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Déchiffrer le budget 2026 de Montréal

Un aperçu des changements prévus pour l’année à venir.

Félix Fournier

Lundi 12 janvier 2026, Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal, a dévoilé son budget de 7,67 milliards de dollars pour l’année 2026. Cela marque une hausse de 390 millions par rapport à 2025, qui s’explique par un bond dans le service de la dette – auquel est alloué 16,6 % du budget, soit plus de 87 millions – et l’accélération des rénovations des habitations à loyer modéré (HLM). Ce dernier changement s’inscrit dans un projet plus vaste : le combat contre l’itinérance. Dans un discours s’adressant à la population de Montréal, Martinez Ferrada affirme tripler le budget, de 10 à 30 millions, pour financer directement les organisations sociales qui luttent contre le problème des sans-abris. « Un budget, c’est une question de choix, explique-t-elle, et notre premier choix, notre plus grosse priorité, c’est de lutter contre l’itinérance (tdlr) ».

Elle ajoute que le meilleur moyen de combattre ce problème est de commencer avant qu’il n’en devienne un, et donc de créer davantage de résidences abordables pour les personnes en situation de précarité. 

En outre, les taxes résidentielles augmenteront de 3,8 %, tandis que le secteur non résidentiel connaîtra une hausse de 3,4 %. La mairesse justifie cette augmentation par l’inflation, tout en soulignant les hausses similaires mises en œuvre dans les villes de Laval et de Longueuil. 

Le budget suscite particulièrement des critiques en raison des coupes et du report du déploiement de BIXI. La mairesse invoque la nécessité de rééquilibrer les finances municipales et l’importance de ramener le ratio d’endettement à zéro. L’opposition, notamment Projet Montréal et la conseillère Ericka Alneus, déplore les conséquences concrètes de ces décisions sur la mobilité urbaine. Le budget prévoit ainsi 5,5 millions de dollars pour BIXI en 2026, contre 10,9 millions l’année précédente, ce qui signifie que plusieurs quartiers de l’est de la ville, qui attendaient l’arrivée du service, n’en bénéficieront pas à court terme. Cette décision risque notamment d’impacter les étudiants, pour qui BIXI est un moyen de transport quotidien, souvent indispensable. Sur la question des transports, certains s’inquiètent du nombre de fonds consacrés à la Société de transport de Montréal (STM). Trajectoire Québec rappelle l’incident de l’automne 2024, lorsque plusieurs stations sur la ligne bleue ont dû fermer d’urgence. L’organisme se demande ainsi : « quelles seront les prochaines stations de métro qui devront être fermées […] faute de financement. »


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