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	<title>Rose Langlois - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 25 Mar 2026 00:59:34 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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		<title>Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Changement]]></category>
		<category><![CDATA[Écriture inclusive]]></category>
		<category><![CDATA[langue française]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur l’usage de l’écriture inclusive.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es-2/" data-wpel-link="internal">Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En septembre 2025, le ministre Jean-François Roberge <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/modifications-a-la-politique-linguistique-de-letat-quebec-met-fin-a-la-confusion-linguistique-dans-les-communications-de-letat-66000" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a interdit les nouvelles méthodes</a> d’écriture inclusive dans les communications de l’État : on parle ici de points médians, de doublets abrégés et de néologismes. En somme, tout langage inclusif qui n’est pas déjà établi dans nos habitudes linguistiques n’a pas sa place dans le langage officiel de l’État. M. Roberge dit prôner la clarté : l’écriture inclusive serait un cafouillis apportant davantage de confusion que d’inclusion – en bref, une tactique d’écriture inutile jusque dans ses fondements. </p>



<p>Il est vrai que l’écriture inclusive demande certaines acrobaties de langage, mais elles ne sont pas impossibles. La preuve : le premier paragraphe de cet article est écrit de façon neutre. Vos yeux saignent-ils? Le problème de l’écriture inclusive n’est pas la clarté. Il est pourtant bien trop facile pour les réfractaires de se justifier par cet argument. </p>



<p><strong>L’écriture inclusive : qu’est-ce que c’est? </strong></p>



<p>L’écriture inclusive est un ensemble de techniques d’écriture qui permettent l’inclusivité, particulièrement sur le plan du genre. Parmi les techniques les plus populaires, on compte le point médian (traducteur·ice), les doublets abrégés (réviseur[-euse]), les termes épicènes (personnel infirmier) et, parfois, des néologismes comme « iel ». L’usage de ces astuces d’écriture permet de visibiliser certains groupes marginalisés ou de neutraliser le genre pour souligner l’existence d’un spectre. La binarité n’est plus de mise et, n’en déplaise à ses adeptes, le masculin générique ne suffit plus. L’écriture inclusive reflète une réalité sociale. </p>



<p><strong>Changer la langue : une question de volonté </strong></p>



<p>Dans les années 70, une vague de féminisme pousse la société québécoise à féminiser plusieurs termes, notamment les titres de fonctions. Dans un monde où les femmes accèdent enfin à des emplois qui leur étaient précédemment hors d’atteinte, il devient impossible de conserver une langue axée sur le masculin des professions. Madame le directeur, madame l’écrivain, madame le docteur… Cette façon de parler est insensée et dépassée : maintes féministes ont revendiqué une féminisation des titres qui correspondait à la nouvelle réalité du Québec. Plusieurs tentatives, certaines plus fantaisistes que d’autres, ont contribué à rendre acceptable ce nouveau langage. De nos jours, pas même Mathieu Bock-Côté ne songerait à utiliser le titre masculin pour désigner une femme dans son poste de travail. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« On a tendance à penser, en français, que tout ce qui diverge de la norme est une faute. Le fondement même d’une langue est son évolution. Pourquoi ne pas célébrer ses variations? »</p>



<p><sub>Catherine Leclerc, professeure agrégée à l’Université McGill et sociolinguiste</sub></p>
</blockquote>



<p>Mais ce changement ne s’est pas opéré de façon universelle. Pensons notamment à la France où cette féminisation des titres s’est opérée beaucoup plus tardivement : l’Académie française <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1155773/academie-francaise-feminisation-noms-metiers" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’accepte enfin en 2019,</a> ce qui confirme que son usage est plus répandu. Les titres féminisés n’étaient pas assez courants et donnaient l’impression aux femmes occupant des postes convoités et traditionnellement masculins que leur existence dans cette sphère de travail était moindre. Tout est donc une question de normalisation. </p>



<p>Le principe est le même pour l’écriture inclusive. Il s’agit d’une révolution de la langue qui nous semble inhabituelle, perturbante. Mais étrange ne veut pas dire mauvais : tout comme la féminisation des titres a pu sembler anarchique à ses débuts avant de s’assagir, il est possible d’utiliser l’écriture inclusive sans pour autant faire scandale.  Un apprentissage du fonctionnement de la langue inclusive est vital. Les réfractaires, pour se convaincre que cette écriture est signe d’une apocalypse latente, prennent toujours en exemple les textes qui font un usage abusif des méthodes inclusives. Personne ne veut lire un texte picoté de points médians ou raturé de barres obliques confuses. Mais il faut savoir que ces textes sont écrits par des gens qui ne maîtrisent pas l’écriture inclusive. </p>



<p><strong>Une rédaction qui complique la vie </strong></p>



<p>Bien qu’elle ne soit pas impossible à utiliser, l’écriture inclusive peut poser quelques défis. Arnaud Bernadet, professeur agrégé à l’Université McGill et auteur du livre <em>L’Utopie de l’écriture inclusive</em>, souligne que ces techniques inclusives « peuvent présenter un enjeu de compréhension pour un public qui ne les connaît pas. C’est alors une question de la faisabilité de la pratique ». Il faut admettre que l’écriture inclusive peut être difficile à comprendre pour ceux qui n’y sont pas souvent exposés : les tactiques demandent une certaine connaissance de la langue et quelques habiletés rédactionnelles. M. Bernadet ajoute que, bien que la pratique prenne ses origines dans la communauté queer, elle est devenue un sujet de choix chez les universitaires : « Il y a un angle mort sociologique dans cette affaire. Ceux qui pratiquent le plus cette rédaction sont l’élite, on assiste donc au développement d’une pratique élitaire. » Mais au-delà de ces considérations sociologiques, il y a la faisabilité du projet par rapport à la langue : « L’écriture inclusive, c’est une série d’expérimentations et de pratiques, mais sont-elles faisables, réalisables? Plusieurs questions d’accords morphologiques sont inévitables : quelle forme leur donner? » Le professeur déplore que la langue ait été oubliée dans le débat entourant l’écriture inclusive. « On glisse très vite sur des considérations de genre en oubliant la langue. Il faut éviter de discriminer ou d’invisibiliser les personnes non binaires ; on ne nie pas leur existence, mais, dans la langue, certaines choses ne sont pas réalisables. Il faut remettre les choses dans l’axe de la langue », souligne-t-il. </p>



<p>Est-il vraiment possible de penser l’écriture inclusive en termes purement linguistiques? Après tout, la question d’inclusivité surgit parce qu’elle s’applique à des personnes. Une langue qui tend à invisibiliser, voire à nier, l’existence d’une portion de la société n’est pas une langue représentative des sociétés qui l’utilisent. </p>



<p><strong>Parler pour exister </strong></p>



<p>Lorsque nous parlons, nous exprimons notre réalité. Sans les mots justes, nous ne pouvons pas communiquer efficacement notre expérience du monde. Catherine Leclerc, professeure agrégée à McGill et sociolinguiste, admet que la question de l’écriture inclusive est complexe : « La langue inclusive est contagieuse, mais elle est déstabilisatrice. Du point de vue grammatical, ce n’est pas une si bonne affaire, mais du point de vue humain, il y a de bons côtés. » Elle explique que, même s’il y a un fort relais de la question par le milieu universitaire, la plupart des personnes non binaires ne font pas partie de cette élite face à la langue: ces deux réalités cohabitent. Mme Leclerc ajoute qu’on ne peut pas faire de pronostics face à la langue: « La morphologie dicte certains choix et la syntaxe est difficile à changer. Mais les humains font ce qu’ils veulent et, s’ils sont assez nombreux à faire quelque chose qui ne se fait pas, ça restera. » </p>



<p>Pour ceux qui perçoivent la forme inclusive comme une erreur de langue, Mme Leclerc clarifie : « On a tendance à penser, en français, que tout ce qui diverge de la norme est une faute. On a, par exemple, beaucoup plus de difficulté à intégrer et accepter les néologismes. Il y a énormément de guides de rédaction inclusive qui existent, illustrant un véritable besoin de définir et encadrer la pratique. Le fondement même d’une langue est son évolution. Pourquoi ne pas célébrer ses variations? »</p>



<p><strong>Une langue complexe pour célébrer la complexité de l’humain </strong></p>



<p>Bien que plusieurs personnes débattent de la légitimité de l’écriture inclusive, des auteur·es usent déjà de ces méthodes pour créer des œuvres littéraires complexes. Au Québec, le milieu littéraire commence peu à peu à intégrer cette écriture à des publications. </p>



<p>Et puis, contrairement à la croyance populaire, il ne s’agit pas toujours de présenter des personnages non binaires, mais aussi de proposer une expérience de lecture englobant tout le lectorat. Chaque personne qui lit, peu importe son identité, peut se sentir incluse dans le récit. </p>



<p><em>Tricératopcanon</em>, de Marc-André Lévesque, utilise couramment des points médians. <em>Fouolles</em> de Si Poirier suit la même logique pour parler de la réalité des personnes trans. Valérie Bah, use de tactiques inclusives plus visibles dans son roman <em>Les enragé·e·s</em> : le titre sur la couverture présente une graphie qui permet de mettre de l’avant ces choix inclusifs. L’écriture inclusive serait, en général, <a href="https://www.ledevoir.com/lire/806234/langue-ecriture-inclusive-entre-fiction-quebecoise" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un souhait des auteurs</a> respecté par leurs maisons d’édition. Onze maisons d’édition sur dix-neuf interrogées par <em>Le Devoir</em> auraient déjà publié des ouvrages en langue inclusive. La traduction n’est pas en reste : les éditions Béances mettent de l’avant des textes en langage inclusif dans leur langue d’origine, souvent l’anglais. La traduction permet de <a href="https://www.beanceseditions.com/qui" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">conserver ces textes dans leur contexte d’origine</a>, ces derniers étant souvent l’œuvre de personnes de la communauté LGBTQ+. </p>



<p>Si le débat sur la légitimité du langage inclusif fait encore rage, les techniques inclusives permettent à des gens et des artistes de s’exprimer librement et de se sentir bien dans leur identité. Le langage est la clé de l’existence, une clé qui permet à chacun de verbaliser sa réalité. Il est important que la langue se façonne par elle-même, et non par les directives d’institutions comme l’OQLF (Office québécois de la langue française) ou l’Académie française : ces institutions ne servent qu’à constater et cimenter les pratiques linguistiques en usage, pas à prescrire une façon de s’exprimer. La langue évolue au fil de la société et ne pourra jamais être cantonnée aux recommandations d’une vitrine linguistique.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es-2/" data-wpel-link="internal">Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/22/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Mar 2026 20:13:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur l’usage de l’écriture inclusive.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/22/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es/" data-wpel-link="internal">Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">En septembre 2025, le ministre Jean-François Roberge a <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/modifications-a-la-politique-linguistique-de-letat-quebec-met-fin-a-la-confusion-linguistique-dans-les-communications-de-letat-66000" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">interdit les nouvelles méthodes</a> d’écriture inclusive dans les communications de l’État : on parle ici de points médians, de doublets abrégés et de néologismes. En somme, tout langage inclusif qui n’est pas déjà établi dans nos habitudes linguistiques n’a pas sa place dans le langage officiel de l’État. M. Roberge dit prôner la clarté : l’écriture inclusive serait un cafouillis apportant davantage de confusion que d’inclusion – en bref, une tactique d’écriture inutile jusque dans ses fondements.&nbsp;</p>



<p>Il est vrai que l’écriture inclusive demande certaines acrobaties de langage, mais elles ne sont pas impossibles. La preuve : le premier paragraphe de cet article est écrit de façon neutre. Vos yeux saignent-ils? Le problème de l’écriture inclusive n’est pas la clarté. Il est pourtant bien trop facile pour les réfractaires de se justifier par cet argument.&nbsp;</p>



<p><strong>L’écriture inclusive : qu’est-ce que c’est?</strong></p>



<p>L’écriture inclusive est un ensemble de techniques d’écriture qui permettent l’inclusivité, particulièrement sur le plan du genre. Parmi les techniques les plus populaires, on compte le point médian (traducteur·ice), les doublets abrégés (réviseur[-euse]), les termes épicènes (personnel infirmier) et, parfois, des néologismes comme «&nbsp;iel&nbsp;». L’usage de ces astuces d’écriture permet de visibiliser certains groupes marginalisés ou de neutraliser le genre pour souligner l’existence d’un spectre. La binarité n’est plus de mise et, n’en déplaise à ses adeptes, le masculin générique ne suffit plus. L’écriture inclusive reflète une réalité sociale.&nbsp;</p>



<p><strong>Changer la langue : une question de volonté</strong></p>



<p>Dans les années 70, une vague de féminisme pousse la société québécoise à féminiser plusieurs termes, notamment les titres de fonctions. Dans un monde où les femmes accèdent enfin à des emplois qui leur étaient précédemment hors d’atteinte, il devient impossible de conserver une langue axée sur le masculin des professions. Madame le directeur, madame l’écrivain, madame le docteur… Cette façon de parler est insensée et dépassée : maintes féministes ont revendiqué une féminisation des titres qui correspondait à la nouvelle réalité du Québec. Plusieurs tentatives, certaines plus fantaisistes que d’autres, ont contribué à rendre acceptable ce nouveau langage. De nos jours, pas même Mathieu Bock-Côté ne songerait à utiliser le titre masculin pour désigner une femme dans son poste de travail.&nbsp;</p>



<p>Mais ce changement ne s’est pas opéré de façon universelle. Pensons notamment à la France où cette féminisation des titres s’est opérée beaucoup plus tardivement&nbsp;: l’Académie française <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1155773/academie-francaise-feminisation-noms-metiers" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’accepte enfin en 2019</a>, ce qui confirme que son usage est plus répandu. Les titres féminisés n’étaient pas assez courants et donnaient l’impression aux femmes occupant des postes convoités et traditionnellement masculins que leur existence dans cette sphère de travail était moindre. Tout est donc une question de normalisation.&nbsp;</p>



<p>Le principe est le même pour l’écriture inclusive. Il s’agit d’une révolution de la langue qui nous semble inhabituelle, perturbante. Mais étrange ne veut pas dire mauvais : tout comme la féminisation des titres a pu sembler anarchique à ses débuts avant de s’assagir, il est possible d’utiliser l’écriture inclusive sans pour autant faire scandale.&nbsp;</p>



<p>Un apprentissage du fonctionnement de la langue inclusive est vital. Les réfractaires, pour se convaincre que cette écriture est signe d’une apocalypse latente, prennent toujours en exemple les textes qui font un usage abusif des méthodes inclusives. Personne ne veut lire un texte picoté de points médians ou raturé de barres obliques confuses. Mais il faut savoir que ces textes sont écrits par des gens qui ne maîtrisent pas l’écriture inclusive.&nbsp;</p>



<p><strong>Une rédaction qui complique la vie&nbsp;</strong></p>



<p>Bien qu’elle ne soit pas impossible à utiliser, l’écriture inclusive peut poser quelques défis. Arnaud Bernadet, professeur agrégé à l’Université McGill et auteur du livre <em>L’Utopie de l’écriture inclusive</em>, souligne que ces techniques inclusives «&nbsp;peuvent présenter un enjeu de compréhension pour un public qui ne les connaît pas. C’est alors une question de la faisabilité de la pratique&nbsp;». Il faut admettre que l’écriture inclusive peut être difficile à comprendre pour ceux qui n’y sont pas souvent exposés : les tactiques demandent une certaine connaissance de la langue et quelques habiletés rédactionnelles. M. Bernadet ajoute que, bien que la pratique prenne ses origines dans la communauté queer, elle est devenue un sujet de choix chez les universitaires : «&nbsp;Il y a un angle mort sociologique dans cette affaire. Ceux qui pratiquent le plus cette rédaction sont l’élite, on assiste donc au développement d’une pratique élitaire.&nbsp;» Mais au-delà de ces considérations sociologiques, il y a la faisabilité du projet par rapport à la langue : «&nbsp;L’écriture inclusive, c’est une série d’expérimentations et de pratiques, mais sont-elles faisables, réalisables? Plusieurs questions d’accords morphologiques sont inévitables : quelle forme leur donner?&nbsp;» Le professeur déplore que la langue ait été oubliée dans le débat entourant l’écriture inclusive. «&nbsp;On glisse très vite sur des considérations de genre en oubliant la langue. Il faut éviter de discriminer ou d’invisibiliser les personnes non binaires ; on ne nie pas leur existence, mais, dans la langue, certaines choses ne sont pas réalisables. Il faut remettre les choses dans l’axe de la langue&nbsp;», souligne-t-il.</p>



<p>Est-il vraiment possible de penser l’écriture inclusive en termes purement linguistiques? Après tout, la question d’inclusivité surgit parce qu’elle s’applique à des personnes. Une langue qui tend à invisibiliser, voire à nier, l’existence d’une portion de la société n’est pas une langue représentative des sociétés qui l’utilisent.&nbsp;</p>



<p><strong>Parler pour exister</strong></p>



<p>Lorsque nous parlons, nous exprimons notre réalité. Sans les mots justes, nous ne pouvons pas communiquer efficacement notre expérience du monde. Catherine Leclerc, professeure agrégée à l’Université McGill et sociolinguiste, admet que la question de l’écriture inclusive est complexe : «&nbsp;La langue inclusive est contagieuse, mais elle est déstabilisatrice. Du point de vue grammatical, ce n’est pas une si bonne affaire, mais du point de vue humain, il y a de bons côtés.&nbsp;» Elle explique que, même s’il y a un fort relais de la question par le milieu universitaire, la plupart des personnes non binaires ne font pas partie de cette élite face à la langue: ces deux réalités cohabitent. Mme Leclerc ajoute qu’on ne peut pas faire de pronostics face à la langue : «&nbsp;La morphologie dicte certains choix et la syntaxe est difficile à changer. Mais les humains font ce qu’ils veulent et, s’ils sont assez nombreux à faire quelque chose qui ne se fait pas, ça restera.&nbsp;»</p>



<p>Pour ceux qui perçoivent la forme inclusive comme une erreur de langue, Mme Leclerc clarifie&nbsp;: «&nbsp;On a tendance à penser, en français, que tout ce qui diverge de la norme est une faute. On a, par exemple, beaucoup plus de difficulté à intégrer et accepter les néologismes. Il y a énormément de guides de rédaction inclusive qui existent, illustrant un véritable besoin de définir et encadrer la pratique. Le fondement même d’une langue est son évolution. Pourquoi ne pas célébrer ses variations?&nbsp;»</p>



<p><strong>Une langue complexe pour célébrer la complexité de l’humain&nbsp;</strong></p>



<p>Bien que plusieurs personnes débattent de la légitimité de l’écriture inclusive, des auteur·es usent déjà de ces méthodes pour créer des œuvres littéraires complexes. Au Québec, le milieu littéraire commence peu à peu à intégrer cette écriture à des publications.&nbsp;</p>



<p>Et puis, contrairement à la croyance populaire, il ne s’agit pas toujours de présenter des personnages non binaires, mais aussi de proposer une expérience de lecture englobant tout le lectorat. Chaque personne qui lit, peu importe son identité, peut se sentir incluse dans le récit.&nbsp;</p>



<p><em>Tricératopcanon</em>, de Marc-André Lévesque, utilise couramment des points médians. <em>Fouolles</em> de Si Poirier suit la même logique pour parler de la réalité des personnes trans. Valérie Bah, elle, use de tactiques inclusives plus visibles dans son roman <em>Les enragé·e·s</em> : le titre sur la couverture présente une graphie intéressante qui permet de mettre de l’avant ces choix inclusifs. L’écriture inclusive serait, en général, un <a href="https://www.ledevoir.com/lire/806234/langue-ecriture-inclusive-entre-fiction-quebecoise" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">souhait des auteurs</a> respecté par leurs maisons d’édition. Onze maisons d’édition sur dix-neuf interrogées par <em>Le Devoir</em> auraient déjà publié des ouvrages en langue inclusive. La traduction n’est pas en reste : les éditions Béances mettent de l’avant des textes en langage inclusif dans leur langue d’origine, souvent l’anglais. La traduction permet de <a href="https://www.beanceseditions.com/qui" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">conserver ces textes dans leur contexte d’origine</a>, ces derniers étant souvent l’œuvre de personnes de la communauté LGBTQ+.&nbsp;</p>



<p>Si le débat sur la légitimité du langage inclusif fait encore rage, il permet à des gens et des artistes de s’exprimer librement et de se sentir bien dans leur identité. Le langage est la clé de l’existence, une clé qui permet à chacun de verbaliser sa réalité. Il est important que la langue se façonne par elle-même, et non par les directives d’institutions comme l’OQLF (Office québécois de la langue française) ou l’Académie française : ces institutions ne servent qu’à constater et cimenter les pratiques linguistiques en usage, pas à prescrire une façon de s’exprimer. La langue évolue au fil de la société et ne pourra jamais être cantonnée aux recommandations d’une vitrine linguistique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/22/dis-moi-comment-ecrire-je-te-dirai-qui-tu-es/" data-wpel-link="internal">Dis-moi comment écrire, je te dirai qui tu es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Sois belle et tais-toi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/sois-belle-et-tais-toi-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[inclusion]]></category>
		<category><![CDATA[intersectionnalité]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Petit guide pratique pour écarter les femmes du canon littéraire. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/sois-belle-et-tais-toi-2/" data-wpel-link="internal">Sois belle et tais-toi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un complexe de supériorité. C’est tout ce qu’il a fallu pour qu’un beau jour, l’homme devienne le sexe fort. Ce sexe fort auquel il faut obéir, devant lequel il faut baisser la tête. Le pouvoir masculin, en plus d’être considéré comme l’autorité suprême aux yeux de Dieu (mais quel misogyne, celui-là), se voit octroyer le droit exclusif d’écrire des chefs‑d’œuvre. La prose, les récits, les personnages de Balzac, Hugo, Tolstoï et Shakespeare ont bâti la littérature d’aujourd’hui. Nous sommes des nains perchés sur les épaules de géants, pour reprendre la métaphore de Bernard de Chartres. Heureusement pour nous, du haut de notre perchoir, nous pouvons corriger les erreurs de nos prédécesseurs.</p>



<p>Ne nous voilons pas la face, lorsqu’on songe aux grands noms de la culture avec une perspective eurocentrée, tout particulièrement en littérature ; ce sont des hommes et ils sont blancs. Et si notre esprit s’égare à tout hasard vers les femmes? Après Simone de Beauvoir, Mary Shelley et Virginia Woolf, bien des esprits sont vides. L’exercice est compliqué. Encore davantage si on s’attarde à tout ce qui précède le 19e siècle.</p>



<p>C’est la sécheresse totale dans le cerveau de bien des gens. Le vôtre, peut-être. Mais ne craignez rien, ce n’est pas de votre faute. Cette absence de figures féminines dans le canon littéraire tient à une multitude de facteurs qui se résument à l’oubli. Un oubli collectif. Un oubli volontaire.</p>



<p><strong>Un oubli qui remonte à l’Antiquité</strong></p>



<p>Les autrices féminines ont péniblement gagné leurs lettres de noblesse. Leurs œuvres ont quant à elles été rayées des cursus académiques depuis les écoles palatines de Charlemagne. Le problème ne tient pas à un manque d’autrices. En 1678, <em>La Princesse de Clèves</em> est publié anonymement par Madame de Lafayette. En 1807, Germaine de Staël publie Corinne ou l’Italie. Bien avant elles, vers l’an 120, Ban Zhao, la première historienne et écrivaine féminine chinoise, laisse sa trace. Et aux 7e et 6e siècles avant Jésus-Christ, Sappho de Mytilène, poétesse pionnière, est à l’origine du &nbsp;<a href="https://www.historia.fr/personnages-historiques/biographies/qui-etait-sappho-figure-de-lantiquite-et-pionniere-de-la-poesie-2078363" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lyrisme</a>. L’imaginaire collectif a l’audace de se souvenir d’elle seulement pour ses préférences amoureuses ô si scandaleuses. Réflexe du sexe barbare : placer la sexualité d’une femme avant l’intellect de ses écrits. Depuis des millénaires, des femmes écrivent, mais la mémoire collective les invisibilise. Si elles ont longtemps été exclues du cursus scolaire, leur travail a aussi été découragé. L’Histoire – lire ici les hommes blancs au pouvoir et l’Église – voudrait bien nous faire croire qu’aucune femme de la Renaissance n’était capable d’écrire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« L’Histoire – lire ici les hommes blancs au pouvoir et l’Église – voudrait bien nous faire croire qu’aucune femme de la Renaissance n’était capable d’écrire »</p>
</blockquote>



<p>Bien sûr, limiter l’éducation des femmes et décourager leur intérêt envers les sphères soi-disant « masculines » a considérablement contribué à priver la société d’aujourd’hui des plus grands esprits de l’époque. Malgré ces obstacles, il est nécessaire de préciser que les écrivaines prenaient quand même la plume et revendiquaient leur existence, faisant fi des volontés répugnantes de leurs comparses. Elles n’ont jamais été silencieuses. Louise Labé, Marguerite de Navarre et Pernette du Guillet ont bel et bien existé, tout autant que Christine de Pizan, Hélisenne de Crenne, Marie de France, Marie de Gournay ou Riccoboni. Sans compter celles poussées dans l’oubli, effacées et inatteignables, même pour les esprits les mieux intentionnés.</p>



<p>La société continue de voir d’un mauvais œil les publications féminines après la Renaissance. Ce n’est pas sans raison que certaines se cachent, comme Aurore Dupin, connue sous le nom George Sand, qui adopte un pseudonyme masculin. Être un homme n’est pas qu’un net avantage lors de la publication d’ouvrages, c’est la clé de la pérennisation d’une quelconque œuvre littéraire.</p>



<p><strong>Dans l’ombre des projecteurs</strong></p>



<p>Le proverbe « derrière chaque grand homme se cache une grande femme » est plus littéral qu’on aurait pu le croire. Sa formulation pourrait toutefois être améliorée : derrière chaque grand homme est cachée une femme. L’intelligence n’étant pas une qualité existant seulement chez les hommes, les femmes ont elles aussi produit des chefs-d’œuvre… sans toujours en récolter le crédit. Les femmes ne se cachaient pas toutes volontairement derrière le « talent » de leur mari sans broncher. Et c’est tant mieux.</p>



<p>Certaines femmes n’ont pas traversé l’enfer, mais ont tout de même été pénalisées. C’est le cas de Vera Nabokov, née Slonim, qui <a href="https://www.theatlantic.com/entertainment/archive/2014/04/the-legend-of-vera-nabokov-why-writers-pine-for-a-do-it-all-spouse/359747/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a abandonné sa propre carrière d’écrivaine</a> pour faire fleurir celle de son mari, Vladimir Nabokov. Bien que ce dernier l’ait remerciée avec maintes effusions de tendresse dans ses écrits, le monde a été privé de la prose de Vera Nabokov. Un sacrifice fait par maintes femmes, que l’Histoire continue de plonger dans le gouffre de l’anonymat. Gatsby le magnifique, ce classique racontant les années folles, est rédigé par F. Scott Fitzgerald. Ou plutôt, en collaboration avec Zelda Sayre Fitzgerald. Le roman serait fortement inspiré de lettres écrites par Zelda Sayre, que son mari <a href="https://theconversation.com/thanksfortyping-the-women-behind-famous-male-writers-75770" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">aurait plagiées</a>. De la même façon, William Wordsworth <a href="https://www.ripleys.com/stories/women-behind-male-writers" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a volé des descriptions</a> et des bribes de journaux intimes à sa sœur, Dorothy Wordsworth, et sa femme, Mary Wordsworth. Henry Gauthier-Villars, dit Willy, lui, usait d’une tactique plus directe : il <a href="https://archive.nytimes.com/www.nytimes.com/books/99/02/14/reviews/990214.14martint.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enfermait sa femme</a>, Sidonie-Gabrielle Colette, jusqu’à ce qu’elle produise une quantité de prose qu’il jugeait suffisante. Colette est l’une des rares à obtenir une fin heureuse : elle laissera son mari, publiera sous son propre nom de famille et connaîtra enfin la renommée qu’elle mérite.</p>



<p><strong>L’intersectionnalité : le double désavantage</strong></p>



<p>Quelques noms féminins ont été retenus par le canon littéraire : Beauvoir, Woolf, Plath et Shelley entre autres. Mais il y a encore discrimination, effacement, silence. Ces femmes entrées dans le canon littéraire sont presque exclusivement blanches. Si la place faite aux femmes dans les « classiques » est mince, celle faite aux femmes d’une minorité visible est encore plus fine… presque risible.</p>



<p>L’imaginaire collectif se plaît à imaginer que, si de telles œuvres ne sont pas immensément connues, c’est qu’elles n’existent pas ou qu’elles ne le méritent pas. Nous tombons dans le piège classique de l’invisibilisation de la femme et du principe du mérite. Le rêve américain de la littérature, cette innocence et cette volonté de croire que tous sont égaux dans la quête de l’immortalité littéraire. L’heure des désillusions a sonné : dans le canon, les hommes, blancs, nagent dans le privilège. Dans la Bibliothèque de la Pléiade, collection prestigieuse des éditions Gallimard qui recèle une certaine autorité littéraire, <a href="https://biscuitsdefortune.com/2015/09/05/la-place-des-femmes-dans-la-pleiade/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">21 ouvrages</a> sont publiés par des femmes sur un total de 546. Les femmes constituent donc seuls 3,8 % de cette collection adulée. Mais dans cette grande course à la postérité, les femmes blanches suivent les hommes de près.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Il ne devrait pas y avoir un canon littéraire inclusif. </p>



<p class="has-text-align-center">Il devrait seulement y avoir un canon littéraire »</p>
</blockquote>



<p>À la croisée du sexisme et du racisme, les femmes de minorités visibles sont tirées vers le néant. Alice Walker, une Afro-Américaine qui a reçu le prix Pulitzer pour son ouvrage La couleur pourpre en 1983 devrait entrer sans plus de questions dans le canon. Toni Morrison, une femme afro-américaine, est la première femme racisée à gagner le prix Nobel de littérature. Le prix lui est décerné en 1993, il y a à peine 33 ans. An Antane Kapesh, avec son roman Je suis une maudite Sauvagesse, fonde la littérature autochtone au Canada. Les mentions de son œuvre marquante sont maigres. Même chose pour Ann Petry : elle est la première femme noire à vendre plus d’un million de copies avec son roman La rue. Mais bien sûr, ce n’est jamais Walker, Morrison, Kapesh ou Petry que nous avons sur le bout de la langue quand il est temps de parler de grands auteurs. Le canon littéraire a longtemps exclu et continue d’exclure les femmes des minorités visibles en admettant leurs œuvres de peine et de misère.</p>



<p><strong>Un double canon</strong></p>



<p>L’autorité des prix et récompenses littéraires a beau être biaisée et comporter plusieurs défauts, elle a finalement reconnu le talent d’écrivaines de minorités visibles. Pourquoi la société ne le reconnaît-elle pas, elle aussi? Il semble y avoir un double canon : un canon blanc, « traditionnel » – j’insiste sur ces guillemets – et un canon moderne, « inclusif ».</p>



<p>Il ne devrait pas y avoir un canon littéraire inclusif. Il devrait seulement y avoir un canon littéraire. Point.</p>



<p>Bien sûr, il faut acclamer les efforts de diversification des listes de lecture, qu’elles soient personnelles ou scolaires. Il faut encourager les défis littéraires qui poussent le lectorat à découvrir des œuvres asiatiques, africaines, autochtones. Célébrer la décentralisation de l’Occident dans le canon littéraire est essentiel, mais cela ne devrait pas être considéré comme un effort surhumain méritant nos louanges.</p>



<p>En 2026, diversifier ses lectures et ouvrir ses perspectives devrait être un acquis. L’intégration des femmes, de toutes les femmes méritantes, dans le canon littéraire devrait aller de soi. Et pourtant, un vent de masculinisme souffle sur notre société, s’acharnant vainement à nous faire croire que l’excellence humaine se trouve chez ce mythique mâle alpha.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/sois-belle-et-tais-toi-2/" data-wpel-link="internal">Sois belle et tais-toi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le départ d’un favori</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/le-depart-dun-favori/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Coupe Charade de la LNI et le départ de Pier-Luc Funk.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le tournoi est prêt : sur la scène, une bande comme celle qu’on retrouve au hockey, et, de chaque côté, des bancs pour les équipes. Le soir du lundi 16 février, les Rouges et les Verts de la Ligue nationale d’improvisation – mieux connue sous le nom de LNI – s’affrontent. Le deuxième match de la Coupe Charade 2026 est lancé! </p>



<p><strong>Le match </strong></p>



<p>La sirène signale le début de la partie. Au centre de l’aire de jeu, la « patinoire », Édith Cochrane assure le rôle de l’arbitre. Elle annonce le thème et la nature de l’improvisation ainsi que sa durée. Après un bref caucus, les joueurs sautent sur la patinoire. </p>



<p>De grands noms de l’improvisation sont présents ce soir : Patrick Huard, Marie-Soleil Dion et Sophie Caron chez les Rouges, Pier-Luc Funk chez les Verts. Les joueurs sont impressionnants à regarder. D’une grande imagination, ils n’ont pas peur du ridicule et se répondent avec un incroyable sens de la repartie. Lors de l’improvisation mixte, c’est-à-dire avec des joueurs de chaque équipe, les idées se rencontrent et enrichissent la performance sans se heurter. </p>



<p><strong>Écouter pour mieux jouer </strong></p>



<p>En entrevue, Édith Cochrane me confie que l’écoute est la plus belle qualité d’un joueur d’impro : « Il faut écouter le thème, puis écouter ce que les autres disent, mais aussi être à l’écoute du monde dans lequel on vit, des gens qui nous entourent ; une écoute à 360 degrés. » François-Étienne Paré, qui célèbre ses 20 ans de jeu avec la LNI, renchérit : « Il faut être à l’écoute et jouer les situations avec importance : ce qui arrive à nos personnages est primordial et, sans ça, les situations peuvent s’essouffler rapidement. » </p>



<p>On sent l’importance de chaque événement dans la performance des improvisateurs de ce match. De la distribution de journaux de Pier-Luc Funk à la rupture amoureuse comique de Marie-Soleil Dion, en passant par Fabiola N. Aladin qui disperse les cendres de son père, ces moments sur la patinoire sont les plus importants de la vie des personnages et les joueurs y mettent du cœur. </p>



<p><strong>Une discipline qui rassemble </strong></p>



<p>À partir d’un court thème, les joueurs créent des histoires touchantes, rocambolesques, hilarantes. « Il n’y a rien de plus beau que d’arriver à créer quelque chose avec un joueur, c’est magique, m’explique l’arbitre. Je suis allée en Haïti donner des ateliers d’impro et c’est fou, on a l’impression au départ de vivre sur deux planètes, puis rapidement, on commence à jouer et on dirait qu’on s’est connus à la garderie. » </p>



<p>On perçoit cette complicité entre les joueurs qui, malgré la compétition, partagent ce moment de création. L’amitié et la bonne entente sont palpables sur la patinoire, même quand, comme la tradition l’exige, l’arbitre est huée. </p>



<p><strong>Le départ d’un favori </strong></p>



<p>Au début du match, une annonce fait réagir : Pier-Luc Funk tirera sa révérence à la fin de la saison. Une véritable vague de surprise traverse la salle. Funk est un chouchou : depuis son entrée à la LNI en 2015, où, du haut de ses 18 ans, il était le plus jeune joueur, il reçoit chaque année le prix du public. Le joueur quitte la ligue pour explorer d’autres avenues créatives. C’est avec le cœur serré que les spectateurs profitent de sa dernière saison. Un documentaire sur la carrière de Pier-Luc Funk dans la LNI est en cours de production.</p>



<p><em>Les matchs de la Coupe Charade 2026 auront lieu jusqu’au 20 avril. Les demi-finales seront le 3 mai et la finale le 11 mai. Le Match des Étoiles se tiendra le 4 mai.</em></p>
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		<title>Cent jours après les élections</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/cent-jours-apres-les-elections/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La table ronde « 100 jours après les élections de novembre 2025 ».</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 10 février dernier, au nouveau centre SANAAQ, à Montréal, s’est tenue une table ronde portant sur l’élection municipale de novembre 2025. L’événement représentait le fruit d’une collaboration entre le Centre de recherches interdisciplinaires en études montréalaises (CRIEM), la Table de quartier Peter-McGill, Élections Montréal et la Chaire de recherche du Québec sur la démocratie, le vivre-ensemble et les valeurs communes. L’événement avait pour but de comprendre le faible taux de participation du district de Peter-McGill afin de prévoir un meilleur déroulement de la prochaine élection.</p>



<p><strong>Un système électoral complexe</strong></p>



<p>La ville de Montréal est divisée en <a href="https://elections.montreal.ca/fr/districts-electoraux/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">19 arrondissements</a>, eux-mêmes composés de districts pour un total de 58 districts électoraux dans la ville. Lors des élections, chaque secteur vote pour différents postes à la mairie selon leur arrondissement : par exemple, les habitants du district de Peter-McGill votent pour le maire de la ville ainsi qu’un <a href="https://elections.montreal.ca/wp-content/uploads/2021/08/CadreElectoral-Sommaire_2021.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">conseiller de ville du district</a>. Les électeurs d’un même arrondissement, mais de districts différents auront des choix de conseiller à la ville différents, puisque les candidats ne sont pas les mêmes selon le district.</p>



<p><strong>Des tendances évocatrices</strong></p>



<p>Avec seulement <a href="https://www.electionsquebec.qc.ca/resultats-et-statistiques/resultats-election-municipale/MUN_66023/17694/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">23,2 %</a> des électeurs ayant voté, le taux de participation du district de Peter-McGill est le plus bas de la ville. Un sondage à la sortie des urnes (exit poll) a été mené auprès des électeurs afin d’obtenir des renseignements démographiques, mais aussi leur avis sur certains facteurs déterminants de l’élection. Les résultats du sondage présentés en primeur à la table ronde du 10 février sont étonnants : dans l’arrondissement de Ville-Marie, les hommes sont plus nombreux à se rendre aux urnes que les femmes (30,7 % contre 29,6 %). Cette tendance est inverse à celle de la ville, qui enregistre au vote un pourcentage de femmes plus élevé. </p>



<p>Bien que l’arrondissement ait enregistré un renouvellement de l’électorat de 30 % depuis 2021, cela n’empêche pas un recul progressif de la participation, qui passe à 30,7 % en 2025 contre 38,6 % en 2013. Cela signifie donc que, malgré un plus grand nombre d’électeurs inscrits, ces derniers ne se présentent pas nécessairement aux urnes. La table ronde tente d’établir des pistes de recherche pour comprendre ce phénomène. Les enjeux au cœur de l’élection Les sujets qui préoccupaient davantage les électeurs varient selon le groupe d’âge. Alors que les électeurs de 18 à 29 ans placent l’accès au logement en tête de liste, le groupe de 30 à 44 ans valorise plutôt le transport en commun. De façon similaire, la sécurité publique et la criminalité ne semblent pas être des sujets prioritaires pour l’électorat de 18 à 44 ans, à la différence de leurs aînés.</p>



<p><strong>Le sentiment d’appartenance: un facteur important</strong> </p>



<p>Le sondage a aussi permis d’identifier le niveau de fierté et d’appartenance des électeurs à différents niveaux de communautés : le Canada, le Québec, Montréal, l’arrondissement de Ville-Marie et leur voisinage. Les habitants du district de Peter-McGill notent une grande fierté par rapport à leur district et leur ville, mais pas pour leur arrondissement. Selon les chercheurs de la table ronde, dans un système électoral complexe basé sur le vote par arrondissement, il est possible que le faible taux de participation soit lié à cet écart d’appartenance.</p>



<p><em>Le bilan final sur les élections municipales de 2025, publié par Élections Montréal, est à paraître en juin 2026. Toutes les données portant sur les élections municipales de 2025 dans l’arrondissement Ville-Marie proviennent des experts ayant pris la parole à la table ronde du 10 février, dont les résultats<br>ne sont pas encore publiés.</em></p>



<p></p>
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		<title>Vers l’infini et plus loin encore</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/vers-linfini-et-plus-loin-encore/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Intelligence artificielle et art : quels bénéfices?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/vers-linfini-et-plus-loin-encore/" data-wpel-link="internal">Vers l’infini et plus loin encore</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Notre humanité a été enterrée à la naissance de l’intelligence artificielle. Elle était peut-être déjà morte, quelque part entre les multiples tueries et génocides, mais c’est avec l’arrivée de ChatGPT et de ses copains que nous nous sommes joyeusement saisis d’une pelle. Depuis, nous ne cessons de creuser notre tombe. Le trou s’approfondit et nous gardons les deux pieds dedans, tout sourire, au nom d’une productivité. </p>



<p><strong>L’utilisation de l’IA : une pratique de plus en plus répandue </strong></p>



<p>Plusieurs domaines utilisent l’IA pour améliorer leur productivité. Par exemple, certains médecins l’utilisent pour enregistrer leurs commentaires sur des visites de patients, ce qui permet d’alléger leur charge bureaucratique. Le professionnel de la santé peut donc passer plus de temps à traiter ses patients sans que la tenue des dossiers soit affectée. Dans ce cas, l’utilisation de l’intelligence artificielle est bénéfique et permet une véritable optimisation de la charge de travail : un monde idéal. </p>



<p><strong>Et dans le domaine des arts? </strong></p>



<p>Augmenter son efficacité est toujours perçu comme quelque chose de souhaitable. Alors, si l’intelligence artificielle le permet, pourquoi ne le ferions-nous pas</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Alors, si l’intelligence artificielle le permet, pourquoi ne le ferions-nous pas dans le domaine des arts? »</p>
</blockquote>



<p>dans le domaine des arts? Répondre à cette question nécessite de prendre en considération différents aspects de la chose, comme l’éthique de l’IA et le but de l’art. </p>



<p>Utiliser l’intelligence artificielle pour créer limite nécessairement le travail de véritables artistes et professionnels. Des artistes visuels, des traducteurs, des auteurs, des acteurs, des doubleurs perdent leur importance dans le milieu au profit de machines qui peuvent effectuer leur travail plus rapidement, sans nécessairement être meilleures. </p>



<p>Et puis, n’oublions pas que l’intelligence artificielle est aussi idéale pour économiser : pourquoi payer des professionnels pour faire un travail de qualité alors que l’IA peut cracher un résultat satisfaisant gratuitement ou à faible coût? Les logiciels produisent non seulement un produit de qualité plus faible que les experts, mais volent aussi des opportunités d’emploi à des humains qui peuvent véritablement créer avec un but artistique. </p>



<p>En tant qu’humains, créons-nous dans le but de produire une quantité toujours plus grande de dessins, de films, de livres, de chansons? Ou créons-nous pour exprimer des émotions, partager une part de notre humanité? </p>



<p><strong>Une question d’efficacité </strong></p>



<p>Tout usage d’intelligence artificielle nécessite la réalisation de ce qu’elle est : une intelligence, une source de savoir, artificielle. Si l’IA peut produire des textes en moins de temps qu’il n’en faut pour ouvrir un document Word, le produit final ne reflète pourtant pas l’expérience humaine. Avec des améliorations et de l’entraînement constant, les logiciels produiront sans aucun doute des œuvres époustouflantes capables de berner l’humain. Pourtant, en tant que consommateurs, préférons-nous vraiment la perfection à l’humanité?</p>



<p> <strong>L’intelligence artificielle dans l’édition </strong></p>



<p>Malgré tout, l’intelligence artificielle a réussi à se faufiler dans l’industrie de l’édition. Cette dernière peut effectivement bénéficier de l’IA pour créer des pages de couverture, des résumés attirants pour les quatrièmes de couverture et… des livres. </p>



<p>Depuis l’avènement de logiciels d’IA, les livres partiellement ou entièrement rédigés par ces robots conversationnels affluent. Les stratégies ne sont pas toutes les mêmes : si Coral Hart se targue d’avoir utilisé l’IA pour générer plus de 200 livres l’an dernier, Lena McDonald l’utilisait en douce et s’est fait pincer par une requête à l’IA (prompt) oubliée dans un de ses romans. </p>



<p>Les acteurs de l’industrie de l’édition, auteurs comme éditeurs, sont assez divisés sur la question : certains condamnent l’utilisation de l’IA, d’autres l’encensent et d’autres encore s’en servent dans le plus grand secret. </p>



<p><strong>Les prête-plume</strong></p>



<p>Utiliser l’intelligence artificielle pour rédiger en partie ou en totalité un livre a beau être choquant, ce n’est pas un concept révolutionnaire. Depuis longtemps, des gens obtiennent le crédit d’avoir écrit un livre sans en être l’auteur : c’est le concept des « prête-plumes » (ghostwriters). Les prête-plume sont des auteurs qui écrivent pour qu’une autre personne puisse publier le produit final sous son propre nom. Le terme original, ghostwriter, a été inventé par Christy Walsh dans les années 1920 : la pratique est donc bien loin d’être nouvelle. </p>



<p>Pourtant, si le recours aux prête-plumes est assez commun dans l’industrie littéraire, c’est une pratique cachée, et rares sont les auteurs qui admettent avoir travaillé en collaboration avec un prête-plume. Et si l’intelligence artificielle n’était qu’un autre prête-plume? </p>



<p><strong>Quelle différence entre l’IA et les prête-plume? </strong></p>



<p>Si, depuis belle lurette, certains auteurs ne rédigent pas réellement leurs livres, pourquoi l’utilisation de l’IA serait-elle controversée? Il se trouve que le recours à des prête-plumes n’a jamais été ouvertement accepté. Bien que cette pratique soit connue dans le monde littéraire, elle l’est moins du public. Il est possible de débattre de l’éthique des prête-plumes, mais ce sont tout de même des humains. Même si un auteur fait passer le travail de quelqu’un d’autre pour le sien, le lecteur obtient tout de même une perspective et un travail humain.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Une machine ne pourra jamais avoir la même compréhension de la vie et des expériences humaines qu’une vraie personne »</p>
</blockquote>



<p>Une machine ne pourra jamais avoir la même compréhension de la vie et des expériences humaines qu’une vraie personne. La véracité et l’authenticité de l’écriture sont donc remises en cause et le lectorat a l’impression d’avoir été floué en lisant les propos d’un robot qui se présente comme pouvant être sensible à la réalité. Le processus d’écriture est souvent chargé émotionnellement et vient de l’expérience personnelle de l’auteur. Les sujets les plus lourds sont rarement mis de l’avant pour cocher une case sur une liste, mais plutôt par la volonté de l’auteur d’aborder des sujets qui le touchent profondément. </p>



<p>Pour renchérir, les logiciels d’intelligence artificielle sont entraînés avec du matériel préexistant et, dans le domaine littéraire, cela signifie des livres. Nombreux sont les auteurs qui découvrent que leurs œuvres ont été utilisées, sans leur accord, pour entraîner des logiciels d’IA. Ces logiciels qui utilisent les œuvres humaines pour remplacer le travail de vraies personnes sont rarement éthiques. </p>



<p>Ce n’est pas parce que nous pouvons maintenant créer à un rythme fou que nous devons forcément le faire. L’intelligence artificielle dépend entièrement de nous pour s’améliorer et nous surpasser : il ne reste plus qu’à décider si nous souhaitons lui laisser ce pouvoir ou si nous tenons à consommer une culture humaine et authentique.</p>



<p></p>
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		<title>Le passé devant nos yeux</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/le-passe-devant-nos-yeux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[immersion]]></category>
		<category><![CDATA[musée Arsenal]]></category>
		<category><![CDATA[Notre-Dame-de-Paris]]></category>
		<category><![CDATA[réalité virtuelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59944</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur l’expérience immersive Éternelle Notre-Dame.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/le-passe-devant-nos-yeux/" data-wpel-link="internal">Le passé devant nos yeux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le casque de réalité virtuelle sur la tête, on voit se dresser devant nos yeux la cathédrale Notre-Dame de Paris, plusieurs siècles plus tôt, en 1163. Nous nous retrouvons dans la rue, accompagnés d’un guide virtuel qui nous explique la construction du monument emblématique et nous présente à l’évêque qui l’a commandé, Maurice de Sully. Le portail magnifiquement sculpté, les rosaces enjolivées de vitraux, les arches ornées de gargouilles : aucun détail du spectacle architectural éblouissant qu’est la cathédrale n’est épargné dans la présentation.</p>



<p><strong>Un voyage dans le temps</strong></p>



<p>Guidée par un ouvrier, la visite retrace l’histoire de la construction de Notre-Dame de ses débuts aux restaurations qui y sont faites après l’incendie ravageur de 2019, en passant bien sûr par les dommages de la Révolution française. Chaque étape cruciale de la construction est expliquée d’une manière compréhensible pour tous ; nul besoin d’avoir des connaissances en architecture! Le processus pour créer les vitraux, pour sculpter les pierres, pour soutenir les arches en cas de faiblesse de la structure, rien n’est négligé. Le guide nous fait même monter sur une plateforme pour admirer le travail de milliers d’ouvriers en hauteur, nous donnant une vue imprenable sur la ville surplombée d’un arc-en-ciel magnifique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Ce n’est donc pas seulement une visite de la cathédrale actuelle, mais aussi de son évolution au fil des ans. Une immersion unique, impossible à vivre ailleurs »</p>
</blockquote>



<p><strong>Une visite complète du monument </strong></p>



<p>Chaque aspect remarquable de la cathédrale est exploré, y compris les couloirs, le jubé, autrefois délimité par une clôture dorée, les tours abritant les cloches emblématiques et le toit offrant une vue imprenable sur la flèche de l’édifice. La visite décrit aussi les modifications apportées au fil des années à des fins de restauration ou d’amélioration. Ce n’est donc pas seulement une visite de la cathédrale actuelle, mais aussi de son évolution au fil des ans. Une immersion unique, impossible à vivre ailleurs. Les images sont si réalistes qu’on s’y méprend!</p>



<p><strong>Une expérience accessible à tous</strong></p>



<p>À l’arrivée au musée Arsenal art contemporain, où est présentée l’exposition, une version adaptée aux personnes en fauteuil roulant est disponible. Des bâtons de marche sont également mis à disposition pour les personnes désirant un contact rassurant avec le sol, ce qui peut s’avérer utile lorsque le parcours présente des escaliers ou des plateformes se soulevant. Le casque de réalité virtuelle est confortable, même lors du port de lunettes de vue. Il est à noter que l’expérience n’est pas recommandée aux gens souffrant d’épilepsie. Un tutoriel est présenté au début de la visite pour des raisons de sécurité. Les autres personnes et les murs sont représentés dans le casque et permettent d’éviter les collisions.</p>



<p><em>L’expérience de réalité virtuelle Éternelle Notre-Dame est présentée au musée Arsenal art contemporain jusqu’en mars.</em></p>
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		<title>Un cri du cœur du Boss</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/un-cri-du-coeur-du-boss/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Bruce Springsteen]]></category>
		<category><![CDATA[engagement]]></category>
		<category><![CDATA[ICE]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59949</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur la chanson Streets of Minneapolis de Bruce Springsteen.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le chanteur et guitariste américain Bruce Springsteen secoue l’industrie de la musique et s’attire les foudres de l’administration Trump avec sa chanson « <em>Streets of Minneapolis</em> » sortie le 28 janvier dernier. En seulement quatre jours, l’artiste a écrit, enregistré et diffusé sa chanson : un travail extrêmement rapide dont les paroles vont droit au cœur de l’auditeur. Deux jours après sa sortie, « <em>Streets of Minneapolis</em> » est jouée par Springsteen lors d’un concert de charité en solidarité avec le Minnesota, initiative de <a href="https://www.everettpost.com/music/rock/bruce-springsteen-performs-streets-of-minneapolis-at-tom-morellos-minneapolis-concert-protesting-ice/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Tom Morello</a>, guitariste du groupe Rage Against the Machine. Ce geste s’inscrit dans le courant de son dernier microalbum, <em>Land of Hope and Dreams</em>, qui qualifie l’administration Trump de « <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2224234/bruce-springsteen-minneapolis-chansons-protestation-ice" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">corrompue, incompétente et traîtresse</a> ».</p>



<p><br><strong>Une œuvre politique</strong></p>



<p>Cette chanson militante n’est pas une première pour l’auteur-compositeur-interprète, qui a l’habitude de s’attaquer à des <a href="https://www.victrola.com/blogs/articles/bruce-springsteens-impact" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sujets politiques</a> et tabous dans son art. Que ce soit avec « <em>Born in the U.S.A.</em> », qui dénonce les difficultés auxquelles font face les vétérans, « <em>Streets of Philadelphia</em> » sur la crise du sida, ou encore son album <em>Born to Run</em>, qui fait état de la dépression du chanteur, ce dernier ne mâche jamais ses mots par peur de mettre le feu aux poudres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>&nbsp;C’est une promesse de continuer à se battre contre la brutalité et les violations des droits humains jusqu’à ce que chacun et chacune soit libre »</p>
</blockquote>



<p><br><strong>Minneapolis : le théâtre d’horreurs</strong></p>



<p>Depuis le début de l’année, la ville de Minneapolis est le théâtre de nombreux mouvements de contestation, les citoyens protestant contre les actions abusives de la police de l’immigration (ICE). C’est cette lutte pour la liberté que Springsteen raconte dans sa nouvelle chanson. Il rend également <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2224234/bruce-springsteen-minneapolis-chansons-protestation-ice" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hommage aux victimes innocentes</a> : Renee Good, Alex Pretti et les immigrants injustement ciblés, ainsi qu’aux habitants de Minneapolis. Le chanteur reprend ce que le peuple scande depuis des semaines, « <em>ICE out now</em> » (« <em>ICE dehors </em>», tdlr), et l’intègre à la mélodie, le pouvoir des voix réunies en arrière-plan donnant des frissons. La mélodie, forte en acoustique et sans fioritures dans le style emblématique de Springsteen, laisse place à la force des paroles. Ces dernières prônent la solidarité et l’unité devant le chaos qui secoue la ville du Mid-west. C’est une promesse de continuer à se battre contre la brutalité et les violations des droits humains jusqu’à ce que chacun et chacune soit libre.</p>



<p><br><strong>Dénoncer l’injustice</strong></p>



<p>« <em>King Trump’s private army from the DHS / Guns belted to their coats / Came to Minneapolis to enforce the law / Or so their story goes</em> » (<em>L’armée privée du DHS</em> (département de la Sécurité intérieure, ndlr) <em>du roi Trump / Avec des fusils à la ceinture de leurs manteaux / Sont venus à Minneapolis pour faire respecter la loi / Ou du moins c’est ce qu’ils disent</em>) chante Springsteen. Le musicien refuse d’accepter une version officielle des faits, déformée par le gouvernement et les paroles percutantes demandent la liberté de la ville ainsi que le départ immédiat de l’ICE. Le chanteur dénonce la situation dangereuse pour les personnes de couleur et le non-respect des droits des Américains. La chanson se termine sur la promesse de ne pas oublier les vies qui ont été prises injustement. Tout comme dans la chanson de Springsteen, le slogan « <em>ICE out</em> », chanté en chœur, continuera de retentir dans les rues de Minneapolis.</p>
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		<title>Conjuguer sa vie au passé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/conjuguer-sa-vie-au-passe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59764</guid>

					<description><![CDATA[<p>Critique de la pièce <em/>Boîte noire</em>, présentée au Théâtre Jean-Duceppe.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La Boîte, imposante et inquiétante, trône au milieu de la scène. Un projecteur s’allume. Éliza Williams, femme d’affaires, s’avance pour donner son discours. La pièce <em>Boîte noire</em> débute.</p>



<p><strong>La beauté de la Boîte</strong></p>



<p>En entrant dans la salle, le premier élément qui attire l’œil du spectateur est la boîte géante qui sépare la scène en deux : une partie supérieure et une partie inférieure. L’intrigue de la pièce est elle-même scindée en deux trames narratives qui cohabitent. D’une part, Éliza et David, cofondateurs d’Essor, présentent leur nouvelle invention : la Boîte, une technologie qui permet à chacun d’obtenir la vie de ses rêves en prévenant les comportements nocifs. D’autre part, Andrés, Tendaji et Laïla, des réfugiés, traitent des données toute la journée pour un salaire de misère afin d’entraîner l’IA à l’origine de la Boîte. Les deux trames narratives ont lieu en parallèle, jusqu’à ce qu’un accident sur vienne et entremêle la destinée de tous les personnages.</p>



<p>Si le personnage d’Éliza, joué par Catherine-Anne Toupin, privilégie la prospérité et les investissements, son frère David, interprété par Vincent-Guillaume Otis, se préoccupe plutôt des enjeux éthiques : peut-on réellement mettre en vente un produit censé améliorer la vie des gens s’il y a des risques mortels pour les consommateurs? La discorde éclate entre les génies de la technologie et se propage, plus bas sur la scène, aux réfugiés employés par la firme. Comment améliorer sa situation lorsque les autorités profitent de l’exploitation des plus faibles? À une époque où nos voisins du Sud connaissent des moments houleux avec ICE, les mots du personnage de Laïla lorsque les agents frontaliers s’en prennent à elle sans raison résonnent: « Le camp, c’est une prison. Je veux une vie à moi. » Les enjeux mis en scène dans la pièce sont on ne peut plus actuels.</p>



<p><strong>Bienvenue au pays des possibilités</strong></p>



<p>Ce que promet la Boîte, c’est une vie meilleure, un moyen simple et rapide d’atteindre la version de soi idéale. Mais dans une société qui en demande toujours plus, est-il réellement souhaitable d’atteindre la perfection? L’obsession pour cette dernière tue notre société à petit feu. Les exigences et l’intolérance au bonheur de la société pour rissent la vie des individus et empêchent chacun de faire son cheminement personnel. La Boîte ne fait qu’empirer les traumatismes que les individus ressassent. Catherine-Anne Toupin, créatrice de la pièce, dénonce clairement ce besoin déraisonnable pour la perfection ainsi que les abus des multinationales qui, sans que nous nous en rendions compte, s’emparent de nos vies. « C’est devenu une obsession », confie une utilisatrice de <em>la Boîte</em>. Nous devenons des spectateurs de notre propre existence, incapables d’agir sans l’influence des plus riches et des plus puissants qui contrôlent notre consommation et nos habitudes. La pièce dénonce à cor et à cri les abus des autorités, qu’il s’agisse des entreprises ou des gouvernements, qui considèrent les plus vulnérables de notre société comme du bétail, bon seulement à enrichir les plus forts.</p>



<p><em>Boîte noire</em> est une pièce coup de poing. À plusieurs reprises, mes yeux se sont remplis de larmes et je me suis sentie impuissante face aux horreurs de l’humanité. Le futur qui se présente devant nous n’est pas reluisant, et cette pièce de théâtre déborde de son cadre divertissant pour nous secouer au fond de notre âme. C’est à nous de conserver l’humanité de notre monde. <em>Boîte noire</em> est une pièce de 1h35 sans entracte qui aborde des sujets sensibles, dont le suicide. Elle sera présentée jusqu’au 22 février 2026 au <em>Théâtre Jean-Duceppe</em>.</p>
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		<title>Mon français, vrai français</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/21/mon-francais-vrai-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[accent]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[langue]]></category>
		<category><![CDATA[linguistique]]></category>
		<category><![CDATA[québécois]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59675</guid>

					<description><![CDATA[<p>La suprématie des accents.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Tout le monde a un accent. La manière dont nous prononçons les mots, les expressions que nous employons, sont des héritages de notre milieu. Notre façon de parler est une marque de notre appartenance à un groupe, un signe de notre identité. L’humain est un être social qui adore se retrouver parmi ses pairs. Pensez‑y : quel Québécois ne sourirait pas en entendant un « enweille » en vacances en Floride? C’est comme se retrouver chez soi.</p>



<p><strong>Un choix subconscient</strong></p>



<p>Catherine Leclerc, sociolinguiste et professeure agrégée au Département de langue et littérature françaises à McGill, explique que l’on ne décide pas de notre accent, mais qu’il s’agit plutôt du résultat du milieu dans lequel nous évoluons. « Le pouvoir de décision n’est pas si grand. Les gens peuvent essayer “d’attraper” un accent, pour avoir accès à des ressources sociales, par exemple, mais globalement, l’accent se trouve en-deçà du processus décisionnel », précise-t-elle. La façon dont nous parlons est donc un reflet direct du milieu dans lequel nous avons appris la langue.</p>



<p><strong>Nettoyer son accent</strong></p>



<p>Qui dit accent, dit aussi jugement esthétique : certaines prononciationser peuventsemblerétranges aux oreilles d’une personne qui n’y est pas habituée. En français, cette perception se traduit souvent par une hiérarchisation des accents. Un parler québécois traditionnel ou encore acadien est souvent jugé moins distingué qu’un accent français. « On a tendance en français, parce qu’on est issus d’une langue écrite, à noter les écarts à la norme dans un accent. Mais en vérité, les langues ne sont pas prononcées comme elles sont écrites. On parle la langue qu’on entend, » ajoute la professeure Leclerc.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center"><strong>« </strong>Ce que l’accent nous apprend, c’est le fonctionnement des langues par-delà la standardisation »<br><sup>Catherine Leclerc, sociolinguiste et professeure agrégée à McGill</sup></p>
</blockquote>



<p>En général, la francophonie s’entend pour dire que les Français ont la « meilleure » façon de parler et les instances médiatiques ne le nient pas : rares sont les doublages en québécois! Ces derniers sont faits en français dit « international », donc, ni avec un accent québécois, ni avec un accent parisien, mais force est d’admettre que cet accent considéré « neutre » est beaucoup plus près de la France. Il en va de même pour tout le contenu international présenté en français : on n’entendra pratiquement jamais un accent franco-ontarien pour ces diffusions.</p>



<p>Même au sein de notre belle province, les accents se classent selon une échelle d’élégance : les nouvelles sont lues dans un registre de langue plus élevé où les accents typiquement québécois sont méticuleusement nettoyés, car qui prendrait au sérieux la journaliste qui prononce ses « a » presque comme des « o »? Selon la professeure Leclerc, l’accent est porteur d’un « fardeau social. Il y a des traits distinctifs de l’accent québécois qui sont évidents et que nous pouvons atténuer, effacer, lorsque nous parlons avec des personnes européennes, par exemple ».</p>



<p><strong>L’accent parfait</strong></p>



<p>Et si l’on parlait exactement comme on écrit? Si chaque lettre, chaque son, était prononcé conformément à l’orthographe, sans syncope de la pénultième atone, sans diphtongues jugées fautives afin d’atteindre un français sans erreurs, sans accent, un français parfait? « On peut avoir des préférences esthétiques, mais ça n’a rien à voir avec ce qui est juste ou pas, clarifie la professeure Leclerc. Ce que l’accent nous apprend, c’est le fonctionnement des langues par-delà la standardisation.» Il n’y a donc pas de« meilleures » façons de parler ni d’accent plus « correct » qu’un autre.</p>



<p>«Par contre, les différences dans les façons de parler sont connotées socialement, ajoute la sociolinguiste. Le processus d’instruction fait aussi qu’on évolue dans notre façon de parler quand on gagne en éducation. En général, plus on est instruits, plus on a accès à des positions élevées dans l’échelle sociale, mais on parle différemment, alors l’instruction “s’entend”. » Mme Leclerc reconnaît que des façons de parler plus normatives sont généralement associées à plus de compétences, voire plus d’intelligence. « Ce n’est pas vrai dans l’absolu, mais vrai en pratique, dans la mesure où, lorsqu’on maîtrise le code, on a accès à différentes ressources que l’on n’a pas en ne maîtrisant pas le code. Il faut donc, en quelque sorte, parler le “bon” accent pour accéder à certains lieux. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center"><strong>« </strong>La façon dont nous parlons est donc un reflet direct du milieu dans lequel nous avons appris la langue »</p>
</blockquote>



<p>Aux accents s’ajoute un autre phénomène : le <em>code switching</em>, ou l’alternance codique. Il s’agit d’un processus où nous adaptons notre langue au milieu où nous sommes. Personne ne parle à ses parents de la même façon qu’il parle à ses amis ou dans le cadre du milieu professionnel. La sociolinguiste explique que l’alternance codique est parfois perçue « comme un écart par rapport à des normes, mais, en vérité, il y a autant de langues que de groupes d’amis. Dans chaque situation sociale, nous allons puiser dans les ressources que nous jugeons être les plus appropriées. » Lorsque nous ne sentons pas que nous avons un langage approprié pour une situation, nous vivons ce que les linguistes appellent de « l’insécurité linguistique ».</p>



<p><strong>Montréal, les médias et le multiculturalisme</strong></p>



<p>Un matin, je suis tombée sur une vidéo Instagram de Scot with one T (@scot.with.one.t), un créateur de contenu montréalais. « Un de mes plus gros problèmes avec la télévision québécoise, c’est le manque de représentation des accents montréalais, dit Scot pour amorcer sa vidéo. Je veux voir des Italiens, des Grecs, des Algériens parler comme ils parlent d’habitude. Je sais que beaucoup d’entre vous considérez pas [sic] mon accent comme un accent québécois, mais mon accent existe seulement au Québec. »</p>



<p>Ses propos frappent dans le mille. En effet, les accents montréalais obtiennent très peu de représentation dans les séries télévisées ou les films québécois. En entrevue, il me confie que le problème n’est pas dans la mise en scène de personnages issus de la diversité culturelle: il est dans la façon dont ils parlent. « L’accent devrait avoir du sens. Si un personnage noir qui vient de Montréal-Nord parle en joual, ça ne fonctionne pas : il y a pratiquement personne qui parle comme ça dans ce coin-là de la ville. »</p>



<p>Cet enjeu passe autant par la production des médias que par la façon dont on envisage les accents au sein de la société québécoise. Il n’est pas toujours nécessaire qu’un personnage parle avec un accent québécois « de souche » : les acteurs pourraient simplement parler avec leur accent de tous les jours pour améliorer la représentation. « Je suppose que beaucoup d’acteurs sentent le besoin de changer leur accent pour passer à la télévision québécoise et je crois que c’est le problème : je ne pense pas que dans tous les cas tu devrais forcer un accent qui n’est pas le tien. Je pense qu’il pourrait y avoir un effort de la part des acteurs, mais aussi de l’équipe de <em>casting</em>, parce que si tu as un accent qui sort du lot, je comprends pourquoi tu voudrais forcer un certain accent. »</p>



<p>Mais si on incorpore des accents différents, le contenu sera-t-il plus difficile à comprendre? Certains le prétendent. Pourtant, ce n’est pas plus dérangeant que les acteurs britanniques qui conservent leur accent dans les productions américaines : si les différences de prononciation décoiffent d’abord, nous finissions par nous y habituer. « On revient à cette question : qu’est-ce qu’on veut faire avec la télé québécoise? » demande Scot. La question se pose. Est-il plus important que notre divertissement et, plus largement, nos médias, en général, soient faciles à comprendre? Ou souhaitons-nous les rendre représentatifs de la société dans laquelle nous vivons?</p>
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		<item>
		<title>La chute de l’empire culturel</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/14/la-chute-de-lempire-culturel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[désintérêt]]></category>
		<category><![CDATA[générations]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59538</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’apparent désintérêt des jeunes pour la culture.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Chaque année, la scène culturelle voit naître de nouvelles œuvres qui battent des records de popularité. Certaines ont un tel succès qu’elles perdurent à travers le temps et se taillent une place parmi les classiques. Films, séries télévisées, livres et pièces de théâtre connaissent une incroyable popularité, tout comme leurs créateurs et leurs interprètes. Le rayonnement de la culture est parfois si fort qu’il devient un phénomène international. Il suffit de penser à la popularité fulgurante de la K‑pop ou, en termes d’icônes québécoises, à Céline Dion. </p>



<p>La culture est donc d’une universalité apparente, ce qui crée des référents communs pour plusieurs groupes. Pourtant, il n’est pas rare d’entendre les générations précédentes s’exclamer que les jeunes d’aujourd’hui ne s’intéressent pas à celle-ci. Mais l’intérêt pour la culture est-il réellement en déclin? </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Les générations consommant moins ce type de musique et de média n’ont pas ces références, et le fossé culturel se creuse entre les générations »</p>
</blockquote>



<p><strong>Des référents différents </strong></p>



<p>Si certaines icônes sont intemporelles, d’autres laissent place à de nouveaux noms avec le temps. Les baby-boomers n’ont pas exactement les mêmes référents culturels que les millénariaux, et encore moins que la génération Z. Chaque génération voit naître son étoile montante, le nouveau nom incontournable de la scène culturelle. Si Guylaine Tremblay et Ginette Reno ont marqué les esprits des petits et des grands au Québec, elles ne sont pas les premiers noms qui viennent en tête aux générations plus jeunes, qui pensent plutôt à Marc Dupré, Sarah-Jeanne Labrosse, Cœur de pirate ou à Karl Tremblay, par exemple.</p>



<p>Certains médias sont aussi davantage consommés par certains groupes. Le rap, par exemple, est un style dont l’auditoire a majoritairement entre <a href="https://headphonesaddict.com/rap-and-hip-hop-statistics/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">16 et 24 ans</a>. Cette préférence musicale largement partagée par une même tranche d’âge crée des référents culturels. Il n’y a qu’à songer à la querelle entre Drake et Kendrick Lamar ou encore à des rappeurs populaires comme Travis Scott, Cardi B, Central Cee et Damso. Les générations consommant moins ce type de musique et de média n’ont pas ces références, et le fossé culturel se creuse entre les générations. </p>



<p><strong>Internet : une source de culture infinie </strong></p>



<p>L’accès à l’Internet et aux réseaux sociaux transforme le paysage culturel. Ce dernier n’est plus limité aux formes traditionnelles, comme le théâtre, la littérature, la musique et la télévision : il contient maintenant une foule de contenus multimédias impressionnants. Les <em>memes</em> créent une culture à eux seuls. En ouvrant les commentaires d’une vidéo Tik Tok, impossible de tout comprendre sans connaître les références de certains <em>memes</em>, qui deviennent des façons de réagir au contenu présenté.</p>



<p>À cela s’ajoute la variété de contenu à laquelle sont exposés les utilisateurs. Des œuvres comme des livres ou des films et séries télévisées deviennent virales, peu importe leur provenance. Il suffit de songer à <em>Heated Rivalry</em>, la série record de l’heure au Canada. Il s’agit de la série la plus regardée de l’histoire de <a href="https://variety.com/2025/tv/news/heated-rivalry-hbo-biggest-tv-show-surprise-hit-1236614905/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Crave</a>, la plateforme d’origine. Du contenu dérivé de la série déferle sur Internet, ce qui encourage les utilisateurs à la visionner. Toutefois, sans les réseaux sociaux ou un abonnement à Crave, elle peut passer sous le radar de certains téléspectateurs. Le contenu viral sur Internet est également très international grâce aux utilisateurs venant du monde entier.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2000" height="1450" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/culture14V2-2000x1450.jpeg" alt class="wp-image-59541" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/culture14V2-2000x1450.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/culture14V2-650x471.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/culture14V2-150x109.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/culture14V2-768x557.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/culture14V2-1536x1113.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/01/culture14V2-2048x1485.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit">Félix Fournier</span></figcaption></figure>



<p><strong>Un problème de représentation </strong></p>



<p>Entouré par des influences anglophones, le Québec tient à son identité distincte. La scène culturelle est un excellent moyen d’encourager l’identité locale en consommant des médias locaux. Or, la génération Z et celles qui la suivent montrent un intérêt diminué pour la culture québécoise. Ce désintérêt est-il la conséquence d’une identification plus difficile aux médias présentés? <em>Le Délit</em> a sondé ses lecteurs sur son compte Instagram en leur demandant s’ils se sentaient représentés par la culture québécoise. Les résultats sont sans équivoque : c’est un non. Seulement 26% des gens ayant participé au sondage ont répondu par l’affirmative, alors que 74% ont répondu par la négative. Toutefois, <em>Le Délit</em> regroupe des lecteurs intéressés par l’actualité et la culture, ce qui peut influencer les résultats.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Il est facile de blâmer les générations plus jeunes pour leur manque d’intérêt envers la culture sans chercher à comprendre cet apparent désintérêt »</p>
</blockquote>



<p>Cela dit, il est vrai que le canon culturel québécois a souvent manqué de diversité. Le Québec d’aujourd’hui étant plus diversifié qu’avant, il est possible que certaines personnes ne se sentent ni représentées ni comprises par les médias. Si les spectateurs ne peuvent pas s’identifier aux personnages qu’ils voient à l’écran, ils n’auront pas nécessairement envie de les regarder. Les œuvres culturelles se doivent de représenter la société telle qu’elle est, en présentant des problématiques réelles et des personnages auxquels les spectateurs peuvent s’identifier. Or, certains sujets sont mal dépeints ou tout simplement mis aux oubliettes. </p>



<p><em>Le Délit</em> a demandé à certaines personnes ayant répondu au sondage des précisions sur leur réponse à la négative. Il s’avère que la représentation de l’appartenance ethnique, l’orientation sexuelle, l’identité de genre et la santé mentale est lacunaire dans les médias. Ces éléments empêchent les individus de s’identifier pleinement aux personnages, qui vivent une réalité tout autre que la leur. Si les œuvres culturelles du Québec intègrent davantage de représentation multiculturelle, il est rare que le quotidien de personnages immigrants en pleine intégration soit représenté, avec tous les défis que l’arrivée dans un nouveau pays suppose. La représentation est également parfois stéréotypée ou dramatisée pour les besoins de l’intrigue. Par exemple, du côté de la santé mentale, l’émission STAT met en scène un médecin bipolaire victime d’une psychose le menant à tuer l’un de ses collègues. Bien qu’il s’agisse d’une situation possible, la plupart des personnes ayant un trouble bipolaire ne commettent pas de crimes violents. La violence, chez les personnes bipolaires, est souvent l’œuvre de comorbidités, comme l’<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20819987/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">abus de substances</a>. Toutefois, cette distinction n’est pas précisée dans l’émission et peut contribuer à véhiculer certaines croyances néfastes pour les personnes souffrant d’enjeux de santé mentale.</p>



<p>Il est facile de blâmer les générations plus jeunes pour leur manque d’intérêt envers la culture sans chercher à comprendre cet apparent désintérêt. Les moyens de transmission de la culture sont différents de génération en génération et chacun forge un répertoire culturel à son image. La société évolue et ce changement se doit d’être reflété dans la scène culturelle. Sans cela, le déclin de la culture est assuré : chacun mérite de se sentir représenté et compris par les œuvres qui l’entourent.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/14/la-chute-de-lempire-culturel/" data-wpel-link="internal">La chute de l’empire culturel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Changer le rap queb un album à la fois</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/14/changer-le-rap-queb-un-album-a-la-fois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Douze sur douze]]></category>
		<category><![CDATA[Loud]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel album]]></category>
		<category><![CDATA[rap québécois]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59543</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur le nouvel album de Loud.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">A près trois ans à parcourir la francophonie en concerts et festivals, le rappeur québécois Loud revient en force avec un quatrième album : <em>Douze sur douze</em>, sorti le 12 décembre dernier. « On repart la machine, on prépare un classique », dit-il dans la chanson <em>Splash</em>, issue de son nouvel album. </p>



<p><strong>Un style reconnaissable </strong></p>



<p>En 2017, la chanson <em>Toutes les femmes savent danser</em>, tirée de son album <em>Une année record</em>, joue en boucle à la radio, et la popularité de Loud explose. Les albums <em>Tout ça pour ça</em> (2019) et <em>Aucune promesse </em>(2022) suivent et ne font que réaffirmer son statut d’icône du rap québécois. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Son nouvel album Douze sur douze est étonnant : jeux de sonorité, features surprenants, paroles recherchées, tout est au rendez-vous pour créer un album mémorable »</p>
</blockquote>



<p>Son nouvel album <em>Douze sur douze </em>est étonnant : jeux de sonorité, <em>features</em> surprenants, paroles recherchées, tout est au rendez-vous pour créer un album mémorable. La liste de lecture s’ouvre avec <em>1/12</em>, une courte chanson d’introduction à l’album et une réflexion sur sa montée en popularité dans les dernières années. La dernière chanson, <em>13/12</em>, remplit la même fonction : un remerciement à ses proches pour les encouragements et le soutien. Ce type de chanson est devenu une habitude chez le rappeur, qui dédie bien souvent une chanson à ceux qui rendent son succès possible, tant ses producteurs que son auditoire.</p>



<p><strong> Collaborations étonnantes </strong></p>



<p>Quatre chansons sur les treize qui composent la parution contiennent des <em>features</em>, une pratique qui consiste à inviter un artiste à participer à la chanson ou à incorporer certains extraits d’autres chansons. Salomé Leclerc, Ariane Moffatt, Statzz et Connaisseur Ticaso sont tous réunis dans cet album. La présence de ces artistes peut paraître étonnante : à l’exception de Connaisseur Ticaso, ils ne font pas de rap. Pourtant, les styles musicaux s’allient bien dans les différentes chansons et rappellent le caractère de l’album, empreint de la vantardise caractéristique du rap, mais aussi de vulnérabilité. </p>



<p><strong>Un album vulnérable </strong></p>



<p>Dans son nouvel album, Loud ouvre son cœur, tout particulièrement dans deux chansons : <em>Entre nous</em>, avec Salomé Leclerc, et <em>Quelque chose</em>. La première chanson, faisant état d’une rupture amoureuse douloureuse, est lourde d’émotions avec ses paroles poignantes : « Mais j’suis pas prêt à <em>quit</em>, quitte à prendre le blâme / On mérite une dernière danse avant d’rendre l’âme. » Le tout est appuyé par une mélodie lente et minimaliste qui laisse la place à la solitude communiquée par les paroles. Dans la deuxième chanson, le rappeur s’ouvre sur sa relation avec l’actrice Catherine Saint-Laurent, jusqu’ici gardée plutôt secrète. Le vidéoclip compile les moments entre le rappeur et sa partenaire, des images prises sur le vif. Loud continue de faire des jeux de mots dans ses paroles, un des traits distinctifs de sa musique : « Pas d’partage ni de parenthèse / Si on est partenaire, c’est à part entière / On manquera jamais d’essence si on part ensemble / Y a rien de passager à part ton siège, <em>let’s ride</em>. » </p>



<p><em>Douze sur douze</em> ne déçoit pas les admirateurs qui attendaient une nouvelle sortie : Loud renouvelle son style et montre sa vulnérabilité en gardant les éléments distinctifs qui le rendent unique. Un album rempli de surprises, en collaboration avec des artistes aux genres divers qui viennent enrichir la sonorité. </p>



<p><em>Loud amorce sa tournée de concerts à travers le Québec pour Douze sur douze le 30 janvier 2026.</em></p>



<p></p>
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		<title>L’art de raconter</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/lart-de-raconter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Mathieu Bélisle]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[salon du livre]]></category>
		<category><![CDATA[Yasmina Khadra]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59436</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur le Salon du livre de Montréal.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le Salon du livre de Montréal est le plus grand événement littéraire francophone du continent américain. Chaque année, ce véritable paradis pour les lecteurs rassemble des auteurs et des maisons d’édition de divers genres littéraires. Le Salon plaît aux petits comme aux grands, avec ses contes lus sous une tente et ses conférences sur plusieurs enjeux d’actualité littéraire. Des aires de lecture, meublées de fauteuils, permettent aux visiteurs de prendre une pause des activités et des files de dédicaces pour se plonger dans leurs nouveaux achats livresques. La thématique du Salon pour l’édition 2025 était le « (Ré)enchantement », visant à explorer comment les mots et l’art de raconter peuvent façonner notre vision du monde et redonner espoir en des temps incertains, et permettant à tous de retrouver l’enchantement de la lecture. </p>



<p><strong>Le bonheur des choses simples </strong></p>



<p>Ce samedi matin, deux auteurs se retrouvent à l’Agora, l’endroit qui accueille les conférences. Rodney Saint-Éloi, poète et écrivain fondateur de la maison d’édition Mémoire d’encrier, s’entretient avec Mathieu Bélisle, essayiste, éditeur et professeur de littérature au Collège Jean-de-Brébeuf. Tous deux ont publié cette année un livre sur l’espoir : Saint-Éloi avec <em>Fais du feu</em>, un recueil de poésie, et Bélisle avec l’essai <em>Une brève histoire de l’espoir</em>.</p>



<p>« C’est si simple, les choses simples », cite Mathieu Bélisle, le recueil de poésie de Rodney Saint-Éloi sous les yeux. Mais de quoi parle-t-on, lorsqu’on fait allusion aux « choses simples »? Les deux auteurs s’attaquent à cette question, d’apparence anodine, mais pourtant si complexe. Le chant des oiseaux, le bruit d’un ruisseau, la chaleur du soleil sur notre peau… Pourtant, ce n’est pas tout. Il y a les arbres, la terre. Le feu, celui qui nous permet de faire du thé ou du café chaque matin, mais aussi le feu qui brûle en nous, le feu de la passion, de l’amour de la vie, le feu de l’espoir. Cette confiance que nous avons envers les choses qui nous semblent acquises : l’eau, la nourriture, un lendemain. Rodney Saint-Éloi se rappelle ceux qui, dans son Haïti natal, pouvaient marcher jusqu’à sept kilomètres pour un peu d’eau. « Aujourd’hui, on nous a appris à gérer la surabondance ». Le poète déplore le manque d’appréciation pour les petites choses de la vie. Il s’agit, selon lui, de la clé du bonheur : « Dans ma cosmogonie, dans ma culture, il y a toujours deux côtés. Un décès amène une naissance. C’est notre tâche en tant qu’individu de reconstruire ce qui est mort. » </p>



<p><strong>L’espoir pour retrouver l’enchantement </strong></p>



<p>Mathieu Bélisle renchérit que nous sommes forts d’espoir personnel, individuel, mais pauvres en espoir collectif : « Si vous allez dans le rayon “bien-être” en librairie, on vous vend des livres pour vous, pour la personne que vous êtes. On ne vend pas de livres sur le bien-être du monde. » Cet espoir, en demeurant individuel, trahit l’humanité. L’essayiste rappelle l’ironie du sort de la planète : ce sont les millionnaires qui ont le plus de pouvoir sur le futur, mais, étrangement, ils ne croient pas au futur de notre planète, de notre société. Plusieurs se construisent des <em>bunkers</em> en cas d’apocalypse, presque convaincus que le pire est à venir, tandis que la population est laissée à elle-même. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="2000" height="1333" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-2000x1333.jpeg" alt class="wp-image-59439" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-2000x1333.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-650x433.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-150x100.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-768x512.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-1536x1024.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-2048x1365.jpeg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-1200x800.jpeg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/11/salondulivre2-930x620.jpeg 930w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/eliejuliette/?media=1" data-wpel-link="internal">Juliette Elie</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>La désensibilisation aux horreurs de notre siècle </strong></p>



<p>Dans notre quête d’espoir individuel, nous oublions aussi la compassion pour autrui. Bombardés presque continuellement de mauvaises nouvelles dès que nous ouvrons la télévision ou notre téléphone, nous sommes désensibilisés aux atrocités qui ont lieu dans le monde. « Deux cents morts dans un pays, un attentat terroriste dans un autre… Ces mots sont devenus habituels, déplore Saint-Éloi. On oublie que ce n’est pas une ville qui est bombardée, mais des humains. Des enfants, des arbres, la Terre ». Avec ces nouvelles en continu, il est difficile de voir comment la situation pourrait s’améliorer, mais le poète rappelle que les bonnes actions à une petite échelle sont les plus fortes. « Tous les jours, il faut avoir une petite bonté pour soi-même et pour les autres. Le monde est à nous ». En regagnant espoir, en ayant confiance en un lendemain, nous pouvons créer une nouvelle histoire, une histoire de compassion, de douceur, racontant la beauté du monde. </p>



<p><strong>« J’écris parce que j’ai du talent » </strong></p>



<p>En après-midi, l’Agora est remplie. Tous les sièges sont pris, les gradins sont pleins, cinq ou six rangées de spectateurs debout s’étirent le cou pour apercevoir l’auteur en conférence. Tout le monde attend avec impatience l’arrivée de Yasmina Khadra. L’auteur algérien, dont la dernière visite dans notre province remontait à 2019 au Salon du livre de Québec, est accueilli chaleureusement.</p>



<p>« En Occident, vous aimez dire que l’écriture est une thérapie, qu’elle aide à exorciser les démons. L’écriture, ce n’est pas une thérapie. J’écris parce que j’ai du talent », déclare l’auteur. Sa franchise est rafraîchissante. Sans fausse modestie, il explique que ses enseignants de français l’ont poussé à parfaire son vocabulaire, sa grammaire. Khadra explique qu’il a réédité <em>Morituri</em>, le roman qui a démarré son succès. « Je ne me souviens pas d’avoir écrit <em>Morituri</em>. Ma femme m’a dit que j’étais devenu insomniaque, que j’écrivais tout le temps. Il y avait des maladresses, des choses que je n’aimais pas ». Dominic Tardif, l’animateur de ce grand entretien, demande à Yasmina Khadra s’il est inquiet lorsqu’il publie un nouveau livre : « J’ai confiance en ce que je fais. Mais je ne sais jamais comment le public va réagir. Parfois les lecteurs adorent, parfois ils vous critiquent et vous détruisent. Pour la réédition de Morituri, ça n’a pas suscité de réactions ». </p>



<p><strong>L’importance des mots </strong></p>



<p>L’animateur poursuit en posant des questions à l’auteur sur son expérience dans l’armée en Algérie. Les horreurs quotidiennes, la violence, l’attentat terroriste dont il a été témoin. Tout cela façonne la perception de la vie de l’auteur. Khadra aborde <em>L’Attentat</em>, son roman à succès publié en 2005 et parlant du conflit israélo-palestinien. « Beaucoup de gens trouvent que <em>L’Attentat</em> est horrible. Tout ce qui a lieu à Gaza en ce moment est mille fois pire. C’est un génocide contre les Palestiniens ». Une vague d’applaudissements s’élève à la suite du commentaire de l’auteur. « Certains politiciens évitent d’utiliser le mot “génocide” pour parler du conflit. Pourquoi l’utilisez-vous? » demande l’animateur. « Parce qu’il faut dire les choses comme elles sont, répond simplement Khadra. Aujourd’hui, les gens ont peur des mots. Il faut dire la vérité ». Yasmina Khadra révèle que, depuis 2018, il travaille sur un manuscrit abordant le conflit israélo-palestinien. « Je l’ai suggéré à beaucoup d’éditeurs et personne n’en a voulu. On me disait : “Pas celui-là.” Et puis quelqu’un s’y est intéressé. Une femme. Le 5 mars 2026, ce sera la sortie de ce roman. Et je vous avertis, <em>L’Attentat</em>, ce n’est rien à côté de ce livre ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Aujourd’hui, les gens ont peur des mots. Il faut dire la vérité »</p>



<p>Yasmina Khadra, écrivain</p>
</blockquote>



<p><strong>La magie du Salon</strong> </p>



<p>Après des applaudissements à tout rompre, la foule se disperse et retourne vers les kiosques des maisons d’édition et les tables de dédicace. Patrick Sénécal, dont les admirateurs font la file plus de 15 minutes à l’avance, India Desjardins avec une file d’attente spectaculaire, Dany Laferrière dans un kiosque à l’image de la réédition – illustrée de sa propre main – de son roman <em>Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer</em>. La centenaire Janette Bertrand est présente et signe avec amour les romans que lui tendent ses lecteurs. Tout le monde a des étoiles dans les yeux en voyant la signature de son auteur chouchou, même la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, qui demande à Alexandra Diaz de dédicacer son livre de recettes. Une fois de plus, le Salon du livre de Montréal remplit sa mission. 106 000 visiteurs sont unis par les mots, la force des récits, et le pouvoir de raconter.</p>
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		<title>Lire, c’est snob</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/12/lire-cest-snob/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[lire]]></category>
		<category><![CDATA[littérature francophone]]></category>
		<category><![CDATA[snobisme littéraire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur le canon littéraire et la place qui lui est accordé au Québec.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Pendant longtemps, les livres les plus vendus ont été considérés comme de la « paralittérature ». Aujourd’hui, on appelle cette catégorie de livres la littérature « de genre ». Si le changement d’appellation apaise les débats, la place de la littérature de genre est toujours contestée. Lire les nouveautés des auteurs à succès, est-ce une perte de temps? Devrait-on privilégier les grands auteurs classiques? Et qu’en est-il des divergences entre le Québec et l’Europe?</p>



<p><strong>Une vision tunnel</strong></p>



<p>Tout le monde connaît Balzac, Proust et Hugo. Souvent, lorsqu’on parle de littérature, ce sont leurs noms qui nous viennent à l’esprit en premier. Les grands classiques ont fait leur chemin dans les listes de lecture obligatoires des cours depuis longtemps et contribuent encore aujourd’hui à façonner l’image que nous avons de la littérature. De La Comédie humaine<em> </em>de Balzac à <em>À la recherche du temps perdu </em>de Proust, en passant bien sûr par Les Rougon-Macquart<em> </em>de Zola, certaines œuvres impressionnent par leur ampleur et leur architecture complexe. Sans aucun doute, ces légendes de la littérature méritent l’admiration qu’on porte à leur labeur.</p>



<p>Toutefois, le canon littéraire francophone formé par ces grands noms a un défaut non négligeable : il est très peu inclusif. Un rapide coup d’œil aux noms des « grands » permet de constater qu’ils sont majoritairement des hommes blancs. Il est à noter que quelques femmes blanches s’y taillent une place, comme Madame de Sévigné ou George Sand, mais elles restent globalement exclues. Depuis des siècles, tout groupe marginalisé est automatiquement exclu des « grands » auteurs. Exit les personnes racisées, exit les auteurs appartenant à la diversité sexuelle ou de genre.</p>



<p><strong>Le vent de changement qui souffle sur le canon littéraire</strong></p>



<p>Bien établi, le canon littéraire a fait sa loi dans les universités. En remontant aux années 1990, l’Université de Montréal fournissait une liste de lecture à ses étudiants en première année de littérature. En un an, ils devaient lire de soixante à quatre-vingts œuvres, le nombre prescrit différant selon les années des cohortes. La plupart de cette liste était consacrée à des écrivains classiques, de l’antiquité jusqu’au 20<em>e </em>siècle. Cette liste impressionnante visait à donner une base commune aux étudiants entrant dans le domaine. Avec le temps, la liste a été remisée et le catalogue de lectures universitaires est beaucoup plus inclusif : on y trouve de la littérature de genre, des auteurs et autrices de communautés marginalisées desquelles on valorise enfin la voix.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Depuis des siècles, tout groupe marginalisé est automatiquement exclu des “grands” auteurs »</p>
</blockquote>



<p>Or, ce n’est pas la même histoire en Europe, tout particulièrement en France. Si les listes de lecture des universités québécoises se diversifient, celles de France montrent plus de rigidité. À la licence, l’équivalent du baccalauréat québécois, les étudiants doivent lire davantage ces auteurs classiques. Pourquoi la France ne suit-elle pas le vent de changement qui souffle sur le Québec?</p>



<p>Selon Michel Biron, professeur titulaire à McGill, spécialiste de littérature québécoise et belge, « l’Amérique et l’Europe n’ont pas évolué de la même manière. Le Québec est aligné sur une démocratisation de la culture, une ouverture et une contestation du canon. Cet argument est très fort en Amérique, c’est ce qui fait que les corpus et les programmes accordent plus de place à des femmes et à des genres minorisés, des formes qui ne sont pas classiques ou reconnues par des institutions. En Europe, on adhère encore à la vieille formule de Roland Barthes, qui disait “la littérature, c’est ce qui s’enseigne”. Pour eux, la définition de la littérature passe par l’institution scolaire ».</p>



<p><strong>Un canon qui fait la fierté nationale</strong></p>



<p>Les auteurs du canon francophone sont presque tous français. Cette canonisation serait-elle une fierté nationale, d’où l’importance que l’on continue à lui accorder aujourd’hui? « La France a été au cœur de l’évolution de la littérature au 19<em>e </em>siècle. C’est à partir de Paris qu’on mesure si on est en avance ou en retard sur les autres écrivains. Il y a donc une centralité qui est exceptionnelle dans le monde entier », explique M. Biron. Il ajoute que la France, très fière de cet héritage, peut montrer une certaine résistance, mais qu’elle fait preuve de plus en plus d’ouverture.</p>



<p><strong>Les prix littéraires : reconnaître le talent hors de la France</strong></p>



<p>Les prix littéraires sont une façon de reconnaître le caractère unique d’une œuvre, son importance dans le monde de la littérature. Plusieurs prix québécois sont décernés chaque année, comme le Prix littéraire des collégien·ne·s ou le Prix du Gouverneur général. Toutefois, force est d’admettre que les prix les plus prestigieux sont ceux qui viennent de France. Bien souvent, les reconnaissances québécoises ou canadiennes accordées à un livre ne le font pas rayonner à l’international, comme le prix Médicis, Goncourt ou Femina le font.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Les étudiants ne veulent plus être seulement passifs et lire des textes qui sont déjà bien reconnus, ils veulent que la littérature soit liée à une forme d’expérience de la lecture et de l’écriture »<br><sup>Michel Biron, professeur titulaire à McGill</sup></p>
</blockquote>



<p>De temps à autre, c’est une œuvre québécoise qui gagne la palme, comme Kev Lambert en 2023 avec son roman <em>Que notre joie demeure </em>ou Éric Chacour qui, la même année, a remporté le prix Femina des lycéens. Deux Québécois gagnants de prix littéraires français : les journaux ont parlé d’un tel exploit pendant des semaines. Depuis quelque temps, la littérature québécoise est devenue populaire <a href="https://www.journaldequebec.com/2024/04/17/la-litterature-quebecoise-gagne-du-terrain-en-france" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">en France</a>, ce qui n’est pas pour déplaire. Les prix littéraires français commencent à s’ouvrir de plus en plus sur le monde, et pas seulement sur le Québec. En 2003, le prix Femina est décerné à Dai Sijie, un auteur chinois d’expression française. La tendance se poursuit en 2013, où Léonora Miano, première lauréate camerounaise, rafle le prix, suivie en 2014 de la première lauréate haïtienne, Yanick Lahens. De plus, des prix français offrent une dimension internationale, comme le prix Médicis étranger, qui récompense chaque année depuis 1970 un roman étranger paru en traduction française. Nous sommes face à une décentralisation de la France dans la littérature francophone, ouvrant donc possiblement la porte à une diversification du canon littéraire.</p>



<p><strong>Une perte de compétences garantie?</strong></p>



<p>Certains s’inquiètent, estimant que si l’on ne met plus les grands piliers de la littérature de l’avant, il y aura forcément une perte de connaissances, de qualité, de compétences. M. Biron s’y oppose en expliquant que les nouvelles générations revendiquent d’autres valeurs. Bien qu’il y ait une perte de références communes, cela ne signifie pas une perte de compétences, mais bien une transformation de l’horizon de la culture. Selon lui, ce changement apporte une nouvelle dimension à la littérature : « Ce qui me frappe et que je trouve passionnant, c’est que la connaissance de la littérature par la lecture de textes canoniques s’accompagne aujourd’hui d’une pratique de la littérature, d’un intérêt pratique. C’est tout à fait nouveau. Les étudiants ne veulent plus être seulement passifs et lire des textes qui sont déjà bien reconnus, ils veulent que la littérature soit liée à une forme d’expérience de la lecture et de l’écriture. Je trouve que c’est très vivant. Il y a un gain du côté de l’expérience de l’écriture, un vase communicant entre les deux, qui était très peu présent auparavant. »</p>



<p>Le canon littéraire semble peu à peu se déconstruire, bien que ce soit à des rythmes différents qui dépendent des continents. Des littératures qui y sont moins attachées, comme celles du Québec, des Antilles, du Maghreb, de l’Afrique subsaharienne, se rebellent de plus en plus et créent leur propre éventail de grands écrivains. Les grands auteurs français ne sont pas près d’être détrônés, mais un vent de changement souffle sur la littérature pour en faire un domaine vivant et représentatif de ses adeptes.</p>
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		<title>La littérature érotique chez les jeunes lectrices</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/la-litterature-erotique-chez-les-jeunes-lectrices/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[dark romance]]></category>
		<category><![CDATA[littérature érotique]]></category>
		<category><![CDATA[smut]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur les impacts du <em>smut</em> et de la <em>dark romance</em>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La littérature jeunesse connaît une <a href="https://www.ledevoir.com/lire/827878/litterature-jeunesse-est-plus-populaire-jamais-quebec?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">croissance fulgurante</a> depuis 2016. En librairie, on trouve de plus en plus d’histoires pour les jeunes, tant les enfants que les adolescents. Avec une offre si large, chacun peut trouver le style qui lui plaît et plonger dans le bonheur de la lecture. Toutefois, tous les livres ne sont pas adaptés pour de jeunes lecteurs et, face à une offre abondante, les parents ne sont pas toujours en mesure de vérifier toutes les lectures de leurs enfants. C’est particulièrement le cas pour les adolescents, jugés aptes à choisir ce qui leur plait. Certaines tactiques commerciales des éditeurs sont parfois trompeuses, et exposent de trop jeunes lecteurs à des récits inappropriés pour leur âge. </p>



<p><strong>La popularisation de la lecture par les réseaux sociaux </strong></p>



<p>Bien qu’on pourrait penser le contraire, les réseaux sociaux ne sont pas complètement opposés à la lecture. Dans les communautés <em>Bookstagram</em> sur Instagram et <em>Booktok</em> sur TikTok, de nombreux influenceurs font des recommandations de lecture à leurs abonnés. Via l’algorithme de ces plateformes, plus un utilisateur interagit avec un certain type de contenu, plus il y sera exposé : la même logique s’applique aux suggestions de lecture. L’utilisateur qui aime les romans policiers, la <em>fantasy</em> ou la romance, et interagit avec du contenu qui y est relié en verra davantage. À travers ces algorithmes, certains livres, parfois publiés des années auparavant, jouissent d’une popularité énorme, faisant la une dans les librairies. Or, les créateurs de contenu qui font la promotion des livres sur les réseaux sociaux sont souvent plus âgés que le public qu’ils touchent. Leurs goûts de lecture sont donc façonnés par des expériences de vie et une certaine maturité que les jeunes lecteurs n’ont pas toujours. </p>



<p><strong>La montée en popularité du <em>smut</em> </strong></p>



<p>Si la communauté <em>Booktok</em> propose des recommandations de lecture diversifiées, elle met davantage en avant certains genres plus que d’autres. C’est le cas de la littérature érotique, couramment appelée « <em>smut</em> », qui est actuellement l’un des genres les plus représentés : le mot-clic est associé à <a href="https://www.7sur7.be/lire/les-lectrices-raffolent-de-ce-genre-litteraire-elles-preferent-ces-livres-a-du-porno~ae9c4a8c/?referrer=https://www.google.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,1 milliard de vidéos</a> sur TikTok. La montée en popularité du genre littéraire n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Comme la romance, dont la littérature érotique est un sous-genre, a un public majoritairement féminin, elle permet aux femmes de lire des histoires qui se concentrent sur leur plaisir et leurs fantasmes contribuant à briser certains des tabous entourant la sexualité. Les histoires sont rédigées selon différents clichés, ce qui permet aux lectrices de choisir ce qu’elles préfèrent : romances avec des joueurs de hockey, personnages qui passent d’amis à amants ou même d’ennemis à amants. Chacune y trouve son compte. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>La lecture du fameux </em>smut<em> peut contribuer à créer des attentes relationnelles et sexuelles irréalistes</em> »</p>
</blockquote>



<p><strong>L’accessibilité de la littérature érotique </strong></p>



<p>Les utilisateurs de TikTok sont, en majorité, de la génération Z : près de 70 % des utilisateurs de la plateforme aux États-Unis <a href="https://scholar.utc.edu/cgi/viewcontent.cgi?params=/context/honors-theses/article/1480/&amp;path_info=BookTok__The_Cultural_Phenomenon_Introducing_a_Stagnated_Industry_to_a_New_Generation__Daley_Culberson.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ont moins de 18 ans</a>. Cet auditoire très jeune est exposé à des recommandations de lecture qui sont donc parfois inappropriées pour leur âge. De plus, la mise en marché de ces livres est souvent très innocente : des couleurs vives ou pastel, des illustrations présentant les deux personnages principaux, un résumé assez conservateur de l’histoire… Les livres érotiques ne sont en apparence pas très différents des livres de romance classiques. Un lecteur qui ne connaît pas les titres érotiques populaires pourrait très bien en choisir un en croyant sélectionner une romance banale. Bien sûr, la plupart des librairies séparent leurs livres par genre, mais comme les deux genres se recoupent, les rangées sont souvent à proximité l’une de l’autre. </p>



<p><strong>Les dangers du <em>smut</em> </strong></p>



<p>La littérature érotique n’est pas adaptée à tous les âges. Bien sûr, chez des lectrices plus âgées, ce genre d’histoire peut présenter une bonne forme de divertissement et un espace d’exploration du désir. Toutefois, ce genre de lecture chez des adolescentes, et même parfois des préadolescentes, qui n’ont pas de connaissances sur la sexualité, peut être problématique. La littérature érotique, bien qu’elle dépeigne la plupart du temps des scénarios vraisemblables, reste de la fiction. Si les adultes peuvent différencier réalité et fiction, ce défi peut être de plus grande taille chez les jeunes, qui sont plus influençables et naïfs. </p>



<p>La lecture du fameux <em>smut</em> peut contribuer à créer des attentes relationnelles et sexuelles irréalistes. De plus, de telles histoires présentent souvent des protagonistes dans la vingtaine, si ce n’est dans la trentaine. Alors que la protagoniste est une femme, la lectrice est encore une fille. Des adolescentes peuvent désirer une histoire romantique comme celles qu’elles lisent et ensuite imiter les comportements d’une protagoniste dans la vingtaine, ce qui peut rapidement devenir inapproprié ou dangereux. </p>



<p><strong>La <em>dark romance</em> : là où les choses se corsent </strong></p>



<p>Un genre littéraire similaire gagne en popularité : la « <em>dark romance</em> » (« romance sombre »). Il s’agit de romans où l’histoire d’amour est moralement ambiguë ou malsaine, voire immorale ou illégale. Parmi les clichés les plus populaires, on retrouve la relation avec un chef de la mafia, l’enlèvement et la captivité. La plupart des romans de <em>dark romance</em> ont en commun un protagoniste masculin dominant auquel la protagoniste féminine doit se soumettre. Ce genre met directement en valeur des relations de pouvoir, parfois violentes, en restant strictement fictif. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Si les adultes peuvent différencier réalité et fiction, ce défi peut être de plus grande taille chez les jeunes, qui sont plus influençables et naïfs »</p>
</blockquote>



<p>Si les sujets peuvent être jugés problématiques, un élément l’est encore davantage : le manque de consentement. Si les personnages ne manifestent pas leur désaccord par rapport aux actes sexuels qui ont lieu, il est aussi bien rare que les femmes donnent leur accord de façon claire. Cette omission, déjà source de préoccupation pour tout lectorat, l’est d’autant plus lorsque les lectrices sont de jeunes adolescentes. Ces dernières pourraient idéaliser les relations décrites dans ces histoires et croire que ces dynamiques de pouvoir et ces relations malsaines sont tout à fait normales. Une telle perception des relations amoureuses et sexuelles est dangereuse, car elle peut forger une norme chez ces jeunes lectrices, qui pourraient rapidement chercher à faire « comme les grands ». </p>



<p>La normalisation des comportements manipulateurs et violents est un véritable enjeu qui mérite d’être pris au sérieux dans un monde où déjà <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-10-10/violence-conjugale/dix-jours-pour-changer-la-trajectoire-de-sa-vie.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">quinze féminicides</a> ont eu lieu au Québec depuis le début de l’année 2025, dont neuf dans un contexte de violence conjugale. La <em>dark romance</em>, bien qu’elle soit un genre divertissant, mérite d’obtenir une surveillance accrue afin d’éviter que le jeune lectorat, tant féminin que masculin, ne normalise des comportements abusifs. Le <em>smut</em>, de son côté, pourrait contribuer à une sexualisation précoce des jeunes filles et créer des attentes relationnelles irréalistes.</p>
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		<title>Casse-Noisette, une production admirable</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/29/casse-noisette-une-production-admirable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[ballet]]></category>
		<category><![CDATA[casses-noisettes]]></category>
		<category><![CDATA[place des arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En coulisses du classique des Grands Ballets Canadiens.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La danse est un moyen d’expression universel. Sans parler, il est possible de transmettre une foule d’émotions et de sensations. Avec leurs divers spectacles, les Grands Ballets Canadiens remplissent cette mission.</p>



<p>Fondée en 1957 par Ludmilla Chiriaeff, cette compagnie de ballet professionnelle, la première au Québec lors de sa création, est basée à Montréal. Elle allie maintenant le ballet classique et d’autres styles de danse. Aujourd’hui, quarante-cinq danseurs venant du monde entier sont employés par la compagnie. </p>



<p>Les Grands Ballets Canadiens présentent une grande variété de spectacles, du ballet classique à la danse contemporaine. Les performances de la compagnie sont toujours mémorables, accompagnées par l’Orchestre des Grands Ballets. Lorsqu’ils sont assis près de la fosse, les spectateurs peuvent sentir chaque note résonner et observer les cordes et les cuivres donner vie aux partitions de musique. La saison 2025–2026 s’est ouverte il y a quelques jours avec <em>Blanche-Neige &amp; le Miroir</em>, chorégraphié par Etienne Béchard. La compagnie sera de retour à la mi-décembre avec son incontournable spectacle <em>Casse-Noisette</em>, une tradition du temps des fêtes!</p>



<p><strong>Un conte pour tous</strong></p>



<p>Ce ballet, chorégraphié par Fernand Nault sur la musique de Tchaïkovski, est inspiré du conte d’E.T.A. Hoffmann : un soir de Noël, Clara reçoit un casse-noisette de la part de son oncle. Aussitôt les invités partis et les parents endormis, des rats menaçants envahissent le salon. Une armée de soldats de plomb vole à la rescousse de Clara en se battant contre les rongeurs. Le casse-noisette de la jeune fille s’éveille et provoque le Roi des rats en duel. Après sa victoire, le jouet se transforme en prince, emmenant Clara au Royaume des neiges, où la Reine des neiges l’accueille et les flocons dansent avec elle. Après avoir fait leurs adieux aux habitants du royaume, Clara et le Prince poursuivent leur chemin au Royaume des friandises. La Fée Dragée et le roi Bonbon les accueillent et organisent une fête en l’honneur de la jeune fille. S’ensuit alors un défilé d’êtres personnifiant les délices d’à travers le monde : le Chocolat d’Espagne, le Café d’Arabie et le Thé de la Chine. Le Trépak de Russie et le Berger avec ses moutons viennent eux aussi saluer Clara avant la danse des Gouttes de et la valse des fleurs. La célébration prend fin et Clara retourne chez elle dans un carrosse en forme de cygne. Le matin de Noël, la jeune fille se réveille dans son lit avec son casse-noisette dans les bras.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Plusieurs de ces jeunes aspirent à une carrière en danse professionnelle et à intégrer la compagnie ; c’est donc une merveilleuse opportunité pour eux de voir comment travaillent les professionnels »</p>
</blockquote>



<p><strong>Faire d’un rêve une réalité</strong></p>



<p>La compagnie donnera dix-huit représentations de <em>Casse-Noisette </em>du 12 au 30 décembre 2025, ce qui constitue son spectacle le plus populaire. Pour cette raison, plusieurs danseurs ont différents rôles et ne se cantonnent pas qu’à un seul pendant une même saison. Le Chocolat d’Espagne d’un soir peut devenir une Goutte de rosée à une autre représentation. Cette rotation des danseurs évite qu’ils ne s’épuisent ou se blessent.</p>



<p>Comme le ballet comporte plusieurs personnages, dont des enfants, beaucoup sont appelés à auditionner pour faire partie de <em>Casse-Noisette</em>. C’est ainsi que sont sélectionnés les enfants de la fête et les souris, mais aussi les anges, les moutons et les danseuses accompagnant le Café d’Arabie. Ces rôles ouverts aux jeunes danseurs leur offrent une expérience unique auprès du corps de ballet et des solistes de la compagnie. Les auditions ont lieu en septembre, puis les répétitions débutent. Deux groupes de danseurs sont formés : le groupe A et le groupe B, qui alternent les représentations afin de ne pas être épuisés par le grand nombre de spectacles. Plusieurs de ces jeunes aspirent à une carrière en danse professionnelle et à intégrer la compagnie ; c’est donc une merveilleuse opportunité pour eux de voir comment travaillent les professionnels. Lors des auditions, la tension dans l’air est palpable. Tout le monde ressent un mélange d’excitation et d’anxiété. Être sélectionné pour <em>Casse-Noisette </em>est un véritable rêve devenu réalité pour ces jeunes danseurs. Après les auditions, les heureux élus fondent en larmes dans les bras de leurs parents et ont déjà hâte de débuter les répétitions.</p>



<p><strong>Un décor à couper le souffle</strong></p>



<p>Si <em>Casse-Noisette </em>éblouit par sa magnifique chorégraphie et ses danseurs talentueux, les décors et les costumes sont resplendissants. Les décors sont travaillés avec soin, chacun permettant vraiment aux spectateurs de s’imaginer dans la scène. Le sapin de Noël du premier acte, qui se met à grandir follement, est une toile qui s’étire vers le haut, décorée de dizaines de lumières qui illuminent le décor pendant la transformation du casse-noisette en prince. Lors de la valse des flocons de neige, des flocons de papier se mettent à tomber et créent un tourbillon imitant la neige. Pendant le deuxième acte, tout illustre l’univers de confiseries dans lequel arrive Clara. Les pâtissières arrivent, les bras chargés de gâteaux magnifiquement décorés, et le ciel prend des teintes de barbe à papa.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1046" height="1308" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/Screen-Shot-2025-10-29-at-11.00.35.png" alt class="wp-image-59138" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/Screen-Shot-2025-10-29-at-11.00.35.png 1046w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/Screen-Shot-2025-10-29-at-11.00.35-650x813.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/Screen-Shot-2025-10-29-at-11.00.35-150x188.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2025/10/Screen-Shot-2025-10-29-at-11.00.35-768x960.png 768w" sizes="(max-width: 1046px) 100vw, 1046px"><figcaption><span class="media-credit">Sasha Onyshchenko</span></figcaption></figure>



<p><strong>Des costumes hors pair</strong></p>



<p>Les costumes, eux, ne sont pas en reste. Chaque tutu comporte une tonne de détails et de broderies. Les matériaux sont choisis avec soin, alliant textures et couleurs pour créer un effet saisissant. La Fée dragée, avec son tutu et sa longue cape orangée, donne véritablement l’impression de descendre du ciel lorsqu’elle arrive sur scène grâce au porté de son partenaire. Le costume du Roi des rats est également digne de mention, le morceau représentant la tête étant un chef-d’œuvre. Toutefois, c’est probablement le costume du roi Bonbon qui gagne la palme. L’immense tunique est absolument impressionnante avec ses multiples couches de tissu, sa couronne fournie et sa gigantesque canne de bonbon. Si les Grands Ballets Canadiens investissent près de 150 000 $ par année dans la réparation des costumes et des décors, le costume du roi Bonbon est certainement le plus exigeant parmi les 300 costumes de la production : à lui seul, il a une valeur de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1073860/casse-noisette-grands-ballets-danse-coulisses" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">10 000 $</a>!</p>



<p>Cette production des Grands Ballets Canadiens est sans aucun doute la plus attendue, année après année. Si chaque compagnie de ballet possède sa propre variation du conte de Noël de Hoffmann, celui présenté à Montréal est de toute beauté, et charme depuis des décennies les petits comme les grands.</p>



<p><em>Les représentations de </em>Casse-Noisette<em> ont lieu du 12 au 30 décembre à la Place des Arts, à la salle Wilfrid-Pelletier. Les billets sont déjà en vente sur le site des Grands Ballets Canadiens.</em></p>
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		<title>L’automne à la télévision</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/08/lautomne-a-la-television/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[automne]]></category>
		<category><![CDATA[recommendation]]></category>
		<category><![CDATA[télévision]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59014</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quelques suggestions pour vous mettre dans l’esprit de la saison.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La température se rafraîchit et les feuilles des arbres se colorent tranquillement. L’automne est officiellement arrivé depuis l’équinoxe, mais il commence tout juste à se faire sentir. Il est impossible de résister à l’appel du <em>cocooning</em>. L’heure est aux chandails tricotés, aux bonnes tasses de thé… et aux marathons de télévision! Pour faire une pause d’étude ou oublier les journées qui raccourcissent, ces suggestions de films et séries sont parfaites pour se mettre dans l’ambiance de la saison.</p>



<p><strong>À regarder avec une couverture épaisse et un bon café :</strong></p>



<p><strong><em>Gilmore Girls </em>(2000) : </strong>Cette série présente les tribulations de Lorelai et sa fille Rory dans la petite ville tranquille de Stars Hollow.</p>



<p><strong><em>Le Cercle des poètes disparus </em></strong><strong>(</strong><strong><em>Dead Poets Society</em></strong><strong>) (1989) </strong>: Ce film se déroule dans un pensionnat où M. Keating, un enseignant excentrique, fait découvrir les plaisirs du théâtre et de la littérature à ses élèves.</p>



<p><strong><em>Harry Potter </em></strong><strong>(2001–2011) : </strong>Cette série de films est parfaite pour l’automne avec ses décors majestueux et ses scènes magiques (dans tous les sens du terme)!</p>



<p><strong><em>Les quatre filles du docteur March </em>(<em>Little Women</em>) (1994) : </strong>Les scènes automnales de ce classique suivant la vie des sœurs March est sûr de plaire.</p>



<p><strong><em>Anne… la maison aux pignons verts </em></strong><strong>(</strong><strong><em>Anne of Green Gables</em></strong><strong>) (1985) </strong>: Anne, orpheline protagoniste du film, adore l’automne et se heurte aux différentes façons de faire de sa famille d’accueil.</p>



<p><strong><em>Virgin River </em>(2019) : </strong>Cette série romantique suit la vie d’une infirmière qui quitte Los Angeles pour s’installer dans la ville montagneuse de Virgin River.</p>



<p><strong><em>Quand Harry rencontre Sally </em>(<em>When Harry Met Sally</em>) (1989) : </strong>Ce classique des comédies romantiques propose de magnifiques paysages d’automne.</p>



<p><strong>Pour ressentir l’ambiance de l’Halloween :</strong></p>



<p><strong><em>Coraline </em></strong><strong>(2009) : </strong>Jeune fille curieuse et intrépide, Coraline explore les coins étranges de sa nouvelle maison et tombe dans un univers parallèle inquiétant.</p>



<p><strong><em>Abracadabra </em></strong><strong>(</strong><strong><em>Hocus Pocus</em></strong><strong>) (1993) : </strong>Une histoire pleine de magie où trois sorcières opposent un groupe d’adolescents.</p>



<p><strong><em>Beetlejuice </em></strong><strong>(1988) : </strong>Un couple perd la vie dans un accident de la route et revient hanter sa maison, mais l’arrivée de nouveaux propriétaires complique la situation.</p>



<p><strong><em>La Famille Addams </em>(<em>The Addams Family</em>) (1991) : </strong>Une famille assez particulière voit un oncle disparu revenir soudainement, sans savoir s’il s’agit bien de lui ou d’un imposteur.</p>



<p><strong><em>Mercredi </em>(<em>Wednesday</em>) (2022) : </strong>Mercredi Addams entre à l’école Nevermore, où chaque élève a un don. Les événements suspects s’enchaînent et la protagoniste en fait une affaire personnelle.</p>



<p><strong>Pour les adeptes d’horreur :</strong></p>



<p><strong><em>Vendredi 13 </em>(<em>Friday the 13th</em>) (1980) : </strong>Un camp de vacances tourne au cauchemar lorsqu’un tueur sévit parmi les moniteurs.</p>



<p><strong><em>Le Projet Blair </em>(<em>The Blair Witch Project</em>) (1999) : </strong>Trois étudiants sont envoyés dans la forêt pour tourner un reportage sur une légende. Les images sont retrouvées un an plus tard, alors que les élèves manquent toujours à l’appel.</p>



<p><strong><em>Annabelle </em></strong><strong>(2014) : </strong>Un mari offre à sa femme enceinte de leur premier enfant une poupée ancienne… et terrifiante.</p>



<p><strong><em>Jeu d’enfant </em></strong><strong>(</strong><strong><em>Child’s Play</em></strong><strong>) (1988) : </strong>Un tueur en série est réincarné en poupée dans un magasin de jouets, sans savoir qu’il sera ensuite offert en cadeau à un garçon.</p>



<p><strong><em>Ça </em></strong><strong>(</strong><strong><em>It</em></strong><strong>) (2017) : </strong>Sept enfants sont terrorisés par un monstre aux multiples formes qu’ils appellent « Ça ».</p>
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		<title>Survivre à la fin du monde</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/survivre-a-la-fin-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[espoir]]></category>
		<category><![CDATA[essai]]></category>
		<category><![CDATA[essayiste]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Lux]]></category>
		<category><![CDATA[Une brève histoire de l'espoir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Mathieu Bélisle, auteur d’<em>Une brève histoire de l’espoir</em>.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Au fil du temps, plusieurs penseurs se sont penchés sur l’effondrement, le manque, le malheur. Mais que dire de l’espoir, cette force qui soulève sans bruit? Dans son dernier ouvrage, <em>Une brève histoire de l’espoir</em>, l’essayiste Mathieu Bélisle s’empare de cette question en traversant l’histoire des civilisations, des religions et des imaginaires collectifs. Nous avons eu la chance de le rencontrer pour comprendre ce qui, selon lui, continue à tenir le monde debout.</p>



<p><strong>Le Délit (LD) </strong>: <em>Nous avons souvent délaissé l’espoir au profit de thèmes plus rationnels ou critiques. Pourquoi est-ce si important, selon vous, de réhabiliter l’espoir, et particulièrement aujourd’hui?</em></p>



<p><strong>Mathieu Bélisle (MB) </strong>: Parce que tout le monde va mal. Il y a une crise de l’avenir et une perte d’élan. Aujourd’hui, on dirait qu’on peut très facilement raconter des dystopies. On peut en produire presque à volonté, mais on n’arrive plus à penser le meilleur. On est éduqués aussi à penser à ce qui manque, à ce qui fait défaut. Pour moi, c’était vraiment la volonté de donner confiance aux plus jeunes, à mes étudiants, à mes filles, aux garçons. À tout le monde qui m’a poussé à me pencher sur la question. Des fois, on a tendance à penser qu’on vit dans la pire époque. Évidemment, aujourd’hui, on ne dirait pas cela sur le plan technologique, parce qu’on a des avantages. Mais, sur le plan politique, sur celui de notre rapport au temps et peut-être aussi de la pression sociale, on ne se rend pas compte que ça n’a jamais été évident. Il faut croire au futur, parce que, si on n’y croit pas, on devrait arrêter tout de suite. Si on ne le fait pas, c’est qu’au fond, il y a quelque chose en nous qui nous dit que le monde va continuer malgré tout. C’est ce quelque chose en nous que je voulais chercher, et je me suis rendu compte que, souvent, nous les intellectuels, avons de la difficulté à penser ce qui est proche de la vie. On a beaucoup plus de facilité à penser à ce qui nous place en porte-à-faux, en recul.</p>



<p><strong>LD </strong><em>: Il y semble y avoir un retour aux valeurs traditionnelles et à la religion ces dernières années, et en particulier aux États-Unis. Ce phénomène serait-il pour plusieurs personnes un moyen de se rassurer, en « revenant à la norme »? En se rapprochant de la religion, notamment.</em></p>



<p><strong>MB </strong>: C’est intéressant parce qu’on voit que ça fait plus de 2 000 ans qu’on est dans le milieu religieux, et il continue d’y avoir des retours impressionnants. Dans le cas des États-Unis, j’ai l’impression que c’est un pays très étrange parce que c’est le plus riche, le plus puissant, où beaucoup de gens veulent encore aller. Et, paradoxalement, c’est là où on ressent le plus l’approche de la fin. Ce retour religieux, actuellement, je le sens donc beaucoup comme marqué par une sorte de mentalité d’assiégé. Il y a aussi une démission, je trouve, dans le sens où c’est comme si l’on se repliait dans la religion et que l’on attendait véritablement la fin. Le monde va trop mal, tout va trop mal. C’est comme le dernier recours. Donc, ce n’est pas une religion qui est tournée vers la vie, malheureusement. Au fond, c’est presque une manière de se détacher du monde.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Plus je remontais loin en arrière, plus je me rendais compte qu’en fait, je trouvais les clés pour que le monde continue. Parce que la fin, on l’a vécue plein de fois »</p>



<p class="has-text-align-center"><sub>Mathieu Bélisle, auteur d’<em>Une brève histoire de l’espoir</em></sub></p>
</blockquote>



<p><strong>LD </strong>: <em>Vous parlez dans votre livre des ultra-riches qui se préparent à la fin du monde. Serait-ce parce qu’ils ont les moyens d’abandonner l’espoir, les moyens financiers et technologiques de chercher d’autres alternatives à notre monde si ce dernier s’effondre, alors que la majorité de la population n’a pas cette chance? Tout ce qu’ils ont, c’est justement l’espoir.</em></p>



<p><strong>MB</strong> : Il y a un moment où j’ai constaté que la dépression était un phénomène particulièrement prévalent dans les sociétés riches. Je ne veux pas dire que, dans les sociétés pauvres, il n’y a pas de problèmes de santé mentale. Mais peut-être qu’à un moment, on a déjà tout. Tout est planifié, tout est prévu. Donc l’espoir devient inutile ou, en tout cas, on ne le sent pas. Curieusement, c’est ça qui nous rend déprimés. Pour revenir aux ultra-riches, je me suis rendu compte que ces gens-là pratiquent l’espoir à une échelle tellement individuelle, tellement individualiste, qu’en fait, eux, ça ne les relie pas aux autres. Ils ont misé sur leur ambition, leurs affaires et leurs projets, puis ils sont devenus très riches. À un moment donné, ils ont découvert qu’ils étaient en réalité seuls et que tous leurs pouvoirs, leurs ambitions et leurs succès s’étaient peut-être faits au détriment du bien commun. Et à ce moment-là, que leur reste-t-il? Ils se sont détachés. C’est un groupe où il y a énormément de désir individuel, mais pas de désir collectif. Je trouve que l’espoir est une vertu qui nous relie.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Peut-on réellement espérer sans quelqu’un sur qui s’appuyer?</em></p>



<p><strong>MB </strong>: Je pense que même seuls, l’espoir nous relie à ce que j’appelle une communauté imaginable, une communauté d’absents. L’espoir, d’abord, c’est ce qui relie le passé et l’avenir, qui nous met dans un mouvement qui va du passé vers l’avenir, à l’inverse de la nostalgie qui va de l’avenir au passé, voulant empêcher le mouvement. Je dirais que oui, mais que même dans la solitude, on communie malgré tout avec d’autres absents. On communie avec un auteur, on communie avec un philosophe, on communie avec une idée, aussi, qui nous rattache au monde.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Que devrait-on retenir du passé pour nourrir notre espoir en l’avenir?</em></p>



<p><strong>MB </strong>: Je pense que ce qu’il faut retenir, c’est l’extraordinaire vitalité des humains, leur ingéniosité. C’est aussi leur capacité à se donner des raisons de continuer. Cela dit, je ne me place pas dans une position de supériorité par rapport au passé. J’ai l’image que le passé nous donne toute cette accumulation, qui crée une sorte de promontoire sur lequel on peut se placer, devenir comme les nains juchés sur l’épaule des géants. Il y a des chemins qu’on a empruntés, puis à un moment, on est arrivé à un cul-de-sac. Il a fallu trouver de nouveaux motifs pour poursuivre l’aventure. Cette quête-là m’impressionne.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Je trouve que l’espoir est une vertu qui nous relie »<br><sub>Mathieu Bélisle, auteur d’Une brève histoire de l’espoir</sub></p>
</blockquote>



<p><strong>LD </strong>: <em>Est-ce qu’écrire ce livre vous a redonné espoir dans le monde ou vous a plutôt découragé?</em></p>



<p><strong>MB </strong>: Ça m’a donné espoir. Je crois que ça m’a vraiment apaisé. Je ne suis pas naïf, mais ça m’a apaisé parce que je me suis rendu compte que le pire n’est pas certain, que les humains ont aussi plus de résilience qu’on pense. Ce dont je voulais me rappeler, c’est qu’on est dans une époque où ce qui domine beaucoup, ce sont les discours que j’appellerais déclinistes ou crépusculaires. On est toujours dans l’image qu’il est « minuit moins une ». Ces discours sont là pour nous secouer, mais je ne pense pas qu’ils aient cet effet-là. Je pense qu’ils nous poussent plutôt à une sorte d”« aquabonisme » [de la question « à quoi bon? », <em>ndlr</em>]. Dès lors, on n’est pas en train de s’occuper du monde et ça commence par ce qui est proche de nous. Je sais qu’on aime toujours penser à des grandes révolutions à l’échelle planétaire, mais en fait, ça se passe dans le monde qu’on habite. Si le monde continue, ça veut dire qu’il faut recommencer à penser à long terme aussi. On est pris dans une boucle, une spirale que j’appellerais présentiste : avec les informations en continu, et les réseaux sociaux accélérateurs et propagateurs de mauvaises nouvelles, on est peut-être dans un rapport avec un présent bouché ou qui tourne sur lui-même, allant de catastrophe en catastrophe. On s’alimente six heures, huit heures par jour du discours en continu sur le monde. Il n’y a aucun moyen d’espérer parce qu’on est pris dans une immédiateté qui, en fait, nous rend absent au vrai monde ; on est dans sa projection, dans sa représentation. Les nouvelles en continu provoquent un découragement tout aussi continu. Mon idée, c’est de dire qu’il faut prendre un pas de recul. Pas nier ce qui se passe, évidemment. Mais il y a un moment où on en sait tellement qu’on ne fait que mesurer notre impuissance quotidiennement. Prendre un pas de recul, puis écrire l’histoire de l’espoir, c’était pour moi retrouver cette longue perspective. Et curieusement, plus je remontais loin en arrière, plus je me rendais compte qu’en fait, je trouvais les clés pour que le monde continue. Parce que la fin, on l’a vécue plein de fois.</p>
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		<title>Mommyfier le passé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/mommyfier-le-passe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[l'ACTIVITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[mommy]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre de création]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Critique de <em>Mommy</em>, le retour d’Olivier Choinière.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La pièce <em>Mommy, le retour </em>d’Olivier Choinière est une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et de la compagnie de théâtre de création L’ACTIVITÉ. La <a href="https://theatredaujourdhui.qc.ca/spectacles/mommy-le-retour#l-activite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mission</a> de la pièce : « bousculer le théâtre ». Un objectif indéniablement atteint.</p>



<p>À travers la pièce, on suit Mommy, une grand-mère qui revient d’entre les morts pour rendre au Québec contemporain sa gloire d’antan. Elle dévore les humains qui se trouvent sur son passage et forme rapidement sa petite armée de morts-vivants. À ce synopsis déjà peu conventionnel s’ajoutent plusieurs éléments surprenants : chansons du siècle dernier réinterprétées en rap, interactions avec le public, transformation de Jésus en DJ… La pièce devient rapidement une sorte de comédie musicale aux allures d’horreur.</p>



<p>Malgré l’ambiance comique qui règne, le message est on ne peut plus sérieux. Choinière dénonce l’extrémisme, la montée en popularité de l’autoritarisme, ainsi que les faux pas de nos gouvernements, aussi bien provinciaux que fédéraux. Dès le début de la pièce, Fée Clochette (Édith Paquet) et le maître de cérémonie (Félix Beaulieu-Duchesneau) nous avertissent qu’il n’y aura pas de vidéos dans cette présentation, faute de budget. Quelques minutes plus tard, c’est le préposé aux bénéficiaires (Lyndz Dantiste) qui nous parle des Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), ces mouroirs où nos aînés font des plaies de lit. Enfin, une influenceuse écologique dénonce les conditions lamentables des écoles publiques et les salaires trop bas des enseignants.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Les spectateurs sont plongés dans un monde complètement déjanté où Mommy règne en maître et dévore ses ennemis »</p>
</blockquote>



<p>Les personnages critiquent à la fois la droite et la gauche politique dans toutes leurs caractéristiques les plus extrêmes. Des masques représentant entre autres François Legault, Geneviève Guilbault, Gabriel Nadeau-Dubois et Pierre Poilievre sont portés par les acteurs qui font du <em>lip-sync </em>sur des extraits de leurs discours politiques. Les acteurs sont talentueux et semblent avoir un vrai plaisir à être sur scène, mais plus la pièce avance, plus la confusion s’installe. L’allégorie devient plus difficile à suivre, les thèmes sont nombreux, on ne sait plus très bien ce qu’essaient de dénoncer les personnages. On tombe dans une sorte de creux avant la scène finale absolument éblouissante, qui se déroule sur la table de « DJésus » reproduisant le dernier repas de Jésus avec ses apôtres.</p>



<p>Si le message politique se brouille quelque peu, la mise en scène, elle, est époustouflante. Une immense croix, où on lit le nom de Mommy, se dresse derrière la table de DJésus. Cette dernière est ornée d’une multitude de chandelles et de victuailles, dominant la scène par sa hauteur vertigineuse. En bas, un rideau de plastique que les acteurs tirent et replacent crée trois autres pièces, d’où sortent toujours de nouveaux personnages, comme l’hystérectomie ou la plaie de lit. L’arrière de la scène, couvert de grilles pour créer un drainage, permet l’usage abondant de faux sang. Les côtés de la salle, en quelque sorte les coulisses, sont même inclus dans la mise en scène. Sur de longs comptoirs trônent les accessoires qui sont utilisés tout au long de la pièce.</p>



<p>Cette pièce de théâtre bouscule toutes les attentes. Pendant une heure quarante, les spectateurs sont plongés dans un monde complètement déjanté où Mommy règne en maître et dévore ses ennemis. On alterne entre critique de l’immigration, prix de la laitue et la fabrique de miel des hippies. Un incontournable pour les désireux de réflexion et, surtout, de surprise.</p>
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		<title>L’Autre Bout du monde : un périple pour prolonger l’été</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/lautre-bout-du-monde-un-periple-pour-prolonger-lete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[ÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[L'Autre Bout du Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Maryse Pagé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58658</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec l’autrice Maryse Pagé.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Maryse Pagé est une autrice prolifique de romans jeunesse, connue notamment pour <em>Rap pour violoncelle seul</em>, paru en 2020. <em>L’Autre Bout du monde</em>, son tout nouveau livre, est arrivé en librairie le 16 septembre dernier. <em>Le Délit </em>s’est entretenu avec elle afin d’en savoir davantage.</p>



<p><strong><em>Le Délit </em>(LD) </strong>: <em>Comment avez-vous abordé cette nouvelle publication après </em>Rap pour violoncelle seul <em>qui a connu un grand succès?</em></p>



<p><strong>Maryse Pagé (MP) </strong>: Ça fait peur, c’est sûr, quand on a connu un grand succès. Si on connaissait toujours la recette d’un succès, on l’appliquerait, mais on ne sait jamais, ça dépend de tellement de choses. La peur, il ne faut pas que ça t’arrête.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Quelques thématiques reviennent dans </em>L’Autre Bout du monde <em>: les amitiés intergénérationnelles, la quête de soi… Ce sont des sujets sur lesquels vous revenez souvent. Pourriez-vous expliquer pourquoi?</em></p>



<p><strong>MP </strong>: Oui, les relations intergénérationnelles, c’est plus fort que moi. Sans vouloir me psychanalyser, je n’ai jamais connu mes grands-parents, mes enfants n’ont à peu près pas connu les leurs. Je pense que c’est un manque dans ma vie que j’essaie de combler, et je trouve que les ados et les aînés peuvent beaucoup s’apporter les uns aux autres. Dans <em>L’Autre Bout du monde</em>, c’est l’histoire d’un <em>road trip</em>, complètement différent de <em>Rap pour violoncelle seul</em>, mais c’est vrai que Mira est une adolescente, accompagnée de Marguerite, plus âgée. Dès que tu écris pour des ados, la quête de soi, ça revient évidemment : je pense que ça fait partie de cette étape-là de la vie.</p>



<p><strong>LD </strong>: <em>Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire </em>L’Autre Bout du monde<em>?</em></p>



<p><strong>MP </strong>: Premièrement, j’adore les <em>road trips</em>, j’adore les films comme <em>Thelma et Louise </em>ou <em>Little Miss</em> <em>Sunshine</em>. J’avais le goût d’écrire avec de la matière. Dans la vie, un livre qui est un <em>road trip </em>– mais j’écris sur ce qui me dérange. J’écoutais les nouvelles et encore un féminicide, encore des histoires de relations toxiques… Je me disais : «Voyons, on dirait que ça ne change pas.» C’est un peu ça, ma prémisse, de constater que tu peux être une femme de 70 ans et avoir vécu une relation toxique dans ta jeunesse alors que tu peux le vivre quand tu n’as même pas 20 ans. C’est un peu différent, mais les formes se ressemblent. J’avais envie d’un <em>road trip </em>féministe qui parle quand même du droit des femmes, mais je ne voulais pas que ça soit lourd. Oui, il se passe des choses un peu graves, mais j’essaie que ce soit quand même agréable, qu’on prolonge l’été sur la route. C’est toujours mon souci de faire passer des messages, des choses qui me tiennent à cœur, mais sous des histoires qui paraissent quand même légères.</p>



<p>Maryse Pagé offre une fois de plus un roman haut en couleur, qui s’adresse aux jeunes… et aux moins jeunes. Trouvez Mira et Marguerite dans <em>L’Autre Bout du monde </em>en librairie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/lautre-bout-du-monde-un-periple-pour-prolonger-lete/" data-wpel-link="internal">L’Autre Bout du monde : un périple pour prolonger l’été</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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