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	<title>Marilou LeBel Dupuis - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Délier la poésie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/delier-la-poesie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marilou LeBel Dupuis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Dec 2020 15:08:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sélection de poèmes pour conclure la première édition du concours.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/12/01/delier-la-poesie/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le concours de poésie <em style="user-select: auto;">Délit et la poésie</em><span class="has-inline-color has-philo-color" style="user-select: auto;"><strong style="user-select: auto;"> </strong></span>termine sa première édition en force avec près d’une vingtaine de soumissions de la part de ses participants et participantes. Nous tenons à remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont pris part au concours. La réponse poétique de chacune et de chacun d’entre vous a dépassé nos attentes! Merci énormément à tous et à toutes pour vos contributions! Le jury délibérera dans les prochains jours afin de vous transmettre l’identité de la personne gagnante du concours, en espérant que la prochaine édition du concours soit un aussi grand succès que cette année. Donc, sans plus attendre, pour la dernière édition du <em style="user-select: auto;">Délit</em> cette session, voici les poèmes<span class="has-inline-color has-edito-color" style="user-select: auto;"> </span>retenus pour clore cette première édition du concours signées de la main de Laura Doyle Péan, Alexandre Bellemare, Marilou LeBel Dupuis, Ariane Labrèche et Madeline Tessier. À la session prochaine!</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>Laura Doyle Péan</strong><br><em><strong>Des siècles avant ma naissance</strong></em></p>



<p>avril dernier<br>j’ai reçu une visite pendant la nuit</p>



<p>je ne savais de qui ni pourquoi<br>l’être n’a pas laissé sa carte<br>et j’ai la mémoire courte</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>je me suis réveillé·e en pleurs<br>le souffle court<br>ai eu une pensée pour grand-mère<br>qui se battait alors encore pour le sien</p>



<p>étrange sentiment de déjà-vu<br>mes rêves sont des films en reprise à TVA<br>je n’ai plus fermé l’œil</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>le visiteur n’a pas laissé d’instructions<br>rien qu’une boule d’angoisse existentielle<br>matière brute poétique</p>



<p>ici n’est pas mon appartement<br>ici n’est pas mon lit<br>je ne suis que de passage<br>vous m’avez prise pour la mauvaise personne</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>je jalouse souvent la foi de mes sœurs<br>l’assurance de ceux qui savent<br>retracer leur lignée<br>dessiner ses branches millénaires</p>



<p>je ne connais pas mes ancêtres<br>je ne connais pas ma langue<br>je n’appartiens à aucune terre</p>



<p>j’ai été déraciné·e des siècles avant ma naissance<br>arraché·e de chez moi<br>connu vents connu marées<br>enfoui mes secrets dans les profondeurs de l’océan<br>aux côtés des trésors qu’ils nous ont volés</p>



<p>je me suis rebellé·e des siècles avant ma naissance<br>armes aux mains sous le soleil des Antilles<br>j’ai rallié mes sœurs mes frères mes cousin·e·s<br>affirmé comme Christophe<br>Je ne vous livrerai la ville<br>que lorsqu’elle sera en cendre<br>sur ces mêmes cendres<br>je combattrai<br>encore<br>et j’ai survécu<br>vaincu l’armée du petit homme<br>déclaré mon indépendance<br>sur cette terre que j’ai fait mienne<br>des siècles avant ma naissance</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>J’ai fui des années avant ma naissance</p>



<p>et je fuis encore aujourd’hui</p>



<p>repêcher cette sagesse<br>quelque part au creux de mes reins<br>sous mes ongles peut-être<br>dans les battements de mon cœur</p>



<p>suffit-il de prendre le temps<br>d’y penser bien fort</p>



<p>je ne me souviens que des sueurs froides<br>de l’ombre des arbres<br>du vent</p>



<p>je ne me souviens que du désir de fuir<br>de tout rebâtir ailleurs<br>d’une vie meilleure</p>



<p>je ne me souviens que du désir de retourner à la maison<br>d’appartenir à une terre<br>d’en prendre soin</p>



<p>je ne me souviens que du désir de dire<br>C’est assez.</p>



<p>j’aurais aimé que le visiteur m’apporte la bravoure de mes ancêtres<br>me rappelle ce que c’est d’appartenir</p>



<p>je m’en veux de lui en vouloir<br>peut-être m’a-t-il dit tout ça<br>j’ai la mémoire courte</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Alexandre Bellemare</strong><br><br>J’en mets ici, puisque je peux pas en mettre ailleurs, &amp; ta chute reste une chute même dos à nous-même, &amp; tes agressions qui pleurnichent sans cesse m’ont coupé l’herbe en dessous des pieds du cœur, à partir du moment où tes corneilles se sont ankylosées et lui ont gratté la plaie jusqu’à saignement de silence désormais fleuve, un tas de paysage à jeter à la poubelle, &amp; quand je contourne tes mots durs, j’y trouve de quoi abriter mes décès antérieurs, &amp; dis-toi que je meurs trop souvent par le feu dernièrement, oui, la nature de cette lumière qu’est le feu &amp; moi, où la chandelle brûle l’appartement du revers de son feu, où ma table de cuisine flambe, sous peu, dans les mots brûlants, &amp; autour de la table s’asperge tranquille à mi-chemin de mon plancher en reste : le chemin. Celui où repose la table &amp; certes juste est ce passage obligé vers mes natures mortes de cachette pudique. Embaume celle qui date de hier, comme pour chauffer le dehors de mon intérieur, que s’enivre mon passé, kyste d’idée confuse, quand tout brûle, j’éternise le moment, assume le fantasme pour le rendre réel, engendrée par une suite de synchronicité passé/présent. Les frondaisons alarmistes du corps s’émondent, sans guérir ce qui pleure par la poésie puisqu’en dessous d’improbables armures, je reste fictif dans le vivre d’aujourd’hui, pour des raisons étrangères à la logique du cœur achevé sans pitié &amp; sans pour autant que perdure le contexte de nos villes respectives; le palindrome ressassé. J’ai préféré tout brûler.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Marilou LeBel Dupuis</strong></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Résilience</strong> nom féminin mot de neuf lettres dix pardon mot que t’entends dans un bureau un salon après les confidences les catastrophes mot prononcé en réconfort et qui traduit I acknowledge what happened to you was shitty I’m glad you made it through mot que seulement certaines crowds utilisent la tienne une communauté de gens scarifiés par des traumas qui prennent des figures d’hommes de vautours aux masques d’humanité mot compensatoire mot mantra répété répété répété pour s’assurer que tu connaisses ta force que tu câlices pas toute là mais ultimement c’est plus fort que toi tu penses toujours à des bas résille quand tu l’entends.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Ariane Labrèche</strong><br><br>La peur est accroupie<br>Sur les branches des sapins<br>Siffle dans les asclépiades<br>Je ne connais pas son nom</p>



<p class="has-text-align-right">Sais-tu ce qu’il en coûte<br>De pousser entre des craques de béton<br>Une canopée de franchises<br>Le néon pour seules vitamines<br>Un #4 en trio pour emporter</p>



<p class="has-text-align-right">C’est moi qui avale la bourrasque<br>L’ouragan des roues sur Taschereau<br>J’envie la luciole j’aimerais<br>Moi aussi brûler sur les phares des voitures</p>



<p class="has-text-align-right">Les arbres n’ont pas de nom ils ne sont<br>Que des arbres<br>J’ai mis la forêt dans des pots<br>L’asphalte est mon mycélium</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>Madeline Tessier</strong><br><em><strong>Chers masculins</strong></em></p>



<p>le soir…</p>



<p>votre fureur<br>pleuvait sur nos têtes</p>



<p>dehors<br>gisaient mes lèvres<br>façonnées en hématome</p>



<p>j’étais vide<br>j’étais pleine<br>j’étais ma mère, ma sœur<br>j’étais la fluidité<br>du sang qui coule</p>



<p>entre mes veines éclatées<br>des larmes sans nom</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>mais…</p>



<p>j’ai ouvert les yeux<br>regardé à l’intérieur</p>



<p>j’ai vu les ronces<br>glisser sur ma gorge<br>poreuse<br>la voix noyée dans la bile<br>les cris avalés</p>



<p>j’ai tendu les mains<br>senti vos visages<br>assoiffés<br>vos langues, vos bras en flèches<br>pointés sur moi</p>



<p>les yeux ouverts<br>j’ai mémorisé vos gestes<br>pour que rampe sur vos cous<br>la moiteur de ma vengeance</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>puis…</p>



<p>j’ai sculpté ma chair<br>dans le marbre froid</p>



<p>à l’image des déesses</p>



<p>j’ai recousu l’acier<br>sur ma peau</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>enfin…</p>



<p>sur une toile neuve<br>je récolte mes songes<br>rêve de roses<br>qui murmurent mon nom</p>



<p>je vis de la brise<br>repose sur des nuages<br>de soie<br>ma peau blanchie<br>pour respirer</p>



<p>je suis loin<br>de vos mots acides<br>des morsures<br>qu’infligent vos blâmes</p>



<p>seule<br>je fonds dans la douceur<br>le temps d’un regard</p>



<hr class="wp-block-separator">



<p>finalement…</p>



<p>vous lirez mes mots<br>lorsque je serai partie<br>lorsque je basculerai d’un côté<br>peu importe lequel<br>vieille de cœur ou de peau</p>



<p>vous lirez mes mots<br>les invoquerez dans vos prières</p>



<p>vous me ferez sainte<br>espérant l’envol de vos fautes<br>en rêve inutile</p>



<p>et<br>à l’ombre du tournant<br>je vaincrai</p>
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