<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Lysa Bélaïcha - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/author/lysa-belaicha/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/author/lysa-belaicha/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Feb 2021 19:51:07 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Quand «Speak white» resurgit en 2020</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/quand-speak-white-resurgit-en-2020/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lysa Bélaïcha]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Dec 2020 15:05:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[Études québécoises]]></category>
		<category><![CDATA[francophone]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[McGill en français]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=40073</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le silence du français à McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/quand-speak-white-resurgit-en-2020/" data-wpel-link="internal">Quand «Speak white» resurgit en 2020</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Je fais une mineure en études québécoises. Au début de la session, j’ai écrit à ma professeure pour lui demander si je pouvais participer en français dans son cours. Je tenais à savoir si elle n’avait pas d’objection, puisqu’évidemment, certains professeurs ne comprennent pas le français. Elle m’a répondu qu’elle n’avait aucun problème avec cela.</p>



<p>La semaine dernière, mon amie Catherine et moi avons posé une question en français à une déléguée générale québécoise invitée dans le cours. Celle-ci<strong><span class="has-inline-color has-edito-color"> </span></strong>a décidé de nous répondre en français.&nbsp;</p>



<p>Puis, dans l’onglet<strong> </strong>discussion sur Zoom, un étudiant bilingue a mentionné que les non-francophones apprécieraient que les questions<strong style="user-select: auto;"><span class="has-inline-color has-societe-color" style="user-select: auto;"> </span></strong>et les réponses soient faites en anglais.&nbsp;Près d’un demi siècle après le poème de Michèle Lalonde, des étudiants de McGill se font dire de «speak white».</p>



<p>L’étudiant a débattu avec Catherine à savoir si le français pouvait être utilisé, considérant que d’autres étudiants ne le comprennent pas. Elle lui a répondu que l’invitée était francophone et qu’elle ne voyait pas pourquoi elle aurait dû se sentir obligée de lui poser une question en anglais. Après tout, nous sommes au Québec et le français y est la langue officielle. L’étudiant lui a répondu que nous sommes sur un territoire Mohawk et Anichinabé.&nbsp;</p>



<p>Après cet échange étourdissant, j’ai envoyé un courriel à ma professeure lui expliquant que ma langue maternelle est le kabyle, que mes parents m’avaient appris le français à un jeune âge et qu’ils n’ont jamais maîtrisé l’anglais. Qu’à l’âge de 16 ans, je suis partie à Ottawa pour une simulation parlementaire, que j’étais la seule fille francophone et que j’étais incapable de discuter avec les autres jeunes. Je me suis sentie exclue et me suis jurée que plus jamais cela ne m’arriverait.&nbsp;&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Même si McGill nous «permet» de nous exprimer en français, les francophones usent rarement de ce droit tant le climat n’est pas favorable</p></blockquote>



<p>En arrivant à McGill, moi qui croyais que le français y serait plutôt accessible, j’ai vécu un choc. Je ne comprenais pas mes enseignants et la lecture en anglais m’était impossible. Comme moi, plusieurs étudiants francophones de McGill disent qu’au Cégep, ils étaient des étudiants impliqués et participatifs. Mais depuis que nous sommes à l’université, nous avons le sentiment d’être invisibles, voire inexistants.&nbsp;</p>



<p>Même si l’on nous «permet» de nous exprimer en français, les francophones usent rarement de ce droit tant le climat n’est pas favorable. Plusieurs francophones sont gênés d’user de leur droit à parler cette langue, et ce, dans toutes les instances de l’université, puisque les anglophones y sont majoritaires et très souvent, unilingues.&nbsp;</p>



<p>J’ai terminé en lui disant que mon but n’était pas d’exclure les non-francophones. Les étudiants anglophones se doivent toutefois de comprendre le vécu des francophones. Bien que nous ayons choisi d’étudier en anglais, cela ne veut pas pour autant dire que nous maîtrisons l’anglais. Apprendre une langue est un long processus. Pour les francophones qui ont eu un parcours scolaire en français, il faut comprendre qu’arriver dans un environnement totalement anglophone peut être difficile. Cela demande une adaptation et de nombreux efforts pour réussir nos études.</p>



<p>Je comprends que McGill est une université anglophone et que certains étudiants croient, à tort, que Montréal est une ville bilingue et que, pour cela, les étudiants unilingues anglophones ne considèrent pas le français. Cependant, la réalité est tout autre. McGill a des règles qui nous permettent de faire nos évaluations en français. Il y a aussi la politique de bilinguisme qui permet aux étudiants d’intervenir dans la langue officielle qu’ils souhaitent et, ce, quelle que soit la langue dans laquelle le cours est donné. Cette politique est rarement mentionnée et je crois que cette information manque aux étudiants anglophones et francophones.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cette langue, nous nous devons de la préserver, elle fait partie de notre identité</p></blockquote>



<p>McGill est la meilleure université au Québec selon le classement des universités du <em><a href="https://www.timeshighereducation.com/student/where-to-study/study-in-canada" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Times Higher Education</a></em>. Or, plusieurs étudiants francophones s’épanouissent&nbsp;difficilement dans cette université, et cela revient à limiter leur accès à celle-ci. Je considère d’ailleurs que c’est une réelle discrimination à notre égard. En ne mettant pas en place des ressources pour que nous puissions réussir comme les anglophones, on reproduit exactement ce que la Révolution tranquille a tenté d’effacer, soit que les anglophones réussissent mieux et maintiennent leur place dans une élite au détriment des francophones.</p>



<p>Peut-être faudrait-il que davantage de professeurs comprennent minimalement le français dans cette institution? Peut-être faudrait-il que les professeurs mentionnent la politique de bilinguisme devant toute la classe pour éviter d’éventuels conflits? Peut-être, ainsi, créerons-nous une meilleure harmonie entre les francophones et les anglophones? Le fait de ne jamais mentionner le français, comme si à l’intérieur de l’université il était inexistant, contribue à l’effacer et à rendre inconfortables ceux qui souhaitent l’utiliser.&nbsp;</p>



<p>Ce n’est pas la première fois que je ressens une forme d’injustice en tant que francophone et j’avais besoin de dénoncer cette situation et de dire que, trop souvent, les francophones sont réduits au silence non pas par les règles, mais tout simplement parce que le climat ne le permet pas. À quoi bon avoir le droit de parler en français si personne ne nous comprend? C’est pour cette raison qu’il y a une gêne à parler cette magnifique langue qu’est le français. Le manque d’ouverture au français de certains étudiants vient du fait qu’il y a des lacunes au sein de l’université à faire la promotion de cette langue.</p>



<p>J’espère que les choses changeront et que tranquillement, les francophones prendront leur place dans les cours et les réunions, parce que nous sommes là et nous existons.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Cette langue, nous nous devons de la préserver, elle fait partie de notre identité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/quand-speak-white-resurgit-en-2020/" data-wpel-link="internal">Quand «Speak white» resurgit en 2020</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Professeur·e·s – étudiant·e·s : soyons connecté·e·s</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/la-jeunesse-debrouillarde-et-brillante-que-nous-sommes-a-bien-reussi-a-passer-au-travers-de-la-premiere-vague-mais-la-nous-avons-besoin-de-vous-les-profs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lysa Bélaïcha]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 13:22:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=38623</guid>

					<description><![CDATA[<p>Coco plein, Google Docs vides et micro éteint.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/la-jeunesse-debrouillarde-et-brillante-que-nous-sommes-a-bien-reussi-a-passer-au-travers-de-la-premiere-vague-mais-la-nous-avons-besoin-de-vous-les-profs/" data-wpel-link="internal">Professeur·e·s – étudiant·e·s : soyons connecté·e·s</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>J’ai toujours trouvé le campus de l’Université fatiguant.</p>



<p>Devoir changer de bâtiment entre chaque cours. Courir parce que je n’ai que 10 minutes de pause. Avoir l’impression de faire une randonnée tant les rues du campus sont à‑pic. Marcher dans le froid. Glisser sur les trottoirs qui appartiennent à la Ville ou à l’Université… Je ne sais plus, tellement le campus est grand.&nbsp;</p>



<p>Tout ça pour vous dire qu’aller à l’école physiquement, je trouve ça fatiguant.&nbsp;</p>



<p>Lorsqu’en mars le confinement a commencé, McGill n’a pas donné de cours durant environ deux semaines. La reprise a donc été plutôt difficile, mais, bon, il fallait s’y faire. Il fallait bien la terminer, cette session.&nbsp;</p>



<p>En septembre, j’étais motivée. J’avais même décidé de suivre cinq cours à l’automne et à l’hiver. Habituellement, je n’en suis que quatre et c’est suffisamment exigeant. Je m’étais dit que le temps que je gagnerais à ne pas me déplacer, je l’investirais dans un autre cours, pour finir mes études plus vite, pour fuir l’Université plus vite.&nbsp;</p>



<p>La réalité m’a vite rattrapée. Quelques semaines après le début des cours, je réalise que la charge de travail est surprenante. Les professeur·e·s nous demandent de participer à de nombreux forums de discussion, parfois plusieurs fois par semaine, comme si c’est quelque chose d’éducatif ou de plaisant. Mais écrire seul·e à son ordinateur n’a rien de stimulant.&nbsp;</p>



<p>Chaque jour, je n’ai hâte qu’à une chose, dormir. J’ai hâte que le soir arrive pour que je puisse enfin fermer mes écrans. Me libérer.&nbsp;</p>



<p>Récemment, j’ai perdu la vue pendant quelques heures. Je ne voyais plus rien. Tout était devenu noir. J’ai cru que j’étais devenue aveugle. Entre nos lectures qui sont presque toutes en ligne, nos participations obligatoires à des forums de discussion, qui souvent ont une pondération beaucoup trop importante, et nos cours; les étudiants universitaires passent beaucoup trop d’heures devant leur écran sans pouvoir se divertir. Cela a un effet sur notre santé physique; maux de dos, de cou et de tête.&nbsp;</p>



<p>Je vois, bien sûr, beaucoup d’avantages à étudier à distance. Nous réduisons nos déplacements et les coûts liés à ceux-ci, nous réduisons nos dépenses et notre consommation, nous pouvons dormir plus longtemps et je dirais même que nos enseignant·e·s sont plus accessibles par Zoom puisque nous pouvons leur poser des questions directement dans la section «discussion».&nbsp;</p>



<p>Je crois que si nous pouvions sortir, voir des ami·e·s, étudier dans les bibliothèques et les cafés, cette expérience de télé-étude seraient bien moins pénible. C’est le fait de toujours être enfermé·e·s et seul·e·s qui nous exaspère, nous dégoûte, nous déprime et nous décourage.&nbsp;</p>



<p>Les temps sont durs pour tout le monde, autant pour les professeur·e·s que pour les étudiant·e·s. À mon avis, toutes les charges de cours devraient être allégées pour les étudiant·e·s. J’espère que le bien-être physique et mental des étudiant·e·s est une priorité pour les établissements d’enseignement supérieur. La jeunesse débrouillarde et brillante que nous sommes a bien réussi à passer au travers de la première vague, mais là, nous avons besoin de vous, les profs.</p>



<p>L’un de mes professeur·e·s nous a dit que l’Université avait demandé, mais pas obligé, les professeur·e·s à donner des cours en ligne pour un maximum de 90 minutes par semaine. Sur mes cinq professeur·e·s, un seul respecte cette demande et je remarque que mes notes de cours sont mieux prises et mon attention est ininterrompue. Je crois qu’enseigner 90 minutes est raisonnable. Dans mon programme de science politique – et je ne parle que pour mon programme – je crois que les professeur·e·s ont toutes les compétences pour être bref·ève·s, concis·es et efficaces dans leur enseignement.</p>



<p>Nous avons besoin de votre compassion, de votre compréhension et de votre participation. La meilleure des qualités qui soit en ce moment est celle de l’adaptation, et je remercie mes professeur·e·s qui ont adapté le plan de cours au fil des semaines afin d’alléger la charge de travail. J’aimerais dire que vous êtes et avez toujours été des piliers dans l’éducation de la société. Aujourd’hui, en ces temps de pandémie, vous vous devez d’être nos allié·e·s. Nous nous devons d’être connecté·e·s à nos réalités.&nbsp;</p>



<p>Je ne crois pas que cela affecterait la qualité de notre apprentissage. Au contraire, nous serions plus concentré·e·s, plus captivé·e·s et plus déterminé·e·s durant nos cours, car avouons-le, rares sont ceux ou celles qui écoutent le professeur après une heure de cours, surtout lorsque nous pouvons fermer notre micro et notre caméra.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/10/27/la-jeunesse-debrouillarde-et-brillante-que-nous-sommes-a-bien-reussi-a-passer-au-travers-de-la-premiere-vague-mais-la-nous-avons-besoin-de-vous-les-profs/" data-wpel-link="internal">Professeur·e·s – étudiant·e·s : soyons connecté·e·s</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
