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Premier mandat de grève pour l’AMPFA

L’association des professeurs de la Faculté des arts peut désormais partir en grève.

Catvy Tran | Le Délit

Pour la première fois depuis sa création, L’Association mcgilloise des professeurs de la Faculté des arts (AMPFA) se dote d’un mandat de grève. 

Qu’est-ce que cela signifie ? 

Un mandat de grève n’est pas synonyme d’une grève imminente ;  il garantit uniquement le droit aux  professeurs d’appeler à une grève d’une durée maximale de cinq jours au moment opportun. L’adoption de ce mandat a été le fruit d’un processus interne avec l’appui de 86 % des membres de la faculté. 

Les inégalités de statut au sein du corps académique sont au cœur des revendications. En effet, les  membres du personnel académique contractuel (CAS) bénéficient d’une sécurité d’emploi limitée et d’une représentation moindre au sein de l’administration que les professeurs occupant un poste menant à la permanence (tenure track).

Catherine Leclerc, professeure au  département des littératures de  langue française et présidente de  l’AMPFA, précise qu’un professeur  contractuel viendrait notamment  « dernier » lors du processus de négociation pour choisir les cours  offerts l’année suivante. 

La différence s’explique par la réalisation de tâches différentes en  fonction du contrat. Les activités  d’un professeur contractuel reposent sur trois piliers : l’enseignement, la recherche et le service  administratif (gestion d’un département, par exemple). 

Les professeurs CAS ne réalisent  que deux de ces tâches : l’enseignement et le service administratif. Catherine Leclerc précise toutefois au  Délit que de nombreux professeurs  contractuels réalisent un travail  très similaire aux professeurs titulaires. Ils ne peuvent cependant pas  obtenir la permanence – et les avantages que ce changement de statut  pourrait leur apporter, car ils ne  participent pas aux recherches. 

« Plus une question de statut et de sécurité d’emploi »

C’est notamment le cas des professeurs de langue à qui « on demande  de faire moins de recherche, mais  qui continuent de faire tourner et  de superviser des programmes ». 

Catherine Leclerc ajoute cependant que les revendications au niveau des différences entre les  membres du corps académique sont  « plus une question de statut et de  sécurité d’emploi » qu’une question « salariale ». Une hausse de salaire est à tenir en compte, mais  l’objectif principal est la création  d’un nouveau statut entre les CAS et  les professeurs permanents pouvant  mener des professeurs qui ne font pas  de recherche vers la permanence. 

Quel impact pour les étudiants ?

Dans le cas d’une grève, l’impact  sur les étudiants dépendrait de la durée du mouvement. Si les cinq jours  sont utilisés en une fois, les cours seraient annulés et la remise de notes  ou d’informations retardée en fonction du professeur concerné. 

Pour l’instant, Catherine Leclerc  considère que « la situation idéale  serait de ne pas devoir l’utiliser ». 

Comme le but d’une grève reste de  créer un effet de surprise, nous ne  serons tenus au courant que très  peu de temps en avance. La Faculté  des arts n’est pas la première faculté de McGill à s’être dotée d’un  mandat de grève. Elle rejoint  l’École d’éducation permanente et  la Faculté d’éducation. 

Kyle Kubler, trésorier de l’AMPFA et professeur en communication, précise que les différences de dotation de mandat sont en général expliquées par « l’ancienneté variable des différentes associations ». 

Ce mouvement illustre alors les premières concrétisations de la vague de syndicalisation qui a frappé l’université ces dernières années.


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