<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Lucas Roux - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/author/lucas-roux/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link></link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Mon, 28 Nov 2011 03:43:28 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Du baume au cœur</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/11/27/du-baume-au-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lucas Roux]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Nov 2011 03:43:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[bicyclette]]></category>
		<category><![CDATA[BIXI]]></category>
		<category><![CDATA[chauffage]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[hibernation]]></category>
		<category><![CDATA[hiver]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[neige]]></category>
		<category><![CDATA[vélo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=10078</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les feuilles sont à peine tombées que Montréal porte déjà son manteau blanc.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/11/27/du-baume-au-coeur/" data-wpel-link="internal">Du baume au cœur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’hiver s’installe et c’est donc les pieds sur le chauffage que j’en viens à parler d’hibernation: pas celle des écureuils (ils l’ont oubliée), mais bien celle des bicyclettes.</p>
<p>Avec les premiers flocons, ce ne sont pas que les jupes qui sont rangées au placard. Pour beaucoup, l’hiver sonne aussi le glas des coups de pédales, et bien des vélos passeront les fêtes au chaud, dans le hall ou au sous-sol.</p>
<p>Face à la neige et au froid, la fidèle monture des jours d’été ne semble plus de taille. Et pourtant, qu’est-ce qu’un peu de neige sinon un gros tas de fun! Certes, ça glisse, mais le sol meringué de neige saura vous envelopper des bonnes grâces de la nature.</p>
<p>La température? Une fois les mains et les oreilles emmitouflées, il n’y a plus que la pilosité nasale qui gèle. Et puis les jambes ne tournent pas pour rien, elles libèrent de l’énergie, de la chaleur. C’est bien fait, le corps humain.</p>
<p>D’accord, il y a le trafic qui menace de ses grosses roues. Mais une bonne lumière suffit à les garder à distance. Le reste, ce n’est qu’un test de patience.</p>
<p>Ah oui, il y a les cris des Rob Ford de ce monde, qui courent les rues dans Montréal la blanche. «On n’est pas en Floride icitte, on n’a pas douze mois l’an pour rouler à bicyclette.» Eh bien si, justement. On a le même calendrier, non?</p>
<p>Pédaler l’hiver, c’est plus délicat que le reste de l’année. Mais conduire l’hiver, c’est bien pareil! Pourtant personne ne s’insurge quand une file de chars patinent et se rentrent dedans.</p>
<p>Un poids, deux mesures, comme cette résolution des Jeunes libéraux qui sous-entend une application plus sévère du Code de la sécurité routière envers les cyclistes. Une question de «justice sociale», qu’ils disent.</p>
<p>Mais chaque jour des millions d’automobilistes font fi des lumières rouges, des arrêts et des limites de vitesse, et en toute impunité. Pas de résolution pour eux.</p>
<p>Tant que les bicyclettes disparaîtront des rues de la ville dès que le temps se gâte, les mauvaises langues pourront toujours parler du vélo comme d’un hobby aux yeux plus gros que le ventre.</p>
<p>Puis Montréal sera pognée dans son approche récréative des infrastructures cyclables. Quinze pistes au bord du fleuve, si scénique, mais une seule qui descend de Laval, et sans lumières synchronisées (quand je parlais de test de patience!).</p>
<p>Sans compter que venu novembre, pouf, il n’y a plus rien, ou si peu.</p>
<p>Alors il faut continuer d’enfourcher la selle, qu’il neige, grêle, ou que sais-je! Quitte, peut-être, à boire un verre avant, ou deux, histoire de se donner un peu de baume au cœur.</p>
<p>Sur ce, cette chronique tire sa révérence pour l’année. Si vous me retrouvez en janvier, ce sera depuis la Suède, où des files de cyclistes bravent déjà la neige en tenue de soirée –l’esprit viking, sans doute.</p>
<p>En tout cas, je vous raconterai ça. D’ici là, à la vôtre!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/11/27/du-baume-au-coeur/" data-wpel-link="internal">Du baume au cœur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Réflexions de fonds de tiroir</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/11/15/reflexions-de-fonds-de-tiroir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lucas Roux]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Nov 2011 13:56:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[police anti-émeute]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=9703</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’entrée de la police anti-émeute sur le campus jeudi dernier est devenue le compendium émotionnel d’un simulacre de choc intellectuel, avec rythmes pink floydiens en fond.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/11/15/reflexions-de-fonds-de-tiroir/" data-wpel-link="internal">Réflexions de fonds de tiroir</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Je dis simulacre parce que si chaque bord aime se penser à l’opposé de l’autre, en réalité les deux jouent de la même orthodoxie idéologique, celle des marchés et de leur hégémonie intégrale.</p>
<p>Tous se battent pour l’espoir d’une vie confortable, pour l’espoir de voir ces quelques années de pénitence sur les bancs de l’université fleurir en une belle carrière. D’un côté, il y a ceux qui voient leurs aspirations menacées par l’épuisement des fonds et la dévaluation de leur diplôme; de l’autre, ceux qui craignent pour leur seul accès à ces mêmes aspirations.</p>
<p>Tous se battent pour une place de choix dans la nouvelle économie des cerveaux. Les études universitaires sont une marchandise –gratuite, abordable ou chère– qu’on acquiert dans le but premier de l’échanger contre une position enviable dans notre société capitaliste. Dans ce contexte, aucun bord n’a le monopole des bonnes intentions, et aucun n’a le mérite de l’ambition intellectuelle.<br>
L’éducation dite supérieure est donc un moyen, pas une fin, une simple étape sur le chemin de la vie, aussi longue puisse-t-elle devenir pour certains d’entre nous. Si l’on en faisait une fin en soi, l’éducation dévierait de l’efficacité des marchés. Elle abdiquerait son instrumentalité et deviendrait sa propre locomotive. De fait, elle ne promettrait plus forcément l’espoir d’avancement social qu’on lui connaît.</p>
<p>Peut-être que ce ne serait pas une mauvaise chose. Je ne remets pas en question les succès du capitalisme, surtout pas dans le domaine du savoir, pas plus que je ne répudie sa pertinence contemporaine. Seulement nous sommes rendus à un point où le soulas social se résume à des chimères libérales. Une poursuite dévotieuse du savoir animerait la société d’une vocation collégiale qui nous serait certainement salutaire.</p>
<p>Encore faudrait-il pour cela que l’on s’accorde à considérer le savoir en marge de la logique capitaliste qui dicte nos vies depuis les politiques d’austérité jusqu’à nos désirs inconscients, et selon laquelle les universités sont réduites à l’échelle de simples industries. Ensuite seulement pourra-t-on regarder le savoir non plus comme un marché parmi d’autres, mais comme un legs universel, intemporel et digne plus que tout (si ce n’est de l’amour) de notre passion.</p>
<p>En attendant, je ne puis m’empêcher d’entendre résonner l’écho de la dame de fer, comme si sa prophétie se réifiait par elle-même: «il n’y a pas d’alternative».</p>
<p>Fiers étudiants que nous sommes, bien lotis dans une institution célébrée, l’ironie veut que nous retenions nos propres idéaux tels des réflexions de fonds de tiroir. Comme quoi, nous avons encore perdu une belle occasion de cogiter aussi loin que nous aimons nous en vanter.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/11/15/reflexions-de-fonds-de-tiroir/" data-wpel-link="internal">Réflexions de fonds de tiroir</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Virage à babord</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/11/01/virage-a-babord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lucas Roux]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 18:44:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[brian topp]]></category>
		<category><![CDATA[jack layton]]></category>
		<category><![CDATA[npd]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Conservateur]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=9447</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les progressistes avaient matière à se faire un sang d’encre suite au décès de Jack Layton. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/11/01/virage-a-babord/" data-wpel-link="internal">Virage à babord</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Nouveau Parti démocrate aurait pu sombrer avec son capitaine, sans que la vague orange ne puisse les pousser jusqu’aux rivages de la gouvernance. Mais le parti a bravé la tempête, le vent toujours en poupe.</p>
<p>Aussi Stephen Harper a‑t-il chargé son sous-fifre au ministère du Travail, Lisa Raitt, de tirer des coups de semonce sur la gauche. D’abord Postes Canada, puis Air Canada, la cible syndicale est assez claire merci. Sans prendre de gants, Raitt souhaite insérer l’économie au chapitre des services essentiels dans le Code du travail –ou comment neutraliser le droit de grève!</p>
<p>De toute évidence, les conservateurs sont décidés à protéger le fort: il n’y aura aucune reddition, aucune négociation. Comme promis, donc, le Parlement se polarise, et Ottawa pourrait bien devenir l’épitomé d’un Canada plus baveux qu’à l’habitude. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose: passée la torpeur centriste, peut-être que des lueurs de courage politique perceront le brouillard de guerre. D’ailleurs Brian Topp a été le premier à épater la galerie en prêchant une hausse générale des impôts. Évidemment, c’était un secret de polichinelle, mais pour une fois qu’on ne nous prend pas pour des gros colons!</p>
<p>Certes, monsieur Topp marche dans les pas des indignés. Toutefois son ambition de hausser la Taxe sur les produits et services témoigne de son sérieux: les taxes à la consommation ont beau être impopulaires, elles sont aussi les plus progressives. Courage, bon sens: même combat.</p>
<p>À n’en pas douter, les spin doctors de Stephen Harper vont s’en donner à cœur joie. Mais si l’antisyndicalisme fait encore des heureux, la diabolisation des impôts ne prend plus: dans le Pot-au-noir financier, mieux vaut être tous dans le même bateau que seul sur une chaloupe (chose qu’on oublie vite sous le soleil).</p>
<p>Dans un sens, la disparition du «bon Jack» offre au NPD l’opportunité de rester dans le feu de l’action. Avec la course à la chefferie, le parti est certain de garder un pupitre dans les médias, à défaut d’avoir son mot à dire quant à la gouvernance du pays.</p>
<p>Les Canadiens auront donc la chance d’être formellement introduits au b‑a ba de la social-démocratie, Canuck-style. Peggy Nash, Thomas Mulcair, Romeo Saganash, Nathan Cullen ou Paul Dewar, tous devront peindre l’horizon 2015 en orange, comme l’aurore d’un jour nouveau: égalitaire, transparent, tolérant et durable.</p>
<p>Bien sûr, on s’attend à désenchanter sans tomber des nues, on s’attend à ce que les feux de la rampe brûlent les ailes du parti. «Une firme proche du NPD a reçu de l’argent du fédéral pour les funérailles de Layton» apprend-on dans les journaux. Ah! «La compagnie a réalisé le travail pour 6 000$ de moins que ce qui leur avait été alloué». Oh…</p>
<p>C’est du neuf, et il faut que ça continue. Le NPD doit remuer la houle idéologique du pays pour éviter les eaux dormantes qui ont conduit nos voisins d’en bas dans le marécage. L’Institut Broadbent, ce nouveau think-tank de gauche, devrait produire les premiers remous. À nous de nager dans les vagues.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/11/01/virage-a-babord/" data-wpel-link="internal">Virage à babord</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une question de complexes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/10/18/une-question-de-complexes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lucas Roux]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 14:57:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[chirurgie plastique]]></category>
		<category><![CDATA[conservateurs]]></category>
		<category><![CDATA[Diefenbaker]]></category>
		<category><![CDATA[Harper]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Conservateur]]></category>
		<category><![CDATA[politique nationale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=8981</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Canada passe sous le bistouri cet automne, pour un lifting du faciès. Un lifting à rebours, en fait, puisque la Couronne britannique revient dans les bonnes grâces de l’imagerie canadienne.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/10/18/une-question-de-complexes/" data-wpel-link="internal">Une question de complexes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme si le pays trouvait son visage trop lisse, et s’ennuyait de ses rides.</p>
<p>La presse a ridiculisé d’une voix ce complexe soudain. De fait, l’opération semble rivaliser de bêtise avec l’émulation du culte carcéral américain à l’encontre des alizés statistiques.</p>
<p><em>Le Devoir</em>, notamment, y voit un «écran de fumée masquant des enjeux prioritaires négligés». Bob Rae, lui, discerne l’expression d’une «vulnérabilité» conservatrice. Mais c’est bien tout le contraire!</p>
<p>Plus qu’un simple maquillage, c’est une véritable chirurgie, un effort concerté des Conservateurs pour calquer l’imaginaire national sur un nouveau «parti naturel du Canada».</p>
<p>D’abord, cet élan de britannicité paraît paradoxal. Après tout, la base Conservatrice n’est-elle pas américanophile, suffisamment téméraire pour embrasser sans remords les mœurs de l’Oncle Sam?</p>
<p>Pour élucider la chose, il faut regarder le grand tableau et remonter la généalogie conservatrice, jusqu’à John G. Diefenbaker puis John A. Macdonald. En fait, jusqu’au passé anglophile de cette famille politique.</p>
<p>La stratégie harperite entend dépoussiérer le fil bleu de l’histoire pour rendre la monnaie de sa pièce à l’ex-hégémonie libérale. En reconquérant leur britannicité ancestrale, les Conservateurs espèrent envahir la mémoire canadienne.</p>
<p>Ainsi, la nouvelle carte de visite de John Baird (brodée d’or!) n’est pas anodine: elle omet le «bâtiment Lester B. Pearson» de l’adresse du bureau chef des Affaires Étrangères, tandis qu’en parallèle un nouvel édifice ministériel a été inauguré au nom de… John G. Diefenbaker!</p>
<p>Le mandat du <em>Chief</em> Diefenbaker est serré au milieu d’un demi-siècle de règne libéral. Îlot bleu dans un océan rouge, les Conservateurs n’ont pas d’autre choix que de le maintenir à flot dans la mémoire nationale, preuve qu’ils ont traversé le temps sans sombrer.</p>
<p>Justement, de toutes les positions politiques de Diefenbaker, c’est l’identité britannique qu’il soutînt avec le plus d’éloquence. Sans doute les chirurgiens plasticiens du Canada espèrent-ils rendre le pays plus au goût du défunt premier ministre, et ainsi réclamer son héritage.</p>
<p>Mais ce serait oublier l’ultime (et épique) campagne du <em>Chief</em>, qui s’opposa bec et ongles, jusqu’aux confins de l’hiver, à l’adoption de l’unifolié, celui-là même que les Conservateurs, dans un énième emprunt de ce que les États-Unis ont de moins bon à offrir, viennent de sacraliser!</p>
<p>Alors Harper aurait beau ordonner qu’on sculpte, au scalpel, le visage du Canada comme un sosie d’Élisabeth II –ce qu’il fait déjà, dans un sens, en ornant chaque ambassade d’un portrait régal– Diefenbaker ne se laisserait pas séduire pour autant, lui qui voyait dans l’unifolié, et non sans raison, une pure ingénierie Libérale.</p>
<p>Les Conservateurs ne sont donc pas les premiers à forcer la symbolique historique de leur bord. Du coup, si l’on ne veut pas perdre la tête devant le visage janusien du pays –et si je puis me permettre d’écrire la chute la plus mièvre jamais publiée dans ce journal– il est crucial que l’on sache aller au-delà des apparences.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/10/18/une-question-de-complexes/" data-wpel-link="internal">Une question de complexes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Crise de foi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/10/04/crise-de-foi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lucas Roux]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 13:05:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Drainville]]></category>
		<category><![CDATA[Jocelyn Desjardins]]></category>
		<category><![CDATA[Plan Nord]]></category>
		<category><![CDATA[PLQ]]></category>
		<category><![CDATA[politique nationale]]></category>
		<category><![CDATA[PQ]]></category>
		<category><![CDATA[Sylvain Pagé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=8820</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y a du monde au portillon pour libérer le Québec de son joug trinitaire: corruption, chicane et cynisme. Tous y vont de leur manifeste pour une réforme institutionnelle qui saura purifier l’ordre politique et reconvertir la population.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/10/04/crise-de-foi/" data-wpel-link="internal">Crise de foi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Assemblée Nationale est rentrée sous le son de cloche de réformateurs comme Jocelyn Desjardins, qui réclame une politique «sans liturgie de la parole et sans génuflexion à des chefs».</p>
<p>Le temps serait venu, semble-t-il, de contourner une hiérarchie parlementaire rendue trop aride, de jeter la chape partisane et d’embrasser une démocratie plus directe.</p>
<p>Ces réformateurs voudraient brider la machine organisée des partis pour qu’enfin le peuple devienne, selon le sermon du péquiste Bernard Drainville, «le plus puissant lobby au Québec».</p>
<p>Amen.</p>
<p>Forcément, tous ces prophètes de l’ingénuité s’imaginent auréolés une fois sous les feux de la rampe. Je pense surtout à Sylvain Pagé, si fier de n’avoir jamais applaudi ses collègues dans le salon bleu. Un vrai puritain!</p>
<p>De toute évidence, la Colline parlementaire est en pleine absolution: les élus se repentissent de leur prosélytisme partisan et cherchent le miracle qui inversera le fameux déficit démocratique.</p>
<p>Abandon de la ligne de parti, élection du premier ministre par suffrage universel, référendum d’initiative populaire, comité de révocation –calvaire, il y aurait de quoi placarder 95 thèses sur les portes de l’Assemblée!</p>
<p>Pourtant, ce ne sont pas les partis politiques en tant que tels qui trahissent l’essence de nos institutions –on tient le mauvais Judas!– mais bien leur cristallisation autour de l’éternelle et épineuse question nationale.</p>
<p>Indépendant, le Québec, ou pas? C’est le clivage suprême de l’arène politique québécoise. Grosso modo, les fédéralistes d’un bord, les souverainistes de l’autre.</p>
<p>Cette dichotomie toute-puissante a créé deux grandes congrégations partisanes qu’on ne peut séparer qu’à travers le prisme inflexible de leur position respective.</p>
<p>Autrement, le PQ comme le PLQ sont des pots-pourris de socio-démocrates, de socio-libéraux et de néo-libéraux. Du coup leur avant-garde se défend bien d’articuler une véritable vision sociale.</p>
<p>D’où cette politique ad hoc et insipide –il n’y a qu’à regarder le Plan Nord, ce soi-disant «projet d’une génération» qui finalement ne changera rien et pour personne, ou presque.</p>
<p>En y réfléchissant bien, les excès de partisanerie paraîtraient comme un moindre mal si les deux pontifes de la scène politique savaient inspirer plus qu’un noyau de fidèles.</p>
<p>À première vue, le salut viendrait de ces partis qui cultivent leur identité en marge de l’abysse constitutionnel qu’est la question nationale. Québec Solidaire, notamment, qui insiste sur son programme égalitariste, ou l’ADQ avec sa stratégie nataliste.</p>
<p>Mais tous seraient poussés au pied du gouffre, d’un bord ou de l’autre, dès que la gouvernance leur serait envisageable. Cela vaut également pour le parti pas-né du fameux (fumeux?) François Legault, quoi que celui-ci en dise.</p>
<p>Ou alors y a‑t-il suffisamment de fédéralistes prêts à vivre sous une épée de Damoclès, prêts à élire, et travailler avec des souverainistes?</p>
<p>Ça prendrait une sacrée dose de confiance, ou plutôt… un acte de foi!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/10/04/crise-de-foi/" data-wpel-link="internal">Crise de foi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cours de suédois</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/09/20/cours-de-suedois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lucas Roux]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Sep 2011 13:25:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[amérique du nord]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique fédérale]]></category>
		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Politique provinciale]]></category>
		<category><![CDATA[suède]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=8513</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les temps sont durs pour ceux qui tiennent une chronique politique: il n’y a rien à se mettre sous la mine.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/20/cours-de-suedois/" data-wpel-link="internal">Cours de suédois</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On attend des aficionados de l’affaire publique qu’ils se satisfassent, au choix, de promesses d’action contre l’empire malfaisant de la construction, ou d’énièmes prophéties nostradamussiennes sur l’avenir de la langue française à Montréal. Que du réchauffé, en somme.</p>
<p>Est-ce trop demander à la montgolfière politique que de cesser de pomper l’air chaud puis de redescendre un peu sur terre? «Plus facile à dire qu’à faire» entends-je. Allons, un peu d’aplomb, il suffit d’un mot, lourd de sens: allemansrätt (prononcez-le comme il s’écrit: dans la douleur.)</p>
<p>Alle-mans-rätt ou every-man’s‑right, c’est le Suédois pour «droit de tout un chacun», le piédestal juridique pour une Mecque du plein air. En fait, l’allemansrätt assujettit toute la campagne suédoise au droit universel de passage, bivouac et cueillette. Il est donc parfaitement légal, en Laponie mettons, d’enjamber une clôture et de planter sa tente pour la nuit, sans en toucher mot aux propriétaires.</p>
<p>Évidemment, les terres agricoles et les alentours immédiats des résidences sont hors limites. Il n’empêche que l’allemansrätt ouvre presque l’entièreté du territoire naturel aux trekkeurs endurcis comme aux campeurs d’un soir, pourvu qu’ils soient propres et discrets. Les Suédois sont aussi attachés à ce droit coutumier qu’à IKEA, si bien qu’ils l’ont réifié dans leur constitution.</p>
<p>Pourquoi pas chez nous? Les coureurs des bois occupent une place centrale dans le folklore national, alors les Québécois devraient l’avoir dans le sang, cet allemansrätt!</p>
<p>D’ailleurs on le sait, l’air champêtre éclaircit les idées comme par sélection naturelle. Quel mcgillois aux méninges surmenées ne rêve pas du plein air aux portes de Montréal, d’un réveil au milieu de la rosée, dans une clairière sur le chemin de Chambly?</p>
<p>Au fond, l’allemansrätt démocratise la nature et son aura thérapeutique: c’est un peu comme un service public, et pour pas une piastre. Puisqu’on grafigne déjà les droits individuels pour profiter d’une langue, on peut bien faire une petite entorse à la propriété pour profiter de la nature.</p>
<p>Vraiment, la constellation de l’espace public en Amérique du Nord n’a rien de stellaire: des routes ici, quelques parcs là. Le continent est presque impénétrable, car partout il y a des clôtures réelles ou imaginaires qu’on ne peut pas légalement enjamber. C’était pareil au Royaume-Uni –l’épicentre des enclosures– mais depuis le pays a voté un parhélie de l’allemansrätt et a rejoint le wagon scandinave.</p>
<p>Ça ne prend donc pas tellement de palabres: juste un mot, allemansrätt. On s’habitue même à le dire à force. Mais surtout, ce seul mot changerait le monde pour bien des gens.</p>
<p>Changer le monde: ça ferait changement, tiens!</p>
<p>Pendant ce temps à l’Assemblé Nationale, ça remue le ciel à la recherche de miracles pour tout mais surtout pour rien, puis ça passe ses vacances sur le yacht de Tony Accurso, pas sous la tente. Du coup, au Québec, il n’y a encore que les compagnies gazières qui vont où bon leur semble.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/20/cours-de-suedois/" data-wpel-link="internal">Cours de suédois</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le bunker Burnside</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/09/13/le-bunker-burnside/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lucas Roux]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Sep 2011 13:45:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[bâtiments]]></category>
		<category><![CDATA[burnside]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=8338</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit va au-delà des apparences et explore le vilain petit canard du campus.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/13/le-bunker-burnside/" data-wpel-link="internal">Le bunker Burnside</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Une fois le portail Roddick franchi, le regard voudrait se poser sur les colonnades néo-grecques du musée Redpath ou sur le fronton toscan du bâtiment des Arts, mais la stature aérienne de Burnside attire l’œil comme un aimant. Avec sa structure en plaques de béton moulé et sa façade de béton renforcé, la tour ne démérite pas son sobriquet de «bunker».</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 200px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Burnside1.jpg" data-wpel-link="internal"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-8441" title="Burnside1" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Burnside1-200x300.jpg" alt width="200" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Hannah Palmer</span>		</figcaption>
	</figure>
Bloc austère troué par treize rangées de meurtrières verrées, Burnside fait grise mine à côté de l’autorité clinique de Otto Maass ou des symétries classiques des siamois Macdonald. Le bunker est bien le rejeton de la décennie 1960, de ses aspirations progressistes et de son climat fonctionnaliste, anti-bourgeois. C’était la Révolution tranquille, et la police anti-émeute veillait à l’entrée du campus, devant un mouvement de francisation en branle.
<p>En architecture, l’audace de Le Corbusier avait lancé le Brutalisme, ce culte du béton, à la conquête d’un monde pressé et assoiffé de constructions à bas coûts. Beaucoup s’en mordent les doigts aujourd’hui. «La Luftwaffe a au moins eu la grandeur, lorsqu’ils détruisirent nos bâtiments, de ne les remplacer que par des ruines, et rien de plus laid», s’est un jour indigné le prince Charles. Les angles droits et froids de Burnside ont beau se fondre dans le gris du ciel hivernal, ils n’ont jamais plu à personne.<br>
</p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Burnside.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-8443" title="Burnside" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Burnside-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Hannah Palmer</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Le département de Géographie y a emménagé au mois de février 1971, en pleine tempête de neige, rejoint plus tard par les départements de Mathématiques et des Sciences atmosphérique et océanique. Les étages supérieurs, aux couloirs étroits et aux néons flavescents, sont à peine égayés par quelques blagues scientifiques épinglées aux portes—«je suis ta moitié statistiquement significative» ou «le cercle bureaucratique est plus long que la route directe par un facteur pi».<br>
</p><figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Burnsideinterior.jpg" data-wpel-link="internal"><img decoding="async" class="size-large wp-image-8447" title="Burnsideinterior" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Burnsideinterior-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Hannah Palmer</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Au sous-sol, la fraîcheur des rangs de casiers ceinture une poignée de salles de classes. «Je viens déposer mes affaires, puis je fuis», avoue Malcolm, étudiant à la Faculté des Arts, visiblement peu convaincu par l’atmosphère presque minière du bas-fond de Burnside. Il y a bien quelques sofas, de la chaleur humaine et une cafétéria qui vend des plats chauds pour pas grand-chose, mais il manque de lumière.</p>
<p>C’est derrière le portail vitré de la bibliothèque Walter Hitschfeld que Burnside exhibe finalement ses agréments. La grande salle surplombe tout juste la cime des arbres du Lower Field, si bien qu’elle paraît suspendue au-dessus d’une canopée. Des globes immobiles y trônent, assis sur des tiroirs de cartes. Sur les murs, et en évidence, Charles Lindbergh pose en affiche, réminiscence d’un temps où la science était d’abord une aventure.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Burnside3.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8445" title="Burnside3" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Burnside3-595x396.jpg" alt width="595" height="396"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Hannah Palmer</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>Dehors, au sol, Burnside est isolé, comme en quarantaine, le vilain du campus. Seul le merveilleux Jardin Roulant, chaque année plus luxuriant, se risque dans sa vicinité. Culture en terrasse, carrés potagers et plantes grimpantes… Antoine de Saint-Exupéry, un autre aviateur et poète, y devinerait une forêt invisible se préparant à bousculer un peu tout ce béton. La nature, quant à elle, ne fait jamais de fautes de goût.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/13/le-bunker-burnside/" data-wpel-link="internal">Le bunker Burnside</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>À eux la route!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/09/06/a-eux-la-route/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lucas Roux]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Sep 2011 17:28:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[cyclisme]]></category>
		<category><![CDATA[Local]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[urbain]]></category>
		<category><![CDATA[vélo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=8252</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Délit infiltre une «masse critique», un raid de cyclistes hors normes qui veulent refaire le monde.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/06/a-eux-la-route/" data-wpel-link="internal">À eux la route!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dix-sept heures trente, le 26 août, carré Phillips. Une cinquantaine de cyclistes attendent impatiemment le départ de la masse critique, ce mouvement de protestation mensuel mondial dans lequel un peloton de bicyclettes occupe la largeur des rues le temps d’un tour improvisé d’une ville. À Montréal, sous le ciel bleu pastel de l’avant Irene, les cyclistes parlent de la météo, s’échangent des techniques de conduite dans la neige et parient sur l’itinéraire de la journée. Une fois le groupe jugé assez large, les premiers coups de pédale sont donnés, et déjà les plus zélés s’époumonent: «À qui la route? À nous la route!»</p>
<p></p><figure class="wp-caption alignright" style="max-width: 225px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Vélo2.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-8253" title="Vélo2" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Vélo2-225x300.jpg" alt width="225" height="300"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Louis-Philippe Tessier</span>		</figcaption>
	</figure>
Le nom de l’événement est inspiré de la masse critique d’un matériau fissile, la quantité nécessaire au déclenchement d’une réaction nucléaire en chaîne. Si un cycliste seul sera toujours tassé en bordure de route, un peloton suffisamment fourni peut s’approprier la chaussée. «C’est la Vélorution!» peut-on entendre dans le sillon des bicyclettes. Pendant la masse critique, les cyclistes détrônent l’automobile de son statut spécial dans l’espace public. «On occupe toute la route, on empêche les autos de passer» soutiennent les membres du peloton. La masse n’a pas l’habitude de fuir le trafic, donc le parcours se dessine par les grandes artères du centre-ville, de Sherbrooke à Mont-Royal. À l’origine, le peloton arpentait les rues qui avaient le plus besoin d’infrastructures cyclables; aujourd’hui, il file à côté de la piste de Maisonneuve, puis passe le nouveau sas à bicyclettes au coin de Milton et University. Comme le constate un cycliste de Providence, Rhodes Island, «Montréal est déjà très bien pour le vélo». Aussi la masse critique ne promeut-elle plus seulement un environnement cyclable sécuritaire, mais bien une vision durable de la société, avec le transport actif en son centre.
<p>C’est une gentille utopie qui se crée au rythme des tours de pédale: en l’espace d’une heure ou deux, les cyclistes font leur loi et roulent large. Le peloton n’obéit qu’aux règles de la prudence et de la décence. «Il faut jouer au plus serein» explique un des corkers, ces cyclistes qui se relaient pour bloquer la circulation aux intersections, le temps que le gros du peloton traverse sans encombre (on appelle corking, ou bouchonnage, l’action de bloquer la circulation). Les incidents sont très rares et les occasionnelles insultes sont accueillies avec une politesse caricaturale: «merci», «désolé» et «au revoir» se succèdent… et dans les deux langues officielles!</p>
<p>«Garder le sourire pour apprécier la ride, être dehors et s’amuser» c’est le mantra de Louis-Philippe, un participant assidu. «Les gens laisseront leur auto à la maison quand ce sera rendu trop frustrant, prédit-il, alors il faut montrer que nous, on a du plaisir.» L’étudiant de l’UQAM, au long visage enjoué, monte et descend le peloton pour distribuer des nez rouges. La masse critique prend alors des allures de foire ambulante. «On est souvent cent ou cent cinquante cyclistes» assure un habitué qui impute à la température, propice à un pique-nique au parc, le petit peloton de la journée. Témoignage des frasques de la parade, c’est la masse du mois d’octobre, aux saveurs d’Halloween, qui attire le plus de cyclistes –jusqu’à plus de deux cents– la plupart déguisés.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 595px">
			<a href="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Vélo1.jpg" data-wpel-link="internal"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8255" title="Vélo1" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2011/09/Vélo1-595x446.jpg" alt width="595" height="446"></a>		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/louis-philippe-tessier/?media=1" data-wpel-link="internal">Louis-Philippe Tessier</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>La gaieté de la manifestation assure probablement le retour de celle-ci à chaque mois et à chaque année, avec la connivence du Service de Police de la Ville de Montréal. «Ce n’est pas organisé, il n’y aucun leader, aucun trajet défini, la police ne peut rien contre nous» s’amuse un vieux de la vieille. Après avoir essayé les arrestations puis les escortes il y a des années déjà, le SPVM s’est résigné à ne pas mettre de bâtons dans les roues de la masse. «De toutes façons, on reviendrait tous les mois, soutient Louis-Philippe, et puis il y a trop de monde.» Alors les cyclistes célèbrent leur nouvelle (et éphémère) place sur la chaussée: «On ne cause pas le trafic, on est le trafic!» chantent-ils.</p>
<p>Rouler dans la masse critique est un exercice de solidarité. Du coureur en lycra au quinquagénaire en BIXI, le défi est de trouver le bon rythme pour conserver l’intégrité du groupe. Il y a toujours un noyau de participants expérimentés pour aiguiller la parade. Une fois le soleil sur l’horizon, le peloton s’affine vite, jusqu’à ne contenir que deux douzaines de cyclistes. Bientôt,&nbsp; une voix surgit de l’avant: «On s’en va au Vieux-Port!» Les rangs sont devenus trop minces pour occuper les grandes artères sans risquer l’accident. Déjà les corkers ont du mal à contenir les automobilistes, et les plus pressés risquent de se frayer un passage à travers le peloton. La fête touche à sa fin.</p>
<p>Les derniers cyclistes s’éparpillent à l’heure bleue, au bord du fleuve. «Pourquoi est-ce qu’on ne roule pas toutes les semaines?» s’interroge un nouvel initié, ravi de la ballade; «On ne serait plus les bienvenus, lui répond Louis-Philippe, ou alors il faudrait être plus nombreux». En d’autres termes, il manque encore un peu de masse avant la réaction en chaîne. Une fois seuls, sur le chemin du retour, les cyclistes retrouvent leur étroit couloir de tous les jours, en bordure de route, entre la circulation du vendredi soir et les portières des voitures stationnées. La masse critique, c’est l’histoire de Cendrillon: pour un soir, les cyclistes vivent leur rêve; pour un soir, la route est leur.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/06/a-eux-la-route/" data-wpel-link="internal">À eux la route!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Impossible d’être tranquille</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2011/09/06/impossible-d%e2%80%99etre-tranquille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lucas Roux]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Sep 2011 13:15:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[cyclistes]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[morceau de pipeau]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[pont Champlain]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=8149</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quatre mois que le soleil se lève au tintamarre des gros engins, pelleteuses, bétonneuses, excavatrices. Quatre longs mois que les bandes réfléchissantes des cols bleus accueillent les premiers rayons de lumière.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/06/impossible-d%e2%80%99etre-tranquille/" data-wpel-link="internal">Impossible d’être tranquille</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>(Vous sortez de chez vous, et vous croiriez surprendre un troupeau de chevreuils dans la pénombre, le derrière blanc dans les phares, la fougue en moins.) La vague néodémocrate de mai dernier à beau être en berne, Montréal l’été est toujours orange, orange fluo, orange cône, aussi sûr que la Grosse Pomme est jaune taxi.</p>
<p>Les trous sont bouchés maintenant, la peinture est fraîche, et l’île gagne une heure de sommeil, une heure de silence… jusqu’au ronron sourd de l’allumage de millions d’automobiles, qui embarqueront bientôt sur le bitume rafraîchi, les unes derrière les autres, une cohorte de fourmis sur les routes. Ouvrez la radio, à ct’heure qu’ils n’ont plus de chantiers à énumérer, il y aura bien de la musique ou un peu de rire. Pas même en rêve: c’est la rentrée politique! Tous ces points de presse, ils valent bien le marteau-piqueur.</p>
<p>C’est l’heure de troquer les yeux plissés et la peau brunie des travailleurs en construction pour les airs cireux et la langue boisée des politiciens.</p>
<p>Le monde a sacré, juré, pesté tout l’été après ces réfections de voirie, mais il en reste un gros bout, ou plutôt des gros bouts, plus très soudés, prêts à tomber: le pont Champlain. Les cyclistes prennent leur élan et retiennent leur souffle avant d’entrer dans son ombre, et ce ne sont pas les échafaudages de protection qui les rassureront. Vos élus, eux, vous offrent… un parapluie, ou plutôt une «délégation parapluie». Le Parti Québécois appelle à la réunion d’une coalition non partisane chargée d’agiter un peu plus fort le cochon tirelire du gouvernement fédéral –il est à eux le pont, après tout. Une coalition non partisane! C’tu pas beau, ça, cette main tendue, cet esprit d’équipe! Le PQ est déjà incapable de travailler avec lui-même, entre toutes ces démissions et ces dépassements par la droite, alors ça!</p>
<p>La politique, c’est le jeu du ballon-chasseur: chacun essaie d’envoyer la balle de la responsabilité pour qu’elle s’écrase langoureusement dans la face de l’adversaire. Et Pauline Marois qui s’aventure à vouloir prendre sa shot sur Stephen Harper, ça ressemble à un saut de ligue. Mais la chef est tannée d’être dans l’opposition juste pour s’opposer, tannée d’être sur le banc à regarder sa promotion de première ministre lui échapper d’entre les doigts.</p>
<p>Le temps manque avant les prochaines élections, il lui faut prendre sa chance et la jouer dur sur le terrain des winners: c’est un sport contact, le ballon-chasseur! Alors si Jean Charest venait à l’empoigner bien comme il faut, cette main tendue, pariez que la <em>game</em> vaudra le détour, ça va jouer des hanches, ça va swinguer!</p>
<p>Certes, on les entend déjà, ces vuvuzelas de l’arène politique, ces diatribes soniques qui font saigner les oreilles après cinq minutes de jeu. L’excitation retombe, vivement la mi-temps hivernale, un peu de glace sur les bleus, et ce silence glacial. Qu’on se console, la délégation parapluie sera au moins là pour accueillir la dépression atmosphérique des premiers jours d’automne, celle qui refroidit l’air chaud et le pipeau, celle qui déteint les feuilles. Bientôt les arbres prendront feu, ce sera la saison des couleurs, et la colline sera rouge, brune, orange, orange fluo—la revoilà, cette image finalement chaleureuse de Montréal, et ce campus, un des plus beaux. D’ici là, vous délaisserez l’heure de sommeil supplémentaire pour une nuit d’étude, et n’aurez d’yeux que pour vos livres, pas pour les mots en l’air.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2011/09/06/impossible-d%e2%80%99etre-tranquille/" data-wpel-link="internal">Impossible d’être tranquille</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
