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	<title>Sabine Malisani - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Canada, entre chance et exception</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/02/14/canada-entre-chance-et-exception/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sabine Malisani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Feb 2017 13:48:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>McGill explore l’idée d’un «exceptionnalisme Canadien».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/14/canada-entre-chance-et-exception/" data-wpel-link="internal">Canada, entre chance et exception</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L’</span>image du «gentil Canada», accueillant, multiculturel, et libéral, ne se fait pas rare, surtout ces jours-ci. Entre le Brexit de Theresa May, la montée de Marine Le Pen, ainsi que l’isolationnisme populiste de Donald Trump, il est vrai que le Canada semble être une exception à la règle. Une espèce de pays de bisounours aux saveurs de poutine et sirop d’érable.</p>
<p class="p3">Cependant cette image est-elle réalité? C’est ce que la conférence «<i>L’exceptionnalisme canadien: sommes-nous bons ou sommes-nous chanceux?</i>» tentait d’explorer. Organisée cette semaine passée par l’Institut d’études canadiennes de McGill, cette conférence de deux jours se posait la question de savoir si le Canada est en effet unique, et si, dans ce cas, il s’agit d’une question d’Histoire, de géographie, de circonstances, ou bien de nos institutions, nos politiques, ou de notre «caractère». Une conversation qui résonne alors que,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>les récents événements à Québec ont secoué cette idée d’une exception canadienne.</p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Le Canada se distingue</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La conférence a accueilli une grande variété d’intervenants, entre académiques, journalistes, et politiciens tels que Michelle Rempel (membre du parlement et du Parti conservateur), Kathleen Weil (Ministre de l’immigration, de la diversité et de l’inclusion du Québec), ou encore Bob Rae, (Premier ministre de l’Ontario entre 1990 et 1995). Malgré cette diversité, la majorité gravitait vers un consensus: nous, Canadiens, sommes chanceux.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">D’une part, nous avons la chance de la géographie: entre le froid canadien, et les milliers de kilomètres qui séparent Alep, Dakar, ou bien l’Amérique centrale de nos frontières, le Canada ressent largement moins de pressions migratoires que l’Europe ou les États-Unis. D’autre part, de nombreux panélistes accordent cet «exceptionnalisme canadien» au succès du modèle fédéral d’immigration et d’intégration, qui a très bien fonctionné jusqu’à présent. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">En effet, ce dernier est basé sur un système de citoyenneté permanente, ainsi qu’un très haut niveau d’intégration des immigrants. Le Canada a un des plus hauts pourcentages de naturalisation dans le monde, deux fois plus élevé qu’aux États-Unis, et 20% de plus qu’en France. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">De même, grâce à un système de citoyenneté ouvert et inclusif, les immigrants sont très vite intégrés à la fois dans la communauté canadienne et dans son système politique. Par exemple, en 2015, 92% des immigrants arrivés au Canada dans les 10 dernières années témoignaient d’un fort sentiment d’appartenance au Canada, comparable aux 91% chez les Canadiens·nes. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les Canadiens seraient également plus ouverts à l’immigration que les Européens et les Américains, voyant ledit phénomène comme étant positif pour l’économie et contribuant au partage d’idées et de cultures.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Un bilan mitigé</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le bilan n’est cependant pas que positif. Toujours à l’image de la diversité d’opinion et de point de vue de cette conférence, certains intervenants tels que Michelle Rempel et Debra Thompson ont été beaucoup plus critiques envers cette notion «d’exceptionnalisme canadien». </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Selon Thompson, le Canada est «non-exceptionnel de façon inquiétante» lorsqu’il s’agit de racisme et d’exclusion sociale. Elle dénonce le traitement choquant des peuples autochtones par le gouvernement canadien, jusque-là très peu évoqué lors de la conférence. De même, pour Rempel, parler du fait que nous sommes «exceptionnels» serait se reposer sur nos lauriers, alors qu’il nous reste beaucoup de choses à faire. Elle critique cette image du «gentil» Canada ouvert aux réfugiés, et dénonce la manière dont le gouvernement sélectionne les réfugiés les plus «convenables», à l’image du Programme d’immigration des investisseurs qui prioritise les plus fortunés, discontinué au fédéral en 2014 mais encore en place au Québec.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Elle fait également remarquer l’hypocrisie des partis politiques canadiens, qui, lors de l’élection de 2015 ont utilisé la crise des réfugiés syriens à des fins politiques plutôt que de traiter le sujet avec compassion, humanité, et logique.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Daniel Weinstock, professeur de droit à McGill, remet les choses en perspective: être meilleur que les Marine Le Pen et les Trump de la planète est-ce vraiment être exceptionnel? S’il reste sûrement du travail à faire, une chose est certaine:<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>le Canada est engagé sur la bonne voie. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Concluons<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>avec les mots de Ratna Omdivar, sénatrice de l’Ontario: «<i>Je suis une immigrante canadienne; l’optimisme est ancrée dans mon ADN</i>».</span></p>
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		<title>Une dénonciation désinformée ?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/01/31/une-denonciation-desinformee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sabine Malisani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2017 14:11:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Eva Bartlett dénonce la couverture médiatique du conflit syrien.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">a désinformation médiatique est la nouvelle «bête noire» du moment. C’est d’ailleurs cela qu’Eva Bartlett, journaliste indépendante canadienne, a tenté de contrer lors de sa conférence sur la Syrie donnée à Montréal le 28 janvier 2017. Devant une salle attentive, majoritairement d’origine syrienne, elle fait le récit de la guerre en Syrie, selon elle mal représentée par les médias traditionnels. Ce récit, qu’elle qualifie de «<i>real truth</i>» (vérité réelle <i>ndlr</i>), se base sur ses recherches personnelles et ses entrevues avec des Syriens qu’elle a entreprises lors de ses six voyages en Syrie depuis les débuts du conflit en 2011. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Selon Bartlett, la couverture médiatique du conflit par les médias «<i>mainstream</i>» est fondée sur de fausses sources et ne reflète pas adéquatement la voix de la population syrienne. Pour elle, il ne s’agirait pas d’une guerre civile ou sectaire, mais plutôt un conflit orchestré par les grandes puissances (États-Unis, l’OTAN, etc.), en collaboration avec des groupes terroristes, dont l’ÉI. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Sa présentation portait avant tout sur les événements récents à Alep, notamment la prise de la ville par les forces pro-régime. Si la plupart des médias parlent d’événements meurtriers, de crimes contre l’humanité, et de lourdes offensives par l’armée envers la population, Bartlett, elle, parle d’une «<i>libération</i>». Ouvertement pro-Assad, elle soutient l’idée que les forces du régime ont l’appui de la population. À l’inverse, les rebelles qui occupaient une partie de la ville sont, selon elle, des terroristes décrits comme des victimes par la couverture médiatique occidentale. De même, elle célèbre l’intervention russe qu’elle considère positive pour la résolution du conflit. Il est important de noter que Bartlett a récemment fait polémique pour ses publications dans le journal <i>Russia Today</i>, un organe médiatique en partie contrôlé par le Kremlin.</span></p>
<blockquote>
<p class="p3">Les panélistes ont ouvertement montré leur hostilité envers les journalistes invités</p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1">Si l’on peut louer la prise de parole qui contredit le discours dominant, il faut néanmoins préciser le caractère partisan et populiste de la conférence. L’idée n’était pas tellement d’offrir un autre point de vue, mais plutôt de délégitimer l’angle fourni par les médias occidentaux. Ceux-ci étaient d’ailleurs particulièrement mal accueillis. À plusieurs reprises, les panélistes ont ouvertement montré leur hostilité envers les journalistes invités. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">À un mom</span>ent, plusieurs personnes se sont levées pour insulter une journaliste présente, en criant «Honte à eux !» entre autres injures. Interrogée par <i>Le Délit</i> par la suite, la concernée a affirmé n’avoir «jamais vu ça au Canada».</p>
<p class="p3"><span class="s1">Le manque de diversité d’opinion, à la fois parmi les panélistes et l’audience, a également servi à décrédibiliser cette conférence. En effet, à plusieurs reprises, la salle s’est remplie d’applaudissements suite à des propos de Bartlett louant l’intervention russe, l’armée syrienne, ou suite à des critiques envers la «soi-disant Armée syrienne libre». Le message de Bartlett perd également de sa crédibilité lorsque que celle-ci nie des faits prouvés par l’ONU et autre organismes internationaux, tels que l’utilisation d’armes chimiques par l’armée syrienne à Ghouta. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’aspect le plus problématique de son message est peut-être le fait qu’elle considère parler pour «<i>les syriens que l’on n’entend pas</i>», tout en admettant n’avoir jamais été à Alep Est. Comment peut-elle donc affirmer que les habitants d’Alep se réjouissent largement de la «libération», sans entendre les voix de ces mêmes Syriens libérés? Bartlett semble présenter beaucoup de «faits alternatifs», ce qui nous pousse à nous demander si cette condamnation de la désinformation n’est pas elle-même… désinformée.&nbsp;</span></p>
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