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	<title>Athénaïs Cornette - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Feb 2021 19:51:13 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Repenser la féminité et la masculinité à l’heure du dérèglement climatique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/07/05/repenser-la-feminite-et-la-masculinite-a-lheure-du-dereglement-climatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Athénaïs Cornette]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2020 16:18:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment concevoir la féminité comme inspiration et source de changement pour ce début de siècle trop peu écologique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/07/05/repenser-la-feminite-et-la-masculinite-a-lheure-du-dereglement-climatique/" data-wpel-link="internal">Repenser la féminité et la masculinité à l’heure du dérèglement climatique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">« Le 21</span><i><span style="font-weight: 400;">e</span></i><span style="font-weight: 400;">&nbsp;siècle sera féminin ou ne sera pas », a‑t-on pu entendre à de nombreuses reprises au cours des dernières années, notamment durant la Journée internationale des femmes le 8&nbsp;mars. Que ce slogan soit prémonitoire ou non, là n’est pas la question. Il s’agit de comprendre&nbsp;: qu’entendons-nous véritablement par un « siècle féminin »?&nbsp;</span></p>
<p><b>Le genre, d’hier à aujourd’hui</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La notion d’identité de </span><i><span style="font-weight: 400;">genre</span></i><span style="font-weight: 400;"> est d’abord née d’un long processus de recherche&nbsp;: des études amorcées dans les années&nbsp;1930 jusqu’à la théorie queer en 1990, rendue célèbre avec la publication de l’ouvrage phare de Judith Butler, </span><i><span style="font-weight: 400;">Trouble dans le Genre</span></i><span style="font-weight: 400;"> (1990). Il est aujourd’hui souvent accepté que la féminité et la masculinité sont des constructions sociales, confectionnées à partir de normes et de principes attribués à chaque genre. Depuis que le genre n’est plus identifié comme une donnée naturelle inhérente à chaque individu, l’homme ou la femme contemporain·e est libre de décréter celui auquel il‧elle appartient. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans sa conférence </span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=-PFYthpdEIU" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">TED</span></a><span style="font-weight: 400;">, Miller nous suggère de les concevoir d’abord comme des comportements qui se distinguent par l’</span><i><span style="font-weight: 400;">intention</span></i><span style="font-weight: 400;"> qui les précède. Ainsi, un comportement féminin serait caractérisé par la volonté de tirer une certaine satisfaction de l’acte lui-même, tandis qu’un comportement masculin serait déterminé par la poursuite du résultat de l’action entreprise. L’écrivaine nous invite à réfléchir aux différentes motivations nous poussant à prendre un café chaque jour. Boire une tasse de café pour son amertume, son corsage ou sa simple chaleur serait une manière </span><i><span style="font-weight: 400;">féminine</span></i><span style="font-weight: 400;"> de le faire tandis que boire un café pour son effet énergisant serait une manière </span><i><span style="font-weight: 400;">masculine</span></i><span style="font-weight: 400;"> d’entreprendre cette action. Ainsi, une attitude dite </span><i><span style="font-weight: 400;">masculine</span></i><span style="font-weight: 400;"> ou </span><i><span style="font-weight: 400;">féminine</span></i><span style="font-weight: 400;"> serait moins caractérisée par le genre de l’individu que par son état d’esprit. Plutôt que de penser la féminité et la masculinité comme deux concepts diamétralement opposés et exclusifs, décrivant soit les caractéristiques d’une femme, soit les caractéristiques d’un homme, Miller ouvre le champ des possibles. Ces derniers ne qualifient dorénavant plus des êtres, mais des intentions. Une femme pourrait ainsi étudier de manière </span><i><span style="font-weight: 400;">masculine</span></i><span style="font-weight: 400;"> dans le but d’obtenir l’emploi de ses rêves, tout comme un homme pourrait étudier de manière </span><i><span style="font-weight: 400;">féminine</span></i><span style="font-weight: 400;">, pour le simple plaisir d’apprendre et d’embrasser la connaissance. Repenser ainsi la féminité et la masculinité délivre les individus de leur rôle social attendu, culturellement relié à leurs sexes. Féminin et masculin ne sont plus que des concepts désignant une </span><i><span style="font-weight: 400;">manière de faire,</span></i><span style="font-weight: 400;"> qui s’entremêlent, s’enchevêtrent, et se confondent au cours d’une même journée, brouillant ainsi les frontières du genre et ouvrant la place à de nouvelles possibilités.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Toujours dans sa conférence TED, Michelle Miller nous raconte combien elle a renié sa part féminine durant de longues années&nbsp;: ambitieuse et travaillant d’arrache-pied, elle semblait réussir tout ce qu’elle entreprenait. Toutefois, à l’approche de ses quarante ans, bien qu’ayant atteint certains critères de réussite sociale, elle réalise combien elle se sent incomplète. À force de se fixer sans cesse des objectifs, elle comprend qu’elle a perdu toute appréciation du moment présent. Elle s’inscrit alors à un cours d’écriture et redécouvre le plaisir de </span><i><span style="font-weight: 400;">faire</span></i><span style="font-weight: 400;">. Elle se sent comblée pour la première fois depuis longtemps. Dans son témoignage, elle insiste ainsi sur la complémentarité des deux concepts de féminité et masculinité&nbsp;: chaque individu doit parvenir à un équilibre sain entre les deux, adoptant un comportement </span><i><span style="font-weight: 400;">masculin</span></i><span style="font-weight: 400;"> pour atteindre un objectif et un comportement </span><i><span style="font-weight: 400;">féminin</span></i><span style="font-weight: 400;"> pour en apprécier le cheminement.&nbsp;</span></p>
<p><b>Travail, genre et travail genré</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans une société où le temps s’accélère toujours plus, où les journées se raccourcissent et la vie professionnelle triomphe sur la vie privée — </span><i><span style="font-weight: 400;">le temps c’est de l’argent! —, </span></i><span style="font-weight: 400;">les phénomènes de surmenage au travail sont devenus communs pour se plier aux impératifs du profit, comme l’attestent les </span><a href="https://www.ledevoir.com/societe/sante/162843/le-nouveau-mal-du-siecle" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">taux</span></a><span style="font-weight: 400;"> en hausse de dépression et de </span><i><span style="font-weight: 400;">burnout</span></i><span style="font-weight: 400;"> liés au travail, notamment dans les pays du Nord. Au Japon, il existe même un </span><a href="https://www.monde-diplomatique.fr/mav/161/A/59091" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">mot</span></a><span style="font-weight: 400;"> pour désigner la mort subite d’employé·e·s de bureau par arrêt cardiaque ou par suicide liée au surmenage ou au stress qu’il·elle·s subissent : le </span><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1061429/mort-surdose-travail-japon-crise-cardiaque-journaliste#:~:text=Crise%20cardiaque%2C%20accident%20vasculaire%20c%C3%A9r%C3%A9bral,selon%20un%20r%C3%A9cent%20rapport%20gouvernemental." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><i><span style="font-weight: 400;">karōshi</span></i></a><span style="font-weight: 400;">. Alors que le travail devrait être source d’émancipation pour les hommes et les femmes, son caractère aliénant a déjà été mis en lumière par Karl Marx au 19</span><i><span style="font-weight: 400;">e</span></i><span style="font-weight: 400;">&nbsp;siècle, pointant du doigt les dérives du capitalisme. Au paroxysme de la division du travail, le·la travailleur·euse serait aliéné·e en étant réduit·e à un « simple appendice de machine » (Manifeste du parti communiste, 1848). L’existence d’un tel travail, aux antipodes de l’épanouissement personnel, s’apparenterait davantage à un mode de production </span><i><span style="font-weight: 400;">masculin</span></i><span style="font-weight: 400;"> dans la dialectique de Miller, car concentré sur l’objectif du profit et de l’accumulation. </span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 512px">
			<img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-36144" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/07/2.jpg" alt width="512" height="342" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/07/2.jpg 512w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/07/2-330x220.jpg 330w" sizes="(max-width: 512px) 100vw, 512px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/margauxbriere/?media=1" data-wpel-link="internal">Margaux Brière de la Chenelière</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><span style="font-weight: 400;">Or, cette manière masculine de produire ne s’avère aucunement viable pour l’être humain, car elle nous dépossède du fruit de notre travail et nous « suce le sang » (Manifeste du parti Communiste, 1848), parfois jusqu’à la mort comme dans le cas tragique des </span><i><span style="font-weight: 400;">kar</span></i><i><span style="font-weight: 400;">ō</span></i><i><span style="font-weight: 400;">shis</span></i><span style="font-weight: 400;">. Bien que l’expression de notre féminité soit essentielle à l’atteinte du bonheur intérieur, la </span><a href="https://www.liberation.fr/debats/2019/07/28/capitalisme-patriarcat-meme-crise-meme-combat_1742557" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">sous-valorisation</span></a><span style="font-weight: 400;"> des qualités féminines est une caractéristique indéniable de nos sociétés patriarcales et capitalistes. Prendre le temps de s’adonner à des activités chronophages et hédonistes, telles que la lecture, le jardinage, le cinéma, la cuisine et la promenade a souvent été stigmatisé, car ces activités sont jugées non productives ou perçues comme secondaires, en raison du manque de temps.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 512px">
			<img decoding="async" class="size-full wp-image-36143" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/07/3.jpg" alt width="512" height="221" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/07/3.jpg 512w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2020/07/3-330x142.jpg 330w" sizes="(max-width: 512px) 100vw, 512px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/margauxbriere/?media=1" data-wpel-link="internal">Margaux Brière de la Chenelière</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p><span style="font-weight: 400;">Rendez-en vous compte par vous-mêmes&nbsp;: combien de fois vous êtes-vous sentis coupables de n’avoir « rien fait » après avoir passé une journée à la maison? Si vous y regardez de plus près, vous verrez qu’en réalité, vous avez fait bien plus que ce que vous pensez&nbsp;: entre le petit-déjeuner que vous avez grandement apprécié, le film que vous avez regardé, le rangement rapide de votre chambre et la petite introspection que vous avez pu réaliser sur vous-même… cette journée vous aura procuré de multiples petites satisfactions. Seulement cela, au moment de vous coucher, vous l’oublierez instantanément&nbsp;: vous aurez le sentiment de ne pas avoir accompli quoi que ce soit, car la société nous a inculqué la dévalorisation de ces instants précieux. Or, sans eux, très peu d’entre nous arriveraient à joindre les deux bouts face à l’augmentation des pressions sociales, économiques, énergétiques et climatiques auxquelles nous faisons face tous les jours.&nbsp;</span></p>
<p><b>La féminité, salut de notre civilisation</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans un contexte de libération de la parole des femmes et des progrès de la cause féministe, il semble nécessaire de rappeler que, contrairement à ce que des conservateur</span><span style="font-weight: 400;">·</span><span style="font-weight: 400;">rice</span><span style="font-weight: 400;">·</span><span style="font-weight: 400;">s naïf</span><span style="font-weight: 400;">·</span><span style="font-weight: 400;">ve</span><span style="font-weight: 400;">·</span><span style="font-weight: 400;">s pourraient penser, il ne s’agit pas de faire de la place aux femmes dans une société patriarcale et masculine. L’égalisation des salaires et la nomination de certaines femmes à des postes clés ne suffiront pas. Il est question de transformer la société en profondeur et de se réconcilier avec notre part de féminité afin de la valoriser autant que l’on valorise actuellement les comportements </span><i><span style="font-weight: 400;">masculins</span></i><span style="font-weight: 400;"> dans nos sociétés (accomplissement, succès, détermination). Et l’urgence croît à mesure que le climat se dérègle et que les ressources naturelles s’épuisent. En effet, la non-viabilité du système capitaliste se manifeste, non seulement dans le stress croissant qu’il génère pour ses salarié·e·s, mais aussi dans la tension qui émane du rapport que chaque individu entretient avec sa fonction au sein de l’entreprise. Progressivement, les consciences s’éveillent sur le coût environnemental et social de ce système, plongeant certaines d’entre elles dans une profonde désillusion. « Notre civilisation est sacrifiée pour qu’un petit nombre de personnes ait la possibilité de continuer à gagner des sommes d’argent énormes », avait ainsi </span><a href="https://www.cetanou.com/discours-greta-thunberg/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">déclaré</span></a><span style="font-weight: 400;"> Greta Thunberg durant la 24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques</span> <span style="font-weight: 400;">(</span><span style="font-weight: 400;">COP24) en Pologne. Comme l’</span><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/06/bienvenue-dans-le-capitalocene_5365671_3232.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">estime</span></a><span style="font-weight: 400;">nt</span><span style="font-weight: 400;"> de nombreux académicien·ienne·s tel‧le‧s que Frédéric Joignot, l’impératif de la croissance économique continue de prévaloir à l’urgence environnementale aux yeux des dirigeant·e·s politiques. Bien que la sonnette d’alarme ait été tirée depuis le</span><a href="https://reporterre.net/Le-rapport-au-Club-de-Rome-stopper-la-croissance-mais-pourquoi" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;"> rapport Meadows</span></a><span style="font-weight: 400;"> en 1972, qui soulignait les limites de la croissance économique et démographique de l’humanité, les résolutions demeurent insuffisantes et cette apathie, criminelle. Comme le résume la jeune activiste suédoise, « si les solutions sont introuvables à l’intérieur du système, alors peut-être devons-nous changer de système ». Ainsi, plutôt que de se tourner vers des systèmes communistes qui se sont avérés tout aussi néfastes pour l’environnement, la solution résiderait peut-être dans la féminité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ces questions sont au cœur du mouvement </span><a href="https://www.lapresse.ca/societe/201910/01/01-5243658-ecofeminisme-les-femmes-a-la-defense-de-lenvironnement.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">écoféministe</span></a><span style="font-weight: 400;"> qui regroupe des préoccupations environnementales et féministes, faisant un lien entre la destruction de la nature et les différentes formes d’oppressions des femmes, soutenant par exemple qu’historiquement, le patriarcat a été au centre des décisions qui ont contribué à détruire l’environnement. En effet, si l’on considère que la plupart des grandes firmes multinationales ont été et sont encore dirigées par des hommes dans une logique patriarcale, le constat est clair. Un exemple frappant de cette dynamique est le géant nord-américain Cargill, spécialisé dans la viande et l’alimentation pour bétail, qui a été élu « pire entreprise du monde » par </span><a href="https://stories.mightyearth.org/cargill-worst-company-in-the-world/index.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">Mighty Earth</span></a><span style="font-weight: 400;"> en 2019, notamment en raison de l’importante déforestation de l’Amazonie liée à ses activités en Bolivie, au Brésil, au Paraguay et en Argentine. Or, il suffit d’un coup d’œil à l’organigramme de Cargill pour constater que ce sont largement les hommes qui y occupent les postes clés (directeur général, directeur des finances, etc.).&nbsp;</span></p>
<p><b>La féminité pour mener le combat</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">&nbsp;De nombreux</span><span style="font-weight: 400;">·</span><span style="font-weight: 400;">se</span><span style="font-weight: 400;">·</span><span style="font-weight: 400;">s écologistes, militant</span><span style="font-weight: 400;">·</span><span style="font-weight: 400;">e</span><span style="font-weight: 400;">·</span><span style="font-weight: 400;">s féministe</span><span style="font-weight: 400;">s</span><span style="font-weight: 400;"> et écoféministes se sont engagé</span><span style="font-weight: 400;">·</span><span style="font-weight: 400;">e</span><span style="font-weight: 400;">·</span><span style="font-weight: 400;">s afin de mettre un terme aux actions dévastatrices de certaines entreprises mondiales peu soucieuses des dommages collatéraux de leur production. Vandana Shiva, l’une des femmes les plus influentes au monde selon le magazine </span><i><span style="font-weight: 400;">Time</span></i><span style="font-weight: 400;">, s’est faite porte-parole du combat contre les&nbsp; multinationales occidentales, s’opposant ainsi au patriarcat capitaliste qui n’a de cesse de s’intensifier à mesure qu’elles gagnent en puissance. Cette écoféministe indienne a gagné de nombreux procès, dont un contre le géant Coca-Cola. En 2004, l’entreprise avait considérablement dégradé les nappes phréatiques et asséché les alentours en construisant une nouvelle usine dans le sud de l’Inde. Elle avait obtenu l’autorisation de produire 561 000&nbsp;litres de soda par jour, sachant qu’un litre nécessite 3,8&nbsp;litres d’eau pour sa production. Ainsi, la privatisation de l’eau est devenue concevable et praticable dans un système où les biens collectifs essentiels à la survie sont vus comme des revenus et non comme des biens dont il faut assurer la distribution équitable et l’accès à tous. En remportant le procès, Vandana Shiva a su mettre une halte, ne serait-ce que temporaire, à cette injustice.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors pourquoi les femmes ont-elles plus tendance à se soucier de la cause environnementale? Certaines écoféministes revendiquent un certain lien mystique qui unirait la Terre et les femmes, donneuses de vies, d’une manière plus profonde que les hommes. </span><a href="https://www.unwomen.org/fr/news/in-focus/women-and-the-sdgs/sdg-13-climate-action" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">L’Organisation des Nations Unies (ONU)</span></a><span style="font-weight: 400;"> rappelle par ailleurs qu’en raison des nombreuses inégalités dont il·elles sont victimes, les femmes et les enfants auraient 14&nbsp;fois plus de risques de mourir lors de catastrophes naturelles, ce qui expliquerait le fait que les femmes perçoivent le changement climatique comme un problème plus sérieux que les hommes ne le perçoivent. Puisque, comme nous l’invite à penser Miller, nous comprenons la féminité et la masculinité comme un rapport qu’un individu entretient avec le monde qui l’entoure, il est maintenant venu le temps de se reconnecter avec notre féminité, car elle seule nous permet d’apprécier la chance que nous avons de vivre sur Terre. Il s’agit en premier lieu de se reconnecter à la Terre Mère dont les qualités mystiques ont été sapées par un modèle économique cherchant exclusivement à en exploiter les ressources. Comprendre que nous appartenons à un cycle de vie terrestre nous aiderait sans aucun doute à renouer avec la Terre, en nous rendant plus reconnaissants et plus humbles. Il serait ainsi plus facile de trouver des motivations pour porter le changement en faveur de sa protection.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2020/07/05/repenser-la-feminite-et-la-masculinite-a-lheure-du-dereglement-climatique/" data-wpel-link="internal">Repenser la féminité et la masculinité à l’heure du dérèglement climatique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Herman Hesse et le sublime</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/10/29/herman-hesse-et-le-sublime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Athénaïs Cornette]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2019 15:51:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Le Délit et des livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=34807</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retrouvez l’oeuvre marquante de la semaine : Le Loup des steppes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">« J</span><span class="s1">e l’ai lu quand j’avais ton âge, c’est un roman initiatique. » Voilà le mot qui accompagne le paquet que ma mère me donne le jour de mes 18 ans. Je l’ouvre et découvre le roman <i>Le Loup des steppes</i> de Hermann Hesse. C’est aujourd’hui, après l’avoir lu pour la seconde fois, que je comprends véritablement à quoi il devait m’initier. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>L’homme et le loup</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Le Loup des steppes</i> raconte l’histoire d’un erratique, Harry Haller, un homme à l’intelligence effarante vivant en contradiction avec son époque. Ainsi, il ne parvient pas à s’accommoder à l’existence, et vit dans le fantasme de la mort. Hermann Hesse nous emmène avec cet homme, qui apprendra à se confronter à l’existence, à&nbsp;l’apprécier&nbsp;et à l’expérimenter, grâce à sa rencontre avec une jeune fille aérienne et intelligente. Une jeune fille qui non seulement lui fera goûter aux plaisirs de la vie, mais lui permettra aussi de comprendre qu’il est responsable de son malheur, dans lequel il s’empêtre volontairement, par paresse ou par fascination. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Cette dualité, il l’intellectualise par la métaphore du loup, symbole de lui-même qu’il se représente mentalement. Dans son imaginaire, il se métamorphose régulièrement. Ainsi, Harry et son loup des steppes, ou loup errant, incarnent un paradoxe propre à l’humanité : celui de l’être de Nature en opposition à l’être de Culture, et la tension qui en émane. Mais le propos de Hermann Hesse va plus loin : il parle de la multiplicité de l’âme&nbsp;</span><span class="s1">disant que l’Homme s’est toujours projeté comme un être unitaire, alors qu’il n’a de cesse de se découvrir tout au long de sa vie. L’auteur nous rappelle que chaque individu porte en lui l’être qu’il a été à chaque étape de sa vie. Ainsi, son évolution est consubstantielle à sa diversité. Ce roman nous apprend l’importance de l’évolution et de la nécessité à ne pas se suffire de la définition que l’on se fait de nous-mêmes. </span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Le rejet de la société</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Dans ce récit surprenant de justesse et d’originalité, Hermann Hesse condamne la société dans laquelle il vit, puis se réconcilie avec elle en préconisant, non pas l’accommodement, mais l’affrontement. Harry Haller a certes des croyances&nbsp;—&nbsp;il&nbsp;croit au sublime, à l’Art, à Mozart, et à ceux qu’il appelle les Immortels, génies étant parvenus à atteindre le sublime à travers leurs oeuvres&nbsp;—, mais il est incapable de vivre ailleurs<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>que dans celles-ci. Il n’arrive pas à expérimenter son temps, et vit dans le fantasme d’une époque révolue. Harry Haller apparaît pour un moment comme un esprit pusillanime, qui refuse d’expérimenter son temps, et qui ne parvient pas à se confronter à lui-même. Ce dégoût envers la société et ce qui la constitue est un enjeu intemporel. À l’ère des réseaux sociaux, du changement climatique, de l’éloignement de l’humain et de la nature, ce roman aborde un sujet qui n’aura jamais été aussi actuel : comment s’enraciner dans notre société quand celle-ci ne correspond pas à nos idéaux? La modernité et la justesse de ce récit font de lui, à mon sens, un des romans les plus marquants du 20<i>e </i>siècle. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Je compris alors à quoi ma mère voulait m’initier en m’offrant <i>Le Loup des steppes</i> : à poser mon regard sur l’existence. </span></p>
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