend de leur environnement, souhaitent préserver et restaurer les écosystèmes de leur région. Voyant les compagnies de l’industrie forestière replanter des sapins et des épinettes noires, elles <a href="https://wwf.ca/fr/stories/la-restauration-menee-par-les-autochtones-apres-des-feux-de-foret-fonctionne/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">expliquent</a> que simplement planter des arbres ne restaure pas la diversité de la forêt. <a href="https://wwf.ca/fr/stories/la-restauration-menee-par-les-autochtones-apres-des-feux-de-foret-fonctionne/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Angela Kane</a>, présidente-directrice générale de la Société de restauration et d’intendance des Secwepemcúl’ecw (Secwepemcúl’ecw Restoration and Stewardship Society), dit que sa communauté a besoin d’infrastructures de culture et d’entreposage de semences, ainsi que leur propre pépinière dans une perspective d’autosuffisance. Elle espère ainsi recréer des écosystèmes complexes : « <a href="https://wwf.ca/fr/stories/la-restauration-menee-par-les-autochtones-apres-des-feux-de-foret-fonctionne/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Nous voulons créer notre propre programme de collecte afin de pouvoir récolter nos propres graines spécifiques à la région et à nos communautés</a>. »</p>



<p>L’expérience de restauration des forêts par les communautés Secwépemc illustre le savoir holistique des Premières Nations face à l’environnement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Les intérêts des communautés autochtones et des compagnies de l’industrie forestière se sont opposés à plusieurs reprises, et les commanditaires de l’événement sont impliqués dans ces conflits »</p>
</blockquote>



<p><strong>L’approche du double regard mise à l’épreuve</strong></p>



<p>Bien que la SNAF tente de sensibiliser autant à la protection des forêts qu’à leur exploitation durable, des enjeux éthiques peuvent survenir. En effet, les intérêts des communautés autochtones et des compagnies de l’industrie forestière se sont opposés à plusieurs reprises, et les commanditaires de l’événement sont impliqués dans ces conflits. Par exemple, la majorité des commanditaires sont des compagnies de pâtes et papiers et de produits forestiers, dont Millar Western, Tolko, Résolu, Canfor et Dryden Fibre Canada. Alors que l’IFC souhaite sensibiliser le public sur la richesse de nos forêts canadiennes lors de cet événement, ses actes ne sont pas toujours cohérents. La Dryden Fibre Canada, pour n’en nommer qu’une, a, en mai dernier, été décriée dans les médias par la Première Nation Grassy Narrows pour la contamination de la rivière Wabigoon. En plus d’un épisode de déversement dans les années 60, la communauté autochtone accuse l’entreprise de continuer de rejeter à ce jour des résidus chimiques, dont du méthylmercure. La concentration élevée de mercure dans l’eau affecte particulièrement la santé physique et mentale des membres de cette nation autochtone et augmente les cas de maladies chroniques, de diabète et de troubles neuropsychologiques.</p>



<p>Ainsi, tandis que les compagnies forestières sont motivées par des objectifs économiques, les Premières Nations, comme celle de Grassy Narrows, cherchent à maintenir la santé de leur environnement et de leur communauté. Ces dernières ont une vision plus holistique de la forêt qui est pour eux un lieu d’habitation, de chasse et de cueillette. Comme l’explique Angela Kane, les feux de forêt n’ont pas seulement privé les autochtones d’une ressource matérielle, mais de leur mode de vie : « Ça a été un moment vraiment traumatisant. Voir les panaches de fumée se rapprocher de jour en jour, entendre les hélicoptères jour et nuit, c’était presque comme vivre en temps de guerre. […] C’est une expérience dévastatrice. Certain·e·s membres de notre communauté ont perdu leur maison, d’autres leur mode de vie. »</p>



<p>C’est avec cette vision que les communautés Secwépemc ont restauré un territoire de forêts ravagées par l’incendie d’Elephant Hill près de Kamloops en Colombie-Britannique en 2017.</p>



<p>Avant de s’intéresser aux différentes perspectives et à différents moyens de répondre aux feux de forêts, il est pertinent de faire un bref état des lieux à la fin de cette saison estivale.</p>



<p><strong>Retour sur l’état des forêts canadiennes après l’été 2024</strong></p>



<p>La couverture de plusieurs médias ainsi que les données de Ressources naturelles Canada soulignent que les feux de forêt de l’été 2024 ont définitivement ravagé moins de surface au pays que l’an passé, qui avait été une saison hors du commun (<a href="https://ici.radio-canada.ca/info/feux-de-foret/?tz=EST" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">17,9 millions</a> d’hectares de forêts brulés en 2023 contre <a href="https://ici.radio-canada.ca/info/feux-de-foret/?tz=EST" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">5,1 millions</a> d’hectares en 2024). Cependant, la saison 2023 reste toujours bien au-dessus des moyennes des dernières décennies et les incendies ont été répartis différemment. Bien que le Québec et l’Ontario aient été épargnés en raison des fortes pluies en lien avec les tempêtes tropicales Béryl et Debby, plusieurs feux majeurs ont été enregistrés dans l’est et dans l’ouest du pays, ce qui a peut-être donné l’impression d’un radoucissement au Québec. Les feux qui ont dévasté la ville de Jasper, en Alberta, en juillet dernier, ont été contrôlés après quatre semaines de propagation et après avoir brûlé <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2102839/feu-matrise-jasper#:~:text=Pr%C3%A8s%20de%20sept%20semaines%20apr%C3%A8s,cet%20incendie%20est%20d%C3%A9sormais%20ma%C3%AEtris%C3%A9." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le tiers</a> de la municipalité, obligeant l’évacuation de <a href="https://ici.radio-canada.ca/info/videos/1-10134949/plus-25-000-personnes-ont-evacuer-jasper" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">25 000 personnes dont 5 000 résidents.</a> Les changements climatiques ont augmenté les risques de feux de forêts dans les dernières années et ce phénomène est maintenant une réalité préoccupante. Face à cette réalité, la SNAF organise un atelier le 25 septembre prochain, abordant comment les changements climatiques affectent nos forêts.</p>



<p><strong>Explorer les récentes innovations</strong></p>



<p>Lors de la SNAF, une étude présentée par des chercheurs de Concordia est en cours pour utiliser l’intelligence artificielle dans la lutte contre les feux de forêt. Il reste plusieurs tests à faire avant que cet outil ne soit utilisé par la Société de protection des forêts contre le feu au Québec (SOPFEU). Néanmoins, il semble prometteur pour la détection préventive des feux via un système complètement automatisé de drones, de réseaux neuronaux (donc un module d’intelligence artificielle apprenant par lui même) et de traitements d’images. You Zhang, l’un des auteurs et professeur au Département de génie mécanique, industriel et aérospatial de Concordia, <a href="https://www.concordia.ca/fr/actualites/nouvelles/2024/05/28/lavenir-de-la-lutte-contre-les-feux-de-foret-passe-par-lia-et-les-drones-autonomes-selon-des-chercheurs-de-concordia.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">croit que</a> cette avancée pourrait détecter plus rapidement les feux, et donc aider au contrôle de ceux-ci.</p>



<p>Finalement, il est intéressant d’aller au-delà de l’appréciation d’un événement de sensibilisation comme celui-ci et de voir les enjeux qui sont et vont devenir plus importants pour notre société. En s’éloignant de cette lecture de la forêt comme ressource économique et des intérêts des entreprises, plusieurs incertitudes planent toujours quant à l’avenir de nos forêts et de notre réponse face aux changements climatiques. Ce que ce double regard peut potentiellement amener dans la réflexion, c’est en partie l’inclusion des Premières Nations, surreprésentées dans les zones à risques. Cette semaine est aussi une opportunité d’apprendre des savoirs autochtones et ce, non seulement pour la replantation d’arbres, mais pour la restauration des écosystèmes de nos forêts. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/09/25/semaine-nationale-de-larbre-et-des-forets/" data-wpel-link="internal">Semaine nationale de l’arbre et des forêts</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Climate Pledge Arena</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/03/20/le-climate-pledge-arena/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sabrina Denis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Mar 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bonnes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=55189</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le premier stade certifié carboneutre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/03/20/le-climate-pledge-arena/" data-wpel-link="internal">Le Climate Pledge Arena</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Originalement bâti en 1962 et accueillant désormais le Seattle Kraken, l’ajout le plus récent de la ligue nationale de hockey, le Climate Pledge Arena a été rénové drastiquement entre 2018 et 2022 afin d’atteindre la carboneutralité à l’automne dernier. Dès lors, il devient le premier aréna dans le monde à être certifié carboneutre par le <em>International Living Future Institute</em> après plus d’un milliard de dollars investis. L’aréna en question devient la pionnière auprès de quasi 500 entreprises, dont Amazon qui a investi dans ce projet, ayant signé le <em><a href="https://www.theclimatepledge.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Climate Pledge</a></em>, qui ont affirmé vouloir décarboner leur industrie à 100% d’ici 2040.</p>



<p><strong>Toujours plus vert</strong></p>



<p>Le <a href="https://climatepledgearena.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">site web</a> du Climate Pledge Arena, ayant promis la transparence, ne manque pas de précisions sur tous les nombreux dispositifs permettant d’atteindre l’objectif de carboneutralité. L’idée était de récupérer le plus de matériaux possible, notamment le toit de l’ancien stade, ce qui est estimé avoir sauvé 22 000 tonnes d’acier.</p>



<p>Le projet visait à la fois, à minimiser l’empreinte carbone de la construction, mais aussi des activités du stade à long terme, ce qui a nécessité la mise en place de plusieurs dispositifs permettant le suivi précis des émissions de gaz à effet de serre. L’entièreté des équipements, la surfaceuse, la climatisation ainsi que les équipements de cuisine, sont tous électriques et alimentés par des énergies renouvelables. De plus, la conception du système d’eau permet à la fois de récupérer l’eau de pluie sur le toit, de la traiter sur place puis de l’utiliser pour la glace, les abreuvoirs, ainsi que pour plus de 40 000 pieds carrés de nouvelles zones végétales ajoutées sur le terrain. Avec pour objectif le zéro déchet, 97% des déchets produits sont réutilisés, notamment via la mise en place d’un système de recyclage et de compostage.</p>



<p>Au-delà du stade, la promesse zéro carbone comprend également le déplacement des visiteurs, soit la source d’émission de carbone la plus importante. Chaque billet vendu inclut un titre de transport gratuit de monorail permettant d’arriver au stade. L’ensemble de ces mesures longuement et fièrement présentées sur le site web du<br>stade semble montrer une transition verte quasi trop parfaite pour être vraie, ce qui n’est pas complètement faux.</p>



<p><strong>Les crédits carbones : une solution durable?</strong></p>



<p>Même avec ces nombreuses mesures écoresponsables, le Climate Pledge Arena a dû acheter pour près de 38 000 tonnes métriques de crédits carbones en partenariat avec Amazon. L’entreprise a investi via Verra, une des plus grandes entreprises dans la certification de compensations carbone au monde, dans Acapa, un projet de conservation de terres colombiennes. Toutefois, certains experts doutent de l’exactitude de l’impact de ces crédits. De tels crédits servent à contrebalancer les émissions carbones d’une entreprise sous la bannière de projets REDD+ (Réduction des Émissions provenant du Déboisement et de la Dégradation des forêts) en protégeant une zone forestière qui capte une quantité équivalente de dioxyde de carbone. C’est donc une politique souvent vue comme de l’écoblanchiment (<em>greenwashing</em>), car l’achat de crédits carbone n’encourage pas nécessairement les entreprises à diminuer leur pollution à la source, mais à trouver des solutions pour acheter leur empreinte carbone et s’en déresponsabiliser.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Même avec ces nombreuses mesures écoresponsables, le Climate Pledge Arena a dû acheter pour près de 38 000 tonnes métriques de crédits carbones en partenariat avec Amazon »</p>
</blockquote>



<p>Une <a href="https://www.ledevoir.com/environnement/796797/les-credits-carbone-en-foret-tropicale-sont-illusoires-selon-une-etude?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">nouvelle étude</a> publiée en août 2023, ayant pour but d’observer la déforestation dans des zones sous crédits carbones dans six pays, dont la Colombie, a mis en avant les faiblesses des projets REDD+. Une des conclusions avancées par les chercheurs indique que la réduction de la déforestation dans les zones sous crédits a été parfois<br>inexistante ou considérablement inférieure à celle calculée lors de l’achat. L’un des auteurs, Thales Pupo West, chercheur au <em>Centre for Environment, Energy and Natural Resource Governance</em> de l’Université de Cambridge, a partagé lors d’une entrevue avec <em>Le Devoir</em> ses doutes face à la rigueur des calculs de transferts de carbone. West<br>critique la rigueur scientifique de la norme <em>Verified Carbon Standard</em> (VCS), qui est très répandue dans le calcul des équivalents de gaz à effet de serre pour les crédits carbone. Ce dernier, ainsi que Barbara Haya, directrice du <em>Berkeley Carbon Trading Project</em>, critiquent la flexibilité de cette norme, qui permet aux développeurs de projets de surestimer les bénéfices de façon autonome et sans consultation externe.</p>



<p>Une deuxième critique, énoncée encore une fois par West, est qu’il est également possible de surestimer l’impact sur la déforestation, car l’achat de crédits carbones n’engage pas toujours à la plantation de nouveaux arbres qui vont capter du dioxyde de carbone, mais il peut parfois s’agir de protéger des zones de forêt déjà existantes. Il faut donc se questionner à savoir ce qui serait arrivé si l’entreprise n’avait pas fait l’acquisition de crédits dans cette zone. Aurait-elle été conservée par les communautés colombiennes vivant sur ce territoire, sans « l’aide »<br>de cette entreprise?</p>



<p>Troisièmement, une critique qui n’est pas nommée dans cette étude, comme elle n’en fait pas l’objet de recherche, mais qui est abordée dans un <a href="https://climatesociety.ei.columbia.edu/news/carbon-offsets-new-form-neocolonialism" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">article</a> du <em>Columbia Climate School</em> est l’aspect néo-colonial de l’achat de crédits carbones par des entreprises du « Nord global » dans le « Sud global ». Le concept de colonialisme climatique, décrit par le philosophe Olúfémi O. Táíwò, soutient que ces investissements dans le « Sud Global » sont une forme de contrôle de l’espace et d’indulgence face aux politiques environnementales des pays du « Nord global ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Ce n’est pas parce que l’utilisation de crédits carbones est remise en question par des experts qu’on ne peut pas<br>souligner les efforts d’efficacité énergétique et de création de nouvelles sources d’énergies renouvelables du Climate Pledge Arena »</p>
</blockquote>



<p><strong>Un véritable succès éco responsable?</strong></p>



<p>Finalement, comme l’a souligné Barbara Haya, ce n’est pas parce que l’utilisation de crédits carbones est remise en question par des experts qu’on ne peut pas souligner les efforts d’efficacité énergétique et de création de nouvelles sources d’énergies renouvelables du Climate Pledge Arena. La mise en place d’un système de récupération et de filtration d’eau, la récupération et la réutilisation de 97% des déchets ainsi que l’accessibilité en transport en commun restent des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre à la source.</p>



<p>Pour l’étude dont West est l’un des auteurs, les chercheurs concluent que des réformes dans les projets de REDD+ sont possibles. Alors qu’il y a un consensus relatif auprès des experts sur ces projets qui surestiment<br>l’impact d’achats de crédit, West et ses co-auteurs croient en une réforme. Par exemple, un protocole mesurant plus précisément la déforestation réelle, et non estimée, pourrait être un dispositif pouvant contrer la manipulation des résultats.</p>



<p>Est-ce que le Climate Pledge Arena est réellement carboneutre? Pour plusieurs experts, dont Raya, il reste encore<br>un long chemin pour l’entreprise qui selon elle, devrait être jugée principalement par sa capacité à réduire directement les gaz à effet de serre. Une firme ne devrait pas évaluer son empreinte carbone principlameent par l’achat de crédits carbones, qui est vu comme une technique souvent associée à l’écoblanchiment, permettant de s’affranchir d’une partie de son impact environnemental au coût de crédit, dont le réel impact reste encore à prouver.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/03/20/le-climate-pledge-arena/" data-wpel-link="internal">Le Climate Pledge Arena</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
