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	<title>Jianan Wang - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>La place du Non dans un monde de Oui</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/03/29/la-place-du-non-dans-un-monde-de-oui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jianan Wang]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2021 00:15:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[business]]></category>
		<category><![CDATA[négativité]]></category>
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		<category><![CDATA[réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[saint-exupéry]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment trouver son chemin par le négatif.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/29/la-place-du-non-dans-un-monde-de-oui/" data-wpel-link="internal">La place du Non dans un monde de Oui</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Frère détesté du <em>Oui</em>, le <em>Non </em>est une bête noire du vocabulaire. «Non !, crie l’enfant, Je ne veux pas de légumes!» Ou, bien plus terrifiant encore, «Non, je ne signerai pas», dit le client. Ce simple mot incarne notre peur de l’invalidation, du refus et de la négativité. Le <em>Non </em>ferme des portes; il nous rend anxieux et claustrophobe, surtout quand il nous prend au dépourvu. Au contraire du <em>Non</em>, le <em>Oui </em>est gentil; ce mot invitant et respectueux embellit tout ce qu’il touche. Il est associé à la validation et la satisfaction. Que ce soit dans les arts, les écoles ou les entreprises, on fait l’éloge du <em>Oui</em>: c’est la bannière de l’optimisme qui ouvre toutes les portes!</p>



<p>Dans cette perspective visant la collaboration, surtout dans les processus créatifs et productifs, le <em>Non</em> reste empreint de préjugés. Il rabat les idées et empêche le potentiel de germer. Ce mot porte un coup fort à l’estime de soi: une personne qui se sent invalidée est moins encouragée à participer, ce qui peut occasionner un cercle vicieux de torpeur. C’est aussi un mot qui peut facilement insulter par mégarde. Alors, comment interpréter la place du <em>Non </em>dans un monde qui adore le <em>Oui</em>? Il faut savoir que la valeur du <em>Non</em> et du <em>Oui</em> dépend des circonstances. Le <em>Oui</em> sert à ajouter et construire, et le <em>Non</em> sert à réduire et retrancher. Il y a un moment pour chacun; ainsi, il faut éviter d’étreindre l’un tout en ignorant l’autre.</p>



<p><strong>Le problème de l’abondance</strong></p>



<p>Le <em>Oui</em> a une grande valeur lorsqu’on a peu de choses à notre disposition. Après tout, qui commence un remue-méninges en fusillant les premières suggestions? Lors des négociations, chaque <em>Oui</em> admet une concession; quelle victoire, surtout lorsque chaque camp cherche à accaparer un plus gros morceau! <a href="https://medium.com/improv4/saying-yes-and-a-principle-for-improv-business-life-fd050bccf7e3" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Un <em>Oui </em>combiné à un <em>et</em></a><em> </em>permet de construire et de collaborer: avec le <em>Oui</em>, on accepte une idée; avec le <em>et</em>, on y ajoute encore plus. Les acteurs d’improvisation utilisent cette méthode pour rapidement bâtir des récits fascinants. Les hommes d’affaires l’adorent lors des remue-méninges. Dans ce contexte, le <em>Oui </em>est un terme heureux et satisfaisant, car il suscite un sentiment de progrès.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le <em>Non </em>définitif fait avancer les choses bien plus vite qu’un <em>Oui </em>hésitant»</p></blockquote>



<p>Cependant, ce phénomène se retourne contre nous lorsque surgit l’abondance. Par exemple, le <em>Oui</em> devient suspect au fur et à mesure que le remue-méninges se prolonge: l’interminable liste d’idées commence à devenir intimidante. Le poids du <em>Oui</em> se fait également ressentir lorsque les négociations tournent vers une multitude de détails complexes aux conséquences incertaines. Devant une vaste gamme de choix, comment trouver la bonne réponse par le <em>Oui</em>? En effet, l’acceptation de nouveaux éléments ne contribue plus au sentiment de progrès; au contraire, elle alourdit le fardeau. Dans ces nouvelles circonstances, le <em>Oui </em>déraille la prise de décision.</p>



<p>Ainsi, le pouvoir du <em>Non </em>revient à choisir par élimination. Le <em>Non</em> trouve sa valeur dans ces circonstances d’abondance. Lorsqu’on a une longue liste d’options, il est difficile de prendre une décision informée; mieux vaut éliminer quelques choix d’abord. Quand les négociations se font dures, la poursuite du <em>Oui</em> devient insaisissable. Dans ce cas, il faut chercher les <em>Non</em> du camp adverse. Acceptent-ils une telle concession? <em>Non</em>? Parfait, nous connaissons désormais mieux leurs objectifs. Ce <em>Non </em>définitif fait avancer les choses bien plus vite qu’un <em>Oui </em>hésitant: il établit les éléments non-négociables, retranche les options incorrectes et éclaircit les bonnes voies à poursuivre en délimitant le cadre de choix.&nbsp;</p>



<p>Le <em>Non </em>ne représente donc pas forcément la fin; il peut tout aussi bien ouvrir de nouvelles voies. Lorsque l’objectif est d’ajouter, il faut penser avec des <em>Oui</em>, car ce dernier permet de construire peu à peu, brique par brique. Au contraire, lorsque l’objectif est de purger, nous avons besoin du <em>Non </em>qui retranche le superficiel. Ni le positif ni le négatif ne sont universellement adéquats: c’est la quantité de choix possibles dans un contexte donné qui dicte la méthode appropriée. La notion du <em>Non</em> comme étant strictement négatif est inexacte justement parce qu’elle ne reconnaît pas l’importance des circonstances de la prise de décision.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le <em>Non </em>ne représente donc pas forcément la fin; il peut tout aussi bien ouvrir de nouvelles voies»</p></blockquote>



<p>On observe ainsi un cycle de destruction créative entre le <em>Oui </em>et le <em>Non</em>. L’un bâtit, l’autre détruit. Cependant, dans un monde d’abondance, on ne peut construire sans détruire. Ce phénomène devient d’autant plus important à l’ère informatique, où la productivité dans toutes les industries confondues est à son apogée. On parle de marchés saturés comme si les opportunités n’existaient plus: il y a trop de films, trop de nourriture, trop de jeux vidéo, trop de services en ligne. Quelques géants prennent la majorité du gâteau et les autres se battent pour les miettes. Ceci n’est qu’un symptôme du <em>Oui</em>: continuer à ajouter jusqu’à ce que toute addition perde son sens. L’unique solution à cette problématique est d’adopter une nouvelle perspective de résolution de problème.</p>



<p><strong>Et ma vie dans tout ça…?</strong></p>



<p>Dans notre propre éducation, il faut se rendre compte de la place privilégiée accordée au <em>Oui</em>. L’heuristique du positif est intuitive et naturelle, et ses vertus sont chantées partout. Au contraire, la réflexion par le contraire n’est que très peu enseignée. Certains problèmes de logique, comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nigme_d%27Einstein" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">l’énigme d’Einstein</a>, sont résolus spécifiquement à travers le processus par élimination, et même <a href="https://www.youtube.com/watch?v=v34NqCbAA1c" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">les champions d’échecs</a> encouragent l’analyse qui part de la fin et qui remonte vers le début. Il est parfois nécessaire de renverser les problèmes et de les travailler <span class="has-inline-color has-grisfonce-color">dans le sens </span>contraire. La perspective du <em>Non </em>permet ceci. À notre époque de surabondance, il faut utiliser le <em>Non </em>comme outil d’affirmation. Il est dangereux de percevoir l’innovation comme une addition constante de fonctionnalités. Lorsque les choix se multiplient, la confusion augmente. La méthode du <em>Oui</em> cesse de contribuer, et sans l’exercice du <em>Non</em>, nous nous trouvons au dépourvu. Il faut continuellement questionner si notre environnement reflète toujours les fondements de nos paradigmes. Nous pouvons dire <em>Non </em>à la philosophie de l’accumulation et explorer librement de nouvelles perspectives de réflexion. Comme Saint-Exupéry l’a si bien dit: «La perfection est atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher.»</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/03/29/la-place-du-non-dans-un-monde-de-oui/" data-wpel-link="internal">La place du Non dans un monde de Oui</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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