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	<title>Christophe Savoie-Côté - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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	<language>fr-FR</language>
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		<title>La suprématie américaine s’invite au Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/la-suprematie-americaine-sinvite-au-quebec/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Savoie-Côté]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Oct 2018 15:14:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réponse à « Quebec’s quest for monolingual domination makes healthcare less accessible ».</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/la-suprematie-americaine-sinvite-au-quebec/" data-wpel-link="internal">La suprématie américaine s’invite au Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Le 18 septembre 2018, le <i>McGill Tribune</i> publiait dans ses pages une lettre d’opinion avec un titre qui ne faisait pas dans la dentelle, soit&nbsp;&nbsp;: « Quebec’s quest for monolingual domination makes healthcare less accessible ». </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Cette lettre traçait des liens douteux entre la Loi 10 du gouvernement québécois, une différence de taille de caractères entre l’information en français et celle en anglais sur de nouveaux panneaux à l’Hôpital St. Mary, et la prétendue « quête du Québec pour une domination unilingue ». &nbsp;Anecdotique et erroné, cet article risque finalement d’alimenter la confusion et l’intolérance au sein de la communauté mcgilloise ; et c’est pourquoi <i>Le Délit</i> ainsi que L’Organisation de la Francophonie à McGill ont décidé d’unir leur voix afin d’apporter quelques nuances qui s’imposent.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">La Loi 10 a été adoptée par le gouvernement du Québec en 2015. Littéralement, la<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Loi modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par l’abolition des agences régionales</i>, est le véhicule d’une vaste réforme du système de santé entreprise par le Parti libéral du Québec (PLQ), un parti élu par des majorités écrasantes dans les circonscriptions anglophones telles que Notre-Dame-de-Grâce (NDG), où se trouve l’Hôpital St.-Mary. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Ironiquement, le gouvernement libéral a eu recours au bâillon afin d’adopter la Loi 10. C’est ainsi qu’il a étouffé l’opposition du Parti québécois et de Québec solidaire au démantèlement des agences régionales de santé. Si les communautés anglophones sont préoccupées par la reconfiguration du système de santé, maints francophones le sont aussi. Contrairement à ce que l’article du <i>Tribune</i> prétendait, la désorganisation des services est une conséquence de la Loi 10&nbsp;; mais ce n’est certainement pas son objectif.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">La communauté anglophone de NDG se trouve néanmoins en bonne posture afin d’exprimer ses inquiétudes, puisque Kathleen Weil, députée de NDG et ministre responsable des relations avec les Québécois d’expression anglaise, sollicite un nouveau mandat dans cette même circonscription. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Certains représentants des communautés anglophones ont d’ailleurs été invités en commission parlementaire avant que la Loi 10 ne soit adoptée. L’Article 76 reflète l’esprit de ces consultations et stipule que </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">« Tout établissement public doit élaborer, dans les centres qu’il indique, un programme d’accès aux services de santé et aux services sociaux en langue anglaise pour les personnes d’expression anglaise (…) » </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Évoquant les modifications apportées à la taille des mots anglais sur certains nouveaux panneaux d’information à l’hôpital St-Mary, l’auteur va jusqu’à affirmer qu’une <i>« loi comme la Loi 10 n’est pas seulement dommageable pour la sécurité des étudiants, mais [qu’]elle tente de s’occuper d’un déclin imaginaire dans la tradition linguistique francophone»</i>. Nous ne pouvons que dénoncer un propos si fallacieux.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">En fait, cette prétendue volonté d’utiliser la Loi 10 afin d’éviter le déclin du français ne fut en aucun cas exprimée par quiconque à l’Assemblée Nationale lors des périodes de débats ou de travaux en commission parlementaire. Il est ridicule, voire mensonger, d’écrire que cette loi est mue par une volonté nationale de domination unilingue.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">L’auteur de l’article fonde également son analyse de la situation linguistique du Québec sur une étude qui ne la considère que dans une perspective marchande, soit en termes d’offre et de demande (i.e.: en termes de « main d’oeuvre » parlant français et d’employeurs francophones). Un véritable diagnostic de l’état du français au Québec ne peut toutefois &nbsp;faire abstraction des dimensions historique et culturelle d’une telle question.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Les chiffres que brandit l’auteur lorsqu’il parle du déclin «imaginaire» du français ne sont d’ailleurs pas présentés. Ils sont issus de l’auto-évaluation des citoyens du Québec quant à leur capacité de tenir une conversation en français. Certes intéressants, ces chiffres doivent être relativisés. &nbsp;Pendant ce temps, la proportion de Québécois dont le français est la langue maternelle et le nombre de québécois qui le parlent à la maison sont tous deux en déclin. Et encore : une étude guidée par l’OCDE suggérait récemment que près de la moitié des Québécois sont des analphabètes fonctionnels. « <i>French is on the rise</i> » — vraiment?</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">Si l’auteur de cette lettre se sent sincèrement concerné par le respect et le dynamisme de la culture linguistique québécoise — tel qu’il prétend l’être —, alors il devrait méditer plus longuement sur le sens des mots qu’il emploie. Ces changements de panneaux résultaient de décisions administratives; et il est certainement malavisé de prétendre qu’il s’agit là d’une quête nationale dont l’objectif est la domination du français.</span></p>
<p class="p2"><span class="s4">Les présomptions de ce genre peuvent avoir de dangereuses conséquences puisqu’elles alimentent la confusion ainsi que l’intolérance. N’ayons pas non plus peur d’appeler un chat un chat : cette lettre est non seulement malhonnête, mais elle est également irrespectueuse face aux Québécois qui en font déjà beaucoup pour accommoder les Québécois d’expression anglaise.</span></p>
<p class="p2"><span class="s3">En terminant, bien que Montréal soit en effet une ville cosmopolite, elle fait également partie du Québec. Et ici, au Québec, le français n’est pas qu’une simple « tradition linguistique »&nbsp;: c’est notre langue officielle et le socle de notre identité.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/10/02/la-suprematie-americaine-sinvite-au-quebec/" data-wpel-link="internal">La suprématie américaine s’invite au Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Que vive la langue française !</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2018/04/13/__trashed-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Savoie-Côté]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Apr 2018 18:20:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=31202</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lettre en réponse à l'article Fuck la langue française publié dans Le Délit</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/04/13/__trashed-2/" data-wpel-link="internal">Que vive la langue française !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">«</span><i><span style="font-weight: 400;">Les années passent et les choses changent: un désintérêt flagrant occupe aujourd’hui impérieusement la question de la langue française au Québec.</span></i><span style="font-weight: 400;">» </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi s’amorçait l’<a href="https://www.delitfrancais.com/2018/04/10/fuck-la-langue-francaise/" data-wpel-link="internal">article</a> d’Antoine Milette-Gagnon et Simon Tardif, paru dernièrement dans </span><i><span style="font-weight: 400;">le Délit</span></i><span style="font-weight: 400;">. Quoiqu’on ne pourra reprocher aux auteurs leur froid mais franc examen de l’état du français, il s’avère toutefois nécessaire de rectifier, voire même refuser, leur critique du rôle que joue l’Organisation de la Francophonie à McGill (OFM). &nbsp;&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette lettre, je vous l’adresse en tant que nouveau président de l’OFM ; mais je vous l’adresse avant tout en tant que simple étudiant québécois à McGill. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Votre critique de l’état du fait français, au Québec tout comme ailleurs, n’a pas manquée de trouver chez moi un fort écho. Vous l’avez bien souligné, quoique le Québec possède une réalité culturelle et des défis qui lui sont certainement propres, plusieurs de ces derniers traduisent en fait un malaise qui n’épargne pas la francophonie dans son ensemble. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Laissez-moi vous l’avouer, je me vois également embarrassé à chacune des ces fois où l’on me rappelle qu’un des seuls groupes francophones de notre université à ne pas s’associer ou se représenter, c’est celui des Québécois.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je suis de ceux qui croient que seuls les actes décideront de ce que l’on a voulu. Je ne peux ainsi que saluer votre volonté d’insuffler un peu de dignité à ce patrimoine sous-estimé, volonté qui prend la forme d’un réengagement par la plume. Certes, laissez-moi le souligner, le français n’est pas quelque chose qui ne vit que sur le papier. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Voilà précisément ce à quoi s’emploie l’OFM : tisser des liens entres les différentes communautés francophones de McGill ; créer un espace où les étudiants puissent partager, découvrir et vivre cette langue qu’est le français, afin finalement qu’elle n’y existe pas que dans les pages du Délit. &nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En d’autres termes, ce qui guide l’Organisation de la Francophonie à McGill, c’est sa volonté d’harmoniser cette tension à laquelle vous faites référence dans votre article: celle de trouver et consolider un fragile équilibre entre défense du français et vivre-ensemble. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quoique votre plume puisse être agile et colorée, certaines de vos critiques à l’endroit de l’OFM se doivent d’être refusées. Humblement, ce ne sont en fait pas les propos de l’OFM qui sont « molasses », mais plutôt l’analyse que vous nous en avez offert. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’OFM vient tout juste de prendre forme. S’il est vrai qu’à ses débuts l’organisation n’a peut-être pas su canaliser ses énergies là où elles étaient requises, en dresser le portrait d’une « francophonie de cocktail » illustre bien à quel point cette critique s’est contentée de n’en contempler que la surface. &nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Un peu de curiosité aurait suffit à vous informer que l’OFM travaille présentement avec l’AÉUM et l’administration de McGill afin de réinstaurer un poste permanent de Commissaire aux affaires francophones, dont le mandat sera de représenter les intérêts des francophones de McGill auprès des différentes instances de notre université. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cela aurait également suffit à vous apprendre qu’elle participe actuellement à la création d’un comité d’intégration des étudiants internationaux, chargé d’éviter qu’on relègue ces derniers au fameux ghetto de McGill et qu’on les introduise plutôt à la langue et à la culture du Québec. Et c’est sans parler de notre soutien au programme de francisation des entreprises montréalaises, et des ponts que nous nous employons à construire entre les différents acteurs de la francophonie, soient-ils ou non de cette université.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce qui me désole, finalement, c’est que de votre tour qui n’est même pas faite d’ivoire mais plutôt d’un béton moche, vous méprisez ce que l’on tente de construire au lieu de vous y engager à nos côtés. Juger autrui est bien plus facile que de se juger soi-même. Après tout, les Québécois ne fonderont la nation dont ils se réclament que par des actes. &nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ces impératifs qui émanent de la condition du français au Québec, ce qu’ils commandent, c’est de naviguer dans cette complexité; et non pas de s’enfermer dans une forme d’autarcie culturelle. Le Québec d’aujourd’hui n’est plus celui d’il y a 30 ans ; la culture est par définition même dynamique, vivante, et il faut en tenir compte. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Saint-Exupéry disait: « Dans la vie il n’y a pas de solutions ; il y a des forces en marche ; il faut les créer et les solutions suivent. ». </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi, si l’heure du dialogue n’est plus la vôtre, c’est un choix qui vous appartient. Je ne me ferai pas non plus apôtre d’un multiculturalisme aseptisant. Il faut savoir dire « Non »; et il faut enfin percer la « McGill bubble ». </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En revanche, c’est par un brin d’amour-propre mais surtout en partageant notre amour de la culture québécoise et de sa langue qu’on mobilisera les forces nécessaires à de véritables changements, celles indispensables à la pérennisation d’un Québec francophone. Ce n’est certainement pas en brandissant l’étendard du repli sur soi. &nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En effet, les années passent et les choses changent. Et justement, tout n’est pas si gris. Les astres semblent même s’aligner en faveur de la francophonie à McGill. L’écosystème francophone de notre université s’organise, prépare son calendrier de l’année prochaine, et jamais l’administration n’y a été aussi réceptive. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Prennent donc forme les contours d’un véritable changement. L’OFM s’engage.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le serez-vous avec elle?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">-Christophe Savoie-Côté</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2018/04/13/__trashed-2/" data-wpel-link="internal">Que vive la langue française !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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