Alors que les épreuves olympiques appartiennent désormais au passé, l’heure est au bilan. Comme on peut le constater, les résultats de la délégation canadienne, et plus particulièrement de l’Université McGill, interrogent.
Des prédictions déjouées
À l’aube des compétitions sportives des JO, plusieurs observateurs prédisaient une récolte fructueuse pour le Canada. Earl Zukerman, responsable des communications sportives à McGill, avait confié au Délit qu’il envisageait le Canada dans le top 5 du tableau des médailles avec peut-être un podium en vue. La réalité s’est avérée plus rude. La feuille d’érable a stagné au onzième rang avec 21 médailles (cinq d’or, sept d’argent et neuf de bronze), loin derrière les puissances qui dominent le classement : la Norvège en premier, suivie des ÉtatsUnis, des Pays-Bas, de l’Italie et de l’Allemagne. Il s’agit d’un recul notable, représentant le plus faible palmarès canadien depuis Salt Lake City en 2002. À titre comparatif, lors des Jeux de Pékin en 2022, le pays occupait le quatrième rang avec un total de 26 médailles. Les athlètes québécois se sont d’ailleurs démarqués, s’emparant de 12 des 21 médailles de la délégation canadienne cette année. De Mikaël Kingsbury en ski acrobatique à Eliot Grondin en snowboard, en passant par l’équipe de patinage de vitesse courte piste menée par Steven Dubois et Kim Boutin, la province s’est imposée. Côté hockey, l’équipe féminine, propulsée notamment par Marie-Philip Poulin et Ann-Renée Desbiens, a décroché l’argent derrière les États-Unis.
Le recul de la présence mcgilloise
Si le Québec rayonne, la présence athlétique de McGill sur les podiums s’effrite. L’héritage demeure pourtant important : l’histoire des Jeux olympiques compte la participation de 158 athlètes mcgillois, récoltant au passage un total de 34 médailles. À Pékin, l’Université comptait quatre représentants. L’ancienne capitaine des Martlets, Mélodie Daoust, avait d’ailleurs remporté l’or au hockey pour le Canada. Cette année, on ne compte plus que deux athlètes passées par le campus : Lilah Fear, porte-drapeau pour la Grande-Bretagne, en danse sur glace, et Kayla Tutino, ancienne entraîneuse adjointe de McGill, au sein de l’équipe féminine de hockey italienne. Elles n’ont d’ailleurs pas réussi à se hisser sur le podium. Aujourd’hui, l’impact de l’Université sur ces événements athlétiques se mesure davantage dans les coulisses, grâce à son personnel médical et ses entraîneurs, plutôt qu’au sommet des podiums.
L’envers de la médaille : un modèle précaire
Cette baisse du régime canadien met en lumière une fracture économique grandissante entre les différents modèles de financement olympique. La Norvège s’appuie sur un système étatique qui subventionne massivement le développement de ses athlètes, tandis que les États-Unis profitent du puissant levier financier de leur système universitaire. Au Canada, le sous-financement du sport de haut niveau contraint certains athlètes à contracter des dettes personnelles pour couvrir les coûts d’entraînement et autres dépenses liées à leur parcours.
Historiquement, le sport universitaire canadien agissait comme un filet de sécurité financier pour cette relève. En amputant ses propres programmes, McGill colmate certes une brèche comptable, mais elle détruit ce bouclier. Face à un déficit de 15 millions de dollars annoncé en 2025, l’Université a aboli de nombreuses équipes sportives pour l’année 2026–2027. Des disciplines olympiques phares disparaîtront, dont le patinage artistique, sport qui a d’ailleurs rapporté le bronze au Canada avec Piper Gilles et Paul Poirier, le ski de fond ou encore l’athlétisme en salle. En multipliant ses coupes, McGill risque de se priver de sa prochaine Mélodie Daoust.
Sur la patinoire milanaise, la défaite en prolongation de l’équipe canadienne de hockey masculin face aux États-Unis est venue clore les compétitions. Il faut désormais attendre 2030 pour une éventuelle revanche contre les Américains.


